‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 108 sur 206 · MEMOIRE DU SIEUR DE LARENTON SUR L'ACADIE · texte numérisé non relu

MEMOIRE DU SIEUR DE LARENTON SUR L'ACADIE

Paris, le 16 juin, 1741.

e Sieur de Larenton remontre à Monseigneur de Maurepas très Le Sieur de Larent montr Monscig le Maur t respectueusement ;—-que le dit pays de l’Acadie ne peut estre cultivé tant qu'il n’y aura pas plus d'habitans qu'il y en a aujourl'huy, et que ceux qui y sont ne peuvent pas ie peupler abondamment ny suffisamment ; ce qui empesche qu'on ne d'friche les terres et qu'on n'abatte les bois pour fournir au labourage et au pasturagze ds bestiaux. Que le dit pays a besoin qu'on y fasse passer du monde pour l'habiter, pourquoy vostre Grandeur est suppliée de charger quelqu'un de ce soin, en ordonnant aux négocians des ger queiq 2 orts du Royaume d'y transporter et entretenir des hommes et des femmes ÿ I abiter le dit pays, s'il ne plait au Roy d'en faire la dépense par It our habiter le dit pays, s'il lait au Roy d'en f la déper li mesme ou de charger des particuliers de faire le dit transport ou entretien et de transporter au dit lieu toutes les choses nécessaires, mesme y establir des ouvriers pour les forges et pour le travail des autres métaux que le dit

pays fournira abondamment, parce que jusques à ce jour le dit pays, faute d'hommes, ne donnant pas de quoi charger les navires quiiroient de France pour leur retour, et n’y ayant pas assez d'habitans pour une grande consommation de ce que les marchands y pourroient envoyer, il n’y va pas d'autres navires que ceux que Sa Majesté envoye pour en apporter des bois nécessaires à la marine, si ce n’est quelques pescheurs qui n'abordent que les costes du dit pays les plus éloignées des habitations et des habitans, lesquels n’en reçoivent aucune provision ni secours.

Ces pescheurs ne portant que les victuailles et les instrumens nécessaires à la psche pendant que les habitans de la Nouvelle Angleterre pro- | fitent tous seuls de toute l'abondance de la pesche par le moyen de laquelle et du débit qu'ils en font en Europe ont estably une province considérable à la destruction du dit pays de l’Acadie à laquelle ils fournissent ordinairement ce que les habitans ont de besoin, ce qui empesche encore d'y rien envoyer et ce que les habitans de l'Acadie (sic) ne peut estre peuplé ni cultivé, n'estant pas possible qu'une colonie d2 fort pau de monde et d'une prodigieuse estendue puisse jamais se perfectionner ny s'agrandir, ny résister à ses ennemis qui sont les Anglois voisins.

Le suppliant remontre encore que le dit pays sera toujours en proie aux Anglois de Baston, s’il ne plait à Votre Grandeur de faire construire un fort à Pentagouët qui est la teste du dit pays de l'Acadie du côté de la Nouvelle Angleterre, par lequel canton de Pentago.ët les dits Anglois s'emparèrent en tout tems de la dite province, et exécuteront à la fin le dessein qu'ils ont depuis longtems d'enlever le peu d'habitans quiy sont, ce qui ruynera le dit pays de l'Acadie entièrement, duquel ils s'empareront sans qu'on puisse le retirer qu'avec des dépenses très considérables d'hommes et d’ar-

gent.

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