‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 110 sur 206 · MEMOIRE TOUCHANT LES SAUVAGES ABENAQUIS DE SILLERY · texte numérisé non relu

MEMOIRE TOUCHANT LES SAUVAGES ABENAQUIS DE SILLERY

Les Sauvages Abénaquis de Sillery prosche Québec y sont establis seulement depuis plusieurs années. Ils habitoient parmy les Anglois, mais ne vouloient point se mêler de la guerre que la plupart des Sauvages de la Nouvelle Angleterre avoient avec les Anglois, ils quittèrent leur pays pour habiter parmy les François.

Ils sont grands chasseurs et apportent grande quantité de pelleteries aux François.

Ils font grande quantité de canots très bien et qui sont de grand usage et fort nécessaires pour les voyages de traites et de guerre que l’on ne sauroit faire en Canada autrement que dans des canots.

Leur pays qu'ils ont quitté est fort fertile et abondant en blé, en poisson, en gibier et en bêtes fauves, et la traite y est fort avantageuse pour eux, parce que les Anglois donnent leurs denrées à grand marché. Au contraire Sillery est dénué de toutes les commodités de la vie, et il n’y a plus de terre bonne à semer au blé-d'inde, outre que les François vendent fort cher les marchandises aux Sauvages. De 1à vient que les Abénaquis ont toujours souffert de la faim et toutes sortes de misère depuis qu’ils sont à Sillery.

Cela oblige une grande partie de ceux qui y étoient établis d'abord de s'en retourner dans leur pays lorsque la paix fut faite entre les nations

Sauvages de Ja Nouvelle Angleterre et les Anglois.

Ceux qui restèrent à Sillery étant instruits des maximes et du principe de la foy par les Pères Jésuites, embrassèrent le Christ, anismé avec tant de ferveur que non-seulement ils résolurent de plutôt souffrir toutes sortes d'incommodités que de quitter le lieu où ils pouvoient uniquement estre instruits, mais encore entreprirent d'aller quérir leurs parents dans leur pays pour les rendre participans de leur bonheur ; et ils y ont si bien réussi que leur nombre est augmenté considérablement. Jusque-là il en

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vint environ 200 en trois mois la dernière année et que l'on espère de faire rentrer à Nillery toute la nation des Abénakis qui est nombreuse.

Pour les soulager dans leur misère les pères jésuites ont acheté une terre vis-à-vis de Sillery pour les y establir. Mais cette terre n’est pas encore défrichée et est couverte d'arbres, de haute futaye et coustera beaucoup à estre défrichée, Les Sauvages ne pouvant faire ce travail, car parmy ceux-ci il n’y a que presque les femmes qui sèment et receuiltent le bléd'inde pendant que les hommes sont à la chasse.

Les mesmes pères jésuites ne pouvant faire de sy grands frais ont cru devoir représenter à Monseigneur le comte de Maurepas les advantages que la colonie françoise retireroit de cet establissement et la nécessité qu'il y a de retirer dans le pays ces Sauvages en défrichant des terres pour eux, en fournissant des vivres aux plus nécessiteux d’entre eux, et que pour cet effet il seroit nécessaire de leur donner, pendant quelques années, une gratification considérable.

Cela feroit un grand effet sur le reste des Abénaquis qui sont encore sur la Nouvelle Angleterre, qui de tous tems ont €té amis des François, et qui ont un grand penchant pour embrasser le Christianisme à l'exemple de ceux de Sillery qui ne cessent de les solliciter à venir auprès d'eux, et qui pourroient le faire encore avec bien plus de succès s'ils pouvoient leur porter des présens de la part de monsieur le Gouverneur par lesquels ils les y inviteraient.

Cela serait encore capable d'attirer quantité d'autres nations Sauvages qui sont en grand nombre dans la Nouvelle Angleterre et qui ne s’accom-

. modent pas de la domination de Anglois, à cause des mauvais traitements

qui les obligèrent, il y a 10 ou 12 ans, de leur faire la guerre.

Outre qu'ils sont tous ennemis des Iroquois et qu'ils se joindroient volontiers aux François dans la guerre que l'on va commencer, et s’estimeroient plus à couvert des insultes des mesmes Iroquois dans la colonie françoise, que dans la Nouvelle Angleterre où souvent les Iroquois les ont esté attaquer sans que les Anglois se soient mis en peine de les deffendre.

si] A #1

ORDONNANCE DU ROY PORTANT DECLARATION DE GUERRE CONTRE LE ROI D'ANGLETERRE, DU 15 MARS 1744.

De pir le R)y :

Dès le commencement des troubles qui se sont élevés après la mort de l'Empereur Charles VI, le Roy n'a rien omis pour faire connoitre que Sa Majesté ne disiroit rien avec plus d'ardour que de les voir promptement apaisés par un accommodement équitable entre les parties belligérantes. La conduite qu'Elle a tenue depuis, a suflisamment montré qu'Elle persistoit constamment dans les mesmes dispositions ; et Sa Maj:sté voulant bien ne former pour Elle-m2sme aucune pr'tention qui put mettre le moindre obsta:le au rétablissement de la tranquillité de l'Europe, ne comptoit pas d'estre obligée d2 prendre part à la guerre autrement qu'en fournissant à ses alliés les secours qu'Elle se trouvoit engagée à leur donner.

Dos vues aussy d'sintéresstes auroient bientost ramené la paix, si la Cour de Londres avoit pensé avec autant d'équité et de modération et sy elle n'eut consulté que 12 bion et l'advantaze d: la nation angloise ; mais le Roy d'Angleterre Elscteur d'Hannover avoit d's intentions bien opposées, et on ne fut pas longiems à s'apercevoir qu'elles ne tendoient qu'à allumer une guerre g'nérale.

Non content de détourner la C'our de Vienne de toute idée de conciliation, et de nourrir son animosité par les conseils les plus violens il n'a cherché qu'à provoquer la France, en faisant troubler partout son commerce maritime au mépris du droit des gens et des traités les plus solennels.

Li convention Hannover, du mois d'octobre 1741, sembla cependant devoir rassurer Sa Majesté sur la continuation de pareils excès. Le: Roy d'Angleterre, pendant le séjour qu'il fit dans ses Etats d'Allemagne, parut

écouter intes qui luy en furent portées et en sentir la justice : il donna s ,..role royale de les faire cesser ; et il s'engagea formellement à

ne point troubler les alliés du Roy dans la poursuite de leurs droits ; mais

à peine fut-il retourné à Londres qu'il oublia toutes ses promesses. et aussytost qu'il fut certain que l'armée du Roy quittait entièrement la Westphalie, il fit déclarer par ses ministres que la convention ne subsistoit plus et qu'il s'en tenoit dégagé.

Alors il se crut dispensé de tout ménagement, ennemi personnel de la France il n’eut plus d'autres vues que de luy en susciter partout ; cet objet devint le point principal des instructions de ses ministres dans toutes les Cours d: l'Europe, les pirateries des vaisseaux anglois se multiplièrent avec cruauté et barbarie ; les ports du royaume ne furent pas même un asile contre les insultes ; les escadres angloises ont osé entreprendre de venir bloquer le port de Toulon, arrestant tous les bastiments, s'emparant de toutes les marchandises qu'ils portaient, enlevant msme les recrues et les munitions que Sa Majesté envoyoit dans les plates. Tant d'injures et d'outrages répétés, ont enfin lassé la patience de Sa Majesté : Elle ne pourroit les supporter plus longtems sans manquer à la protection qu'elle doit à ses sujets, et qu'elle doit à ses alliés, à ce qu'Elle se doit à Elle-mesme, à son honneur et à sa gloire.

Tels sont les justes motifs qui ne permettent plus à Sa Majesté de rester dans les bornes de la mod‘ration qu'Elle s’estoit prescrite et qui la forcent de déclarer la guerre, comme Elle Ia déclare par la présente par mer et par terre, au Roy d'Angleterre lecteur d'Hannover :

Leur fait très expresses inhibitions et d{fenses d'avoir cy-après avec eux aucune communication, commerce ni intelligence, à peine de la vie; et, en conséquence Sa Majosté a dès à présent révoqué et révoque toutes permis sions, passeports, sauvegardes et sauf-conduits qui pourroient avoir été accordés par Elle ou par ses Lieutenants généraux et autres offers contraires à la présente et les a déclarés et déclare nuls et de nul eifet et valeur, défendant à qui que ce soit d'y uvoir aucun égard.

Mande et ordonne Sa Majesté à Monseigneur le Due de Penthièvre, Amiral de France, aux Maréchaux de France, Gouverneurs et Lieutenans Généraux pour Sa Majesté en ces provinces et armées, Maréchaux de camp, Colonels, Maistres de camp, Capitaines, chefs et conducteurs de ses gens de guerre, tant de cheval que de pied, François et étrangers, et tous autres ses officiers qu'il appartiendra, que le contenu en la présente ils fassent exécuter, chacun à son égard dans l’estendue de leurs pouvoirs et juridictions.

jar tel est la volonté de Sa Majesté, laquelle veut et entend que la présente soit publiée et aflichée en toutes ses villes, tant maritimes qu'autres et en tous ses ports, havres et autres lieux de son royaume et terre de son

obéissance que b:soin sera, à ce qu'aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait à Versailles, 1e quinzième mars mil sept cent quarante quatre. Signé, LOUIS.

Et plus bas,

PIHELIPPEAUX.

av INSTRUCTION AU SIEUR DE ST CLAIR, CAPITAINE DE VAISSEAU. Versailles, le 29 mars, 1744.

Sa Majesté ayant fait armer son vaisseau l'Ardent dont Elle a confié le Î{l commandement au sieur St Clair, Elle le destine pour l'Isle Royale, et pour ! le sieur de St Clair, estre en estat d'y rendre de plus grands services, Elle a donné ses ordres pour y faire passer son vaisseau le Caribou qui a esté construit à Québec, et qui sera armé en guerre à Louisbourg, où Sa Majesté enverra incessamment l'État Major et le supplément nécessaire d'Equippement pour cela.

Le sieur de St Clair doit estre informé que Sa Majesté s'est déterminée à déclarer la guerre à l'Angleterre. Et comme il est d'une extrême conséquence de mettre les navires françois qui font la pesche de la morue à l'abri des corsaires anglois de la Nouvelle Angleterre, d'interrompre la pesche et le commerce de cette nation et de procurer en mesme tems des secours à la colonie de l'Isle Royale. C'est pour remplir ces trois objets que

HR Sa Majesté a fait armer ses vaisseaux l’Ardent et le Curibou.

Elle ignore précisément en quel tems ce dernier vaisseau pourra être Ki. FIRE rendu à Louisbourg et mis en état de se joindre à l'Ardent, mais Elle a lieu d'espérer que ce sera dans le mois de juillet au plus tard.

Quoyqu'il en soit Sa Majesté veut que le sieur de St Clair, après avoir ouvert le pacquet qui contient la présente instruction fasse route vers le grand banc de Terreneuve ; que pour ne pas retarder sa navigation, il évite sur les costes d'Europe les vaisseaux de guerre anglois, et que dans cette vue, il s'élève en sortant des rades de LaRochelle, et s'éloigne autant qu'il pourra de ces costes.

Ni, nonobstant les précautions qu'il prendra il rencontre des vaisseaux de guerre anglois, et qu'il ne puisse absolument s'empescher d'en estre joint, il assurera son pavillon (sic) et se tiendra sur ses gardes en observant leurs manœuvres.

Comme il pourrait se faire qu'ils ne seroient pas encore instruits de la rupture, et que dans ce cas ils pourront se contenter de faire d'abord des questions au Sieur de Nt-Clair, il ne fera pas de difficulté de leur dire son nom et celuy du vaisseau, qu'il appartient au Roy, qu'il vient de Rochefort et mesme qu'il va à l'Amérique. Il refusera constamment d'envoyer soi canot à leur bord. S'ils veulent lui envoyer le leur, il pourra y consentir, mais sans souffrir aucune visite à bord du vaisseau.

Il cbservera surtout de leur faire ses réponses en termes mesurés de façon qu'elles ne puissent pas leur fournir occasion d'en venir à des voies de faits; et sans rien faire qui puisse donner atteinte à l'honneur du pavillon, il évitera soigneusement tout engagement capable de compromettre la gloire des armes de Sa Majesté. En un mot, Elle désire qu'il doit se conduire dans les rencontres qu'il pourra faire, jusqu'à ce qu'il ait dépassé les caps des costes d'Espagne.

À son arrivée dans les parages du Grand Banc, il ad vertira les pescheurs françois d’être sur leurs gardes. Il prendra les pescheurs anglois qu'il rencontrera et parcourra les différents bancs du costé de l'Isle Royale, où il se rendra le plus tost que les circonstances pourront le lui permettre, en y conduisant les prises qu'il aura faites, supposé qu'il n'ait pas jugé pouvoir les y envoyer devant.

À la première occasion qu'il trouvera d'écrire au Sieur Duquesnel commandant à l'Isle Royale, il le préviendra de son arrivée et mesme sur les mouvements qu’il se sera proposé de faire ; mais il prendra des mesures ponr empescher que sa lettre ne puisse tomber entre’les mains des Anglois,

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Lorsqu'il sera arrivé à Louisbourg, il se concertera avec le Sicur Duquesnel et mesme avec le KSieur Bijot, sur les opérations qu'il aura à faire relativement aux trois objets de sa destination.

Il est à croire que sa présence ne sera pas nécessaire à Louisbourg pour

la sureté de la colonie En tous cas, sy les dits Sieurs Duquesnel et Bigot

jugvoient qu'elle eût besoin du secours des vaisseaux, Na Majesté veut que

le dit Sieur de St-Clair donne la préférence à cet objet.

Après ealuy-, c'est la prote:tion de la pesthe ds François qui doit occuper le Sieur de Nt-Clair. Mais il doit parcillement concerter avec les Sieurs Duquesnel et Bigot les dispositions qu'il pourra y avoir à faire sur cela.

Mais comme il y a apparence que ces deux objets lui permettront de suivre le troisième, c'est-à-dire d'interrompre le commerce et la pes’he des ennemis, Sa Majesté désire qu'il dispose se, croisières de manière à faire le

plus de prises qu'il sera possible.

Il est revenu à Ka Majesté à cet esgard que la croisière la plus avantageuse jusqu'à la fin du mois de juin est sur les costes de Terreneuve entre le 45° degré 28 m. et les 43 dex. 39 m. de latitude, où l’on est à portée de faire des prises en vivres, ustensiles de pesche et draperies pour l'Isle Royale et le Canada ; que pendant Ies mois de juillet et août l'on en peut faire sur les costes de la Nouvelle Angleterre ; et que dans les mois de Tbre d'Sbre et de 9bre on peut croiser avec plus de succès entre les 49 et 42 degrés de latitude N. et S. du Grand Banc, parage où tous les bastiments, venant tant des isles angloises que des voyages de long cours, passent pour se rendre en Europa, et d'où les prises pourroient être conduites en France dans une saison assez favorable par sa rigueur mesme pour la navigation.

Sa Majesté ne veut cependant rien prescrire de précis au Sieur de St-Clair sur toutes les croisières, et elle s'en rapporte à ce qu'il jugera à propos de faire, en conséquence des connoïissances qu'il a déjà du commerce et de la navigation de ces mers-là, et de celles qu'il prendra tant à l'Isle Royale que dans les différentes rencontres qu'il pourra faire.

Mais ce que Sa Majesté lui recommande très expressément c'est de soutenir les corsaires françois qui pourront être armés à l'Isle Royale ou s’y

rendre d'ailleurs pour profiter des avantages que présente la situation de cette colonie pour la course et de faire tout ce qui dépendra de lui pour les encourager à faire réussir leurs entreprises.

Il aura soin de se conformer à l'ordonnance de la Marine par rapport aux prises qu'il fera, soit qu'il les fasse entrer à Louisbourg soit qu'il les conduise en France.

Il prendra avec les Sieurs Duquesnel et Bigot les mesures nécessaires pour que le vaisseau le Caribou puisse l'aller joindre dès qu'il aura été armé à Louisbourg.

Il ne repartira pour la France avec les deux vaisseaux que lorsqu'il ne leur restera de vivre que ce qu'il leur faudra pour la traversée.

S'il jugecit même de concerter avec les sieurs Duquesnel et Bigot qu'il convient de prolonger le séjour des deux vaisseaux, et que le sieur Bigot fut en estat de leur fournir les vivres nécessaires à Brest où Sa Majesté desire que dans ce cas, le sieur de St Clair continue ses opérations jusqu’à la fin de la navigation.

Mais il fera toujours son retour avec les deux vaisseaux à Brest où Sa Majesté désire qu'ils soient désarmés.

Pour la Police, etc. il se conformera aux instructions qui lui ont été précédemment données.

CAPITULATION DE CANSO, May 24 1744

Nous, capitaine d'infanterie, détaché de la marine, commandant les bastiments et troupes pour l'expédition de Canso par ordre de Monsieur duQuesnel, capitaine de vaisseau du Roy, Chevalier de l'Ordre Royal et

militaire de St-Louis, cominandant de l'Isle Royale et adjacentes ; suis aa

convenu avec monsieur Patrick Heron, capitaine de Compagnie au régiment de monsieur Philips, commandant à Canso qu'au moyen qu'il se rend à moy ce 24ne jour de may, mil sept cent quarante-quatre, prisonnier de guerre avec toute sa garnison tant hommes que femmes pour un an, que

je luy promets que tout ce qui appartiendra et à la dite garnison leur Î THE » : 4 fi restera et sera chargé dans la goelette de Jean Brastreck, laquelle je feray } pe conduire à Louisbourg, et qu'au surplus je lui promets de faire tous mes

efforts auprès de monsieur Daquesnel pour l'engager à accorder aux dames des officiers de cette garnison la liberté de s'en retourner avec ce qu'elles NI auront où elles jugeront à propos aussitost mon arrivée à Louisbourg dans la dite goëlette du dit sieur Brastreck, et je m'engage de plus de faire reconduire la dite garnison à la Nouvelle Angleterre ou à Annapolis Royale au bout d'un an ; ainsy que les dames des officiers et leurs enfants au cas que monsieur Duquesnel ne leur accorde pas la permission de s'en retourner plustost, étant bien entendu que monsieur George Royal, Lieutenant des vaisseaux du Roy d'Angleterre, commandant le bateau du Roy la Murie avec son équipage jouisse des mesmes droits que la dite garnison à l'exception du dit bateau et dépendances, au moyen de quoy monsieur Patrick Heron me remet la place avec armes, artillerie et munitions de guerre.

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