LH MEMOIRE DU CANADA
Cet esté monsieur le Général envoya un vieux chef du Sault à Baston pour sçavoir s’il ne faisoit point quelque entreprise par mer dans cette ville. Le 5° jour de son arrivée il fut mandé à paroistre devant le Gouverneur où il trouva 80 conseillers assemblés en présence desquels le Gouverneur se leva et tenant en mesme tems la main vers le ciel il fit serment qu'il ne commenceroit point la guerre contre les François. Mais que si le Général de Canada cominençoit et qu'il envoyast des Sauvages exercer les cruautés qu'ils avoient autrefois faites sur des pauvres peuples et qu'il y eut seulement un enfant de tué, qu'il employeroit toute sa puissance et ses forces par tous ses Sauvages pour détruire le Canada.
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Il mit ensuite lu main sur la Bible et tout fut escrit.
Il exigea le mesme serment de ce sauvage à quoy il fut aidé par une angloise autrefois esclave au Sault qui fit le serment pour lui pendant qu'il avait sa main levée.
Tout fut aussi escrit.
Comme cela regarde monsieur le Général, je n’en dis pas d’advantage Le peu que j'ay dit n’est que parce que c’est chez moy qu'il a fait toute la relation de son voyage que j'ay l'honneur d'envoyer à monsieur le Général avec toutes les circonstances.
Si les gouverneurs anglois estoient maistres des affaires de la mer et qu'ils parlassent et exécutassent de mesme rien ne nous conviendroit mieux.
La perte de quelques-uns de nos vaisseaux pour ce pays nous réduiroit à la dernière extrémité surtout après des disettes et famines comme nous avons essuyées plusieurs fois ; nous ne sommes point en estat de faire des conquestes sur nos voisins ni à les pouvoir garder, ce que nous pouvons faire est d'empescher qu'ils n’enpiètent sur nos terres et limites du costé des nos traités avec nos Sauvages.
Un malheureux déserteur de monsieur de la Venanderie alla à la Baye d'Hudson et a conduit des Anglois par des rivières au-dessus de nos lieux de traités.
Nos Sauvages leur faisant la guerre, exercent des cruautés qui ne peuvent servir qu'à nous rendre odieux sans nous donner de profit.
Cependant, les cruautés à part, les éloignemens de nos limites nous seroient advantageuses pour notre commerce avec les Sauvages.
Je viens d'apprendre qu'un sauvage du Sault avoit dit qu'un parti d’Anglois attendoit le sieur de Joncaire sur son passage, qui va par ordre de monsieur le général aux Sennontenans (sic), mais il traverse le Lac Ontario en goellette le 12 octobre 1744.
RESUMÉ D'UNE LETTRE DE MONSIEUR DE BEAUHARNOIS AU MINISTRE: Québec, le 29 novembre, 1744.
Préparatifs de guerre faits du costé des Anglois. Les habitants d'Orange font l'exercice. L2s Anglois se proposent d2 couvrir la mer de vaisseaux Espions anglois au Fort St-Fréderic. Trois Abénaquis vers Baston pour avoir des nouvelles.
EXTRAIT EN FORME DE JOURNAL DE CE QUI SEST PASSÉ D'INTERESSANT DANS LA NOUVELLE-FRANCE PENDANT LES ANNÉES 1745, 1746, 1747, 1748. LES TROIS DERNIÈRES ANNÉES SONT SEPARÉES ET SE TROUVENT SUIVANT LEURS DATTES.
1745.—Janvier 19.—Le détachement destiné à l’Acadie fut équipé convenablement et se mit en marche le 26, sous le commandement de Monsieur Marin Lieutenant, pour se rendre à sa destination sur les neiges.
Février le 14.—Les deux exprès envoyés par Messieurs de Beauharnpis et Hocquart à Louisbourg, l'automne dernier, furent de retour à Québec Monsieur Bigot par ses lettres du premier décembre marquoit que tous les secours de vivres envoyés en Canada par la Gironde et sous son escorte estaient arrivés à bon port et que Louisbourg estait muni jusques au mois d’aoust, qu'il attendoit d'autres secours de notre part au printems. Monsieur Hocquart prit alors des mesures pour s'assurer d'une partie considérable de farine, biscuits et légumes pour les envoyer à l'Isle Royale aux premières occasions du printems.
May 22.—Nous apprimes à Québec par une lettre du Sieur de St-Castin et une autre du missionnaire de PannaSamské qu'il estait party une flotte
considérable de Baston pour attaquer l'Isle Royale. La mesme nouvelle fut apportée à Montréal par nos Sauvages découvreurs. Depuis quinze jours nous commencions à estre fort inquiets.
Juin 11—Arrivée de deux Sauvages ; dépesche de Beaubassin par Monsieur Marin. Reçu par cette occasion des lettres de Monsieur du Chambon et Bigot en datte du 13 et 15 avril. Ils nous informent au long de l'aventure arrivée, le 27 décembre, du dérangement de la garnison et de ses mauvaises dispositions, qu'on avoit vu croiser plusieurs corsaires devant le Havre; cependant Monsieur du Chambon envoyoit ordre au Sieur Marin d'aller se poster aux Mines pour être plus à portée d'exécuter avec les forces qu'on attendoit de France le projet contre l’'Acadie.
Le 19.—Le sieur Bellefeuille vient à Pabo avec plusieurs matelots sortis de Niganiche. Il nous apprend les premières nouvelles du siége et du blocus de Louisbourg.
Juillet 1".—Arrivée de deux Sauvages de l’Acadie ; dépesche par monsieur Marin. Cet officier nous escrit du premier juin, estant alors devant Port Royal, qu'il vient de recevoir une lettre de monsieur de Chambon du 15 mai qui lui donne ordre de se rendre en toute diligence à l'Isle Royale avec les François de son parti et le plus de Sauvages de bonne volonté qu'il pourra ramener ; le sieur Marin se disposait à exécuter cet ordre.
Le 11 juillet.—L'ordre donné par monsieur Marin nous donne lieu d'espérer que Louisbourg tiendra contre l'ennemi du moins jusqu'à la fin de juillet, surtout si les secours de France et de Canada peuvent leur parvenir.
Le 1“ aoust.—Arrivée du sieur Marin, le fils cadet dans les troupes déplacées par le sieur Marin Père pour nous informer de la prise de Louisbourg et du retour du détachemcu. des Canadiens envoyés à l'Acadie l'hiver dernier.
Aoust le 18.—Arrivée du sieur Dupont Duvivier, enseigne dans les troupes de l'Isle Royale. Il ramène son détachement et rapporte que le 9 may, deux corsaires de Baston armés l’un de 14 canons et l’autre de 8 avoient mis 28 hommes à terre au haut de la rivière, qu'ils avoient esté repoussés et qu’il en avoit été tué 16, et 4 blessés, qu'ils s’estoient emparés
du bateau le St-Jacques qu'on leur fit abandonner. On leur fit rendre aussy 11 prisonniers qu'ils avoient faits dans l'isle.
Cet officier attribue la prise de Louisbourg à la trahison de deux soldats Suisses qui désertèrent estant en faction et se retirèrent vers le Général anglois ; ces déserteurs lui dirent que la ville estoit aux abois et qu'elle ne pourroit tenir encore huit jours; que là-dessus le Général anglois avoit redoublé ses attaques ; que dans ce temps-là même 20 bastiments anglois s'estoient déjà retirés pour retourner à Baston et que le reste devoit suivre incessamment.
Aoust le 20.—Arrivée d’une demi biscayenne de LaBrador, dans laquelle revient le nommé Blé (?) et trois autres hommes de l'équipage de la goëlette la Marguerile, partie de Québec le 11 juillet dernier sous le commandement du sieur Lagroix, chargée de vivres pour le compte du Roi.
Ce capitaine mouilla le 24 du dit mois * l'entrée de La Brador par une brume épaisse. Il attendait le flot pour entrer, et cependant il envoya sa chaloupe à terre avec un second pour apprendre de monsieur Laboularderie ce qui se passoit. Les vents changèrent, et la brume cessa ; aussytost on aperçut Lagroix à la voile louvoyant bord sur bord chassé par plusieurs corsaires et batteaux anglois ; après une heure de combat Lagroix se rendit.
Novembre le 29.—Monsieur Marin s'est déterminé à marcher vers Savasteau poste à environ 15 lieues du Fort St-Frédéric ; et a frappé dans ce village dans la nuit du 28 au 29 de ce mois ; a bruslé et ravagé toutes les maisons et fait environ cent prisonniers, hommes, femmes, enfants et nègres qui ont esté en partie dispersés aux Sauvages qui s’en sont emparés, et les autres mis dans les prisons à Québec. Cet officier a esté de retour à Montréal le 9 décembre suivant.
LETTER FROM MESSRS. PEPPERRELL & WARREN TO MONS. DUCHAMBON. The Camp before Louisbourg, may 7th, 1745.
Whereas there is noW encamped upon the Island of Cape Breton, near the city of Louisbourg, a number of his Brittannic Majesty’s Troops under the Command of the Hon' Lieut. General William Pepperrell, Esq., and also a Squadron of His Majesty’s Ship of War, under the Command of the Hon'e Peter Warren, Esq. is now lying before the Harbour of said city ; for the reduction thereof to the obedience of the Crown of Great Brittain. We, ut the said William Pepperrell and Peter Warren, to prevent the effusion of ji Christian Blood, do in the name of our Sovereign Lord George the Second, of Great Brittain, France and Ireland King, etc., Sommons you to Surrender to his said Majesty’s obedience, the said city, fortresses and territories ; together with the Artillery, arms and stores of War, thereunto belonging.
In consequence of which surrender, We, the S1 William Pepperil! rell and Peter Warren, in the name of our said Sovereign do assure you 4. that all the subjects of the French King, now in said city and territories, 6 x ll shall be treated with the utmost humanity ; have their personal Estates HU secured to them and have leave to transport themselves and sf effect to any part of the French King's Dominions in Europe. Your answer hereto is demanded at or before five of the clock this afternoon.