‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 130 sur 206 · EXTRAIT EN FORMES DE JOURNAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT EN FORMES DE JOURNAIT

1746, janvier Le 7.—Sur plusieurs avis reçus par des Sauvages venants de la Nouvelle-Angleterre que les Anglois ont dessein d'attaquer le fort St- Frédéric, monsieur le général vient d'ordonner qu'il soit équipé à Montréal

£ l l un nouveau détachement de 150 hommes tant François que Nauvages sous le commandement de monsieur de St-Luc La Corne, pour joindre au parti de Monsieur de St-Pierre et couvrir le fort de Nt-Frédéric, ce détachement est parti de ce Montréal du 20 au 25 de ce mois pour se rendre à sa destination.

Février le 8.—Monsieur le Général jugeant sa présence nécessaire à

Montréal est parti aujourd'hui pour s’y rendre.

Février le 28.—Arrivée de deux Sauvages de l'Acadie qui nous apportent des lettres de monsieur le Loutre (si) et du P. Germain du 27 décembre et 80 janvier, le premier nous marque qu’au mois de novembre dernier ses Sauvages ont intercepté des lettres que le gouverneur de Louisbourg écrivoit à celui du Port Royal, le premier marquoit au sieur Mascaren d'expédier un bâtiment pour Baston et de luy faire passer 1,000 à 1200 Bostonnais pour remplacer les morts, de ne point permettre aux Bastonnais d'aller dans la baye des Mines insulter Les habitans et de ne point chaquiner les Sauvages cet hiver, il luy recommandoit de faire mettre tous les corsaires de bon printemps sur les côtes de l’Acadie, il se plaint beaucoup de monsieur Loutre, missionnaire des Micmacs, il prie le sieur Mascaren de faire tout ce qu'il pourra pour s'en saisir et pour l’obliger à quitter le pays et d'abandonner les Sauvages.

Mars.—A l'égard des nouvelles de Louisbourg, il paroit certain que les Anglois n'avoient encore reçu aucun renfort le 14 novembre, et que la maladie y a fait beaucoup de ravages depuis la conquête.

Mars le 15.

les troupes envoyées l'automne dernier aux Sonont8ans pour maintenir les

Nous recevons une lettre du sieur Joncaire, enseigne dans

Iroquois des 5 nations dans une exacte neutralité ; cet officier nous marque

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que les Loups venant de Baston et de la Caroline avoient rapporté qu'on y faisoit de grands préparatifs de guerre.

Plusieurs prisonniers, hommes, femmes et enfants provenant du coup de Sarasteau, étant tombés entre les mains des Sauvages du parti, différents particuliers des Trois-Rivières les ont rachetés particulièrement des Sauvages de St-François et de Bicancour, ces mêmes prisonniers ont été retirés et mis aux casernes de Québec et le prix du rachat remboursé per le Roy.

Le 16.—L2 Chevalier de Niverville et le N° Groschencraimbeault (sir) cadet, sont partis de cette ville avec les Sauvages Ab5nakis pour aller du côté de Baston et sont revenus avec des prisonniers dont un prit de sa main et des chevelures, le sieur Duplessis fils, officier, partit dans le même temps avec six Sauvages Algonkins et Nepissingues pour aller sur la même côte et s’est rejoint au parti cy-devant et est avec ces premiers ave: un prisonnier fait dans le même coup.

Le 23.—En conséquence du projet proposé l'automne dernier d'envoyer de bonne heure au bas de la rivière St-Jean un bâtiment chargé de munitions et effets pour les besoins des Sauvages de cet endroit et des environs, on a expédié le sieur Dupont Duvivier, enseigne, ey-devant commandant à l'Isle St-J: n, pour se rendre au bas de la rivière St-Jean, pour observer et recevoir en l'absence du Père (Germain qui hiverne à Beaubassin, les munitions qui pourraient être envoyées, en faire la distribution aux Sauvages et même aux habitans de cette rivière qui seront dans la nécessité, Cet officier est parti aujourd’huy accompagné de Lambert, sergent, 2 soldats, 2 Canadiens et 2 Sauvages.

Le 29.—Est parti, un party Sauvage Iroquois du lac des Deux Montagnes de 14 guerriers qui ont été dans la contrée d'Orange, et sont revenus avec des prisonniers et des chevelures

Avril le 5.—Les sieurs St-Pierre et St-Luc ayant eu ordre de ramener leurs détachemens à Montréal, ils sont arrivés aujourd'huy pour rendre compte de leur mission. |

Le 8—On fait partir monsieur de Plaine pour établir les feux des signaux à la côte du Sud, depuis la Pointe de Lévy jusqu'à Rimouski, de l’année dernière, il est chargé des ordres qu'on donne aux capitaines des

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dites côtes de faire faire des cabanes dans le bois pour fuire mettre les familles en sûreté et de faire rendre les habitans à Québec, en cas d'approche d'une flotte ennemie.

Le 12 —Nous recevons par des Sauvages qui arrivoient de Beaubassin, des lettres du Père Germain et de monsieur le Loutre, ce dernier nous marque entr'autres, par sa lettre du 2 mars précédent, que des habitans de Martiguèche étoient venus luy dire que le nommé Mathieu Aninel (sic) acadien étoit arrivé au dit lieu de Martiguèche, à la fin de février, lequel avoit assuré ces habitans qu'il s'étoit sauvé de l'Isle Royale et que cette place avoit été prise par monsieur Duvivier, le premier ou le 2 du dit mois de février ; ce missionnaire ajoute que le nommé Ouinel ayant sans doute été porter la même nouvelle à Port Royal, cela avoit mis la consternation dans le fort, que depuis ce temps, le sieur Mascaren, gouverneur, avoit défendu aux Anglois du fort sous peine de la vie de parler aux habitans, et qu'aussitôt ce gouverneur avoit fait élargir quelques habitans accadiens qu'il détenoit prisonniers depuis longtemps.

L'événement de la prise de Louisbourg, nous paroit imaginé, il n’est pas possible que ny monsieur Duvivier, ny tout autre commandant chargé de l'expédition n’eussent pas cherché à nous en donner avis ou au Père Germain.

Nous recevons par la même occasion une lettre des Mines du 2 mars, qui marque que ies Anglois ont été obligés de retirer de Canceau les troupes qu'ils y entretenoient pour les faire passer à Louisbourg, que la maladie étoit plus grande en cette dernière ville que jamais; le bruit couroit à l’Acadie que le gouverneur de Baston avoit été pris l'automne, dernier, en passant de Louisbourg à Baston.

Plusieurs prisonniers faits à Larasteau et ailleurs ont assuré au contraire que le gouverneur était mort à Baston à son retour de l'Isle Royale.

Un habitant accadien, bon françois nous écrit le 20 mars Jaguingouche près Beaubassin que des gens de St-Pierre près l'Isle Royale retiré à Pemquitte ont rapporté qu'à Noel les Anglois avoient abandonné la grande batterie et l’islot, qu'ils se faisoient alors nombre de 600 hommes, qu’ils brûloient les bois des maisons, qu'ils ont fait une citadelle au Baston Dau-

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phin où ils ont mis six pièces de canon, de plus trois corps de garde à la purte de la Reine, pour y mettre 2,000 hommes qui ne leur sont pas venus.

On informe les capitaines de l'Île d'Orléans des feux des signaux ordonnés à la côté du sud, avec ordre au premier avis qu'ils auront de l’approche de l'ennemy de faire passer leurs familles et leurs bestiaux avec le plus de vivres qu'ils pourront à la côte du nord et de se rendre ensuite a Québec pour contribuer à Ja conservation de la ville.

Le 18.—On expedie deux biscayennes, l’une pour mener le sieur de

Rouville à St-Barnabé, our y observer tant les vaisseaux françois qui ; D :

pourront passer, avec les signaux convenus etenvoyés au ministre l'automne dernier, que les vaisseaux ennemis qui pourroient monter dans la rivière, et d'en donner promptement avis au moyen des signaux et des courriers Le] qu'il expédiera à l'instant, l'autre biscayenne sert à transporter le long de la côte du sud, des hommes pour garder ces signaux dans les endroits qui Le]

ne sont point habités.

Avril le 20.—Est parti Theganaconesin Iroquois du Sault avec 20 Sauvages de ce village pour aller en guerre aux environs de Baston, ils sont revenus avec deux prisonniers et des chevelures à Montréal.

Est parti Thesartin, chef du Sault, avec 22 guerriers de ce village pour aller en guerre du côté de Baston, ils sont revenus avec des chevelures, il y a eu un Iroquois de tué et deux de blessés de ce parti.

Ganiengoton (?), chef d’un party de 8 Iroquois du Sault, est parti pour aller du côté de Baston et est revenu avec deux chevelures.

Le 26.—Est parti un party Abénakis de Missiskony de vingt guerriers qui ont été sur les côtes de Baston, qui ont amené des prisonniers et des chevelures à Montréal.

May le 2.—Par une lettre du premier avril, le sieur Joncaire, résident au Sonont8ans, cet officier nous confirme la neutralité des 5 nations, que la hache des Anglois qui avoit été acceptée par quelques jeunes gens Aniez leur a été rendus par les chefs de cette nation qui ont déclaré qu'ils vouloient rester tranquilles pendant la guerre.

Le 7.—$ix Sauvages Népissingues sont partis pour aller frapper sur les côtes de Baston et sont revenus avec des chevelures à Montréal.

Le 8.—En conséquence des ordres du Roy nous prenions la mesure nécessaire pour la levée de 600 hommes ordonnés, savoir, 250 dans le gouvernement de Montréal, autant à Québec, et 100 dans le gouvernement des Trois-Rivières, pour servir sous le commandement de monsieur Ramezay capitaine.

On travaille à préparer les bâtimens destinés pour le transport de ce détachement.

On fait faire des recensemens de Sauvages Abénakis et Micmacs de l’Acadie dispersés dans différents endroits du gouvernement de Québec et dans les villages de Bécancour et de St-François, on donne ordre de faire descendre une partie des guerriers de ces deux villages, pour les joindre aux autres.

May le 10.—Le nommé Gatiénondé Iroquois, des cinq nations refugiées au lac depuis 2 ou 3 ans, est party de Montréal avec cinq Nauvages de ce village et le sieur de St-Blein pour aller frapper aux environs d'Orange, ce petit party a fait coup et a amené un prisonnier, le dit Gatiénondé, chef du parti, a été tué et a eu la chevelure levée par les Anglois sur le champ de bataille.

Le 12.—$Sont partis six Sauvages Iroquois du Sault pour aller du côté de Baston et sont revenus avec des chevelures.

Le 14.—A été amené aujourd'huy, par monsieur de Ninerville, enseigne, deux prisonniers qu’il a faits à environ 30 lieues de Baston, nommés Jean Spafford et Isaac Parken; ils ont été interrogés, ont dit que l’on devoit envoyer de Baston à l'Isle Royale deux régiments pour relever la garnison de cette place où il est mort plus de 700 hommes.

Qu'il étoit venu de Londres à New-York 2,200 hommes de troupes réglées vers la fin de l'hiver et qu'ils sont repartis pour Louisbourg.

Que Lydieus, marchand anglois, demeurant à 12 lieues du fort St- Frédéric et dont l'habitation a été ravagée par le party de monsieur Marin, au mois de novembre dernier, a fait cet hiver plusieurs voyages à Baston pour faire sentir la nécessité de prendre le Fort St-Frédéric, qu'à son instigation il y a eu une consultation à ce sujet à la chambre basse, mais que cela est tombé. ù

Que les préparatifs qui se font à Baston sont pour relever la garnison de l'Isle Royale, et que le gouverneur de Baston n'est point mort,

Les sieurs Perthins et Bazin sont partis dans d'ux biscayennes, le premier pour le Cap Desrosiers et l'autre pour le Cap Chat avec ordre d'établir un corps de garde à chaqu: poste ; pour observer les vaisseaux françois qui paraitront dans ces parages, informer 1: commandant des deux frégattes qui doivent y venir de tout ce qui se passe, on leur a remis à cet effet, un extrait de toutes les nouvelles de ce continent et les signaux convenus au moyens desquels ils connoîtront les vaisseaux du Roy.

Le 15.—Dix Sauvages Iroquois du Sault et Abénakis sont partis pour aller frapper du côté de Baston ; ils ont fait coup et ont amené des cheve-

lures à Montréal.

Par un courrier, aujourd’huy expédié pour Beaubassin, nous donnons avis au Père (Germain des ordres du Roy que nous venons de recevoir et des préparatifs que nous faisons à Québec, en conséquence nous le prions de faire préparer les voitures et autres commodités qui pourront être nécessaires pour le transport de la Baye Verte à Beaubassin des vivres et munitions du dit détachement que nous expédions.

Par la même occasion nous écrivons au Père Lacorne, missionnaire à Miramichi, de se rendre avec les Sauvages de sa mission à Beaubassin, où il attendra notre détachement de Canadiens.

Monsieur le général donne aussy ordre au sieur Dupont Duvivier, qui est à la Rivière St-Jean, de se rendre à Beaubassin, avec tous les Sauvages à sa portée.

Le 18.—$Sont partis 10 Sauvages Népissingue qui ont fait coup du coté de Baston. A été équipé un party de 8 Iroquois du Sault qui a été frapper du même côté, l'un et l’autre de Montréal. ù

Un des prisonniers faits l'automne dernier, dans la rivière Connecticut a dit à l'interprète notre homme de confiance que le gouverneur de Baston étoit revenu très tard de l'Isle Royale et que monsieur Phips, son lieutenantgouverneur, n'avoit pas voulu en son absence décider l'échange des prisonniers proposée par monsieur le général.

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Le 22 —Nous recevons des lettres de Montréal, on nous marque qu'on y a amené le nommé Bleki, anglois, fait prisonnier près d'un fort scitué sur une rivière nommée Echioüelet à 50 lieues de Baston, lequel ayant été interrogé a dit que peu de jours avant qu'il ait été pris, il étoit venu plusieurs personnes dans sa contrée pour lever du monde, et que l'on a fait de grands amas de vivres pendant l'hiver à Baston, qu'on y avoit fait environ 2,000 paires de raquettes et souliers sauvages pour le besoin, il n’a point parlé d’autres préparatifs.

Le 24.—I] a été équipé un party de 8 Ahénakis de Missiskouy qui ont été frapper du costé de Corlard et ont amené des prisonniers et chevelures.

Le 25.—Un party de Sauvages Abénaki< amène deux prisonniers anglois qu'ils ont fait le premier de ce mois à Gazam à 8 milles de Caser et 120 milles de Baston.

On dit qu'un navire venant de Londres, et arrivé à Baston, à la fin d'avril, auroit rapporté que le Roy armoit une flotte de 109 voiles ;

Que six vaisseaux de guerre et autres bastiments dont il ne scavent point le nombre, étoient à Louisbourg, dès le mois de mars sous la conduite du général Mathews.

Que 100 familles se sont embarquées à New-York avec les troupes pour Louisbourg.

Que le gouverneur Shirley est maitre de faire de l'argent autant qu'il veut pour les frais de la guerre.

Le 28.—Un party de 12 Sauvages Népissingues qui ont fait coup aux environs de Baston ont amené 4 chevelures et un prisonnier qu'ils ont tué en chemin, étant devenu furieux et ne voulant pas marcher.

Un party de 20 Abénakis Missiskouy qui a fait coup du côté d'Orange et de Corlard et qui ont amené des prisonniers et des chevelures. Ces deux partis sortis de Montréal.

Equipé un party de 10 Iroquois et Abénakis joints ensemble pour aller frapper du côté de Baston, et qui sont revenus avec des chevelures. Ce troisième party sorti de Montréal.

On nous amène des Trois-Rivières, deux prisonniers faits par un party d'Abénakis, le 8 du dit mois à 80 milles de Baston.

On dit qu'il y avait environ 2,000 soldats arrivés à Louisbourg venant, de Londres, qui avoient d'abord passé à New-York.

Que les Anglois avoient une grande envie de venir attaquer le fort St- Frédéric, mais que cela s'est évanoui.

Que l’on n'a fait sivune levée de troupes dans la Nouvelle-Angleterre, quoyqu'on en ait beaucoup parlé, dans le dessein de venir ce printemps attaquer le Canada.

Qu'il est venu au mois de mars de Dunstable, un party de 150 hommes, à deux journées de nos villages de St-François et de Bécancour, mais que ne s'étant pas trouvés assez forts, ils s'en étoient retournés.

Le 29.—Un ancien affidé que l’on à mis dans nos intérêts, vient de nous donner avis qu'il y a 15 vaisseaux de guerre à l'Isle Royale et une grande quantité de corsaires et que le gouverneur de Baston se préparoit suivant les derniers ordres reçus d'Angleterre à lever de nouvelles milices, ne disant pas dans quel dessein

Le 30.—Les Sauvages Abénakis tant ceux de l'Acadie que les domiciliés au nombre d'énviron 300 ayant été équipés et s'étant rendus à St-Michel près Québec, 1ls en sont partis aujourd’huy en canots d’écorse sous le commandement de monsieur de St Pierre, lieutenant, ils prennent la route de la rivière St Jean pour se rendre à Beaubassin y attendre le détachement de François, nous avons remis à cet officier une lettre de crédit portant promesse de faire acquitter à Québec ou en Acadie les dépenses qui seront occasionnées par les dits détachements de Canadiens et Sauvages qui résideront en Acadie.

Juin le 3.--Equipé un party de 18 Népissingues qui ont fait coup à Orange et Corlard.

Des Abénakis de St François ont amené un prisonnier nommé Thomas Joseph qu'ils ont fait à 20 milles de Baston au commencement de may ; ce prisonnier a rapporté qu'il a été envoyé à Louisbourg, 500 hommes de la Nouvelle Angleterre.

Le 4.—Le détachement de Canadiens au nombre de 680 y compris les officiers et cadets ayant été équipés, ils se sont tous embarqués dans les bastiments cy-après au nombre de sept qui n'attendent que le vent favo-

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rable pour partir. On y à fait embarquer 6 milliers de poudre et autres munitions de guerre à autre proportion, des marchandises tant pour le détachement que pour le besoin des Acadiens, .…...….. de fer et fer en barres pour donner aux Acadiens en payment des fournitures qu'ils feront, n'ayant pu trouver icy d'argent monnoyé, on a aussy fait embarquer des pelles,

pioches, pics et autres instruments nécessaires pour un siège.

Le 5.—L:s bastiments qui transportent notre détachement sont parlis par un petit vent de $. O. à l'exception du navire Lelourneur qui n'a pu déraper, les autres bastiments doivent l’attendre à Camouraska.

Equipé un party de 11 Népissingüues et Algorquins qui ont fait coup aux environs de Baston et qui ont amené des prisonniers.

Le 6.—-Le sieur Sallabery commandant la guélette La Marie est arrivé à Québes, nous a déclaré qu'il étoit parti de Rochefort le 16 novembre dernier avec 30 milliers de poudre et environ 600 fusils ; que s'étant trouvé dans le Golfe, le G janvier, mouillé aux isles St Pierre le mauvais tems et d'autres accidents Ravoient obligé d'aller relaché à la Martinique où il est arrivé, le 20 février, a resté aux isles où il a fait radouber son batiment, et auroit pu partir de très bonne heure, mais craignant des corsaires anglois qu'on scavoit être aux debouquemens il a été obligé d'attendre le convoy d'un corsaire qui étoit en armement, ils sont partis de compagnie le 20 avril, ce n’a esté qu'à la faveur du combat que le corsaire françois a livré à un autre anglois que le sieur Nallabery s'est sauvé, n’a rien rencontré depuis. Ce capitaine nous a remis la lettre du ministre du premier

noyembre dernier.

Par cette occasion nous avons appris que l'Amiral Thonsend (sic) étoit parti d'Antigues au commencement de janvier avec neuf vaisseaux pour aller à Baston se joindre à monsieur Warren et nous attaquer avec leurs forces réunies, qu'un coup de vent a dérangé ce projet et a forcé cet amiral de relacher à Antigues où il travaille à force à se radouber, et ajoute monsieur Caylus, l’on compte qu'il ne sortira que pour aller en Europe, que les deux vaisseaux qui lui manquent se sont séparés de lui dans ce même coup de vent et qu'on craint même qu'ils ne soient pris ou péris.

Equipé un party de 17 Népissingues qui ont fait coup du côté de Baston et qui ont rapporté des chevelures, ces Sauvages ont eu deux blessés

Le 8.—Le sieur Donville habitant de l'isle Saint Jean parti du dit lieu le 30 du mois passé est arrivé aujourd’huy à Québec dans son batteau avec sa famille ; il a abandonné son habitation sur l'avis qu'il a eu que les Anglois devoient venir en ladite isle dans peu.

Ce particulier a été à la découverte au mois de may pour tâcher d'apprendre quelques nouvelles ; étant au passage de Camceau, il en rencontra le 16 un charoy conduit par les nommés Briant et Potier habitans de l'isle St Jean, venant de l'Isle Royale, lesquels luy ont assuré qu'il étoit arrivé à Louisbourg à la fin d'avril 7 vaisseaux de Londres avec 1,500 hommes de troupes reglées.

Qu'à la vue de ces vaisseaux la garnison de cette place réduite à 5 ou 600 hommes tant sains que malade, les prenant pour des François, ne pensoient qu’à se rendre.

Que les Anglois avoient fortifié les dehors de la batterie royale.

Que des sept vaisseaux de Londres deux devoient servir de gardes costes.

Que si Louisbourg eût été attaqué pendant l'hiver par 300 Sauvages ils l’auroient pris.

Qu'il y avoit à l'Isle Royale 5 batteaux armés qui n’attendoient que le passage libre des glaces pour aller enlever les habitans de l’isle St Jean, embarquer les bestiaux qu'ils pourront, tuer le reste et brüler les habitations.

Que les Anglois avoient plusieurs pilottes françois, sçavoir Jasmain Accadien, Brisson Nantois qui est avec sa famille à Louisbourg et quelques autres.

Le 10.—Nous recevons par un courrier envoyé par le Père Germain des lettres de ce missionnaire en date du 25 et 27 may, il ne nous manque qu'un bastiment parti ce printemps de Port Royal pour Baston, estoit ‘de retour, qu'aucune nouvelle ne pénètre, qu'il avoit seulement appris qu'on avoit dit à Port Royal que l’entreprise sur le Canada étoit rompue, que monsieur Miniac prestre missionnaire des Acadiens le luy écrivoit aussy.

Equipé un party de 12 Sauvages Abénakis qui ont fait coup du coté

de Baston. Ce parti est sorti de Montréal.

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Un parti d'Abénakis de Pana8anské vient d'amener un Anglois soldat qu'ils ont fait prisonnier le 25 du passé au fort Lucie à l'embouchure de la Rivière St George. Ce prisonnier a rapporté que Thomas Sanders, capitaine d'un batteau, avoit embarqué il y a environ deux mois à la grande baye quarante familles flamandes et hollandoises pour les porter à Louisbourg, que d'autres familles de Gascobay, Pemkuit et autres lieux de la côte de l'est au nombre de 170 personnes ont esté aussy transportées à l'Isle

Royale,

Qu'on y attendoit au mois d'avril une flotte angloise, ne sait pas si elle y est arrivée. À parlé des vaisseaux qui ont hiverné à New York avec des soldats sans sçavoir le nombre. Que la garnison de Port Royal a été relevée par des soldats de l’ancienne Angleterre, et que cette place est dans le meilleur état de défense,

Le 13.—Equipé deux partis, l’un de 6 Sauvages Abénakis, fait du côté de Baston, tous les deux partis de Montréal.

Le 15.—Nous faisons partir un courrier pour Beaubassin, nous envoyons au Père Germain les dépositions des derniers prisonniers pour qu'il en fasse part à monsieur le commandant d'Escadre.

Juin le 17.—Est arrivé un parti d'Abénakis de Pana8amské qui amène un prisonnier anglois nommé Thimothé Comains âgé de 60 ans qu'ils ont pris le 2 du courant près du fort St George.

Ce prisonnier a rapporté la même nouvelle des 300 hommes de la vieille Angleterre qui ont passé à Louisbourg.

Qu'on travaille nuit et jour à des préparatifs pour se défendre contre une flotte françoise qu’on y attend. Qus les Bastonnoïis ont porté 20 canons sur l’isle appellée le petit Bluster à 3 lieues de la ville.

Qu'on a envoyé environ 100 familles angloises, irlandoises et hollandoises à Louisbourg, prises à l’est de Baston.

Un particulier, notre homme de confiance, a eu une longue conversation avec quelques uns des prisonniers qui sont aux cazernes qui luy ont dit qu'ils avoient su par le prisonnier arrivé le 12 de ce mois qu'on a fait à Baston de grands amas de munitions et de provisions et qu’une flotte angloise considérable doit arriver incessamment dans ces parages.

Equipé un party de 10 Abénakis qui ont été faire coup dans la rivière de Kakecoute et qui se sont battus près d'un fort, leur chef fameux guerrier nommé Cadenaret a été tué, les autres sont revenus avec des chevelures et en ont laissé d’autres qu'ils n'ont pu avoir, les morts étant restés trop près du fort.

Le 18.—Ce même particulier cy-dessus a su par un prisonnier affidé qui le tient du prisonnier arrivé hier qu'on faisoit des levées d'hommes depuis l’est jusqu'au sud de la Nouvelle Angleterre, Georgie, La Pemnsilvanie, Maryland, que des volontaires se joignent ensemble, sans compter ceux qui se lèvent dans le pais à proportion pour venir contre Québec, ils attendent de jour en jour des vaisseaux d'Angluierre.

Tous les prisonniers que nous avons dans les cazernes au nombre de 50 disent publiquement qu'ils seront bientôt délivrés par le siége et la prise de Québec où les Anglois ne tarderont pas à venir, on leur a facilité les moyens de s'escrire lorsque quelques uns d’entr'eux ont été transportés à l'Hotel Dieu ; toutes ces lettres ont été visitées avant d'être rendues et il y étoit toujours question de leur délivrance prochaine

Le 29.—On nous écrit que ledit jour 16 au matin est arrivé au Cap au Rosiers le nommé Michel Miguet dit déloyal échappé de l’isle St Jean avec sa famille le 12 dudit mois, lequel luy a rapporté que le deux dudit mois il avoit mouillé dans le port Lajoie trois bastiments anglois dont un de 66 canons qui n'en a cependant que 44 montés, un brigantin de 20 pièces et un batteau de 10.

Qu'on croyoit à l’isle royale qu'il y avoit des Canadiens à l'Isle St Jean qui faisoient un fort avec les habitans de cette ville.

Que le commandant de ces bastimens ayant reconnu la fausseté de cette nouvelle avoit renvoyé le batteau à Louisbourgæ pour en informer.

Que le commandant avoit déclaré qu’il ne vouloit faire aucun tort aux habitans ce qui ne les a pas empêché de se retirer dans les bois, en attendant quelques secours qu'ils comptent recevoir du côté de Québec.

Juillet 8.—Monsieur de Raymond, lieutenant arrivé de Montréal avec

7 à 8 personnes amenées depuis quelques temps en ladite ville par différens partis de Sauvages ; ces prisonniers ayant été interrogés ont dit qu'on a eu

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