‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 131 sur 206 · EE · texte numérisé non relu

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avis qu'il venoit une flotte françoise pour attaquer Baston, à ce que l'on disoit, et qu'on se fortifioit dans cette ville.

Qu'on levoit au commencement de may à Baston 2,000 hommes pour envoyer à Louisbourg.

Qu'il a oui dire à Baston dans le même temps que le prétendant avoit été mis en déroute et s’étoit retiré dans les montages et que son frère avoit été pris, mais que c'est peut être une histoire

Le 8.—Le père Germain nous confirme par des lettres arrivées aujourd'huy la nouvelle des 8 bastiments anglois au port Lajoie en l'isle St Jean.

Le 15.—Le général est de retour de Montréal, quelques jours avant son départ, il a ordonné d'équiper le détachement, sous le commandement du sieur de Miry, lieutenant, composé de 50 François et environ 300 Sauvages Panta8atamis, Juants, Illinois, Outa8as, Sauteux, folles avoines, descendus depuis peu du pays d'en haut, et les Algonkins, Iroquois et Abénakis, avec ordre d'aller frapper sur les côtes de la Nouvelle Angleterre suivant les circonstances on observant de faire de fréquentes découvertes pour estre informés à tems des entreprises que les ennemis pourroient faire faire sur nos côtes.

Ce party a séjourné au fort St Frédéric et a été occupé à faire des découvertes et des travaux dans la rivière au chicot où ils ont abattu les arbres des deux côtés de la rivière pour en rendre le passage impraticable à nos ennemis. Plusieurs desdits Sauvages ont pris leur party et ont été faire coup, monsieur Denny (?) ayant eu des ordres pour attendre le party commandé par monsieur Rigaud auquel il s’est joint.

Le 18.—Le sieur Falaise, Lieutenant, amène de Montréal un anglois nommé Jean Bimant pris à Northfields à 14 milles au-dessus de Dierfield le premier de ce mois par un party de Sauvages du Sault.

Ce prisonnier a rapporté qu'on parloit dans son quartier que les Anglois devoient venir cette année pour attaquer le Canada, d’abord par la rivière, par le fort St Frédéric, et à pied ou en canot par la rivière de Connecticut, qu'on ne faisoit point de canots dans son quartier.

Qu'on donnoiïit trente pièces de leur monnoye pour lever chaque hommes destiné pour former les compagnies qui doivent venir en Canada, disent-ils, dans un mois.

Le 23.—L:s Sauvages Outa8ais, qui étoient avec monsieur Denny, ont un Sauvage Montaguez et un Aniez sur le champ et le Montaguez a été amené à Montréal et renvoyé chez luy par 8 lroquois du luc avec un collier.

Il a été fait un envoi de munitions et des présens au sieur Joncaire pour le mettre en état de traitter d'affaire avec les Iroquois des cinq nations et pour les contenir dans la neutralité.

Un prisonnier anglois qui nous est affidé a donné avis à notre homme de confiance que le nommé Jean Bimant est arrivé le 18, a dit à ses camarades qu'on se préparoit en toute diligence pour venir attaquer ce pays-ci, qu'il y a quinze vaisseaux de guerre et nombre de corsaires tout prests, qu'on rassemble toutes les forces qu'on peut avoir, qu'ils ont ordre du Roy d'Angleterre de ne rien épargner pour cette affaire, qu'on donne de grands encouragemens aux habitans en leur accordant 30 1bs. plus une couverte et un fusil outre leur paye, et que les ordres du gouverneur à Baston sont de forcer les autres gouvernemens jusques à la Virginie.

Sur cet avis nous avons écrit au Sieur Denny, qui est en chemin pour se rendre au fort St Frédéric, de ne point dispenser les nations qu'il a sous son commandement pour qu'elles puissent se rassembler sans peine au premier avis et de retarder sa marche jusques à ce temps.

Le Sieur de Carqueville, enseigne, a été envoyé exprès du fort St Fréderic, est arrivé ce matin en poste. Cet officier est arrivé au fort St Fréderic, le 17 au dit raois, avec un party de Sauvages, et a amené un flamand qu'il a pris dans le lac St Sacrement, lequel ayant été interrogé par le commandant du fort a dit qu'il étoit party d'Orange il y avoit 10 jours pour apporter des lettres à Sarasteau, pour y donner avis du départ du gros de l'armée composée de 13000 hommes destinés pour attaquer le fort St Frédéric dont il y avoit dejà 600 de rendus à Sarasteau, qu'ils ont même commencé à charger les provisions de vivres, qu'ils ont six pièces de canon.

Qu'il est arrivé à Orange six barques chargées de bombes et autres munitions de guerre destinées pour le siège.

Que l’on a fait afficher dans toutes les villes de la Nouvelle Angleterre qu'il falloit tenir bon pour subjuguer le Canada, et que si l’on ne pouvoit

le faire en un an, il en falloit mettre plusieurs jusqu'à ce que qu'on fut parvenus à la fin de cette entreprise.

Que les batteaux qui doivent mener une partie de l'armée ont été construits à Orange et qu'ils doivent venir une partie par le lac St Sacrement et l'autre par la rivière de Chicot.

Que les cinq nations doivent venir avec eux.

Qu'il a entendu dire qu'il y avoit à Buston 82 vaisseaux de guerre et quantité de bastimens de transport destinés pour attaquer Québec et qu'il y en avoit déjà de partis pour croiser dans la rivière ; ce flamand a été pris d'entre les mains des Sauvages loups qui étoient à la découverte vers le lac St Sacrement, ils n’ont fait aucune résistance à lâcher ce prisonnier.

Monsieur de Crozille, commandant au fort St Fréderic, nous marque du 17 que quelques-uns des Sauvages du party de Monsieur de Carquerille ayant été à la découverte à Orange auparavant que d'avoir fait leur prisonnier, ont rapporté avoir vu du côté d'en bas de cette ville dans une grande praierie de pavillons anglois avec quantité de monde et bateaux.

Nous envoyons au père Germain par un courrier les rapports de 18 et 21 et 22 de ce mois pour qu'il en informe monsieur le commandant de l’Escadre et monsieur de Ramesay.

Dans l'incertitude où nous sommes des desseins de l’ernnemy nous avons jugé qu'il étoit nécessaire le prendre des mesures pour mettre le fort St Frédéric à couvert, quoyque nous ne pensions pas que les Auglois se mettent en marche au nombre de 18000, l'armement étant trop considérable, nous avons cru qu'il convenoit de les prevenir s'ils veulent faire une tentative sur ce fort. C’est en conséquence que monsieur le marquis de Beauharnoiïs donne ordre à Montréal d'équiper en toute diligence un détachement de 400 hommes sous le commandement de monsieur Rigaud major des Trois Rivières pour se joindre à monsieur de Mury (?) qui est actuellement au fort St Fréderic et s'opposer ensemble aux entreprises des ennemis sur ce fort.

Monsieur De Lery fils, sous ingénieur, est envoyé à fort St Fréderic avec deux canonniers pris au navire l'Aug'uste.

Monsieur le général donne en même temps ordre dans le gouvernement de Montréal de 15 à 1600 hommes afin qu'ils se tiennent prests à

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