‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 132 sur 206 · BR ®E A · texte numérisé non relu

BR ®E A

marcher au secours du Fort Saint Frédéric au premier avis certain que nous recevrons de l’attaque du fort. On a ordonné 12 cajeux d'artifice d'augmentation à lanse des mers proche Québec.

Le 25.—Avis qui nous a été donné par un prisonnier Irlandois.

Le prisonnier arrivé le 18 de ce mois luy a assuré que les Anglois viennent à Québec.

Qu'il y a quinze vaisseaux de guerre arrivés à Louisbourg destinés pour ce pays, et qu'on fait dire à tous les gouvernemens de l'Amérique qu'il faut qu'ils aient à seconder le gouverneur de Baston dans cette expédition, le prisonnier a vu plusieurs de ceux qui sont enrollés auxquels on a donné 30 monnoye courante du pais, un fusil et une couverte.

Du 28 au 29.—Nous apprenons par les lettres que nous recevons que notre Annadille qui étoit parti de Gaspé, le 2 du courant, s’est rendue heureusement à la baye verte. Monsieur de Ramesay nous marque du 17 qu'il vient de recevoir une lettre de Monsieur Laloutre, missionnaire à l'Acadie, lequel lui propose de la part de Monsieur Duvignan, commandant les deux fregattes qui sont à Chibouctou de faire le siège de Port Royal dans le cas que l’escadre n'arrive pas dans le cours de ce mois, mais Monsieur de Ramesay ayant ordre à son arrivée à Beaubassin de séparer son détachement en deux autres, il a fait assembler ses officiers pour conférer lequel party seroit le plus convenable ou d'accepter la proposition de Monsieur Duvignan par Monsieur le Loutre, ou de faire marcher moitié du détachement du côté de Canceau.

Les officiers ainsi assemblés ayant été informés par le Père Germain et par ses découvreiurs qui revenoient des environs de Canceau qu'il étoit impossible de se rendre à ce poste avec les vivres et les munitions nécessaires pour ce destachement qui y seroit destiné, qu’on ne pourroit faire à Beaubassin des canots d'aucune espèce pour transporter le détachement par eau, que d’ailleurs on avoit appris qu'il n'y avoit plus personne à Canceau et que les Anglois en avoient relévé la garnison pour la transporter à Louisbourg.

Conseil tenu a été décidé que tout le détachement, tant François que Sauvages, marcheroit à Port Royal suivaut la propositiun de Monsieur Leloutre au nom de Monsieur Duvignaud, Monsieur de Ramesay marqué

qu'il travaille en conséquence et fait transporter les vivres et munitions à Beaubasssin pour de là se rendre aux mines. Cet officier demande un mortier et des boulets et bombes pour le siège du Port Royal. Il ajoute qu'il a envoyé à la découverte au Port Lajoie, pour observer les mouvemens des Anglois qui y sont, il attend le retour des découvreurs. Il y a dans le bâtiment de Monsieur de Cery trois François et un Anglois

arrêtés par Monsieur de Ramesay à la hauteur de Craspé, dans un charoy parti de Louisbourg le 17 juin.

Le 31.— Le Brigantin la Petite Marguerite venant de la baye verte a mouillé en rade, on nous à amené les trois François et l’Anglois arrestés dans un charoy par Monsieur de Ramesay.

Ces gens là rapportent que le 17 juin jour de leur départ, il y avoit à Louisbourg plus de 40 vaisseaux de guerre de transports et navires marchands et entre autres les vaisseaux de guerre dont voicy la liste suivante:

Le Vigilent de 64 canons, Le Kingston de 60 canons, Le Canterbery de 60 canons, Le Chester de 50 canons, Le Norwich de 50 canons, Le Douvre de 40 canons, Le Kinsale de 40 canons, Le Jowey de 40 canons,

Le Lynn de 40 canons.

Qu'on faisoit nombre de 7000 hommes à Louisbourg tant à terre que dans les vaisseaux, que les amiraux Knowles, Cownsend et Warren y sont, que c’est le premier qui commande, qu’on disoit publiquement à l'Isle Royale qu'il y venoit une flotte françoise, que cette place est bien munie et qu'on y attendoit encore de Londres 24 vaisseaux de guerre et 14 navires chargés de troupes.

Aoust le 1°.—Monsieur Chatelain, Lieutenant aux Trois Rivières arrive avec le nommé Jean Richard anglois fait prisonnier par un party Abénakis de St François, il y a 23 jours près de Rochester.

Ce prisonnier rapporte qu'on a fait des pro:lamations dans tout le pays pour 1000 à 2000 hommes pour chaque province, plus ou moins, il dit

que cela montera de 40 à 50 mille hommes destinés pour l'attaque du Canada.

Que le Roy d'Angleterre a fait dire qu’il fourniroit les vaisseaux et qu'ils n’avoient qu'à faire des levés d'hommes.

Qu'il y a déjà beaucoup de vaisseaux arrivés au Cap Breton. Qu'il y a dans leurs ports beaucoup de bâtiments de transport.

Qu'ils font des amas de vivres, donnant cent pièces aux habitans qui veulent s'équiper en entier et trente à ceux qui veulent qu'on les équipe, qu'ils ne forcent personne pour aller à la guerre, que les marchandises sont fort chères chez eux, la poudre y vaut 8 1. 10 la livre.

Sur ce que l'interprête luy a dit qu'il étoit bien tard pour faire une entreprise sur cette colonie il a repondu que les anglois se préparoient, qu'ils n’étoient pas encore tous prêts, et que ce devoit être l'Amiral Warren qui devoit être à la tête de l'expédition, ajoute qu'ils ont 1500 Sauvages Maaks (sic) dans leur party.

Les avis que nous avons reçu, les 22, 25 et 31 du passé, et le rapport du prisonnier qui vient d'arriver nous paroissent seri:ux; nous apprenons d’ailleurs par des Sauvages arrivés au Fort Frontena: revenus de la pointe du Sud de ce continent, que les gouverneurs de la Caroline et de la Pensylvanie ont marché avec beaucoup de monde pour aller à Baston pour delà s'embarquer pour l'Isle Royale, nous avons pensé que tant d'hommes ne sont pas nécessaires pour mettre Louisbourg en sureté d'autant qu'au commencement de juin, il y en avoit déjà 7 à 8000 de rendus.

Malgré la diversité de ces avis, il nous paroit cependant certain que les ennemis font de grands préparatifs, et nous avons cru qu'il étoit de la prudence, pour ne rien risquer, de faire revenir partie du détachement de Monsieur de Ramesay avec nos Sauvages domiciliés.

En conséquence nous expédions un courrier à Beaubassin par lequel nous faisons part au père Germain, missionnaire audit lieu, de la scituation où nous sommes, nous le prions de faire passer ces avis en diligence à Monsieur le Commandant de l'Escadre, sis qu'il prenne sans perte de temps les

plus grandes mesures pour garantir cette colonie qui est très menacée, même de ramener nos canadiens ou partie de ous Sauvages domiciliés qui sont actuellement à l'Acadie. -

Nous ajoutons que Monsieur de Ramesay pourroit tout au plus laisser à l’Acadie 2 ou 300 françois et les Sauvages Micmacs pour protéger les Acadiens, et revenir ici avec le surplus de nos françois et tous nos Sauvages domiciliés y compris ceux de la rivière St Jean et de Panna8amské, soit par mer ou par la rivière St Jean.

Nous envoyons à Monsieur le commandant de l'escadre et à Monsieur de Ramesay copie d’une lettre du Père Germain et nous les prions d'agir en conséquence.

Avant de cacheter nos dépesches pour Beaubassin arrive un courrier de Montréal qui nous apporte la déclaration de trois prisonniers amenés et interrogés en la dite ville, le 30 du passé.

Un de ces prisonniers nommé Rocbert d'Imbarre, pris il y a dix-huit jours aux environs de Sarasteau, a rapporté qu'il y avoit déjà neuf cents hommes rendus à Orange, et qu'on y attendoit le reste de l’armée qui devoit partir le premier ou le deux de ce mois au nombre de 13000 hommes.

Il y a 500 grenadiers venus de la Vieille Angleterre pour aller à l'Isle Royale, que 250 ont hiverné à Yorck et les autres à Philadelphia.

Assure qu'il y avoit lorsqu'il a été pris 32 vaisseaux de ligne à Baston prets à partir avec d’autres vaisseaux de charge pour venir en Canada.

Qu'on fait les canons à la Menade et à Orange et qu'on y travaille actuellement, que l’armée doit venir par la rivière de Chicot et par le las St Sacrement.

Nous joygnons ce rapport à nos dépêches.

Le 2.—Les nouveaux avis que nous recevons aujourd'huy de Montréal, du 31 du passé, confirment les précédens. Il a été pris par nos gens à 15 lieues du fort St Frédéric un sauvage Anié et l’autre Montagués qui étoit à la découverte, ont rapporté qu'il y avoit 300 officiers déjà de rendus à Sarasteau, que toutes leurs troupes étoient en marche, qu'ils venoient par

ifferens endroits, sçavoir, par Choneguin, par le lac St Sacrement et par 14 rivière du Chicot, pour nous attaquer de tous les costés par en haut, qu'ils

amènent avec eux dix pièces de canon de 18 qu'il estoit parti il y a 23 jours 60 vaisseanx pour se rendre à l'Isle Royale et se rendre ensuite à Québec.

Monsieur de Croisilles nous écrit du fort St Fréderic le 24 juillet que quelques Sauvages Loups avoit tué et levé la chevelure à un soldat François qui estoit sorty sans armes et qui étoit à une distance assé éloignée du fort où étoient ces Sauvages cachés.

Il faut que les Anglois de ce continent soient en armes si tous ces rapports sont vrais.

Dans ces circonstances nous expédions un second courrier à l'Acadie en cas que le premier vienne à manquer, et en informant monsieur de Ramesay de ce nouvel avis, nous luy reiterons nos ordres contenus dans nos dépêches du jour d'hier qui prescrivent à cet officier de revenir à Québec en diligence avec son détachement ettous nos Sauvages domiciliés, y compris ceux de la rivière St Jean et de PanaSamské et de laisser seulement à Beaubassin 2 ou 300 François avec les Micmacs de l’Acadie, pour tranquiliser les Acadiens, et que néantmoins il recevra sur le tout les ordres de monsieur le commandant de l’escadre.

Nous écrivons à ce commandant dans le même sens, nous le prions de venir en toute deligence au secours de cette colonie qui est menacée d'une attaque générale, nous ajoutons que si même il jug2 les 2 ou 300 François qui doivent rester à l'Acadie ny soit pas absolument nécessaires il peut les renvoyer.

Nous prenons à Québec toutes les précautions pour nous mettre en état de défense.

Nous donnons ordre à tous les capitaines des côtes de ce gouvernement d'envoyer des exprès pour recevoir des poudres et balles que nous leur ferons délivrer pour les mettre en réserve et être par eux distribués aux habitans de leurs commandements au premier avis que nous leur donnerons de l'approche de l'ennemi, afin qu'ils puissent se rendre à Québec en état de défense.

Le 3.—Monsieur de Rigaud de Vaudreuil, major de la place de la ville des trois rivières, est parti de Montréal avec un détachement sous ses ordres

composé de 2 capitaines, 1 lieutenant, 3 enseignes, 2 aumoniers, dont un

pour les Sauvages, un chirurgien, 10 cadets des troupes, 18 officiers de milice, 8 volontaires et environ 400 habitans et 300 Sauvages tant domiciliés que ceux venus des pays d'en haut.

Ce parti a été dans la rivière de Kakekoute où il a attaqué un fort près de Brocfil dans lequel il y avoit 22 hommes de garnison, 3 femmes et 5 eifans, lesquels après s'être battus pendant 26 heures et avoir eu un de leur gens tué dans le fort et plusieurs de blessés, se sont rendus prisonniers de guerre.

Monsieur Rigaud, commandant, a été blessé d'un coup de feu au bras droit et trois de ses Sauvages dont un Iroquois du lac et un Abénakis ont été tués sur le champ de bataille, 4 François et 11 Sauvages ont été blessés.

Ce pati a fait beaucoup de ravages en revenant, et brülé dans l’espace de 15 lieues tous les establissements et grains qui se sont trouvés sur pieds,

avec granges, moulins, temples, tanneries, &c., et est revenu ensuite avec ses prisonniers au fort St Frédéric où il est resté pour attendre les ordres de monsieur le général qui luy a manqué (?) avec tout son monde.

Soixante Abénakis dudit party qui s'étoient détachés après le cuup fait pour aller attendre sur le chemin 20 anglois qui devoient venir audit fort, suivant le rapport des prisonniers, lesdits Sauvages ne les ayant point rencontrés, ont été plus loin et partie d'eux sont revenus avec sept chevelures, 1 anglois et un nègre.

Tous les exploits de nos ennemis se sont terminés jusques à présent à faire lever par des Sauvages Loup la chevelure d’un soldat de la garnison du fort St Frédéric qui étoit sorti de ce fort sans armes et qui en étoit à une distance assez éloignée ou étoient ces Sauvages cachés, auxquels les anglois avoient promis ure sommes d'argent considérable et qui n’avoient été gagnés que par ce moyen, étant le seul coup qu'ils aient voulu faire, malgré les fortes instances des ennemis.

Dix sept Sauvages Mississaguez qui s'étoient détachés de ce party avant la prise du fort ont été à 6 lieues au dessous d'Orange, ont fait coup et ont rapporté quatre chevelures.

Aowst le 4—Dans une délibération faite chez monsieur le général, ou étoient les principaux officiers de la garnison et les capitaines des navires

marchands qui sont en rades nous avons arrêt® qu'on prépareroit 12 petits bastiments pour bruslots en cas que la flotte ennemie parut dans cette rivière.

Il à été aussi arrêté qu'on feroit préparer quelques maisons dans la profondeur des terres aux environs de Québec pour y mettre des vivres et manitions pour les besoins des officiers des différents déla:hements qui pourroient être envoyés hors de la ville.

Nous é:rivons au sieur Cartier, commandant les cajeux d'artifices à l'Isle aux Coudres de redoubler d'attention à observer les vaisseaux qui pourront monter dans la rivière, et de tenir ces cajeux et ceux des environs en état d'être chargés pour les manœuvrer s'il en est question.

Même avis à monsieur de Rourville qui est vedette à Rimouski.

Monsieur je général donne ordre dans le gouvernement de Montréal de tenir prêts 1500 hommes pour descendre à Quéhec au premier avis de l'approche de l'ennemy. Nous prenons d'ailleurs les plus grandes mesures pour nous deffendre des entreprises des ennemis, s'ils osoient en tenter.

Le 6.—Le sieur Sa!labery est envoyé dans biscayenne pour croiser et observer depuis le Cap Chat jusques à la Trinité, avec ordre, s'il aperçoit des vaisseaux qu'il ait lieu de croire vaisseaux ennemis, de venir nous en rendre compte.

Le 12.—Nous recevons par un courrier envoyé de Beaubassin des lettres de monsieur de Ramesay et du père Germain du 25 juillet. Le premier nous marque qu'il apprenoit par Port Royal que le sieur Mascaren avoit demandé à Baston 4 bastimens avec du monde pour forcer les Acadiens à prendre les armes pour les Anglois, et qu'ils bruleroient toutes les habitations ; tous les habitans tremblent de peur que nos projets ne manquen!, ils disent que dans ce cas ils sont tous perdus.

Nous sommes informés du succès qu'ont eu les Micmacs qui ont.été au fort Lajoie au nombre de 200 sous le commandement de monsieur de Croizille de Montesson.

Ces Sauvages ont frappé sur 40 ou 50 hommes, dont trente soldats qui étoient à terre, ils les ont tous tués ou faits prisonniers à l'exception de quelques uns qui se sont sauvés à la nage. Il n'y avoit encore que trois

prisonniers d'arrivés ave le nommé Brisson, François, qu'on dit être pilotte de l’un des bastiments.

Il y avoit dans le port Lajoi: une frégatte de 24 canons et un navire de transport de 700 tonneaux dans lequel il pouvoit y avoir encore 200 hommes.

On auroit pu s'emparer de ces bastiments si l'officier eût été maitre des Sauvages qui ne voulurent point attendre quoyqu'ils eussent été avertis que tous les officiers et les soldats de la frégatte alloient descendre à terre pour y établir un corps de garde. Les sauvages ont tué quantité de bœufs et autres bestiaux que les Anglois avoient à terre en provision dans un parc.

Ledit Pierre Brisson et les 3 prisonniers ayant été interrogés par monsieur de Ramesay ont rapporté :

Qu'il étoit arrivé dans le mois de may à Louisbourg 8 vaisseaux de 50

à 60 canons venant de Gibraltar avec 1890 hommes de troupes réglées,

Qu'il y avoit à Louisbourg avant l'arrivée de ces 8 vaisseaux, trois régiments de milice formant trente compagnies de 70 hommes venus de Baston, et qu'on y attendoit encore 7 compagnies pour remplir un autre régiment dont il y avoit trois compagnies d’arrivées.

Que le dessein des bastiments anglois venant du Port Lajoye étoit seulement d'enlever tous les bestiaux des habitans de l'Isle St Jean, en les payant, et qu'à cet effet le capitaine avoit apporté de l'argent.

Qu'on attendoit à Louisbourg 14 vaisseaux avec trois galiotes à bombes pour Québec, et que l'amiral Warren étoit allé à la Nouvelle Yorck pour ramasser les milices de cet endroit pour le même sujet.

Que le nommé Baptiste Dion françois, luy a dit qu'il devoit avoir 2000 1. pour pilotter la flotte angloise à Québee et que le nommé Jasmain

Le) aussy françois avoit 1000 pour la même affaire. Que ces bastiments comptoient s’en retourner à Louisbourg le 24 juillet [=] .

avec les bestiaux qui avoient été ramassés.

Que Louisbourg étoit pourvu bien de munitions de guerre et de vivres,

ayant eu quelques soupçons qu'il devoit venir une flotte françoise.

Les trois prisonniers ont dit que ledit Brisson avoit pilotté la frégatte de sa bonne volonté et que c'est luy qui a conduit le capitaine chez tous les habitans de l'Isle.

Le 19.—Est arrivé un courrier dépesché par le sieur Perthins qui est en vedette au Cap Desrosiers lequel nous a escrit du 6 aoust qu'il a vu le même jour quatre navires à environ 6 lieues au large du Cap Derosiers, mais que ces navires n'ayant point de vent et les courans portant bas, il les a perdue de vue,

Le 21.—Monsieur de Ramesay nous fait sçivoir qu'il a fait embarquer sur le batteau le St Jurques T prisonniers anglois provenant du coup fait au Port Lajoye avec Le nommé Pierre Brisson, François pris daus cet adventure. Ces prisonniers ont été interrogés de nouveau à leur arrivée. Ils ont ajouté que les habitans de l'isle St Jean étoient d'accord avec les Anglois pour la vente de leurs bestiaux, que ces premiers ont envoyé ce printemps à Louisbourg deux députés dont Pierre Brisson étoit du nombre pour demander la protection des Anglois contre quelques corsaires qui avoient ravagé quelques habitations.

Qu'il s’étoit passé une espè-e d'accord par lequel il éloit stipulé qu'il ne seroit fait aucun tort à ces habitans, que ces derniers fourniroient des bestiaux en payant, et que c’est en conséquence de cet accord que les deux bastiments en question sont venus au Port Lajoye.

Après ce coup plusieurs habitans de l’isle St Jean sont venus demander des vivres à monsieur de Ramesay qui leur en a donné ce qu'il a pu.

Le nommé Donville, qui est avec le sieur Vitré, en qualité de second, nous a dit qu'il avoit été à l'isle St Jean après le.coup du Port Lajoye, que les deux bastiments en étoient partis le lendemain, que le capitaine de la frégatte angloise avoit effectivement payé à quelques uns des habitans le prix des bestiaux qu'ils avoient fournis en conséquence de l'accord, que le lendemain, jour de l'aventure, les autres habitans qui avoient fait de pareilles fournitures devoient aller à son bord pour compter et être satisfaits, que les Anglois avoient à leur bord 6 habitans de l'Isle pour otage,

Le 26.—Nous recevons des lettres de Montréal par lesquelles nous

apprenons que des découvreurs venus de Sarasteau où ils ont été plusieurs

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jours, ont rapporté qu'il ne sortoit personne de ce fort qu'ils ne fussent une trenteine à la fois, qu'il n'y a plus de Sauvages avec eux, dans leur découverte ils n'ont vu aucune piste ; ils ont ajouté qn'il n'y avoit à ce fort aucuns canots, ni apparance de préparatifs, point de pont ni chemins.

Monsieur de Rigaud qui s'est rendu au fort St Frédéri: le 15 de ce mois n'ayant eu aucune connoissance que les ennemis fissent ancuns mouvemens, est parti du dit fort le 20 avec le restant du party de monsieur Denny, ce qui compte 500 François et environ 400 Sauvages, pour aller enlever les forts qui sont à 4 lienes de Sarasteau.

Le 27.—Est arrivé un courrier dépesché par le sieur Perthins qui est en vedette au cap des rosiers, lequel nous écrit du 11 de ce mois, que les 6, 7, 8,9, et 10 dudit mois, il a vu jusques à 10 vaisseaux dont quatre ont croisé jusque dans la baye de Gaspé où il les a vu louvoyer, qu'il a jugé que ce sont des vaisseaux anglois, attendu qu'ils avoient le vent favorable pour rester dans la rivière, et que des gens venus le 10 à son poste et luy ont répété que ces vaisseaux avoient paru à 8abo au nombre de 12 il y avoit quelques jours.

Le sieur Perthins nous marque qu'il a envoyé un canot d'écorse à Beaubassin pour informer monsieur de Ramesay de ce qu'il avoit vu, il demande une chaloupe biscayenne avec du monde, n'ayant plus que 2 hommes à son poste.

Nous apprenons par notre homme de confiance qui a eu ce matin une longue conversation avec les prisonniers faits à l’isle St Jean et amenés hier par monsieur de Vitré, que le dessein des bastimens qui étoient au port Lajoye n’étoient pas de retourner à Louisbourg, mais q'ils devoient partir 2 jours après le coup fait pour quelqu'autre endroit connu seulement du commandant qui est le capitaine Rowze.

Nous pensons que ces navires avoient ordre de porter leurs bestiaux aux vaisseaux qui sont en croizières au Cap Desrosiers, où même à une flotte qu'ils attendoient incessamment pour venir nous attaquer.

Tous nos prisonniers paroissent si persuadés de la réalité de ce projet qu'ils sont extrémement surpris depuis l’arrivée des derniers de voir que cela n'avance pas, ce qui les fait craindre que le projet n’ayt manqué.

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Nous écrivons à Beaubassin, nous informons Monsieur le commandant de l’escadre et Monsieur de Ramesay de tout ce qui se passe dans ce continent,

Aoust le 81.—Equipé à Montréal un parti Iroquois du Sault de 6 hommes. Equipé un parti du même village de 8 guerriers qui ne sont point de retour.

Monsieur de Montigny, 2 cadets et 25 sauvages Abénakis et Iroquois du Sault ont esté envoyés après le coup de Monsieur Rigaud à la découverte à Sarastau, une partie des sauvages s'estant séparés, le Sieur de Montigny, qui n'a vu aucun mouvement ny préparatifs de guerre dans ce fort, a donné avec 14 hommes qui luy restoient sur 20 soldats de cette garnison qui escortoient une charette chargée de terre pour faire une cheminée, et à la porte du fort il a tué 4 hommes de ce detachement dont les sauvages ont levé la chevelure et fait quatre prisonniers.

Septembre le 2.—Est arrivé le nommé Jacques Hamelin dépesché par le Sieur de Perthins du Cap Desrosiers. Ce dernier nous écrit du 15 aoust que depuis le 10 il n’a plus vu de vaisseaux aux environs de son poste, ce mesme Hamelin à quelques lieues du cap des Rosiers pour chercher une chaloupe, cet homme luy a dit avoir parlé au nommé George Leroux dit Grand Gcorge qu'il connoissoit ey devant, lequel a été pris par l’un des vaisseaux qui ont croisé au devant du Cap Desrosiers. Nous avons interrogé le dit Hamelin et voicy ce qu'il nous a rapporté :

Qu'il a appris de Grandgeorge qu'il avoit été pris par un navire anglois à 15 ou 20 lieues du Cap Desrosiers près d’Anticostie, vers le 15 juillet, venant dans un petit charroy chargé de sel, que ce navire l’a mené à Louisbourg, où étant arrivé tout prêt de mouiller, le gouverneur de la place a renvoyé le mesme navire avec deux autres, dont le Vigilant en est un, avec une petite goëlette pour prendre cinq navires qu'on luy avoit dit faire pesche à Gaspé

Qu'ils ont pris sur le banc des orphelins, venant de l'isle Royale une chaloupe pescheuse commandée par un nommé Reymond basque qu’ils ont gardé et ont renvoyé le 11 aoust à terre à Gaspé, les trois autres hommes de cette chaloupe et les 4 de Charoy.

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