‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 133 sur 206 · RES M · texte numérisé non relu

RES M

ge

Ledit Lereux a dit aussy audit Hamelin que les Anglois avoient dit qu'en sortant de Gaspé, où ils n'ont rien trouvé, qu'ils alloient à la baye verte pour prendre le navire le Tourneur et le Castor, qu'il y avoit 5 gros vaisseaux de force à Port Royal qui attendoient les François en cas que ces derniers vinssent pour assiéger cette place, qu'ils attendoient chaque jour une flotte pour venir attaquer Quebec ; les Anglois ont dit audit Leroux qu'ils croiseroient jusqu'à la fin de l'automne dans le Golfe pour empescher l:s vaisseaux de Canada de passer.

Le Sieur Perthins ajoute que lorsque le Sieur de Lery passera au Cap Desrosiers, il l’arrestera, l'empeschera de passer outre et mesme le ramenera à Québec, attendre les risques qu'il coureroit pour entrer à la baye verte.

Nous dépeschons une biscayenne et un canot au Sieur Perthins, le maître de la biscayenne a ordre d'observer les vaisseaux qui pourront entrer danslarivière,ets’illes reconnoit vaisseauxennemis,de venirenrendre compte.

Nous écrivons au Sieur Perthins que nous comptons qu'il n'aura pas arresté le Sieur de Lery, estant de conséquence qu'il arrive à la baye verte pour y remettre les vivres destinées pour nostre détachement qui a besoin de ce secours, et que nous pensons plutost qu'il aura envoyé à la découverte pour voir ce qui se passe.

Le 3 est arrivé un courrier de l’Acadie.

Monsieur le Général reçoit une lettre de Monsieur DuVignan commandant la frégatte l'Aurore qui lui marque entre autre chose que le Castor est entré le 1er Aoust avec un servant anglois commandé par un Lieutenant de vaisseau, armé de 10 canons, 12 pierriers et 75 hommes d'équipage, qui alloit à Baston pour envoyer delà à Louisbourg quelques bastimens qui devoient apporter des vivres dans cette place ; qu’il a appris par les prisonniers qu'il y a dans l'isle Royale 4 mille hommes de garnison et 18 vaisseaux de guerre qui ont sorti à l'exception de 3 qui croisent à terre neuve et aux costes de l’Acadie, sur l'avis qu'ils ont eu que notre escadre avoit été poursuivie par l'amiral Martin, et qu’elle étoit réfugiée à l’isle d'Aix où elle est bloquée.

Qu'il n’y a que trop d'apparance à cette nouvelle, puisqu'elle ne paroist

pas aux costes de l’Acadie; et qu'étant au bout de ses vivres il prend le party de s’en retourner avec le Castor en France.

Qu'il n'a *u, en exécution des ordres du: Roy, mettre les prisonniers qu'il a au nombre de 168 dans plusieurs bastiments et les excorter jusqu'à l'embouchure de la rivière, attendu la quantité de malades qu'il y a abord des deux frégattes, qu'il n'a également pas pu les embarquer sur son bord parce que dans une occasion il ne pouroit se défendre, qu'il a chargé monsieur de Ramesay de ses prisonniers et leur a laissé des vivres suffisamment et quelques munitions de guerre et 5 bastimens, il ajoute que le port de Chibouctou est bien situé pour arrester les vivres que les Anglois font passer de Baston à Louisbourg et fort aisé à fortifier.

Monsieur de Ramesay nous informe du 14 aoust des Mines que le sieur de Gay, lieutenant de la frégatte l'Aurore, étoit venu aux mines quelques jours auparavant de la part de monsieur Duvignan, pour l’engager à se charger des 168 prisonniers pour les envoyer à Québec, que dans la crainte de manquer de vivres. il a pris le party d'envoyer à Chibouctou un destatachement de 150 François sous la conduite du sieur de Repentigny, pour garder ces prisonniers et les remettre entre les mains de monsieur le commandant de l’escadre lorsqu'elle seroit arrivée, et que si dans quinze jours on n’en avoit point de nouvelles, de les renvoyer tous dans un d2: leurs bastiments avec un passeport de monsieur Duvignan, qui doit leur laisser des vivres et un destachement pendant ce temps.

Monsieur de Ramesay joint le rapport de 3 soldats Irlandois désertés de Port Royal le 9 Aoust, lesquels ont dit que la garnison de ce fort estoit de 300 hommes avec 12 ou 15 officiers, que plus de 30 soldats Irlandois désiroient prendre le même party qu'eux, qu’il y a au moins pour un an de vivres dans le fort, mais très peu de bois de chauffage, qu'il y a par le travers de l’isle aux chèvres une frégatte de 40 canons ; qu'ils ont entendu dire aux ouvriers et soldats que le Sieur Mascaren avoit demandé à la Nouvelle Angleterre 40 mille hommes pour forcer les Acadiens à prendre les armes pour s’embarquer avec eux et venir à Québec, et que ceux qui se refuseroient seroient mis en prison, lenrs maisons bruslées, leurs biens confisqués et ensuite conduits à Baston ;

Qu'on attendoit en cette dernière ville 14 vaisseaux de guerre venant de l’ancienne Angleterre pour prendre les troupes destinées pour le Canada, qu’il n’y avoit que deux jours qu'on avoit eu des nouvelles de Baston et

Page 1