‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 153 sur 206 · DNS · texte numérisé non relu

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village d'Ostandoské, a rapporté que Nicholas avec 119 guerriers de sa nation, femmes, enfans et bagages, après avoir bruslé le fort et les cabannes du village avoit pris la route de la Rivière Blanche

Que les 8ta8as l'avoient mal reçu (Kinonsaki) et qu'il n'y avoit qu'une partie qui consentoit à venir au Détroit, le reste vouloit s'établir au bas de la rivière des Miamis où le huron leur avoit promis que l'anglois leur fourniroit leurs besoins, Kinonsaki a ajouté que lorsque les Sta8as apprendront la désertion des hurons qu'ils ignoroient alors, ils changeront d'avis.

Dans le même temps deux hurons envoyés de la part de Nastareday chef huron de la bande affidée, confirment le d'‘part de Nicholas et de ses gens pour se réfugier à la rivière Blanche avec les jroquois qui y sont ou chez les loups qui sont du côté d'Orange, et que de toute leur nation il ne reviendroit que soixante-dix hommes.

Les chevelures des François tués par Nivhol t été portées chez les loups.

Le 24 avril--Quatre députés arrivent de Naguinan avec des colliers pour dire que leur chef partoit pour amener à Monsieur le Général les meurtriers.

Monsieur de Belestre arrive de la Rivière St Joseph avec douze considérables de ce poste.

Mechonquima avec 34 guerriers de la Grande Rivière.

Arrivent quatre chefs de guerre et du village envoyés par les Kicapoux et Mascontins.

Arrivent des espions de la mauvaise bande des Miamis.

Arrivent des émissaires de Nicholas et des ChaSenons de Sonioto.

Le 28.—Arrivent des Sauteurs de la contrée venus se soumettre à la volonté de leur père toutes ces nations sont venues en trois ou quatre jours.

Conseil tenu le 28 avril où les 8ta8as, les PRtaRatamis, à leur exemple, les hurons et les Sauteurs du Détroit ont tous juré à Monsieur le Chevalier de Longueuil fidélité et obéissance et ont promis que le premier party qui insulteroit les françois seroit regardé comme l’ennemy commun.

Monsieur d: Longueuil par quatre colliers a chaussé (sic) tous les guerriers pour être prêts au premier signal, le tout a paru être accepté de bon cœur et avec sincérité et résolution d'aller faire ratifier les accords par Monsieur le Général.

Ces nations ont fourni chacun deux guerriers pour aller reconduire à Montréal les françois, iroquois et autres qui avoient ramené leurs députés au Détroit et en même temps pour prévenir leur père de l’arrivée de leurs nations.

Nicholas et les Cha8es nous seront bientôt informés de tout par leurs espions, cela ne pourra que faire un bon effet.

Monsieur le Comte de la Galissonnière répond à Monsieur le Chevalier de Longueuil par le convoy du Détroit qui n'est pas encore loin ; en voicy l'extrait :

Il ne doit rien négliger pour le rétablissement de la mission des Hurons, c2 qui pourra attirer non senlement les chancelans, mais encore les traites ; il pourroit être avantageux de changer l'établissement de Détroit à l'Isle aux Bois Blancs, mais il faut examiner si ce changement d'établissement ne

nous éloigneroit pas trop des villages sauvages et ne nous obligeroit pas

d'abandonner des terrains déjà établis. Donner des éclaireissements là-

dessus.

Nous écrivons chacun en particulier à Monsieur de Longueuil de faciliter autant que les circonstances le permettront le rétablissement de la mission du père La Richarderie qui espère toujours que les hurons rebelles retourneront dans le devoir ; on ne peut absolument pas donner d'ordres précis à ce sujet, vu le peu de marque de repentir de la part de ces traitres.

Le 29.—Quelques Abénaquis arrivent de guerre avec un prisonnier fait au fort St Georges ; ne dit rien d’intéressant.

Le 30.—Le Sieur Louis Simblin, cadet, avec deux autres canadiens, neuf sauvages des pais d'en haut sont équipés à Montréal pour aller en guerre. 60 iroquois du Sault et du lac et 10 canadiens sont aussi équipés pour aller sur les terres ennemis. Le Nieur Jumonville enseigne en second commande ce party, il a pour second le Kieur IHertel le jeune et l'Esper-

vanche cadet.

Le Sieur Niverville Montizambert est de retour avec son party, il amène deux prisonniers et une chevelure qu'il a fait près de la ville de Baston.

Juin le 1%— Arrive à Montréal un parti d'Iroquois et Abénaquis avec un prisonnier anglois, il a été pris à Erimedok en venant de Surga, il parait par le rapport de ce prisonnier qu'on flatte encore les peuples de la Nouvelle Angleterre d'une entreprise contre le Canada.

Sept Abénaquis de Bécancourt amènent à Québec un autre prisonnier anglois fait à 30 lieues de Baston du côté du fort Nt Georges, ils ont frappé sur cinq Angiois, 2 ont été tués, 2 se sont sauvés et le 5°" pris ;.ne dit rien d'intéressant.

Le 3.—Un Courrier de St Bernabé nous informe de l'arrivée audit lieu du navire Le St Pierre de Bayonne, Capitaine le Nieur Darragory, lequel après avoir pris au delà du grand banc un bâtiment hollandois a luy même été pris quelques jours après, il s'est rançonné pour 30000 livres.

Le 4.—Le Sieur Duplessis Fabert, enseigne en pied, avec 15 Canadiens, 80 Iroquois du lac et 2 du Détroit ont été équipés à Montréal pour aller en

guerre.

Quinze Abénakis ont été aussi équipés à Montréal pour le même sujet, ils sont commandés par le Sieur Simblin l'aisné qui ne fait que d'arriver

du voyage qu'il vient de faire pour reconduire les parlementaires anglois.

Le 6.—Le père Germain nous écrit du 20 may dernier et nous informe qu'il à fait partir de la Baye Verte une biscayenne dans laquelle il à fait embarquer 3 anglois déserteurs de Port Royal.

Ce missionnaire nous adresse copie d’une lettre du Gouverneur de Port Royal aux députés de la Grande Prée et des autres départemens des Mines et de Chiguiton, en date du 14 mars dernier, dont voici l'extrait :

Monsieur Shirley a reçu des ordres exprès de la Cour d'Angleterre de veiller à la sureté de la province de l'Acadie et de protéger les habitans pourvu qu'ils se comportent suivant que leur serment les y oblige, en conséquence il est arrivé icy un vaisseau de 20 canons et nous en attendons dans peu un autre avec des transports et des troupes outre celles qui sont

déjà arrivées, je vous exhorte à vous comporter d'une manière convenable aaa

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pour que vous jouissiez des bonnes dispositions de Sa Majesté. Il est néces-

saire que vous me marquiez l’état de vos départemens.”

Le Père Germain ajoute qu'il n’y a pas plus de 150 hommes dans le fort de Port Royal.

Informe du dessein où sont les habitans de l'Isle Royal refugiés vers Tatmigouche ; doivent partir un certain nombre avec le plus de Sauvages que Monsieur Maillard pourra ramasser et se rendre à l’Isle Royale à la fonte des glaces pour y faire du ravage et s'emparer des anglois logés hors de Louisbourz. Monsieur Maillard travaille à son mieux pour faire exécuter le projet.

Le Père (Germain demande si nous voulons continuer cette petite entreprise, et en tous cas nous donne des éelaircissemens pour faire parvenir sans accident à l’Acadie un détachement de François et Sauvages qui

inquièteront les ennemis à l'Isle Royale sans beaucoup s'exposer.

Le 8.—Le Sieur Lanoue Robertet est de retour à Montréal avec son

party il amène un prisonnier et une chevelure.

Trente-deux Testes de Boules et 40 Nepissingues sont arrivés pour voir

Monsieur le Comte de la Galissonnière,

Le parti de guerre commandé par le Sieur Monette l’aisné est de retour, il a esté surpris à à ou 6 lieues du fort St Fréderie par un party ennemi supérieur en nombre, nos gens ont été obligés de se retirer, un Sauvage a été tué et un autre blessé,

Le 19.—Le Kieur Louis Simblin est de retour avec son party de Sauvages des pays d'en haut avec 5 chevelures ; il a frappé à quelques lieues du fort St Fréderic sur un party anglois qui vraysemblablement à surpris le party de Monsieur Moüet dans lequel nous avons perdu un Sauvage.

Sur ce que le Père Germain nous a ey-devant représenté de l’entreprise que les François de l'Isle Royale refugiés vers Tatmigouche ont faite d'aller sur cette isle pour y faire quelques ravages et sur la proposition qu'il nous a faite de les seconder de notre côté, nous prenons le parti d'envoyer à Beau-

bassin un party d'environ 140 hommes dont 100 Sauvages des différens

villages qui sont commandés par le Sieur Marin enseigne,

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Ce détachement sera employé non seulement à empescher que les anglois ne forment aucun nouvel établissement sur l'Acadie, mais encore de les troubler et les inquièter soit à Port Royal ou dans l'Isle Royale jusques aux environs de Louisbourg on dans les différens ports où ils font du bois de chauffage. Ni le détachement trouve jour à y aller faire des incursions de manière à dégouter de plus en plus les ennemis de leur

conqueste.

Juin le 25.—La bande du nommé Achoabmet a livré un des meurtriers de Saguinan, on a caressé ce chef, qui s’est bien comporté, en refusant néantmoins d'accepter le calumet qu'il présentoit, jusqu'à ce que tous les meurtriers fussent remis ; celui qui a esté livré à été mis aux fers sans aucune promesse de lui faire grasse, cette sévérité a étonné les Sauvages, auxquels il a été expliqué combien il étoit important de ne plus accorder de pardon qui jusqu'à présent n'auroit servi qu'à occasionner de nouvelles fautes.

La bande des 8ta8as, Kicapoux Ginage et des gens de la Fourche, Pindal8an, portant la parole, ont protesté fidélité.

La bande des Sauteurs a remis deux otages pour garantir la promesse qu'ils faisoient de livrer les meurtriers de leur nation ; un de ceux du coup fait à la cloche qui s'étoit glissé dans cette bande a été reconnu et mis aux fers.

Nora.—Dès le même jour on a relaché un de ces ostages en faisant entendre à la nation qu'on ne vouloit pas faire souffrir les innocens pour les coupables,

Tous ces Sauvages ont demandé avec beaucoup d'instances grâce pour les meurtriers, il leur a esté répondu que c'éloit faire grâce à ces meurtriers que de les garder pour les empescher de continuer leur indigne conduite, que les gens de leur nation devoientse reposer sur la bonté de leur père et ne penser qu'à réparer le passé,

Le 26.—Le party commandé par le Sieur Villiers de Jumonville est de retour à Montréal avec cinq chevelures angloises ; il n'a pas eu le temps d'enlever celles de 9 à 10 anglois pareillement tués, il a frappé contre trois forts sur un party ennemi qui a fait bonne résistance, deux de nos Iroquois ont esté tués et Le Sieur ITertelle jeune.

Le 28.—On envoye le Sieur Bailleul, enseigne, à la Pointe à la Caille d’où il doit partir au premier jour avec 100 Sauvages des différents villages qu'il doit commander pour se rendre par la rivière St Jean à Beaubassin où il a ordre d'attendre le Sieur Marin qui partira dans quelques jours par la mer avec 40 françois et dans le cas où il arriveroit accident audit Sieur Marin, le Sieur Bailleul se consertera avec le père Germain sur les opérations qu'il y aura à faire à l’Acadie pour que son détachement puisse servir utilement, nous écrivons en conséquence à ce missionnaire et nous Iuy faisons part des motifs qui nous ont déterminé à envoyer ce détachement.

Juillet le 1*.—Le Sieur Marin enseigne commandant le détachement envoyé à l’Acadie part avec quarante françois dans trois biscayennes pour se rendre à la Baye Verte et rejoindre à Beaubassin le Sieur Bailleuil qui doit l’y attendre avec son détachement, nous avons remis au dit Sieur Marin un mémoire d'instruction détaillé sur ee qu'il aura à faire lorsqu'il sera à Beaubassin relativement aux sujets que nous nous sommes proposés dans l’envoy de ce détachement.

Le 5.—Les trois différens partis de guerre commandés par les Sieurs Duplessis, Fabert, Simblin et Laplante sont de retour à Montréal, ces partis s'étant réunis ils ont fait coup près de Nortfield, ont amené six prisonniers anglois et cinq chevelures.

Le 8.—Les chefs 8ta8as hurons et PSteSatamis ont demandé que quelques jeunes gens allassent en guerre tant pour donner de aouvelles marques de leur fidélité que pour réparer les fautes passées tandis que eux chefs retourneroient chez eux pour travailler aux bonnes aflaires. Il a été applaudi au premier article de leur demande, en conséquence les jeunes gens ont été équipés mais on a expliqué aux chefs qu'ils ne devoient passer et s’en retourner avant d'avoir parlé aux à nations qu'on attendoit incessamment.

Les différentes bandes des nations de Michilimakinac ont fait pareille demande que les gens du Détroit, quatre-vingt-dix de ces sauvages, cinquante sauvages domiciliés et vingt-six canadiens ont tous été équipés

sous le commandant du Sieur Chevalier de Repentigny qui a avec luy

plusieurs cadets des troupes,

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Le 13.—Les navires le Brillant et V'Heureux ont mouillé en rade avec un senani, prise angloise faite par Heureux, chargé d'environ 200 minots de sel, ce senant alloit à la Virginie où il conduisoit une vingtaine de filles

irlandoises où Ecossoises, on les distribue chez différens particuliers où

elles ont été engagées de bonne volonté.

Le 16.—Le Sieur de Niverville Montizambert est arrivé à Montréal

avec son party, il apporte trois chevelures et un nègre prisonnier.

Le 19.—Quelques Abénaquis qui viennent des environs du fort St Georges apportent à Québec quatre chevelures, n’ont pu faire de prisonniers.

On reçoit à Montréal des lettres de Niagara qui informent que les cinq nations sont allées au Conseil d'Orange et qu'elles promettent aussitôt leur retour de venir voir leur père à Montréal ; on prétend que ces nations ont

rendu la hache de guerre que l'anglois leur avoit donnée contre le françois.

On écrit du fort St Fréderic que les partis commandés par les Sieurs de Pontneuf et Bailleul ont été rencontrés pur un parti d'ennemis supérieur en force, nos gens ont fait retraite, il n'y a eu personne de tué, après cet échec

deux partis ont rencontré celui du Nieur Langy et tous ont continué leur

route sur les terres ennemies.

Le 25.—Les chefs des différentes nations tant du Détroit que de Michilimakinac ont demandé à retourner chez eux attendu que les cinq nations tardoient trop à descendre, on leur a permis de s'en retourner, ils ont tous paru très satisfaits et dans les meilleurs dispositions. Avant que de partir ils ont remis à Monsieur le Général des colliers et des paroles pour les cinq

nations par lesquels ils reprochent Ja trahison des Annits dans laquelle

les cinq nations n'ont que trop de part.

Le 31.—Nous recevons des lettres dé Beaubassin qui nous informent qu'il est venu audit lieu deux bastimens anglois chargés de sel et autres marchandises propres pour le pays, que les habitans ont pris ces secours et ont été obligés de donner du bled en échangr, que d'ailleurs les anglois n'ont point maltraité les accadiens, au contraire ont traité leur marchandise

avec douceur et tranquilité, qu'il est venu aussy à Beaubassin un troisième

régiment qui n'y a resté qu'un jour, on ajoute que s'il y avoit eu alors

Beaubassin un détachement de 100 hommes seulement, il auroit esté facile de s'emparer de ces trois bastimens.

Aoust le 2.—Quelques Abénakis amènent à Québec un prisonnier et une chevelure faits d'a côté du fort St George.

On informe de l'arrivée à Montréal des partis commandés par les Sieurs Portneuf (sic) Neuvillette, Langry, Fontenelle et Bailleul avec 9 chevelures, et toute une famille angloise, le père, la mère et trois ou quatre petits enfans et un autre anglois, ils raportent qu'on parle beaucoup de paix dans la Nouvelle Angleterre et qu'on en attend tous les jours la nouvelle.

Un courrier de St Barnabé nous apprend l'arrivée au dit lieu de la frégatte du Roy le Zéphir, nous recevons par cette occasion la nouvelle de la suspension d'armes.

Le 8.—On expédie un courrier pour Montréal pour informer de cette suspension, ordre d'avertir toutes les nations de ne plus aller en guerre dans la Nouvelle Angleterre, qu'on ne leur payera plus ni prisonniers ni chevelures, leur recommander néantmoins d'être toujours sur leurs gardes

et de n'avoir aucune liaison avec les anglois ni avec les cinq nations.

Malgré cet avertissement nos sauvages, particulierement les Abénakis domiciliés, pourront continuer leurs hostilités, ils ont perdu des guerriers et n’ont pas eu encore l’occasion de se venger à leur satisfaction, nous y tiendrons la main autant qu'il sera en notre pouvoir.

Le 9—Quarante Micmacs de l’Isle Royale ont été pour hiverner à Terre-Neuve, ont frappé l'automne sur plusieurs maisons angloises seules, ont pillé, ont fait vingt-trois prisonniers qu'ils ont gardé pendant l'hiver, les ont bien traité ; au mois d'avril ont embarqué 12 de ces 28 dans une chaloupe accompagnés de huit sauvages vieillards et quelques familles qu'ils ont envoyé avant eux pour se rendre aux environs de St Jean où ils

doivent attendre la bande qui devoit les suivre de près pour se rendre tous

ensemble à Québec ; en arrivant au rendez-vous les douze prisonniers qui

étoient libres ont tué les 8 vicillards ainsy que les femmes [Miemaques] et les enfans et se sont évadés.

La bandè arriva 2 jours après ce coup avec les onze prisonniers, les

sauvages surpris de voir leurs gens morts furent informés par une femme

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Micmaque qui n'étoit pas encore morte de ce qui s'étoit passé, ce que voyant ces sauvages ont fait mettre à terre leurs prisonniers et en leur expliquant l’action de leurs camarades, ils les ont tous tués pour se venger de la mort de leurs gens et sont venus avec les onze chevelures.

Le 10.—Arrivé de Monrtéal le Sieur Chevalier de Repentigny qui étoit allé en guerre avec un party de sauvages ; il a frappé près de Corlar et a fait onze prisonniers et vingt-cinq chevelures.

Nous apprenons par cette occasion qu'un détachement composé d'un sergent et neuf soldats qui étoient chargés de conduire à Québec en canot les trois Sauvages meurtriers livrés à Montréal, avoient tous été massacrés et jetés à la rivière à l'endroit nommé Machiche à einq à six lieues des Trois-Rivières dans le lac St Pierre, les trois meurtriers se sont échapés, on ne sait si d'autres Sauvages se sont joints à eux, on le présume, on a seulement trouvé dans le canot les corps de quatre hommes et deux ou trois ont été trouvés sur le rivage.

. On craint que les Nauvages qui étoient en bon train ne se dérangent par cet accident, on a fait avertir des Trois-Rivières à Montréal pour tàcher de faire reprendre les meurtriers.

Arrivée à Québec de vingt-cinq prisonniers françois provenant des équipages de plusieurs bâtiments françois pris envoyé de New-York sous la conduite d'un officier anglois et sept autres anglois, 1l ont aussi amené quatre de nos habitans faits prisonniers sur nos frontières à Montréal.

Le couverneur de New York en adressant ces prisonniers garde le o a silence sur une vingtaine d’autres prisonniers Canadiens qui ont été enlevés sur nos côtes.

Le 23.—L'officier anglois qui a amené à Montréal les vingt-neuf françois prisonniers arrive à Québec avec les anglois qui l'accompagnent ; il a demandé de ramener avec luy vingt prisonniers anglois du gouvernement de New York. |

Le 24—Monsieur le Général écrit à Beaubassin par le retour de deux courriers, il] marque à Monsieur Marin de revenir à Québec avec son détachement attendre la suspension d'armes dont il lu fait part, en lui recommandant de cesser et de faire cesser par les Sauvages toutes hostilités

contre les anglois et au surplus de se tenir toujours sur ses gardes en cas d'insulte.

Le Sieur de St Vincent, Lieutenant qui a conduit à Michilimakinac le convoy destiné pour ce poste est de retour à Québec, Monsieur de St Pierre commandant audit lieu nous informe que les aflaires paroissent tellement établies qu'il c'est déterminé de concert avec les ofliciers qui se sont trouvé sur les lieux a envoyer dans tous les postes du nord les marchands trait-

teurs et voyageurs qui avoiont leurs conger pour ces postes,

Arrive une prise angloise faite par le Sieur Curodeau parti de Québec le 10 juin pour la Martinique, il a relâcher pour amener cette prise.

Le 25.—Nous renvoyons l'officier anglois député de New York, nous luy remettons vingt prisonniers des différentes provinces de la Nouvelle

Angleterre, dont 3 ou + seulement du gouvernement de New York.

Monsieur le (Général écrit par cette occasion au gouverneur de cette

province qu'il est surpris de n'avoir reçu jusques à présent que quatre de

nos canadiens pris sur nos frontières, qu'il s'étoit déterminé à ne renvoyer à ce gouverneur aucun des prisonniers anglois de son gouvernement, qu'il n'y a que la suspension qu'il l’a engagé à relâcher ceux-ey, mais qu'il ne renverra pas ceux qui restent icy de ce même gouvernement que lorsque les Canadiens qui sont prisonniers chez les anniers seront rendus ; que ce gouverneur ne doit rien épargner pour les retirer des mains de ces Sauvages pour répondre à l'attention que nous avons eu de notre coté pour retirer leurs gens. Monsieur de Liqueris lieutenant est chargé de conduire ce député et sa bande jusqu'à New York, avec ordre d'insister auprès du gouverneur pour Ja remise de nos Canadiens.

Le 26.—Monsieur Bigot, ayant débarqué à St Joachim, y a couché le 25 et est arrivé à Québec en calèche aujourd'hui sur les quatre heures après midy.

Le 27.— Arrive à Québec le Sicur de Niverville revenant de guerre avec son détachement de Canadiens et Sauvages. La pluspart de ses gens sont tombés malades en chemin. Ils ne se sont battus que faiblement le 13 de ce mois à un arpent et demy du fort de Massachussets contre trente anglois

que six abénaquis avoient fait sortir du fort et contre lesquels ils se bat-

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toient en retraite en rejoignant nos gens, en sorte qu'il n’a été tué que cinq

anglois restés sur la plate, et il n'y a eu qu'un huron et un Iroquois de blessé.

Le Sieur de Niverville en passant au fort St Fréderic a esté chargé de remettre à Monsieur le (Général une lettre apportée à ce fort par trois députés anglois, cette lettre daté du premier d'aoust et du gouverneur de New Yorck qui envoyent la copie de la déclaration du Roy d'Angleterre pour une suspension d'armes, ils prient Monsieur le (rénéral de faire cesser toutes hostilités comme ils vont le faire de leur côté, font mention de 14 prisonniers françois renvoyés depuis peu par Monsieur Shirley lesquels ne sont pas encore arrivés.

Le 30.—Monsieur le Général renvoye à Montréal le Kieur de Niverville pour remettre à Monsieur de Ligueim (sie) qui va à New Yorck, la lettre qu'il écrit au gouverneur de cette province et à celuy de Baston, il leur marque qu'il a fait et fera cesser autant qu'il dépendra de luy toutes hostilités de la part de nos sauvages et ajoute qu'il souhaite que les 14 prisonniers françois annoncés soient du nombre de ceux qu'il demande et qui étoient détenus chez les anniés.

Le 31.—Monsieur le Comte de la Calissonnière écrit à Monsieur de Longueuil, commandant à Montréal, d'intimer de sa part aux nations qui sont audit Montréal, que puisqu'il n’a pas été possible de rejoindre les trois meurtriers qui ont assassiné le détachement qui les amenoit à Québec, il est nécessaire que ces nations fassent elles-mêmes la recherche de ces malheureux pour les livrer de nouveau.

Septembre le 5.—Arrivé à Québec Monsieur de Celozon qui est de

retour du Détroit où il a mené le convoy destiné pour ce poste.

Nous recevons des lettres de tous les postes, les Hurons qui sont à la pointe de Montréal (au Détroit) paroissent encore trop à portée de Nicholas réfugié à la Belle Rivière ; ils pourroient aisément luy donner des avis si on faisoit quelqu’entreprise contre ce traitre.

Il paroît qu'il n’y a guère à douter que les Cha8enons ne se soient ligués avec l’Anglois.

Le 13.—Nous apprenons de Montréal qu'il est arrivé onze prisonniers

françois renvoyés par le gouverneur de Baston. bbb

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Le 16.—Nous recevons des nouvelles de Beaubassin, le Père Germain nous écrit du 25 aoust que nombre de François et Sauvages du détachement du Sieur Marin sont tombés malades, ce qui a retardé l'exécution des hostilités du côté de l'Isle Royale.

On ignoroit encore à Beaubassin la suspension d'armes et le Nieur Marin attendoit le parfait rétablissement de sa troupe pour se remettre en marche.

Le 30.—Monsieur l'abbé Piquet part de Québec pour se rendre au fort Frontenac où il doit examiner aux environs de ce fort le terrein le plus propre pour former un village aux Iroquois des cinq nations qui se proposent d'embrasser le christianisme.

Octobre le 1".—Le Sieur Marin fils arrive de Beaubassin, il n'a point reçu à temps les lettres qui l’informoient de la suspension d'armes.

Cet officier s’est emparé aux environs de Louisbourg d'un capitaine, un 1 lieutenant, un enseigne, deux sergens et quatre soldats de cette garnison Qi avec deux officiers d'un vaisseau d'Angleterre, et quatre Dames, ces prisonniers ayant fait entendre au Sieur Marin qu'il y avoit une suspension d’armes, cet officier a remis les quatres Dames au Gouverneur de Louisbourg en luy écrivant qu’il ne pouvoit pas luy remettre les autres prisonniers qu’il ne luy eût notifié la suspension qu'il ignoroit.

Ce gouverneur écrivit sur le champs et ces prisonniers ont été renvoyés à l'exception du nommé Mayer Suisse de notre garnison de Louisbourg qui a

à déserté peu de jours avant la reddition de cette place et qui est accusé de trahison.

ÿ Ce Suisse a été amené à Québec avec sa femme et tous les deux ont

esté mis en prison.

Monsieur le Comte de la (ralissonnière écrit à Monsieur le Chevalier de Longueuil, commandant au Détroit, que quoyque nous soyons en paix, il faut toujours s'opposer par la force aux établissemens que les anglois entreprendroient de faire soit à la rivière de la Roche, à la rivière Blanche ou sur la belle rivière, ou sur toutes autres de celles qui y tombent, et que si la force manquoit, il faudroit toujours les sommer de se retirer, et les avertir des malheurs qui pourroient leur arriver s'ils n’obéissent pas.

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On informe de Montréal par des lettres du premier de ce mois qu'on attend incessamment quatorze à quinze canots des cinq nations

Monsieur le Général écrit à Monsieur de Longueuil, commandant à Montréal, de les envoyer à Québec aussitôt leur arrivée.

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