‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 17 sur 206 · PERS · texte numérisé non relu

PERS

Les Anglois même qui ne cherchent que les moyens d'éloigner les sauvages de nous, ne manqueroient pas de saisir cette occasion, et de leur faire entendre qu'on ne fait aucun cas d'eux en France.

On sait trop combien l'alliance des sauvages avec les Anglois seroit préjudiciable au Canada, et combien en souffriroit son commerce.

Il seroit triste, faute de quelques présents, de donner occasion à ces sauvages de se plaindre, leur fidélité demande qu'on y ait quelque attention.

On n'ignore pas de quels secours ils ont été à Monsieur de Vaudreuil pendant la dernière guerre et le zèle qu'ils lui ont témoigné, en se rendant tous auprès de lui, sitôt qu’il leur a fait savoir qu'il étoit menacé des Anglois,

Le Marquis de Vaudreuil espère que Sa Majesté voudra bien envoyer cette année en Canada, pour 30,000 1. de présents aux sauvages, et continner tous les ans à y envoyer ceux qu'on a coutume de leur domner.

Il est plus avantageux d’en faire les achats en France qu’en Canada où ils couteroient une fois plus, pourvu que ceux qui en seront chargés ne fassent pas comme les années précédentes où l'on a remarqué qu’on les comptoit plus au Roi en France que les marchands de Canada ne les vendaient.

Il seroit à propos d'envoyer tous les ans en Canada, 30 milliers de poudre ; cette marchandise est la seule que les sauvages estiment mieux que celle des Anglois ; si Sa Majesté avoit la bonté d'ordonner qu'on ne la vendit au magasin que 30 sols, comme on le faisoit en 1712, et non pas 45 comme à présent. Les sauvages en consomment 20 à 25 milliers tous les ans. Le surplus serviroit à faire un fond, crainte d'en manquer, si nous venions à avoir une nouvele guerre avec les Anglois.

Il faudroit aussi tous les ans 60 milliers de plomb et 600 fusils de chasse. Les sauvages les connoissent et n'en veulent point d'autres que ceux de Tulle.

Il seroit nécessaire que Monsieur de Vaudreuil eût la permission d'établir chez les Sauvages les postes qu’il croiroit convenir au bien du service, sans qu'il fut obligé d'en donner avis auparavant ; mais seulement des rai-

sons qu'il a eu pour le faire.

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Il croit qu'il seroit aussi nécessaire de rétablir les congés pour Michillimakimac, d'en accorder 25 par an comme on le faisoit auparavant, et d'y permettre la traite de l'eau de vie, et même dans les endroits qu'on pourra établir, et ceux qui le sont déjà.

Ces congés ne peuvent faire qu'un très grand bien à la colonie.

Portant des marchandises à ces sauvages, c’est qu’ils les préfèreront certainement à celles des Anglois. L’antipathie qu'ils ont pour les Anglois, et les risques qu'ils courent en y allant commercer, les y engageront.

Par ce moyen on attirera tous les Sauvages d'en haut en cet endroit, au

lieu qu'ils sont dispersés et on mettra le commandant de ce poste en état de pouvoir ménager leur esprit.

Cela empêchera les coureurs de bois qui ne laissent pas de s'échapper tous les ans. Ces hommes se trouvent perdus pour la colonie ; la crainte des peines portées par les ordonnances les empêcheront de revenir.

Le marquis de Vaudreuil obligera ceux à qui il donnera ces congés de partir tous ensemble et de se rendre auprès du commandant de Michillima-

kimac, sous les ordres duquel ils seront, sans pouvoir quitter que pour revenir l'année suivante. ;

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