‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 178 sur 206 · DR EL · texte numérisé non relu

DR EL

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surprise et auroient même détruit 200 personnes dans les côtes s'ils n’avoient été trahis par les Abénakis de Narantsouak qui avertirent le commandant de ce fort de leur projet, lequel au premier avis rassembla près de luy tous ses habitans pour sa sureté et pour la leur.

Ce commandant fut aussi averty du dessein de nos Sauvages par le commandant d'Orange qui avoit été informé de tout par un froquois du Sault St Louis qui fut dans son poste au mois d'aoust pour y traiter une trentaine de livres de castor, ce qui a fâché, avec raison, nos Abénakis ; car ils ont été heureux de se retirer avec honneur de leur entreprise ; les anglois ayant pris des mesures pour les détruire tous.

Je ne manqueray pas la première occasion pour reprocher auxdits Iroquois leur manque de fidèlité et je la saisiray pour les châtier dès qu’elle se présentera.

Nos Sauvages ne furent point déconcertés de toutes ces précautions. Ils renoncèrent, à la vérité, à l'expédition du fort; mais ils attaquèrent une bonne maison de la campagne où s’étoient réfugiés plusieurs habitans, de laquelle ils se rendirent maîtres. Ils pillèrent tout ce qn'ils y trouvèrent et firent 14 prisonniers dont 4 hommes, 2 femmes 3 filles et 5 petits enfans qu'ils ont mené dans la colonie.

Ils en ont vendu 6 à Québec et ont mené les autres à St François et à Bécancourt pour s'en faire gloire, Ils ont adopté un enfant à la mamelle. Dans cette aventure il n’y avoit personne de tué. Un des prisonniers reçut un coup de feu dans la cuisse dont il est guery, et un Sauvage eût sa couverte percée par une balle.

Il a été fait encore trois autres prisonniers par trois Abénakis de Bécancourt qui, n'ayant pu faire coup parce qu'ils avoient été envoyés à la découverte, ne voulurent pas partir les mains vides. Ils se détachèrent de leur bande et furent dans une maison des environs de Rikmen où ils firent lesdits prisonniers dont un homme un garçon et une fille.

Cette affaire ne sçauroit, Monseigneur, que faire de la peine aux Anglois. Ils sont dans leur tort et ont mis les Sauvages dans la nécessité de commettre ces actes d’hostilité. Ils n’ont pas renoncé à la partie, et suivant les apparences, ils ne tarderont pas à faire de nouveaux coups.

Je suis, etc.

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