‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 24 sur 206 · LETTRE DE MONSIEUR DE ST OVIDE AU GOUVERNEUR SHUTE · texte numérisé non relu

LETTRE DE MONSIEUR DE ST OVIDE AU GOUVERNEUR SHUTE

Louisbourg, le 23 septembre, 1718.

Monsieur,

Monsieur Thomas Smart, capitaine de vaisseau du Roy de la Grande Bretagne, qui est arrivé en ce port le 21 du présent, ma remis une lettre que vous m'avez fait honneur de m'écrire, par laquelle vous me marquez avoir reçu des plaintes de quelques uns des sujets de votre Roy établis aux Isles et hâvre de Canceau par rapport à ceux du Roy de France qui y sont pour faire la pêche, qui m'ayant porté les mêmes plaintes, je pris le parti de m'y transporter dans les premiers jours de juin où j'écrivois à Monsieur Philippe, le croyant arrivé à son gouvernement et lui marquai ce que je trouvois convenable à la situation des affaires présentes.

Nous avons eu aujourd’hui une conférence à ce sujet avec Monsieur Smart et le Capitaine Cyprien Soudricq où nous avons exposé nos droits de part et d'autre suivant le traité de paix d'Utrecht.

La différence que nous avons trouvé dans le 12° article, entre celui dont il est porteur et celui que j'ai, nous a fait prendre le parti de nous donner réciproquement des copies des 12° et 13° articles.

Vous remarquez par le 12° article du vôtre que les airs de vent ne sont pas égaux, et que d’ailleurs il n’y est point fait mention des trente lieues près des côtes de la Nouvelle Ecosse comme il est porté dans le mien, ce qui fait en cette occasion une très grande erreur; ainsi il n'est pas possible de convenir présentement où doivent être les anciennes limites. Car selon votre rhumb de vent, vous emporte, ,eaucoup sur l'isle Royale, et selon le nôtre nous aboutissons aux environs de la Rivière Ste Marie.

J'ai cependant offert au dit Sieur Smart de faire retirer à la fin de la pêche dans les autres endroits de l'Isle Royale tous les habitants François qui sont à Canceau et aux environs, pourvu qu'il voulüt pareillement evacuer les habitants Anglois, jusques à ce que nous eussions de nos cours une déci-

sion parfaite,

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