‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 42 sur 206 · LETTRE DU CONSEIL A MONSIEUR LE CARDINAI DUBOIS · texte numérisé non relu

LETTRE DU CONSEIL A MONSIEUR LE CARDINAI DUBOIS

À Paris, le 28 décembre, 1721.

Le Conseil de Marine, M. a rendu compte à Monsieur le Régent de l'avis que Messieurs de Vaudreuil et Begon, Gouverneur Général et Inten-

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ae anse teens dant de la Nouvelle France, ont donné que les Anglois s'établissaient dans les terres des Sauvages Abenakis, malgré eux et par la force ; ces Sauvages sont alliés de la France, et une partie de la nation est domiciliée parmi nous en Canada ; les limites n'étant pas réglées les Anglois ne peuvent aux termes du traité d'Utrecht s'établir chez les nations qui nous sont alliées. S. A. R. a souhaité que le Conseil envoyât à Votre Excellence le mémoire ci joint pour écrire en Anglererre à ce sujet, en expliquant que le Roy ne pourroit refuser protection à ces Sauvages, si les Anglois ne retirent les établissements qu'ils ont faits induement sur leurs terres et malgré eux.

Le Conseil observera à Votre Excellence qu’il est d’une grande conséquence pour la colonie du Canada que ces établissements ne subsistent point, parce que les Anglois seroient par ce moyen en temps de guerre à portée de venir en trois jours tomber sur les habitations du sud du fleuve Saint-Laurent, et il faudrait avoir réponse positive des Anglois à ce sujet avant le mois de mars, parce que ce sera dans ce temps qu’il faudra envoyer les ordres en Canada.

MEMOIRE SUR L'ENTREPRISE QUE LES ANGLOIS DE BASTON FONT SUR LES TERRES DES ABENAKIS, SAUVAGES ALLIÉS DES FRANÇOIS.

Messieurs de Vaudreuil et Begon marquent que les Abénakis établis à Nouramsauak, fachés de ce que les Anglois s'établissent sur leur terres au bas de leurs rivières, ils leur avaient tué, il y a plus de deux ans, grand nombre de bestiaux et les avaient menacés d'augmenter leurs hostilités s'ils ne se retiroient.

Les Anglois menacèrent fort ces Sauvages, et distribuant en même temps des présents dans ce village d'Abénakis, les firent convenir de leurs payer deux cents castors pour les bestiaux tués, et les obligèrent de leur remettre des ôtages. Par le moyen de ces présents, ils ont formé un parti qui veut

bien souffrir leurs établissements, l'autre s'y est toujours opposé, et comme les Anglois ont jugé qu'ils ne seraient point tranquilles qu'ils ne les eussent

réunis en leur faveur, ils ont indiqué un pourparler à ces Sauvages.

Comme il s'agissoit d'une chose qui regardait la nation Abénakise en général, il a été envoyé deux députés pour inviter deux villages d'Abénakis qui se sont établis en Canada et les Hurons qui sont alliés de ces Sauvages,

de se trouver à ce pourparler.

Ils y ont envoyé des députés et parties des Nauvages Abénakis des villages de Ranaoumské, de Medoctek et Pesmaucoady à Naransouak, dont ils ne sont pas éloignés il s'y en est trouvé cette année 250 Kauvages qui ont représenté la nation Abénakise et leurs alliés.

Après avoir tenu Conseil ils se rendirent, le £8 juillet dernier, devant le fort anglois de Menaskouke au bas de la rivière de Noransouac où ce pourparler étoit indiqué.

Le Gouverneur de Baston n'ayant pas voulu s'y trouver après s'être fait attendre 50 jours, les Sauvages sommèrent les principaux officiers des forts et environ 50 des blancs des plus considérables de s'y trouver, ce qu'ayant fait, ils leurs dirent de se retirer dans leurs terres, leur jettèrent les 200 castors promis pour les bestiaux tués, et en même temps demandèrent où étaient les hommes qu'ils avaient amenés à Baston pour sureté de ce paiement.

Les Anglois répondirent qu’ils ne pouvaient se retirer de dessus leurs

terres sans ordre de leurs gouverneurs de Baston qui les avaient envoyés.

Qu'à l'égard des ôtages, ils ne croyaient pas que le Gouverneur les rendit à moins qu'ils n’en envoyassent d'autres, puisqu'ils seraient obligés de les perpétuer pour gage de leur fidélité. À quoi les Sauvages se recrièrent que c'était une imposture, qu'ils n'étaient nullement engagés à cela, et après de grandes contestations et menaces de ces Sauvages, ils prièrent le Père La Chasse de lire leur parole contenue dans un écrit déclarant aux Anglois que c'était leur véritabl : parole et non celle des missionnaires comme ils avaient coutume de dire. Louavourné et Pekouaret, Kau-

vages Abénakis, dirent cette parole, l'un en sauvage et l’autre en anglois.

L: Père La Chasse la dit en latin, après que Le N'Pinkalo, un des principaux

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officiers du fort de Menaskouek, et les autres officiers reçurent cet écrit signé des marques des villages des Abénakis et de leurs alliés, et l'envoyèrent au gouverneur de Baston.

Les Abénakis redemandent par cet écrit les terres et les ôtages que les Anglois les ont forcé de leur donner, et les menaçant que s'ils ne répondent dans 3 jours, ils n'auront pas de bonnes pensées. Le Gouverneur ne leur a fait aucune réponse et leur a fait dire par un de ces quatre ôtages qu'il a renvoyé, en exigeant qu'on le remplaçât par un autre, que ce n’était point la parole des Sauvages, mais bien des missionnaires du parti qu'il avait gagné, si bien que ceux du parti contraire n’ont osé rien entreprendre. Ceperdant le Gouverneur de Baston a fait mettre !es forts en état, et augmenté les garnisons et fait retirer les habitants dans ies forts, ce qui fait croire qu'il veut s’y maintenir par la force des ariaes. Ils leur disent qu’en 1688 les François leur donnèrent secours comme à leurs alliés, pour ruiner les forts et les habitations que les Anglois avaient fait sur leurs terres et qu'ils y réussirent ; que depuis ce temps ils ont toujours secouru les François dans les guerres qu'ils ont eues, et qu’ils demandent aujourd’hui la même chose pour obliger les Anglois d'abandonner les forts et de retirer plus de 300 familles qu'ils ont envoyées sur leurs terres. M" de Vaudreuil et Begon, Gouverneur et Intendant de la Nouvelle France demandent des ordres sur ce sujet et ajoutent que laconduite des Anglois est une infraction à l'artdiôle 15 du’tratté d'OTECAL, esse satin ensarsisiencentonssesie

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