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Baston ; que cette rivière était autrefois la borne qui séparait la terre des Iroquois de celles des Abénaquis, que suivant ces bornes incontestables Baston et la plus part des établissements anglois en tirant du côté de l'est sont sur les terres abénaquises, qu’ils seraient en droit de leur dire de s'en retirer, qu'ils auraient cependant égard à ce que ces établissements étaient faits et qu'ils voulaient bien encore les tolérer ; mais qu'ils demandaient comme une condition expresse de la paix que les Anglois eussent à se retirer depuis une lieue au-dessus de la rivière de Laco jusques au Port Royal qui était la borne de séparation des terres des Abénakis et celle des Micmaks.
Le Sieur Dudley leur dit par dérision qu’ils devaient aussi demander le Port Royal.
Les Abénaquis lui répondirent qu'ils ne demandaient que les terres qui leur appartenaient ; qu'ils avaient oui dire que les Anglois se vantaient qu'ils s'étaient donnés à eux, que c'était une imposture et qu'ils les défiaient de le p'ouver.
Les Anglois qui, quelques jours auparavant, avaient donné à Monsieur de Vaudreuil une copie de cette prétendue donation, n'osèrent soutenir aux Sauvages qu'ils en avaient un titre, et leur dirent au contraire qu'ils ne s’en étaient jamais vantés et qu'ils avaient seulement remis à Monsieur de Vaudreuil des contrats d'achats d’un des bords de la Rivière de Narantsouak du côté de l'Ouest sur environ dix lieues de profondeur.
Les Abénaquis répondirent que puisqu'ils n'avaient acquis que le côté
de l’ouest de la Rivière ils devaient convenir que le bord de l’est n'étaient point à eux.
Les Anglois en conviurent et dirent qu'ils ne demandaient pas le côté de l'est.
Les Abénaquis leur dirent que cependant les Anglois y avaient cons-
truit deux forts, l’un dans l’île de Menaskoug et l’autre à la Rivière Saint- Georges.
Les Anglois ne répondirent rien sur le Fort de Menaskoug et dirent que celui fait à la Rivière St-George n'avait point été fait par eux, qu'ils ne s’en étaient point mêlés, n'étant pas du Gouvernement de Baston mais de celui de Port Royal.
Les Abénakis dirent aussi au sujet de l'achat que les Anglois prétendaient avoir fait des terres depuis l'embouchure de Narantsouak en tirant du côté de Baston ; qu'il était faux que ces terres eussent jamais été vendues par leurs ancêtres, que les contrats que l'on produisait étaient supposés et qu'on ne pourrait pas les attribuer à gens comme eux qui ne savaient ni lire ni écrire ; que les Anglois ne prouveraient point en quoi ils les avaient payés, qu'entre eux, Abénakis députés, il y en avait qui étaient âgés de 80 ans qui n'avaient jamais entendu parler qu’il eut été fait aucun marché ni convention avec les Anglois pour leur céder leurs terres.
Les Anglois répondirent qu'ils avaient au moins la possessiuns de ces terres depuis 80 ans ; qu'ils avaient commencé à s'établir à Baston, et que quand même ils ne les auraient pas achetées cette possession leur servirait de titre.
Les Abénakis leur dirent qu'ils en étaient en possession avant eux puisqu'ils l’étaient de temps immémorial ; qu'ils convenaient que depuis 80 ans les Anglois avaient voulu s'en emparer, mais que depuis ce temps là les Abénakis avaient toujours été en guerre contre eux pour les en empêcher ; que d’ailleurs à l'exception du Fort de Saco, qui peut avoir été bâti depuis 40 ans, les autres forts qui sont au nombre de 8 ou 10 et qui sont le sujet de la guerre présente, ont tous été bâtis depuis la paix d'Utrecht faite en dix sept cent treize.
Les Anglois ne repliquèrent rien sur cet article.
Ils dirent au sujet des Sauvages de la nation Abénaquise retenus à Baston qu'ils n’en savaient pas précisément le nombre et qu'ils avaient donné la liberté à deux d’entre eux.
Les Abénaquis dirent que ces Sauvages n'avaient eu leur liberté que pour conduire un détachement de 4 à 500 Anglois tant à Narantsouak qu'à Pannaouamské pour leur aider à surprendre ceux de leur nation, et qu'ils savaient que ces deux Sauvages avaient été ramenés à Baston où ils étaient encore retenus, et qu'ils n'étaient pas obligés de croire qu'ils en eussent renvoyé aucun jusqu'à ce qu'ils les eussent fait conduire dans leur village.
es Anglois ayant dit aux Sauvages de s'expliquer sur la réparati Les Anglo nt dit aux Sauvages de s’expl ur la réparation qu'ils prétendaient qu’on leur fit pour avoir détruit leur église, tué leur
missionnaire et pour les frais de la guerre.
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Les Abénaquis répondirent qu'ils prétendaient qu'à l'avenir leurs missionnaires françois ne fussent pas molestés ; qu'on ne leur proposât plus de recevoir des ministres et qu'on réparât par des présents convenables la mort du Père Raslé, la destruction de leur église et les torts qu'ils leur avaient faits pendant la guerre.
Les Anglois promirent de faire leur rapport à Baston de ce qu'ils avaient entendu.