LETTRE DU MINISTRE A MONSIEUR DE ST OVIDE
À Versailles, le 10 juin, 1727.
Monsieur...
La nouvelle que vous me marquez de quelques jeunes Sauvages Mic-
maks et de la Rivière St Jean qui avoient été invités à se rendre au Port
Royal pour traiter de paix et auxquels le Gouverneur Anglois a fait des
résents et festins pour les engager à signer un traité dont il leur avait P mel =] le]
remis un imprimé que leurs anciens ont retiré avec promesse de le remettre
entre vos mains, me persuade de plus en plus que les Anglois emploient
toutes les sortes de voies pour attirer ces Sauvages dans leur parti.
Je ne doute pas que vous ne fassiez tout ce qui pourra dépendre de
vous pour détruire leurs desseins, et je ne saurais trop vous le recommander.
LTIMME
Il y a lieu de croire que l'affaire arrivée depuis à ces jeunes Sauvages à l’occasion d'un bâtiment anglois qu'ils avaient pris et pillé dans le port de la Hève, et que les Anglois ont repris sur eux après en avoir tué deux et emmené deux autres prisonniers à Baston, allumera plus fort que jamais leur haine et entretiendra la méfiance qui est entr’eux.
Vous devez saisir cette occasion pour fomenter ces querelles, et je compte d'apprendre que cette affaire aura les suites qu'on en peut espérer.
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TRAITÉ DE PAIX ENTRE LES ANGLOIS ET LES ABENAKIS. Caske Bay, le … août.
Nous, soussignés, certifions avoir entendu l'interprétation des actes écrits en anglois, où sont contenus les articles de paix prétendus stipulés à Baston et confirmés à Kaske Bay entre les Sauvages de Panaouamské et Monsieur Dummer Lieutenant, Gouverneur Général de la Nouvelle Angleterre, laquelle interprétation a été faite en langue abénaquise en présence des chefs, des députés et de plusieurs autres considérables du dit village de Panaouamské par deux des interprètes anglois qui avaient interprêté ces mêmes actes aux Sauvages à Baston et à Caske Bay. Lesquels ont supprimé ces articles couchés au commencement de ces mêmes actes, où l’Anglois fait dire aux Sauvages ;
Qu'ils viennent se soumettre à lui.
Qu'ils se reconnaissent les seuls auteurs de la guerre qui a été entre eux pendant ces quatre ou cinq ans.
Qu'ils renouvellent les prétendus traités faits autrefois entre eux et les Anglois, par lesquels traités l'Anglois prétend que les Sauvages se sont donnés avec leurs terres au Roi d'Angleterre, l'ont reconnu pour leur Roi et se sont mis au nombre de ses sujets.
Qu'ils embrassent les lois angloises.
Qu'ils fassent ligue offensive et défensive avec les Anglois. Les interprêtes anglois ont tourné tout cela en ces paroles.
Que les Sauvages de Panaouamské étaient venus saluer le Gouverneur anglois, faire la paix avec lui, et renouveler l’ancienne amitié qui était auparavant entre eux.
Pour l'acte d'aministé (?) et de pardon de la part du Roi d'Angleterre
aux Sauvages par le dit gouverneur, en conséquence des prétendus traités, les interprêtes anglois n’en ont voulu faire aucune interprétation.
Certifions de plus que les dits Sauvages de Panaouamské nous ont protesté en présence de ces mêmes interprêtes que ni eux Sauvages ni les interprêtes anglois ne leur avaient jamais parlé des susdits articles, sinon dans les termes postérieurs qu’on a rapportés, et que les interprêtes anglois ne leur avaient jamais parlé sinon que d’un traité de cessation d'armes, de paix, d’accomodement et d'amitié entre ces deux nations.
En foi de quoi nous avons signé le présent certificat et nous sommes
prêts de faire serment que cela est ainsi, fait à Panaouamské ce...
Ainsi signé :
E. LAUVERJEAT, Prêtre, Misssionnaire à Panaouamské, J. S. H. DiBawvis (?) DE ST CASTIN, Barenos (?) ST CASTIN, Alexandre le BORGNE DE BELISLE,
Et plusieurs autres qui ont témoigné ne savoir signer.
1h guerre contre lui les a contraints de faire la paix avec lui, cela n’empêchera
ji li LETTRE DU R. P. LAUVERJEAT A MONSIEUR LE MARQUIS DE VAUDREUIL. | Panaouamské, août, 27.
Fi Monsieur, ‘
Les chefs de ce village nous prient de vous point défier de leur fidélité, et d'être persuadé que l'Anglois par tous ses promesses et ses artifices ne pourra jamais les désunir d'avec les François, ni leur faire perdre leur religion ; que si la nécessité et l'impuissance où ils se voyaient de continuer la
{l h LA ; à 42 h Hu pas qu'ausitôt que les François la lui déclareront, ils ne se mettent de leur parti.
A Un Vous verrez vous-même par le papier que je vous envoie signé de lenr
fl main, combien l’Anglois est éloigné de ses comptes, et quelle foi on doit ê
avoir à ses rapports.
ht jiil | DEPENSES DES JESUITES EN CANADA.
1 | Québec, le 20 octobre, 1727.
Messieurs de Beauharnoïs et Dupuy exposent deux demandes que font les Pères jésuites :
LUE Première : 12%
| À Que les Abénaquis de Narantsouak, voulant se rétablir dans leurs anoO Hop cien village, demandent un missionnaire qui les conservent dans leur reli- | gion catholique ; qu'ils en donneront un, si le Roi, ayant égard aux pertes D | qu’ils ont faites à l’occasion du Père Raslé, veut bien leur rétablir un calice,
un ciboire, soleil et autres ornements d'église, avec des meubles pour la maison du missionnaire, qu'ils ont perdu en cet endroit.
Seconde :
Que les Hurons du Détroit demandent un missionnaire, ce qui les attacherait encore d'avantage aux François. Ils sont prêts d'en donner un, espérant que Sa Majesté voudra bien fournir à son entretient.
Nora :
Les Jésuites ont sur l’état des charges annuellement :
Pour leurs missions en Canada... 5,000 L Pour leurs missions des Iroquois et Abénakis................….. 1,500
Pour l'entretien d’un missionnaire aux Arcansas................. 600 Pour l’entretient d’un troisième Regent à Québec... 400 Pour celui de deux missionnaires aux Scioux......................… 1,200 Pour celui d’un missionnaire a Tadousac..…... ............ 600 Pour l'Ecole d'Hydrographie à Québec... 800 Pour l'Hospice qu’ils ont à Montréal... 500
DORA an rnrssaneiasnansiaaeene FOUOO LÉ
Ils ont sçu par le Sieur Brau qui est venu cet été à Québec, que le Sieur Gaulin ne s’étoit point comporté ainsi qu'on l'avait dit. Cesecclésiastiques sont nécessaires à l'Acadie où il est resté un grand nombre de Catholiques.
Monsieur l'Evêque de Québec vient d'y envoyer un Monsieur Desclaches. (?)
fu 1197 '
LI LETTRE DE MESSIEURS DE BEAUHARNOIS ET DUPUY AU MINISTRE. EE Québec, le 20 octobre, 1727.
Monseigneur,
{l 1 Le Sieur de St Castin n’est point venu cette année à Québec. Nous lui al aurions annoncé la grâce que le Roi lui fait d'enlever la retenue de 720 Ib. 4 pour ce qu'il avoit emprunté du Général anglois.
i h Le Sieur Dupuy aura soin de lui en faire faire la Résolution.
Nous vous supplions, Monseigneur, de nous permettre de ne vous 1 répondre sur le mémoire du dédommagement qu'il a présenté que l’année M, rs...attendu que nous ne pouvons pas nous en expliquer avec lui.
nn | Pour ces deux frères il est assez difficile de définir leur caractère. C’est Du PL un mélange si confus de françois et de sauvage, qu'il n’est pas possible de démêler leurs bonnes ou mauvaises dispositions.
| Si elles sont bonnes il y a quelque intérêt à les ménager. Si elles LE sont mauvaises on les pourra retenir par l'espérance qu'ils auront des gra- | { Horn tifications pareilles à celles que Sa Majesté vient de leur faire.
à Du reste, ils passent pour braves gens, et ayant du crédit sur leurs Sauvages.
} | H il | (tite Nous avons l'honneur d’être avec un très profond respect, | Monseigneur, Vos très humbles et très obéissants serviteurs, BEAUHARNOIS,
Dupruy.
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LETTRE DE MONSIEUR DUPUY AU MINISTRE
À Québec, le 20 octobre.
Monseigneur,
Les Sauvages depuis bien du temps ne trouvant à traiter de l’eau de vie avec les François que par accident, portent leur castor et ce qu'ils ont de plus belle pelleterie chez les Anglois pour y traiter de l’eau de vie, et ne nous apportent que le rebut pour avoir les marchandises dont ils ne peuvent se fournir chez l'Anglois, et encore n'est-ce que quand ils en ont un besoin bien pressant.
À quoi il faut ajouter que nos marchandises en général leur étant traité plus chères que celles des Anglois, cela ne nous les attire point, et que pour les ravoir nous sommes obligés de leur lâcher nos marchandises à perte...
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Pelleteries Prix, 1726 Prix, 1727 OA ssrerssuses ET 1.08 Martres sscessssse 8.05 3.09 Pecans..…...…......…. 8.19.9 4.09 Phichoux ?......... 1.16 2.15 Loutres sus 2.19 3.05
J'ai l'honneur d’être avec un très profond respect, Monseigneur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Dupuy.
MEMOIRE DU ROI AUX SIEURS DE BEAUHARNOIS ET DUPUY. Versailles, le 24 mai, 1728.
Sa Majesté a appris avec surprise que les Anglois soient parvenus à engager les Abénakis à faire la paix avec eux. (C’est un inconvénient auquel on ne devait pas s'attendre ; mais il y a apparence que ces peuples y ont été forcés et « x'ils n'ont pu faire autrement, et qu'ils conserveront toujours le même attachement qu'ils ont eu pour les François, ainsi qu'il parait par leurs discours qu'ils y sont bien déterminés et que les missionnaires qui sont auprès d’eux en donnent des assurances.
Il convient que les Sieurs de Beauharnois et Dupuy mettent tout en usage pour les entretenir dans ces sentiments.
C'est dans cette vue que Sa Majesté, qui avait depuis quelques années fait un fonds annuel de 4000 1. pour faire subsister les femmes et les enfants pendant que les hommes iraient en guerre, et qu'Elle aurait pu supprimer, la paix étant faite, a bien voulu les continuer. Mais son instruction est que cette somme, qui n’était distribuée qu'aux seuls Abénakis domiciliés à Bécancourt et à Saint François, soit répartie à tous ceux de cette nation qui ont des missionnaires, ceux qui ne sont pas domiciliés pouvant servir aussi utilement avec les autres, parcequ'ils font la barrière avec les Anglois de l'Acadie, et qu’il est par conséquent plus à propos de les ménager, les Sieurs de Beauharnois et Dupuy se concerteront avec le Père de la Chasse pour cette réparation, en observant que les instructions de Sa Majesté à cet égard soient exécutées.
Les Anglois pouvant en cas de rupture causer plus de dommage au Canada en l'attaquant par le bas de la colonie que par tout autre endroit, il seroit bien à souhaiter qu’on put parvenir à peupler la colonie de ce côté là, et cela contribuerait bien plus à sa sureté que tout ce qu'on peut faire au dessus de Montréal où la plupart des habitants attirés par l’avidité de la
en
traite avec les Sauvages des pays d'en haut, cherchant à faire des établissements sans réfléchir qu'ils ne pourraient y être soutenus en temps de
guerre et qu'ils seraient forcés de les abaridonner.
C'est ce qu'on aura de la peine de leur persuader ; mais quoiqu'il en soit Sa Majesté souhaite que les Sieurs de Beauharnois et Dupuy excitent ceux qui n'ont point d'établissements d'en faire dans le bas de la colonie autant qu'il sera possible, et qu'ils marquent les mesures qu'il y aurait à prendre en cas qu'ils aient de la peine à s'y déterminer.
L’exécution de cette vue est de la dernière conséquence.
Sa Majesté approuve que les Jésuites envoient un missionnaire à Narantsouak afin de maintenir dans la religion catholique les Abénakis qui veulent se rétablir dans ce viiluge.
Elle veut bien en même temps leur accorder le remplacement d’un alice, d'un ciboire, d'un soleil et autres ornements d'églises qui furent pillés lorsque le Père Raslé fut tué dans cette mission par les Anglois.
Le Sieur Dupuy les fera faire à Québec avec toute l'économie qu'il sera possible et fera remettre le tout au missionnaire qui y sera envoyé ; à l'égard des meubles qu'ils demandent, comme on n'a pas eu soin d'en envoyer l'état, Sa Majesté n'a pu rien statuer sur cela; au surplus comme il ne leur à été fait aucun retranchement pendant la vacance de cette mission, le revenant bon qu'il y a eu peut bien suppléer à la dépense de ces meubles qui doivent être très modiques.