‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 71 sur 206 · LETTRE DU MINISTRE A MONSIEUR DUPUY · texte numérisé non relu

LETTRE DU MINISTRE A MONSIEUR DUPUY

À Versailles, le 24 mai, 1728.

Monsieur,

Je vous ai déjà écrit que Sa Majesté n'avait pas jugé nécessaire que 1 vous fissiez un voyage à la Nouvelle-Angleterre comme vous l'aviez proposé, parce qu'il ne convient point de rien règler avec les Anglois, ni qu’ils puissent penser qu'on en ait envie, nique la France doute de son droit sur le Canada, j'ajouterai qu'il ne convient pas non plus de leur donner occasion de croire que les François veuillent faire de nouveaux établissements. Il ne convient point en effet d'en entreprendre, et le meilleur parti est de demeurer en repos, en charchant cependant les moyens de rendre inutiles les vues des Anglois sur le commerce d'en haut, mais les démarches

ni +

sur cela doivent être couvertes de manière qu'on ne puisse les pénetrer.

Le génie des peuples de la Nouvelle Angleterre étant de travailler à bien cultiver leurs terres et de pousser leurs établissements de proche en

proche lorsqu'il s'agira de les pousser plus loin, ils n’y consentiraient point parce que ce serait eux qui en supporteraient la dépense.

Les habitants de la Nouvelle France pensent différemment. Ils voudraient toujours aller en avant sans s’'embarrasser des établissements de l’inpe térieur parce qu'ils gagnent davantage et qu'ils sont plus éloignés. Ces

différentes façons de penser font que leurs colonies sont plus peuplées et mieux établies que les nôtres.

J'ai été bien aïse d'entrer dans cette explication avec vous pour vous faire connaitre que le meilleur parti est de travailler à bien établir le dedans de la Colonie, à quoi rien ne peut contribuer davantage que la tranquillité et le bon ordre. J'en écris en conformité à Monsieur le Marquis de Beau-

harnois.

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