‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 73 sur 206 · FA · texte numérisé non relu

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Qu'après que j'eus engagé malgré eux les Sauvages à conclure la guerre contre l’Anglois, ils rompirent le premier parti que j'avais formé et l’empéchèrent de marcher ;

Qu'après que j'en eus formé et fait partir un autre, ils l’arrétèrent en chemin et auraient absolument empêché la guerre si je ne fusse descendu à la mer et n’eusse fait reprendre à mes gens par mes exhortations.

Que n'ayant pu empêcher les coups contre les Anglois, ils demeurèrent comme neutres (sinon qu'ils profitaient des dépouilles des Anglois, et cela pendant deux ans) sous prétexte qu’ils étaient François.

Que ne pouvant plus se dispenser de se déclarer, Monsieur de Vaudreuil leur ayant spécialement fait entendre que leur qualité de François ne leur ôtaient point leurs droits Sauvages, à la vérité le plus jeune marcha sérieusement et se signala ; mais l’ainé se contenta de se montrer une seule fois, et quoiqu'il ait reçu cent affronts des Anglois qui l'ont pris deux fois par trahison et pillé, bien loin de songer à user de représailles, il a recherché leur protection et leur a fait des prières ;

Que sur la fin de la guerre lorsque j'allais en Canada par vos ordres, les Angilois ayant envoyé un hôtage pendant mon absence pour proposer la paix, ces Nieurs de St Castin firent les premières instances pour faire écouter l’Anglois, et rompirent un parti qui marchait par mes ordres en represailles d'un parti anglois qui était venu l'hiver contre nous en trahison ;

pendant que d’un autre côté on nous amusait de paix.

Que depuis ce temps là ces mêmes Messieurs n’ont cessé de presser les

Sauvages de faire la paix avec l'Anglois et d'écouter toutes ses propositions,

sans avoir égard à ce que les François en penseraient.

Voilà ce que je sais très certainement, et de quoi je suis prêt de rendre témoignage, ce qui, joint à tous les autres désordres que font ces Messieurs, comme de vendre à faux poids et à fausse mesures, trompant le tiers et le quart, mérite bien qu'on les casse aux gages et qu'on confisque même ce qu'ils n'ont pas touché de leur pension.

LETTRE DES MESSIEURS BEAUHARNOIS ET D'AIGREMONT. Québec, le 1° octobre, 1728.

Plusieurs Anglois sont venus, l'été dernier, à Montréal dont 2 sont descendus jusques à Québec pour me remeucre des lettres de leurs Gouverneurs qui me prient de faciliter à ces Messieurs le paiement de ce qui leur était du depuis plusieurs années par des négociants de Montréal. Monsieur de Longueuil à qui j'écrivis là dessus en lui renvoyant les Anglois, me fit réponse qu'un de ces Anglois était tombé malade et n'était pas en état de marcher, il n'avait pu leur refuser un délai de 8 jours,.et qu'il me priait de lui faire savoir s’il permettait aux Anglois de prendre en paiement des peaux de chevreuils qui était l'unique effot dont les marchands de Montréal pouvoient payer leurs dettes.

Sur ce que je mandai à Monsieur de Longueuil que je ne pouvais pas donner cette permission parce que Monsieur Dupuy, à qui j'avais renvoyé les deux Anglois pour savoir ce qui se pourrait faire sur cela, leur avait dit qu'il avoit des ordres du Roi qui le défendait. Il m'écrivit que cette défense porterait un grand préjudice au commerce en général, parce que ces peaux ne pouvant pas passer en la Nouvelle Angleterre, demeureraient dans le pays sans en pouvoir trouver la consommation,

Que de plus les François du Canada souffriraient beaucoup de cette défense ayant toujours été d'usage d'accorder 60 livres pesant de peaux à chaque personne pour servir à payer leur dépense au moyen de quoi on ne portait à la Nouvelle Angleterre aucunes espèces d'or ni d'argent sur lesquelles il y a un tiers de perte en ce pays là.

Ces deux motifs qui paroissent intéressants pour la colonie nous ont déterminé, Monsieur d’Aigremont et moi, à avoir l'honneur de vous demander là dessus vos ordres et de vous représenter qu'il conviendrait au bien du commerce de permettre aux négociants d’acquitter leurs dettes avec des peaux de chevreuils, et aux François qui vont à la Nouvelle Angleterre d'y en emporter afin que les espèces sur lesquelles ils perdront considérablement ne sortent pas de la colonie.

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