CONSEIL DE SALUBRITÉ
Instruction sur les sotifroirs , approuvée le 2l\ mai 1 82 r ,par M. le Ministre à! État , Préfet de police ( 1 ).
Les soufroirs sont ordinairement de simples chambres, de petits cabinets, des coffres en bois se fermant bien, et dans lesquels on expose les tissus de laine, de soie ou de paille, et d'autres substances que l'on veut blanchir, à la vapeur du soufre en combustion. Le soufre est placé dans un vase posé sur le sol de la chambre, et de manière à ne pas s'exposera mettre le feu aux marchandises enfermées dans le soufroir. Après l'avoir allumé, l'ouvrier se retire et ferme la porte exactement.
Le soufre brûle et s'éteint bientôt : l'acide sulfureux formé se répand dans la pièce, et produit sur les tissus ou sur les substances qui y sont exposées l'effet particulier à oblenir et que tout le monde connaît. On laisse le soufroir fermé pendant le temps convenable, après quoi l'on en ouvre les portes et les ci oisées pour laisser échapper dans l'air l'acide sulfureux et les gaz délétères dont le soufroir est plein, et qui causeraient l'asphyxie ou la mort de l'ouvrier qui y pénétrerait sans avoir pris cette précaution.
En suivant une opération de soufrage, il est facile de reconnaître que les plaintes portées à l'autorité contre les soi/f'roirs, proviennent de ce que ces ateliers répandent dans l'air l'acide sulfureux qu'on y a produit.
Cette émission dangereuse a lieu, 1° dans le moment où le soufre enflammé échauffe l'air de la pièce, le dilate, et oblige une partie des gaz
(i) Celle inslruction rédigée en tSii, a été publiée au nom du Conseil de Salubrilé, et par ordre de M. le préfel de police, dans les Annales de i'Inditsliie nationale et étrangère ^ tome 3 , p, 5, et lirée à part.
M. le préfet de police en a fait imprimer une seconde édition en i835.
— ri8 — à soitir par les fentes des portes et des fenêtres; 2° lorsqu'on ouvre la porte et les fenêtres du soufroir à la fin de l'opération, et avant d'y entrer pour en retirer les marchandises passées au soufre. Il est évident qu'un bon système de ventilation (i) doit suffire pour obvier à l'inconvénient dont on se plaint. Les moyens d'absorption sont ici inadmissibles, et nous n'avons pas hésité à adopter le mode de construction dont nous allons donner le détail en expliquant les figures du plan que nous joignons à ce rapport.
Nous proposons d'assainir les soufroirs et les habitations voisines en construisant ces ateliers de telle manière que l'air puisse y être renouvelé à volonté, et les gaz délétères qui s'y forment et qu'on ne pourrait impunément respirer, rejetés à une grande hauteur au-dessus des toits. On arrivera à ce but en se conformant exactement à l'instruction suivante.