COMME HYDROFUGE
De T emploi des corps gras comme hydrofuge, dans la peinture sur pierre et sur plâtre , dans l'assainissement des lieux bas et humides , dans les citernes et réservoirs destinés à contenir les liquides ; pour la conservation des statues et has-reliefs exposés aux injures de F air ; par MM. UArcet et lhénard{\).
Les observations dont se compose ce mémoire furent commencées en i8i3, à l'époque où M. Gros entreprit de peindre la coupole supérieure de l'église de Sainte-Geneviève. La surface de cette coupole venait d'être préparée à la manière d'une toile : on avait imprégné la pierre d'une couche de colle forte, puis on l'avait recouverte de blanc de plomb délayé dans l'huile siccative.
Craignant que cette préparation ne fût pas solide, M. Gros vint nous consulter ; nous n'hésitâmes pas un seul instant à déclarer qu'elle était loin d'offrir toute la sécurité désirable; l'humidité, avec le temps , pouvait agir sur la colle , et le tableau s'altérer.
Quelques réflexions suffirent pour nous convaincre qu'il fallait faire pénétrer dans la pierre un corps gras qui serait liquéfié par la chaleur, et qui, par le refroidissement, se solidifierait et boucherait tous les pores. Fortifiés dans cette idée par la certitude où nous étions que les anciens faisaient quelquefois fondre la cire sur des murs qu'ils voulaient peindre, nous fûmes naturellement conduits à essayer un enduit de cire jaune et d'huile de lin lithargirée. Des essais tentés sur des pierres semblables à celles de la coupole , nous prouvèrent que nous réussirions au-delà de nos espérances en composant cet enduit d'une partie de cire et de trois
(i) Ce mémoire, lu à l'Académie des Sciences, par MM. D'Arcet et Tliénard, avait été commencé en i8i3. Il a été publié dans les Annales de chimie et de physique , t. 3a, p. a4; en i8a8 , dans le Becueil industriel de M. de Moléon. Il a eu en outre plusieurs éditions.
parties d'huile cuite avec un dixième de son poids de litharge : l'imbibition avait lieu facilement à chaud; elle s'étendait à volonté dans les échantillons sur lesquels nous opérions, à la profondeur de 9 à i4 millimètres; l'enduit, par le refroidissement, se solidifiait, et prenait, en six semaines à deux mois, une dureté considéiable.
Dès lors nous proposâmes d'en faire usage pour la coupole, et d'exécuter l'opération comme il suit :
La coupole devait être grattée au vif, po'JU enlever le fond de colle et de blanc de plomb dont elle était couverte ; on devait ensuite, au moyen d'un grand réchaud de doreur (1), chauffer successivement et fortement tout l'intérieur de la coupole, en opérant sur un mètre carré à la fois, et y appliquer le mastic à la température de 100 degrés environ, avec de larges pinceaux. A mesure que la première couche serait imbibée , elle devait être remplacée par une seconde , et ainsi de suite jusqu'à ce que la pierre refusât d'en absorber. Pour faciliter l'absorption, la pierre, dans le cours de l'imbibiiion , devait être chauffée de temps à autre une à deux fois, suivant sa porosité. Dans tous les cas, la chaleur devait être aussi élevée que possible, sans être portée toutefois au point de carboniser l'huile. Enfin , les murs étant imprégnés d'enduit, bien unis et bien secs, ils devaient être recouverts de blanc de plomb délayé dans l'huile , et c'est sur cette couche blanche qu'on devait peindre.
Notre projet fut approuvé; M. Rondelet se chargea de l'exécuter , et mit bientôt M. Gros à même d'exécuter un nouveau chef-d'œuvre, qui, reposant sur une base aussi solide, n'éprouvera par la suite d'autre altération que celle que les couleurs pourront recevoir de l'air et de la lumière.
Des gouttelettes d'eau, semblables à celles de la rosée, et qui couvraient, presque tous les matins, en nombre infini, les voûtes delà coupole, donnèrent d'abord de l'inquiétude à l'auteur du tableau. Pour nous, nous n'en avions aucune, et l'auteur lui-même commença à se rassurer lorsqu'il vit ces gouttelettes paraître et disparaître sans laisser la moindre altération. Aujourd'hui, plus de quinze années d'épreuves suivies ont dissipé toutes les craintes (a).
(i) On trouvera à la fin de cet article la description et la figure de cette espèce de réchaud.
(2) Voici la lettre écrite à ce sujet par M. le baron Gros , à MM. Thénard et D'Arcet.
Messieurs,
Ayant appris que vous faites réimprimer la Notice sur l'emploi des corps gras, dont on a fait une application a la coupole que j'ai peinte à l'église de Sainte-Geneviève, je suis bien aise de
L'enduit de cire et d'huile ne met pas seulement la peinture à l'abri de l'humidité, il prévient encore Vembu, par l'impossibilité où se trouve l'huile d'être absorbée, et dispense le peintre devernirson tableau, avantages dont il est facile de sentir tout le prix.
L'épreuve de notre enduit, faite sur la coupole supérieure de Sainte- Geneviève, avait eu trop de succès pour que nous ne désirassions pas de voir préparer de la même manière les quatre pendentifs qui appartiennent à la grande coupole ou coupole intérieure de la même église, et que M. Géraril doit peindre incessamment. Aus-^i, ce célèbre peintre a-t-il accepté avec le plus grand empressement la proposition que nous lui en avons faite. L'enduit, sous notre direction, a été appliqué par M. Belot avec des soins qui ne laissent rien à désirer, et tels que, encore bien que la pierre soit extrêmement dure, il a pénétré de 3""'',5 à 4'"''>5.
Il était naturel que nous cherchassions à savoir si l'enduit de cire et d'huile pourrait s'appliquer sur le plâtre comme sur la pierre, le durcir, lui doiuier la faculté de résistera l'eau, et le conserver. De nombreuses expériences furent faites dans ce dessein, et la preuve nous est acquise que, sous ce point de vue, il sera d'une grande utilité ; on en jugera par les échantillons que nous mettons sous les yeux de l'Académie. Ii'un est un bas-relief, et l'antre un portrait, tous deux à moitié imprégnés d'enduit ; on les a placés sous des gouttières pendant très long- temps, et l'on voit que toute la partie de plâtre pur a été fortement attaquée, rongée, dissoute, tandis que celle qui était imprégnée d'enduit n'a souffert aucune altération. Le procédé d'application est ici le même que pour la pierre; nous remarquerons seulement que le feu doit être ménagé, autrement le plâtre se cuirait et perdrait de sa solidité; il supporte aisément de loo à 1 20 degrés de chaleur; mais on ne l'exposerait pas vainement à i45 degrés. D'ailleurs, il s'imbibe facilement, et l'opération ne présente point d'obstacles.
Maintenant que l'on connaît le procédé d'imprégner les pierres et le plâtre de l'enduit de cire et d'huile cuite, nous allons parler des autres applications que nous avons faites ou que l'on peut faire de cet enduit, soit qu'on l'emploie tel que nous en avons donné la composition, pour des ouvrages précieux où l'économie de la cire doit être comptée pour
profiter de cette occasion pour renouveler l'assurance que les procédés employés résistent depuis plus de quinze ans sans la moindre altération, et que j'ai toujours à me louer de l'obligeance que vous avez eue de vouloir bien vous en occuper.
J'ai l'honneur, etc. Signé baron Gros.
peu de chose, soit qu'on remplace la cire par la résine, et qu'on forme alors l'enduit d'une partie d'huile lithargirée et de deux à trois parties de résine, comme quand il s'agit de garantir un mur de l'humidité.
assainissement des appartements ou lieux bas et humides.
La Faculté des Sciences possède à la Sorbonne deux salles dont le sol est de plusieurs pieds au-dessous de celui des maisons voisines, du côté du levant et du midi. Les murs, à cette exposition, sont très-salpêtrés. On crut devoir Jes couvrir de plâtre, il y a quelques années, dans l'espérance de rejeter les sels au dehors; mais les sels traversèrent la couche de plâtre qu'on leur avait opposée, et reparurent bientôt dans l'intérieur, entretenant une telle humidité que le plâtre perdit de sa consistance, et que le local devint inhabitable, même en été. C'est sur ces deux salles que notre expérience fut tentée. Nous allons la décrire telle qu'elle a été faite.
L'enduit a été composé d'une partie d'huile de lin cuite avec -~^ de son poids delitharge et de deux parties de résine. Celle-ci a été fondue dans l'huile lithargirée, en employant une chaudière de fonte et ménageant le feu. D'abord la matière s'est boursouflée fortement; mais ensuite elle est restée en fusion tranquille; parvenue à ce point, on l'a laissée refroidir pour la fondre de nouveau et s'en servir au besoin (i).
Les murs, étant très-humides, ont dû être séchés avec le réchaud de doreur. Celui dont nous avons fait usage avait 5 déc. de largeur sur 4 de hauteur, en sorte que nous séchions à la fois une surface de 20 déc. carrés. Il portait de chaque côté, à la partie supérieure, antérieure et latérale, deux anneaux à demi fermés qui servaient à l'accrocher à une tringle de fer horizontale, de 16 déc. de long. Les deux bouts de cette tringle étaient reçus dans des entailles à crémaillère, qu'on avait faites sur les bords de deux plancVies verticales, éloignées l'une de l'autre de i5 déc, et unies entre elles par deux traverses, l'une supérieure et l'autre inférieure. Ces planches qui, avec leurs traverses, formaient une espèce de châssis facile à transporter , avaient presque la hauteur des salles , environ Sa déc. On les plaçait à disfance convenable du mur; mais comme le fourneau tendait à s'en rapprocher par trop dans la partie inférieure,
(i) Le boursouflement qui a lieu exige que l'on ne fasse fondre la résine dans l'huile que par |iortions, afin que la matière ne s'élève pas au-dessus des bords de la chaudière.
— lag — on l'en tenait éloigné au moyen de deux petites broches vissées près des extrémités de la grille, c'est-à-dire au bas du fourneau et sur ses côtés. D'ailleurs ce fourneau, par-derrière, était muni de deux poignées, au moyen desquelles on le faisait mouvoir ou glisser sur les tringles trèscommodément.
D'après ce qui précède , il est facile de voir comment l'opération se faisait. L'appareil , c'est-à-dire le fourneau, la tringle et les supports à crémaillère , ou le châssis , était placé devant une partie du mur, et y restait jusqu'à ce que cette partie fût enduite. Elle se partageait, pour le travail, en huit bandes horizontales qui avaient chacune la hauteur du fourneau (4 décimètres), et trois fois sa largeur (i5 décimètres). On commençait par sécher les plâtres , et quand ils étaient bien secs , on les chauffait de nouveau et successivement pour y faire pénétrer le mastic, comme nous l'avons dit précédemment. C'était la bande supérieure qu'on enduisait d'abord. A cet effet, lorsque le premier espace qu'on voulait enduire, espace égal à la surface du fourneau ou au tiers de la bande, était convenablement chaud, on déplaçait le fourneau en le faisant glisser sur la tringle qui lui servait de support, et pendant qu'un second espace était chauffé, on appliquait le mastic en fusion parfaite sur le premier : seulement, si le mastic ne s'absorbait pas bien , on l'exposait à l'action du feu en rapportant le fourneau et le tenant à distance convenable; dès lors, des bulles d'air se dégageant en grand nombre, l'absorption avait lieu en très-peu de temps. On continuait ainsi d'appliquer le mastic jusqu'à ce que le plâtre refusât de s'en imprégner. Cinq fortes couches furent absorbées ; la sixième ne le fut qu'en partie et forma à la surface du mur un léger glacis qui finit par prendre beaucoup de dureté.
La bande supérieure étant enduite de mastic, on descendait le fourneau et la tringle d'environ 4 décimètres ; on faisait sur la nouvelle bande, et par suite sur toutes les autres bandes, ce qu'on avait fait sur la première.
La surface totale était de 94 mètres carrés. La dépense , non compris la main-d'œuvre, fut de 80 centimes par mètre carré ; elle serait moindre sur la pierre, par la raison toute simple qu'il y aurait moins d'enduit absorbé. Les plâtres sont devenus durs en peu de temps; l'ongle aujourd'hui ne les raie que difficilement. Dans deux endroits , ils avaient été trop chauffés; on les a refaits. S'ils étaient trop salpêtres , le mastic n'y pénétrerait qu'avec peine, et pourrait même se détacher au bout de quelque temps sous forme de plaques ; dans ce cas il faudrait les remettre à
— i3o — neuf: l'opération sur les plâtres neufs et secs réussit toujours très-bien.
On pourrait encore , et c'est peut-être ce qu'il y aurait de mieux à faire pour les lieux extrêmement salpêtres, détruire les plâtres, unir le mur à la hachette, \e jointoyer, le couvrir d'enduit, et mettre par-dessus un papier sur toile.
Rien ne s'opposerait à ce que, dans les rez-de-chaussée, l'on se mît aussi à l'abri de l'hurnidité du sol : là où les salles devraient être parquetées. Ton ferait une aire en plâtre que l'on enduirait de mastic, et sur laquelle le parquet serait posé au moyen de lambourdes; et là où il devrait y avoir des dalles ou des carreaux, ce seraient les carreaux euxmêmes ou les dalles qui seraient, enduits. Si ce procédé ne paraissait pas suffisant, il en est un autre qui serait infailHble pour les salles parquetées et chauffées par un poêle ; ce serait de construire une aire, comme nous venons de dire, et de se servir de l'air de la chambre pour alimenter le poêle, mais en le faisant circuler auparavant sous le parquet. D'ailleurs on tirerait de l'air du dehors, qui se rendrait, comme à l'ordinaire, dans les bouches de chaleur, et de là dans la chambre.
Préparation des plafonds qui doivent être peints.
On sait que la peinture sur les plafonds en plâtre se détériore peu à peu. Nous sommes convaincus qu'en les imprégnant d'un enduit de cire et d'huile lithargirée, comme nous l'avons fait pour la coupole et les pendentifs , on les conserverait presque autant que s'ils étaient de pierre, et que les couleurs n'éprouveraient pas plus d'altération que sur la toile. On pourra nous objecter sans doute qu'il y aura de l'humidité transmise par la partie supérieure; qu'elle diminuera peu à peu la cohérence du plâtre, et finira par le détacher en morceaux ; mais nous répondrons que nous pouvons faire pénétrer l'enduit à une grande profondeur, et que le plâtre prend une si grande dureté qu'il imite la pierre. Cela est si vrai que l'angle de la tablette d'une cheminée, au laboratoire des essais de la Monnaie, ayant été cassé, on a pu remplacer le morceau par du plâtre imprégné après coup d'enduit à la cire. I/opération est faite depuis quinze ans, et cependant le morceau rapporté, quoique exposé à un frottement continuel, ne parait pas usé, et fait si bien corps avec la tablette de pierre de liais, que les joints ne s'aperçoivent pas. Ainsi, dans la préparation des plafonds , et surtout des plafonds voûtés , le plâtre, durci par l'enduit, prendrait tant de solidité qu'il résisterait sans doute à de petites quan-
— i3i — tités d'eau transmises par les parties extérieures ; et nous avons tout lieu de croire que si le plafond de la salle des Antiques, peint par Barthélémy, en l'an X, eût été imprégné d'enduit, il existerait encore aujourd'hui; tandis qu'il a été détruit en 189.0 par une infiltration d'eau provenant de la salle au-dessous de laquelle il était placé.
Statues et bas-reliefs en plâtre , rendus inaltérables à l'air.
Puisque le plâtre imprégné d'enduit de cire et d'huile lithargirées n'est altéré, du moins pendant plusieurs mois, ni par la pluie ni parles courants d'eau, ni par l'eau tombant des gouttières, on voit le parti qu'on en peut tirer pour faire des statues et des bas-reliefs en plâtre qui résisteraient probablement aux injures de l'air; et si, d'un autre côté, nous faisons remarquer que cet enduit peut être uni à du savon de cuivre et de fer, si nous ajoutons qu'il remplit tous les pores du plâtre sans rien laisser à la surface, sans former d'épaisseur, sans empâter les finesses de la gravure et sans rendre y7o«i' les traits qui y sont sculptés, on en conclura qu'il est possible de se procurer à bas prix (i), pour orner nos monuments, et peut-être nos jardins, de belles statues de plâtre, qui auront la couleur du bronze, et qui seront bien préférables à celles que l'on peint avec les couleurs à l'huile. Les modèles que nous présentons à l'Académie lui feront sans doute partager notre opinion. L'exécution n'offre aucune difficulté.
On prend de l'huile de lin pure, on la convertit en savon neutre au moyen de la soude caustique; on ajoute ensuite une forte dissolution de sel marin , et l'on pousse la cuisson jusqu'au point de donner une grande densité à la lessive, et d'obtenir le savon nageant en petits grains à la surface de la liqueur. Le tout est mis sur un carrelet, et quand le savon est bien égoutté , on le soumet à la presse pour en exprimer le plus de
(i) Les différentes opérations que nous avons eu occasion de faire nous ont prouvé que le plâtre sec, pénétré de composition, en absortait environ 3o centièmes de son poids , et qu'il fallait au plus 2,5oo grammes de composition pour préparer à o",oi2 de profondeur une table en plâtre, ayant i mètre carré de superficie.
Nous avons en outre reconnu que le kilogramme de composition prête à êlre employée ne revenait au plus qu'à 4 francs ; nous allons appliquer ces données à l'évaluation approximative de la somme qu'il faudrait dépenser pour obtenir un plâtre de la Vénus de Médicis parfaitement préparé.
M. le comte de Clarac, conservateur des Antiques du Musée royal, ayant eu besoin de connaître la surface développée de cette statue, la fit calculer par trois méthodes différentes, et ar-
— iSa —
lessive possible. Alors on le fait dissoudre dans de l'eau distillée, et l'on passe la dissolution chaude à travers un linge fin. D'un autre côté, on fait dissoudre dans l'eau également distillée un mélange de 80 parties de sulfate de cuivre et de 20 de sulfate de fer du commerce ; on filtre la liqueur, et après en avoir fait bouillir une partie dans un vase de cuivre bien propre, on y verse peu à peu de la dissolution de savon , jusqu'à ce que la dissolution métallique soit complètement décomposée. Ce point de décomposition étant atteint, une nouvelle quantité de dissolution de sulfate de cuivre et de fer doit être versée dans le vase, la liqueur agitée de temps en temps, et portée à l'ébullition. De cette manière , le savon, sous forme de flocons, se trouve lavé dans un excès de sulfate; après quoi il doit l'être successivement à grande eau bouillante et à l'eau froide; puis il est pressé dans un linge pour l'essuyer et le sécher le plus possible, et c'est dans cet état que l'on s'en sert comme il va être dit.
On fait cuire i kilogramme d'huile de lin pure avec i5o grammes de litharge puie en poudre très-fine. On passe le produit dans un linge et on le laisse déposer à l'étuve ; il se clarifie assez promptement.
Cela fait, on prend:
Huile de lin cuite 3oo grammes.
Savon de cuivre et de fer 160
Cire blanche pure 100
riva à ce résultai, que la surface de la Vénus de Médicis développée était de 2 mètres carrés,
Il faudrait donc, pour pénétrer complètement cette statue, en lui supposant partout une épaisseur de o",oi2, employer au plus 6 kilogrammes de composition.
Voici à peu près ce que coûterait un plâtre de la Vénus de Médicis, préparé par le procédé dont il est question.
Un plâtre de la Vénus, bien préparé, se vend 100 francs. 6,kilogr. de composition, à 4 fr. le kllogr. . . 24
1 hectolitre de coke pour chauffer l'éluve ou pour le service du réchaud de doreur. ... 4
2 journées de deux ouvriers peintres, à 5 fr.
chaque 20
Menus frais, pinceaux, linge, coton, etc. . . 2 Cette statue, eu plâtre, bien préparée, reviendrait donc au plus à i5o francs.
Une copie de cette statue, en marbre, coûterait 7 ou 8,000 fr.; une copie de bronze reviendrait à peu près au même prix : elle coulerait encore de 2,000 à 2,400 fr. en la faisant faire en pierre tendre ordinaire.
• Fiirel l'ouvrag» intitulé: Uuiéc de Sculpture aniiq. et mod., p. 84.
On fait fondre le mélange à la vapeur ou au bain-marie, dans un vase de faïence; on le tient fondu, pour laisser dégager le peu d'humidité qui s'y trouve ; on fait chauffer le plâtre jusqu'à 80 ou 90 degrés centigrades, dans une étuve, puis on l'en retire et l'on y applique le mélange fondu.
Lorsque le plâtre se refroidit assez pour que le mélange n'y pénètre plus, on le remet à l'étuve, on le chauffe de nouveau à 80 ou 90 degrés, et l'on continue d'y appliquer la couleur grasse, jusqu'à ce qu'il en ait absorbé assez. Le plâtre est alors encore remis à l'étuve pendant quelques instants, pour qu'il ne reste pas de couleur à sa surface, et pour que toutes les finesses de la sculpture paraissent et ne soient pas empâtées. A cette époque , on le retire de l'étuve , on le fait refroidir à l'air, on l'y laisse exposé dans un endroit couvert pendant quelques jours, ou plutôt tant qu'il n'a pas perdu l'odeur de la composition j on le frotte avec du coton ou un linge fin, et le travail est fini.
Si les pièces à préparer étaient petites, il faudrait les tremper dans la composition fondue, les retirer, les secouer et les essuyer par-dessous pour faire pénétrer la composition qui se trouverait à la surface opposée : le même effet serait produit en présentant cette surface devant un feu clair.
Si les pièces à préparer étaient trop grandes , on aurait recours au réchaud de doreur.
En mettant de l'or en coquille sur les points culminants du plâtre , et préparant ensuite le plâtre , comme il vient d'être dit , on obtiendrait la patine antique avec le bronze métallique apparent dans les endroits saillants.
Une plus grande quantité de savon de fer dans l'enduit procurerait facilement la patine rougeâtre que présentent certains bronzes.
Le savon de fer seul donnerait une teinte rouge-brun; les savons de zinc, de bismuth et d'étain, imiteraient le marbre blanc.
On pourrait teindre les plâtres avec des dissolutions alcooliques ou aqueuses de substances colorantes, et appliquer sur ces plâtres teints les savons métalliques : il en résulterait un grand nombre de nuances différentes.
Dans tous les cas, de l'huile de lin cuite pourrait être coulée dans l'intérieur des statues pour les rendre plus imperméables à l'humidité, et pour employer moins de composition colorée.
Nous n'avons pas fait d'autres épreuves que celles que nous venons de rapporter; mais elles suffisent pour nous convaincre que l'on pourra employer avec économie l'enduit de résine ou de cire et d'huile de lin li-
thargirée, pour préserver de l'humidité les rez-de-chaussée et les prisons; pour empêcher les réservoirs et les citernes de fuir; pour s'opposer aux infiltrations des voûtes et des terrasses, pour contenir l'eau dans le plâtre, qui prend si aisément toutes les formes que l'art veut lui donner; pour enduire les statues de plâtre ou de pierre tendre, les médailles en plâtre et beaucoup d'autres objets, tels que vases, bas-reliefs, colonnes, mitres de cheminées, corniches, entablements, etc. ; enfin pour conserver les grains àanshs s^los: applications importantes dont la société, si nous ne sommes pas dans l'erreur, tirera un grand parti.
Description du réchaud du doreur (i).
Cet ustensile, que nous avons cité plus haut, étant d'un fréquent usage, et ayant plusieurs applications utiles , nous allons en donner la description d'après la planche i4j où le réchaud est représenté sons plusieurs aspects.
Dans le réchaud du doreur, le combustible brûle appuyé sur une grille placée verticalement, à peu près comme cela se pratique dans les coquilles à rôtir et dans le fourneau du fabricant de cire à cacheter. On l'emploie le plus souvent à chauffer au degré qu'on veut des surfaces verticales ou peu inclinées à l'horizon, mais on s'en sert aussi pour chauffer ou sécher des surfaces horizontales, telles que les planchers ou les plafonds, etc.
La fig. 1 1, pi. i4, représente le réchaud vu de face; les fig. 12 et i3 le montrent de côté, et la fig. i4 par derrière. Le couvercle A, B, s'ouvre au moyen de la poignée C, et tourne sur les deux charnières D.
Les lettres E, E, E, désignent ici six barreaux en gros fil de fer qui servent à retenir le charbon dans l'intérieur du réchaud. Les bouts de ces barreaux sont projetés sur le côté des fig. 12 et i3 , où l'on voit leur diamètre.
Le bas du réchaud est fermé par la tôle F, G, qui forme, dans cet endroit, une espèce de cendrier ou de réservoir H pour les cendres.
Lorsqu'on veut faire usage de cet ustensile, on lève le couvercle A, B, on remplit le réchaud de charbon allumé, on ferme le couvercle, et l'on s'en sert en le portant au moyen du manche I, qu'on voit dans les fig.
(i) La description de ce fourneau a été faite plusieurs fois. Elle a été insérée dans le Journal des connaissances usuelles, tome 3, page 256.
i3et i/j- Ce manche est fixé au réchaud perpendiculairement, comme dans la fig. 12, ou d'une manière inclinée, comme dans la fig. i3, selon le travail qu'on a à exécuter.
La fig. i4 représente le réchaud vu par derrière. AB est la ligne postérieure du couvercle, et D, les deux charnières; C, la poignée du couvercle; K, la plaque circulaire ou elliptique destinée à empêcher la chaleur de se communiquer à la main de l'ouvrier , lorsque , au moyen du manche I, il transporte le fourneau. On voit en RK, fig. 12, la position de cette plaque placée entre le fourneau et la main de l'ouvrier.
La fig. 12 représente une vue de côté, comme la fig. 14, excepté que le réchaud est ici garni d'un manche I placé horizontalement , et de la plaque en tôle K.
On peut brûler , dans le réchaud du doreur , soit du charbon de bois, soit du coke. Le feu s'y entretient comme dans les autres fourneaux. On s'en sert en le présentant et en le promenant convenablement en face et autour des objets que l'on veut dessécher ou élever à une certaine température. On conçoit que la quantité de combustible, la distance, le plus ou moins de perpendicularité , sont autant de moyens mis à la disposition de l'ouvrier pour remplir le but qu'il veut atteindre.
On construit des réchauds de toutes grandeurs , et on leur donne des formes exigées par les travaux différents auxquels ils peuvent être appliqués.
Dans la fig. i""^, la ligne AB est supposée avoir 5o centimètres; ainsi , on peut en déduire les dimensions des autres parties du fourneau.