‹ Collection de mémoires relatifs à l'assainissement des ateliers, des édifices publics et des habitations particulières, t. 1Chapitre 24 sur 77 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L'instruction suivante a été rédigée par le Conseil de Salubrité en 1822, et publiée dans les Annales de ï Industrie nationale et étrangère, Le Conseil général des Prisons ayant le désir d'appliquer à la désinfection des latrines des prisons, les procédés qui y sont exposés, S. Exe. le ministre de l'Intérieur a engagé le Conseil de Salubrité à re-

— i43 — voir son travail, et à y donner les développements nécessités par l'application plus étendue qu'il s'agit d'en faire. Le Conseil de Salubrité avait recommandé, dans sa première instruction, de profiter des moyens d'appel naturels, c'est-à-dire de ceux qui n'occasionnent aucune dépense, et n'avait fait qu'indiquer l'emploi des fourneaux d'appel spéciaux, ou seulement destinés à établir dans les latrines la ventilation convenable. Le but du conseil avait été, non-seulement d'opérer cette ventilation le plus économiquement possible, mais encore d'en assurer la continuité et le succès, en ne la rendant pas dépendante de l'exactitude des ouvriers ou des domestiques. Une circonstance nouvelle s'est présentée; la disposition des prisons ne permet pas toujours de profiter d'un foyer déjà établi; il a donc fallu entrer dans de plus grands détails, relativement à la construction des fourneaux d'appel spéciaux. Le conseil de salubrité, en revoyant sa première instruction, et en y ajoutant les développements demandés par le conseil général des prisons, s'est surtout attaché à mettre les procédés qu'il expose, et les moyens d'exécution qui s'y rattachent, à la portée des constructeurs les moins instruits.

Lettre adressée à M. Delavau^ Conseiller d'état. Préfet de Police^ etc., par le Conseil de Salubrité ( en 1822).

Monsieur le Préfet ,

Les latrines publiques, dont l'utilité ne peut être contestée, avaient excité, jusqu'à présent, des réclamations vives et fondées, de la part des voisins de ces établissements. Ces latrines , très-commodes pour les passants , avaient en effet de graves inconvénients pour les habitants des maisons environnantes ; les exhalaisons désagréables et insalubres qu'elles répandaient n'étaient point supportables, et l'autorité se trouvait dans l'alternative ou de s'opposer à la construction de latrines utiles au public, ou de nuire aux habitants dans le voisinage desquels on demandait à les établir. Le Conseil de Salubrité fut chargé de concilier des intérêts si opposés, et d'indiquer le moyen de pouvoir, sans inconvénients , augmenter le nombre des latrines publiques dans les grandes villes. Ce problème a été complètement résolu en 1816. Les latrines de l'hôpital Saint-

Louis et les latrines publiques établies chez M. Chénié , rue des Filles Saint-Thomas, en face de la rue des Colonnes, ont été construites d'après les indications données par le Conseil , et ont depuis servi de modèle. En exigeant que le système de construction qui y a été employé soit suivi lors de la formation de nouveaux établissements de ce genre, l'autorité peut maintenant accorder autant de permissions qu'il en sera demandé, et contribuer ainsi, sans aucun inconvénient, à la commodité des habitants , sans nuire à la salubrité de la ville.

Les avantages évidents qui résultent du système de construction dont nous parlons , et les heureux résultats obtenus en ce genre depuis 1816, ont déterminé votre prédécesseur à demander au Conseil de Salubrité un rapport sur cette affaire , et à l'inviter à traiter la question générale de l'assainissement des latrines et des fosses d'aisances, afin de mettre l'autorité à même de pouvoir prescrire l'application de ces moyens dans toutes les circonstances où elle se trouve consultée. C'est ce rapport, Monsieur le Préfet, que nous avons l'honneur de vous présenter.

Nous sommes, avec respect. Monsieur le Préfet,

Vos très-tiumbles et très-obéissants serviteurs. Les Membres composant le Conseil,

S. Bérard, Maître des requêtes, Vice-P résident ; E. Pariset, Secrétaire ; J.-J. Leroux; Deyeux; Huzard; Dupuytren; Petit; D'Arcet, Rapporteur ;Wk^c; Girard; Pelletier; Huzard, fils, ^<i/b/«? ; le D'' Juge , Membre honoraire.

Instruction du Conseil de Sulnbrité , sur la construction des latrines publiques, et sur l'assainissement des latrines et des fosses d'aisances.

Tout le monde sait qu'il est peu de maisons qui ne soient plus ou moins infectées par la mauvaise odeur qui s'exhale des latrines, et que les gaz délétères qui se dégagent des fosses d'aisances présentent une cause puissante d'insalubrité que l'on doit éloigner avec soin des habitations.

Beaucoup de moyens, plus ou moins avantageux, ont été proposés sur cette question, mais presque tous incomplets, trop compliqués, né-

cessitant trop de soins ou de dépenses; et il est de fait que jusqu'ici les architectes ont négligé le moyen le plus simple, le plus sûr, le moins coûteux et le plus indépendant de la volonté de l'ouvrier, d'assainir, sous ce rapport, nos habitations.

Ce moyen bien connu, appliqué depuis long-temps à l'assainissement des galeries des mines, et tant de fois proposé pour renouveler l'air dans les hôpitaux, dans les puits et puisards infectés , etc., consiste dans l'application de la ventilation par le moyen de réchauffement de l'air. Mais, pour obtenir le succès désirable , il faut établir une ventilation forcée et continue, ce qui n'a pas été pratiqué jusqu'à présent. Nous allons reprendre les choses de plus haut , et entrer à ce sujet dans tous les détails que nous croirons nécessaires pour faciliter l'adoption de ce moyen d'assainissement, et pour en populariser, pour ainsi dire, l'usage.

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