‹ Collection de mémoires relatifs à l'assainissement des ateliers, des édifices publics et des habitations particulières, t. 1Chapitre 25 sur 77 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Théorie de l'assainissement des fosses d'aisances par le moyen de la

ventilation forcée.

Supposons un tuyau de tôle AR ( fig. 5, pi. i5) placé verticalement et ouvert aux deux extrémités ; il est évident que , si l'air est à la même température en A, en B et tout autour du tuyau, l'air contenu dans ce tuyau y sera stationnaire et sans mouvement : mais si , par mi moyen quelconque, vous échauffez la colonne d'air renfermée dans le tuvau , cet air se dilatera, deviendra plus léger que l'air extérieur, et montera de suite vers l'ouverture B avec une vitesse proportionnelle au degré de chaleur qu'on lui aura communiqué; l'air extérieur entrera dans le tuyau par l'ouverture inférieure A, s'échauffera, sortira par le haut du tuyau, et fera place à une nouvelle quantité d'air qui suivra la même direction; ce qui établira dans le tuyau un courant ascensionnel qui continuera à avoir lieu tant qu'un point quelconque de ce tuyau sera plus échauffé que la masse d'air dans laquelle il est plongé.

Ajoutons maintenant au tuyau AB un coude ACD (fig. 4); et supposons l'air contenu dans la partie verticale BD du tube en tôle échauffé par un moyen quelconque; il est évident que cet air, devenu plus léger, tendra à monter vers l'ouverture supérieure B du tuyau, et que l'air extérieur se précipitera de suite dans le tuyau , par l'ouverture A , pour aller rempla-

— i46 — cer, dans le tube vertical BD, l'air échauffé tjui en sera sorti. Si réchauffement de ce tube continue à avoir lieu , cette nouvelle masse d'air s'échauffera, ira sortir en B, sera remplacée par de nouvel air qui entrera dans le tuyau par l'ouverture A ; ce qui établira dans ce tuyau l'espèce de courant dont nous allons nous servir pour assainir, soit les latrines publiques, soit celles destinées à l'usaeie de nos maisons.

En effet, si l'air extérieur se précipite continuellement en A (fig. 4 )» pour parcourir toute la longueur du tuyau et aller sortir par son extrémité B, il est certain que toute matière dégageant une odeur fétide ou insalubre au-dessus et même autour de l'ouverture A ne se fera sentir qu'à l'extrémité supérieure B du tuyau de tôle ( i ) : on pourra donc établir, en supposant que l'extrémité B du tuyau sorte en dehors du bâtiment, un siège de latrines en A, sans risquer d'avoir de mauvaise odeur dans la pièce où ce siège sera placé; et cet effet aura lieu tant qu'on échauffera une partie quelconque de l'air contenu dans le tuyau vertical BD, et tant qu'on introduira dans la pièce où se trouvera placé le siège A assez d'air pour fournir au courant ascensionnel établi dans le tuyau BD.

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