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CHAPITRE IV

Description de plusieurs latrines ventilées et assainies au moyen de fourneaux d'appel spéciaux.

§ I". — De V assainissement des latrines établies sur de grandes dimensions au moyen d'un fourneau d'appel spécial.

Les figures i, 2, 3, 4 et 5, pi. 17, représentent les plans, coupes et détails des latrines, telles qu'il est convenable de les construire pour le service d'un grand établissement public. Nous avons dessiné les coupes 3, 4 et 5 sur une échelle double, afin d'en faciliter l'étude: voici la description de ces fgures.

Figure ■?., plan général du bâtiment où sont placées les latrines, a, est un cabinet où se trouve un siège particulier ; c , un cabinet ayant six sièges pour le service conmiunje, un autre cabinet dans lequel, au heu de sièges, nous avons indiqué une seule trémie pour donner un exemple des différents modes de construction à adopter. Nous avons placé en m, un pissoir commun, composé de six cases séparées. Ces pissoirs, établis dans la pièce m, sont, ainsi que les sièges placés dans les cabinets a, c, et e, ventilés et assainis au moyen du fourneau d'appel construit en E, dans la pièce qu'on voit en r. Ce fourneau, adossé à la cheminée d'appel

(i) Les nèches indiquent, dans toutes ces figures, la direction des courants d'air.

— i55 — A, sert à échauffer l'air dans cette cheminée, et à y étabUr le couran ascensionnel dont on a besoin.

L'ouverture de la clieniiuée d'appel doit, comme nous l'avons dit page i47, être, autant que possible, égale à la somme de toutes les ouvertures des sièges et des pissoirs établis dans les cabinets a, c, e , et rfi, sur la fosse commune n. Cette cheminée doit être couverte par un des appareils décrits page i5i, et garnie d'une soupape ou registre pour y modérer à volonté la vitesse du courant d'air qui y est étabh au moyen du fourneau d'appel E.

Les mêmes lettres indiquent en élévation, dans \afigure i'% ce qu'elles représentent en plan dans la figure i. La coupe générale (/;g'. i'") montre comment les sièges, les pissoirs et la cheminée d'appel, établis dans les pièces a, c, e, m, et/-, communiquent avec la fosse n. Nous allons maintenant donner tous les détails nécessaires pour bien faire comprendre la disposition des différentes parties du fourneau d'appel E, ainsi que les effets produits par cet appareil.

La fig. 5 est la coupe longitudinale du fourneau E, suivant la ligne i, 2 du plan, fig. i,

K représente la grille du fourneau ;

R, le foyer;

M , la porte de ce foyer ;

U, le cendrier;

I , la porte du cendrier ;

P est un coffre vide au-dessus du foyer R, et formé au moyen des parois du fourneau et de deux plaques de foute placées horizontalement, et indiquées encore en P, dans la coupe transversale , fig. 3.

Le foyer se termine par le tuyau de tôle F , et le coffre P est garni à son extrémité , du côté de la cheminée , d'un double tuyau dont on voit la disposition en H.

G est un canal conduisant l'air de la cheminée d'appel dans le cendrier U du fourneau. La porte I de ce cendrier, ainsi que la porte M du foyer, doivent être construites de manière à fermer aussi exactement que possible. Cela posé, le jeu de cet appareil se comprendra facilement.

Lorsque le feu est allumé sur la grille K, dans le foyer R du fourneau d'appel, et lorsque les portes M et I du foyer et du cendrier sont bien fermées, l'air pris dans la cheminée d'appel A entre dans le canal G et arrive dans le cendrier U. Une portion de cet air passe à travers la grille K, sert à entretenir la combustion dans le foyer R, s'y échauffe, s'y déconi-

— i56 — pose en partie , et va se rendre dans la cheminée d'appel A , en passant par le tuyau de tôle F. Une autre portion d'air introduit par le canal G dans le cendrier U passe par les deux canaux latéraux N et N' , fig. 3 , se rend par les ouvertures O et O' dans le coffre P , s'y échauffe en traveisant ce coffre dans toute sa longueur, et se rend dans la cheminée d'appel en passant par les tuyaux H.

Le combustible brûlé sur la grille R du fourneau sert donc ainsi à échauffer de deux manières Tair qui se trouve dans la cheminée d'appel, et en donnant beaucoup d'épaisseur aux parois du fourneau E, on peut facilement utiliser ainsi, le mieux possible, le combustible brûlé, pour produire cet effet (i).

La fig. 3 représente une coupe transversale du fourneau d'appel E, suivant la ligne 9, 10 du plan, fig. 2; les lettres pareilles indiquent les mêmes objets dans toutes les figures. Les fig. 3 et 5 font voir comment l'air qui arrive par le canal G dans le cendrier U, peut passer de ce cendrier, par les canaux latéraux N et N', dans le coffre P, et de là, par les tuyaux H , H , dans la cheminée d'appel A.

La coupe S, fig. i , représente les détails de construction des pissoirs établis dans la pièce m. L'urine coule du pissoir dans la fosse par le tuyau T. Le courant d'air qui entre continuellement par ce tuyau pour aller, en traversant la fosse, se rendre à la cheminée d'appel A , sert à désinfecter ce tuyau et le pissoir auquel il appartient. L'intérieur de chaque case doit être garni de plomb, et lavé, de temps en temps, avec de l'eau légèrement acidulée au moyen de l'acide sulfnrique, ou mieux avec de l'eau contenant en dissolution un ou deux centièmes de sulfate de fer ( couperose verte du commerce ). Nous terminerons cet article en rappelant que, dans le cas où il faudrait clore et plafonner les pièces a, c, e, m, il serait nécessaire d'y introduire l'air réclamé par la ventilation de ces pièces, soit au moyen de bons vasistas placés convenablement , soit par de simples ouvertures pratiquées au-dessus des portes. Dans ce cas, il faut que l'ouverture par laquelle l'air entre dans chacune des pièces a, c, e, m, soit égale à l'ouverture que présentent les sièges établis dans chaque pièce; c'est ainsi que le cabinet a doit être ventilé par une ouverture de 3 i /a décimètres carrés; la pièce c par une ouverture

(i) Il ne faut brûler sur la grille K que le combustible indispensable à l'appel dont on a besoin. Ce qui s'obliendra facilement en réglant le registre de fumée, et en augmentant ou en diminuant le nombre des barreaux qui forment la grille, et en diminuant ou augnientaot ainsi la quantité d'air dirigé sur le combustible placé dans le foyer du fourneau.

de •21 décimètres carrés, égale à la somme des six embouchures des sièges placés dans cette pièce; la pièce e par une ouverture de 36 décimètres carrés, et la pièce jji par une ouverture de o""',oii carrés, présentant la même surface que les tuyaux de chute des cinq pissoirs Nous dirons enfin que ces ouvertures ne doivent jamais être fermées ou diminuées, et que ce n'est qu'en fermant plus ou moins la soupape placée dans la cheminée d'appel A , que l'on doit régler la ventilation de la fosse et des cabinets.

§ II. — Description des fourneaux d'appel spéciaux à employer pour assainir

des latrines ordinaires.

La fig. 6, pi. 17, représente une fosse ordinaire ventilée au moyen d'un fourneau d'appel spécial moins grand et moins compliqué que celui que nous venons de décrire dans le paragraphe précédent.

On voit aux fig. 7, 8 et 9 les autres détails de cette construction.

La fig. 6 est la coupe verticale de tout l'appareil , selon la ligne i , •2 du plan, fig. 7.

La fig. 7 en donne la coupe horizontale selon la ligue brisée 1, 2, 3, 4? de la fig. 6.

La fig. 8 représente la vue de face du fourneau d'appel E, fig. 6.

Et la fig. 9 indique la coupe transversale de ce fourneau , suivant la ligne 3 , 4 , fig. 7.

Dans ce système de construction, le fourneau S est placé dans un encaissement de maçonnerie E; ce fourneau S est formé d'un coffre en forte tôle ou en fonte. Il est garni d'un tuyau de tôle qui porte la fumée dans la cheminée d'appel A B. 'L'intérieur de l'encaissement E communique en P avec l'intérieur de la cheminée d'appel ; une portion de l'air qui passe dans cette cheminée circule autour du coffre S, s'y échauffe, et, rentrant dans la cheminée A B, y détermine déjà l'appel dont on a besoin. Une partie de cet air, au lieu de rentrer dans la grande cheminée , passe par les ouvertures N, fig. 6, « et n', fig. 7, dans les canaux N, O, fig. 6, et II , o , n' , o' , fig. 7 et 9, arrive en O, o, et o' dans le tambour qui se trouve ménagé en avant du fourneau, et entre les parois de sa double porte. La porte extérieure du fourneau étant pleine, et la porte intérieure ayant seule une ouverture garnie d'une tirette, comme on le voit à la fig. 9, il est évident que la porte extérieure du fourneau étant fermée, la combustion ne peut s'opérer dans le coffre S qu'aux dépens de l'air

— i58 — pris dans la cheminée d'appel. Cet air, fortement échauffé et en partie décomposé parla combustion , passe par le tuyau F , fig. 6 , et arrive dans la cheminée AB, ce qui contribue doublement à établir l'appel convenable dans cette cheminée.

Il faut que l'encaissement en maçonnerie E soit assez épais pour ne pas laisser perdre de chaleur au dehors : on doit ouvrir le moins possible les portes M et I du fourneau ; la tirette placée à l'ouverture de la porte intérieure I , sert à régler la combustion , comme on le veut , dans le coffre S , et à brûler le moins de combustible possible , pour produire l'appel convenable.

Les fig. 6, 7 et 9 présentent les détails de construction qui donnent le moyen d'entretenir ainsi la combustion dans le foyer S , avec de l'air pris dans la fosse, ce qui est fort avantageux : car, par ce moyen, une partie de l'air infect sera échauffé plus directement, la mauvaise odeur détruite, et la cheminée d'appel utilisée le mieux possible, puisqu'on n'y conduit que l'air qui est entré dans la fosse en passant par les ouvertures des sièges des latrines.

Nous avons supposé, dans ce qui vient d'être dit, que la fosse à désinfecter était d'une grandeur moyenne , et recevait les tuyaux de chute de cinq ou six sièges. S'il fallait ventiler un appareil plus petit, on pourrait se contenter de faire établir le système d'appel qu'indiquent les fig. lo et 1 1. S est un poêle ordinaire en faïence ou en fonte ; F en représente le tuyau. On place ce poêle dans un encaissement E en maçonnerie; la porte du poêle est garnie d'une tirette, comme on le pratique ordinairement pour régler le tirage: la porte M de l'encaissement, au contraire, est pleine, et peut se fermer exactement. Ainsi, lorsque la porte M est fermée, et que le feu est allumé dans le poêle S, c'est encore ici l'air de la fosse qui entretient la combustion dans le poêle, et l'appel est produit, comme il a été dit plus haut, par deux moyens à la fois et de la manière la plus économique (r).

Nous croyons être entré , au sujet des fourneaux d'appel spéciaux , dans assez de développements pour bien mettre le lecteur à même de pouvoir se guider dans les applications qu'il aura à en faire. Ces applications présentent presque toujours des cas particuliers : c'est donc en

(i) Dans les deux derniers appareils que nous venons de décrire, l'air extérieur pénètre dans la cheminée d'appel lorsqu'on ouvre la porte du fourneau : on pourrait éviter cet inconvénient CD arrangeant les choses de manière que l'ouverture P pût se fermer mécaniquement, par le même mouvement qui ouvre la porte M de l'encaissement E.

— iSg — étudiant avec soin ce qui a été dit dans les premiers chapitres de cette instruction , en appliquant avec intelligence les principes qui y ont été développés , et en profitant habilement des avantages que peut présenter chaque localité, que l'on peut atteindre le but proposé, qui est d'assainir complétenjent les latrines en dépensant le moins possible de combustible, et en exigeant, le moins qu'on le pourra , le secours journalier des domestiques et des ouvriers.

Nous terminerons en faisant observer qu'en adoptant le système de ventilation qui a été développé dans ce qui précède , on parvient nonseulement à rendre les latrines complètement inodores, mais que l'on contribue encore à l'assainissement des appartements dans lesquels les sièges de ces latrines se trouvent placés. Ces avantages doivent sans doute déterminer les architectes à faire usage de ces moyens dans les travaux qui leur sont confiés, et doivent engager les propriétaires de maisons à les adopter, à en soigner la construction et à en bien régulariser l'emploi.

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