CHAPITRE IIL
Du chauffage , de F entretien et de t usage du fourneau.
Lorsque l'on veut faire usage du petit fourneau , il faut commencer par y poser une moufle; si l'on n'a besoin que d'une petite moufle, on peut se contenter d'en prendre une qjii entre exactement dans la feuillure u, fig. 7, du fourneau. On l'y enfonce bien, et on remplit le peu de jour qui reste entre les parois de la moufle et celles de la feuillure, avec la terre à poêle délayée, ou encore mieux avec un mélange d'une partie de bonne argile et de deux parties de ciment en poudre fine, préparée avec de la bonne tuile ou de la bonne brique : il ne reste plus qu'à rem-
plir avec la même terre le peu de jour qui se trouve en dedans de la moufle, à sa ligne de jonction avec le fourneau. Si la moufle était un peu trop large pour entrer dans la feuillure, il faudrait la diminuer en l'usant où il serait nécessaire, en la frottant sur un carreau ou sur une plaque de fonte chargée de grès ou de sable réduit en poudre fine.
Quoique la moufle placée ainsi porte à faux et ne tienne au fourneau que du côté de son ouverture, elle y est cependant assez solidement fixée pour n'avoir à prendre aucune autre précaution que celle qui a été indiquée; mais lorsqu'on veut employer une moufle plus profonde, il ne suffit plus alors de bien fixer la moufle sur le devant, en la fais.Tnt entrer à frottement dans la feuillure du fourneau ; il faut encore la soutenir par derrière pour l'empêcher de plier sous le poids des charbons dont on charge le fourneau, et surfout sous celui des coupelles chargées de plomb que l'on y met. On se sert pour cela du petit talon s, fig. 7, que l'on introduit par la fente verticale r, fig. 7 et 8, du fourneau. La partie supérieure de ce talon, qui avance dans le fourneau, étant de niveau avec le fond de la moufle, s'engage dessous, et sert ainsi à la supporter. On garnit ensuite de terre préparée le peu de jour qui reste entre la moufle et les parois de la feuillure; on remplit, en dedans de la moufle, avec la même terre préparée, le petit espace vide qui se trouve autour entre elle et le fourneau, et on laisse sécher.
Il faut, autant que possible, poser la moufle la veille du jour où l'on doit se servir du fourneau; parce que l'argile, en se séchant lentement, ne s'en détache point, et maintient ensuite beaucoup mieux la moufle à sa place.
Le fourneau étant ainsi préparé, il faut apprêter du charbon de bois réduit en menus morceaux. On pose le tuyau de tôle sur la cheminée du fourneau, en ayant soin de tenir la clef ouverte, et de mettre le côté où se trouve la porte à coulisse sur le devant. On place dans la moufle une ou deux coupelles , suivant sa grandeur ; et si l'on a un plus grand nombre d'essais à faire, on range le nombre de coupelles dont on présume avoir besoin autour du tuyau de tôle, en les plaçant sur la galerie qui se trouve en bas de ce tuyau. On met sur la grille du fourneau quelques charbons allumés, et on le remplit de petits morceaux de charbon jusqu'au-dessus de la moufle : on débouche les trous latéraux pp, fig. 5 et 7, et on ouvre la porte du cendrier/, fig. 1". Le feu s'allume peu à peu ; on remet à mesure de nouveaux charbons par la porte circulaire i, ou par la porte g du tuyau ; on les fait tomber, on les range de
temps en temps en introduisant la petite baguette, fig. 9, par l'ouverture circulaire, et on entrelient ainsi le feu : ayant soin de ne pas mettre trop de charbon à la fois dans le fourneau, et de passer une ou deux fois par heure la baguette de fer, fig. 9, par la fente horizontale o, fig. 6 et 7, de la promener à droite et à gauche pour déboucher les trous de la grille, et pour faire tomber les cendres dans le cendrier.
Lorsque le fourneau est assez chaud, ce qui arrive ordinairement une demi-heure après qu'il a été allumé, on commence l'essai, que l'on y passe absolument comme on le fait en se servant du fourneau à coupelle ordinaire. On règle le degré de chaleur donné à la moufle, en fermant plus ou moins la clef A du tuyau, la porte du cendrier, ou les deux trous latéraux, en ouvrant plus ou moins la porte de la moufle, et même en mettant plus ou moins de charbon dans le fourneau. On pourrait encore diminuer le tirage, en ouvrant, selon le besoin, la porte g' du tuyau de tôle. L'essai terminé, si l'on en a d'autres à passer, on prend une des coupelles placées sur la galerie et qui s'y sont échauffées; on la met dans la moufle, où elle est bientôt portée à la chaleur convenable pour pouvoir y faire un nouvel essai. Lorsqu'on n'a plus besoin du fourneau, on peut y étouffer le charbon en fermant la clef du tuyau, les deux ouvertures latérales, et la porte du cendrier.