NOTICE SUR M. RAVRIO
Antoine-André Ravrio est né à Paris le aS octobre i ySg, et y est mort le 4 décembre i8i4- Son père, honnête homme et homme de talent, était fort estimé dans son état. Sa mère, modèle de toutes les vertus, appartenait à la famille Riesner, avantageusement connue dans les arts industriels et libéraux.
Ravrio avait appris à mouler chez son père; il avait dessiné et modelé à l'académie, et avait appris à ciseler sous de très-habiles maîtres; l'art du fabricant de bronzes dorés fut pratiqué par lui dans toutes ses parties, et c'est ainsi que Ravrio est parvenu à rendre son nom célèbre en Europe, par la perfection de ses ouvrages, dans lesquels on admire à la fois la pureté du dessin, un style noble et simple, des compositions ingénieuses, des imitations parfaites de l'antique , et une sûreté de goût à toute épreuve.
Les connaissances variées de Ravrio et ses éminentes qualités, le favorisèrent beaucoup dans ses relations commerciales et dans sa vie privée. Il fut traité en toutes circonstances avec une grande distinction. Son excellent cœur, son obligeance et la gaîté de son caractère faisaient rechercher sa société, et il a joui de l'estime et de l'amitié de tous ceux qui l'ont connu. Livré tout entier à son état , qu'il aimait avec passion, il n'a cultivé les lettres que fort tard et comme délassement. On lui doit cependant plusieins vaudevilles , qui ont eu un assez grand nombre de représentations, et il a publié, pour ses amis qui les avaient inspirées.
deux volumes de poésies diverses, où l'on trouve beaucoup de facilité, de naturel, de gaîté, de senlinienl et d'esprit.
Ravrio n'ayant pas eu le bonheur d'élever d'enfant, et voulant perpétuer son souvenir dans l'état qu'il avait exercé avec tant de talent, a légué, en mourant, cet état, son nom et sa fortune à M. Lenoir-Ravrio , dont il a été constamment le bienfaiteur et l'ami. Il avait demandé qu'une simple pierre couvrît sa tombe; mais la reconnaissance lui a élevé un monument plus durable et plus digne de lui dans l'enceinte du cimetière de l'Est, où il a été inhumé. Ravrio s'est occupé du sort des ouvriers doresirs à son heure dernière; il a voulu que l'on remédiât à l'insalubrité de leurs ateliers. Les doreurs sauvés par sa volonté ne verront pas son tombeau sans attendrissement ; et tout homme ami de ses semblables dira avec eux : « Ravrio a laissé apjcs lui, sur la terre, les traces que doit j laisser un hoimne de bien. »
PROGRAMME DU PRIX FONDÉ PAR RAVRIO, Eï PROPOSE PAR L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
« Trouver un moyen simple et peu dispendieux de se mettre à l'abri, u dans l'art de dorer sur cuivre par le mercure , de tous les dangers « dont cet art est, accompagné, et particuli'creinent de la vapeur nier- « curielle. »