SCENE IV
PERCEVAL
\u reste, je m'estime fort heureux de n'avoir à combattre que l'amitié. Je vous avouerai que je craignais d'abord un sentiment plus tendre; mais pourrais-je parler à la charmante Laure? on m'a dit qu'elle avait pris sérieusement la résolution de ne pas me voir.
MADAME DORSAN
Pur enfantillage.... Cependant elle a un peu de tête; mais je m'en vais la faire avertir, et nous la surprendrons, car elle ne sait pas que vous êtes ici.
JÉRÔME
C'est ça, c'est ça; pas mal trouvé.
MADAME DORS A N
Jérôme, au lieu de raisonner, appelez Laure.
JEROME, appelant par la porte de droite qui reste ouverte.
Mam'selle Laure! mam'selle Laure! il y a là un monsieur qui vous demande.
MADAME DORSAN
Tais-toi donc!
LAURE, du jardiu.
Un monsieur !
JÉRÔME
Oui, un monsieur qui vient pour vous épouser.
Le maudit bavard!
JÉRÔME
Voilà qu'elle se sauve comme si le diable l'emportait.
MADAME DORSAL
Allons, Jérôme, sortez.
JÉRÔME
Comment, madame, est-ce que j'ai tort?
MADAME D O R S A N
Très certainement.-
JÉRÔME
Ah ! çà ! fallait-il appeler , ou ne le fallait-il pas ?
MADAME DORS AN
Sans doute il le fallait; mais il ne fallait pas...
JÉRÔME
Il fallait, il ne fallait pas... expliquez-vous donc, madame.
MADAME DORSAN
Jérôme, une fois pour toutes, je vous ordonne de sortir.
JÉRÔME
C'est bel et bon; mais vous ne m'empêcherez pas de dire que je suis ballotté comme un arbre en plein vent.
(Il sort par la porte de gauche.) MADAME DORSAN.
Monsieur, ce maudit Jérôme a tout gâté; mais à quelque chose malheur est bon. Je crois, en effet, qu'il vaut mieux la préparer à votre visite. Ayez la bonté de passer chez moi , je ne tarderai pas à vous y rejoindre.
PERCEVAL
Allons, madame, je m'abandonne à vos soins.