SCENE XVI
PERCEVAL
Par Mahomet! elle a la grâce d'une odalisque et la légèreté d'une gazelle.
f II donne nue bague de diamans à Flicflac, qui la porte à Aglaé; l'orchestre joue un intermède. )
LAURE
Que de diamans! c'est pour nous trois, n'est-ce pas?
AGLAÉ
Doucement, mademoiselle, c'est pour moi seule qu'il l'a donnée.
JÉRÔME, à Flicflac.
Ecoute donc, eunuque, dis-lui de ne pas oublier le jardinier.
MADAME DORSAN
A vous, Nathalie, chantez.
LAURE, à part.
C'est affreux! vous verrez que je ne paraîtrai pas du tout.
( Nathalie chante. )
Air: Je suis encor dans mou printemps. (De l'opéra d'Une Folie.)
A peine dans notre printemps,
Aimables sœurs, jeunes amies,
Au sein des plaisirs innocens,
Par l'amitié sovons unies.
Pour vivre en paix dans ce séjour,
Fuyons l'Hymen, fuyons l'Amour. tn.
L'Amour, fatal à la beauté, N'entraîne avec lui que des peines; L'Hvmen détruit la liberté,
Sous des fleurs il cache des chaînes.
Pour vivre en paix, etc.
PERCEVAL
Allah! je crois entendre une houri charmant les ennuis du Prophète.
( Il remet un flacou d'essence de rose à Flicflac , qui le présente à Nathalie p en lui faisant une génuflexion. )
AGLAÉ
Il ne dit donc rien, cet eunuque?
JÉRÔME
Mademoiselle, ces gens-là ne parlent jamais devant les dames.
MADAME DORS AN
J'espère qu'il suffît à Sa Hautesse de ces exercices pour juger...
L iURE, s'avançaut avec dépit.
Comment! madame, vous ne me faites rien dire?
MADAME DORSAN, à part.
Elle est piquée, bon! (Haut.) Votre Excellence veutelle bien encore (Perceval fait un signe d'approbation.) Eh
bien! mademoiselle, récitez les vers de l'abbé Delille sur une matinée du printemps.
LAURE récite les vers suivans.
« Partout l'œil est charmé, la campagne est vivante; < Là , d'un chemin public c'est, la scène mouvante , « C'est le bœuf matinal que suit le soc tranchant, « C'est le fier cavalier qui, distrait en marchant, « Du coursier dont sa main abandonnait l'allure, « A l'aspect d'un passant, relève l'encolure; « C'est le piéton modeste, un bâton à la main,