L'INSTITUT
jiouveaux principes qu'on professe, et la manière dont on les annonce ! On parle de modération avec orgueil, de sagesse avec arrogance; on met tout en doute, et l'on ne souffre pas la contradiction : la religion avait eu des sectateurs cruels, la tolérance a des apôtres fanatiques. Ce serait ici le lieu de parler d'une comédie qui dut causer un grand scandale : mais je ne la nommerai point , parce que , s'il est certain que cet ouvrage a signalé des sophistes dangereux, il n'est pas moins vrai que son titre a calomnié des sages.
Mais quand tout semble conspirer pour l'anéantissement des institutions, quand tous les bras sont eu mouvement pour renverser l'édifice social , à quoi pensent les hommes chargés de le soutenir? Hélas! messieurs, les colonels font de la tapisserie, et les abbés chantent dans les boudoirs. Les grands seigneurs, les magistrats sont parodiés en plein théâtre : Figaro paraît; et ils permettent, ils souffrent qu'un valet réformateur ose leur donner des leçons! Que dis-je? ils sont eux-mêmes spectateurs, et battent des mains avec le public qui leur insulte! Dès long-tems l'horizon était obscurci; c'en est fait, le siècle finit au milieu des orages, et une nuit épaisse en couvre les derniers inomens.
N'attendez pas, messieurs, que je soulève le voile qui les dérobe à vos veux; ne croyez pas que je déroule devant vous cette longue liste de productions monstrueuses dans lesquelles le bon goût, la langue