‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 9 sur 290 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

et les mœurs furent également outragés. A Dieu ne plaise que je parle, dans le sanctuaire des lettres, du triomphe de la barbarie, et que je rappelle, devant les statues de Corneille et de Racine, l'époque déplorable où leurs chefs-d'œuvre furent mutilés par des mains sacrilèges! Non, messieurs, je n'attristerai point vos souvenirs en leur offrant de pareils tableaux, et je me bornerai à énoncer cette opinion, que personne ne contestera sans doute : c'est que le théâtre de ces tems malheureux pourrait aussi en être l'histoire.

Je n'ai tracé qu'une esquisse rapide et légère , et cependant les évènemens s'y succèdent, les faits s'y enchaînent sans effort ; on y voit la comédie suivre et recevoir l'influence du tems où elle a paru, et en devenir, si je puis m'exprimer ainsi, l'histoire dialoguée. On trouvera mon système plus spécieux que solide, on pourra l'attribuer à mon enthousiasme pour un art auquel je dois l'honneur de siéger parmi vous ; mais je rappellerai l'hypothèse dans laquelle je me suis placé ; et je répondrai d'ailleurs que l'histoire de certains peuples de l'antiquité repose suides traditions bien plus incertaines et sur des conjectures bien moins vraisemblables.

Et cependant certains hommes osent soutenir que la carrière de la comédie est fermée ! Ne semblentils pas nous dire: Il n'y a plus de vices, plus de ridicules? Non , messieurs, la comédie est éternelle; elle ne cessera d'exister que le jour où tous les hommes seront parfaits, et rien n'annoncé encore qu'elle

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