‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la SeineChapitre 27 sur 36 · SAINT FIACRE ET SAINT FARON · texte numérisé non relu

SAINT FIACRE ET SAINT FARON

VÀ&liTÉ.

Même composition que dans les plombs précédents ; mus exécution bien inférieure, et point de nimbes.

Aux quatre extrémités sont des anneaux destinés à fixer l'enseigne sur les vêtements. La coiffure de saint Fiacre et celle de la Becnaude s'expliqueront très-facilement par la maladresse de l'artiate.

Légende :

* • S. FUCRE : S. FARON •

Ce plomb date du XV' siècle, et a été trouvé au Pont-au- Change, en 1858.

StINT FIACRE ET SAINT FARON.

TABI^TÉ DSS PLOMBS PB^C^DBKTS.

Pas plus de nimbes que tout à l'heure, et leur absence se pourra remarquer sur d'autres enseignes encore. Il ne serùt pas courtois de quereller un artiste aussi malhabile, en critiquant divers détails d'exécution.

La légende porte les mots suivants :

iji S • FIACRE ■ S • FAROK.

Ce plomb, du XV' siècle, a été trouvé au pont Notre-Dame, en

SMNT FIICRE ET SkINT FkRON.

Légende fruste et tracée maladroitement ; mais on y reconnaît les noms des deux saints, et toute la mise en scène qui nous a déjà passé sous les yeux. On n'aura pas besoin que nous fassions remarquer la similitude de ce plomb avec celui de la page 1 42 .

Ce plomb date du XV* siède, et a été trouvé au pont Noire- Dame, en 1861.

StINT FlkCRE ET SAINT FltRON.

TÂSIÉTé.

Fragment d'une enseigne. Le saint ermite n'y est plus, et peut-être y était-il; mais par compensation sa présence est seule constatée dans la légende :

: BEAVn (sie) : FIACE. , .

1a Becnaude est id coiffée de la toque à mentonnière qui carac' térise les l^elles dames du XIII* siècle. C'était peut-être la même coifiîire que voulait retracer le plomb précédent ; mais dans un autre on a pu remarquer la toque sans mentonnière^

XV siècle.

Trouvé, en 186S, au pont Kotre-Dfune^

SMNT FIACRE ET SlINT FkRON.

TARI^TK.

La crosse de révêqùe se tenoine par deux épanouissements fleuris que je ne saurais expliquer.

Légende illisible, sauf S : FAR. . . ; mais en prêtant un peu à la lettre, on noiis accorderait qu'il y a les traces de HODPDEE BUT la bande verticale derrière la femme.

XVI* riècle.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1856.

SkINT FIACRE ET SMNT FIRON.

Fragment qui me parait anssî de la fin da XF' siècle.

Trouvé, en 1862, au Pont-au-Change.

n ne faut pas s'étonner de voir que les enseignes de pèletinage de saint Fiacre aient fourni une moisson plus ample qu'aucune autre. Les Parisiens se rendaient en grand noml)re à Saint-Fiacre, en Brie, et la reine Anne d'Autriche, femme de Louis XII I , 7 aUa en pereonne demander la ndssance d'un fils.

Le lieu à. longtemps célébré parmi les fidèles est ^tné à quelque dix kilomètres de Meaux et à quarante-six de Paris, à l'entrée de la Brie française. On prétend que les carrosses de louage, aujoord'hui nommés fiacres, n'ont été ainsi appelés que parce qu'ils furent d'abord destinés à Toitorer jusqu'à Sùnt-Fiacre-de-Brie la

foule des Parisiens qui avaieût dévotion d*en faire le pèlerinage, mais qui ne pouvaient y aller à pied Ménage n'est pas de cet avis ; il raconte, comme témoin oculaire, que ces carrosses ont été ainsi nommés à cause de l'image du solitaire qui servait d'enseigne à un certain logis de la rue Saint- Antoine, où l'on a premièrement loué ces sortes de voitures.

Pour accorder ces deux sentiments qui ne diffèrent pas de beaucoup, on peut supposer que le maître de l'image de saint Fiacre n'avait cette enseigne que parce que ses carrosses furent surtout destinés, dans le principe, à faire le pèlerinage de Saint-Fiacre ; mais, que, dans la suite, il les loua pour faire le service dans les rues mêmes de Paris.

La rue Saint-Antoine, où était situé le logis de ce loueur de voitures, est précisément le chemin qu'il faut tenir pour aller de Paris à Saint-Fiacre. M. l'abbé Denis, chanoine honoraire de Meaux, veut bien m'avertir, qu'outre Saint-Fiacre-en-Brie, la dévotion populaire en France avait fait consacrer à Termite irlandais une douzaine de pèlerinages moins célèbres, mais assez fréquentés encore au XVIIP siècle.

Les Parisiens moins ingambes ou moins garnis d'argent, satisfaisaient à leur piété en se rendant au village de Besons, près d'Argenteuil, où la foire en conserve encordes vestiges. Elle commence le dimanche qui suit la Saint*-Fiacre, et s'ouvre par l'office du saint. Lebeuf (p. 489) témoigne que l'église parisienne de saint Josse avait saint Fiacre pour copatron ; et qu'on y honorait une vertèbre du saint, donnée par le chapitre de Meaux à la duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Bichelieu. On comprendra donc que nos enseignes aient pu trouver de nombreux débouchés qui assuraient un grand débit à leur fabrication. Nous avons vu nousmême, dans notre enfance^ la fête de saint Fiacre célébrée

fort solennellement, le 30 août, à l'église Saint-Sulpice, lorsque les constructions récentes n'avaient pas encore éloigné les nombreux jardiniers domiciliés sur le territoire de cette paroisse. Le terrain qu'ils occupaient était situé entre la rue de Fleurus et le boulevard de Montparnasse. La bêche de saint Fiacre avait fait choisir ce saint pour patron des jardiniers, comme le marteau de* saint Éloi en avait fait le patron de tous les métiers qui emploient cet outil dans le travail des métaux (orfèvres, maréchaux, couteliers, taillandiers).

Kien, comme on le voit, dans nos enseignes, ne fait allusion à l'origine royale du saint, où à la députation qui lui aurait été adressée pour qu'il vînt prendre la couronne à la mort de son frère. Aucun de nos plombs, non plus, ne laisse supposer qu'on ait pris au sérieux l'idée de lui faire creuser la terre avec un simple bâton pour tout outil.

SKINT ÉLOI.

Plaque de plomb oarrée. Saint Éloi, assis, forgeant sur une enclume. H semble accepter de la main gauche une bougie roulée, que vient lui offrir un personnage debout devant lui. Deirière ce client ou pèlerin, un cheval sellé et bridé; au-dessus de l'animal, un ange grossièrement ailé parait encenser sùnt Éloi. Dana la partie supérieure de la plaque, on lit l'inscription suivante :

SIGNU. SCI ELIGII.

Aux extrémité basses de la plaque, deux anneaux percés pour fixer l'enseigne au costume sont complétés par une ouverture au sommet, dont le contour parait figurer un fer de cheval.

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