‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la SeineChapitre 33 sur 36 · SAINT LÉONARD · texte numérisé non relu

SAINT LÉONARD

TABIIÉTÉ.

Par exception, j'ai fait graver cette enseigne qui ne provient pas de la Seine, mais que M. Maurice Ardant, conservateur du musée de Limoges, a bien voulu laisser copier pour moi.

La plaque, évidenmient romane, que voici, porte obliquement deux jambes de force qui supportent l'encorbellement des créneaux ; elles ont été employées avec assez de goût pour remplacer les deux anneaux supérieurs de l'enseigne.

L'idée de représenter saint Léonard sur la face d'une tour ou

donjon est une fantaisie originale de l'artiste assez convenable an sujet, puisqu'il s'agissait de nous montrer un patron des prisonniers. Du reste les églises du midi de nos provinces n'avaient pas profité (comme THe-de-France, par exemple) de la paix du roi, et étaient encore fortifiées aux XIP et XIIP siècles, pour servir de refuge aux populations dans les guerres quotidiennes de ce tempslà. Il se peut donc absolument qu'on ait voulu représenter une façade d'église, quoique nous ne le pensions pas.

Cette enseigne est curieuse du reste pour montrer dans l'art roman un faire tout autre que celui de l'art gothique. Nos provinces du Nord auraient pris un autre parti, mais cette diversité même, assez intéressante, nous a semblé utile à noter. Faisons aussi observer que les provinces méridionales où les restes de Fart romain étaient plus nombreux, on était facilement porté à conserver une certaine afiection pour le nu. Cette prédilection, quoique son effet soit assez maladroit, s'explique d'autant plus aisément dans nos plaques limousines, qu'il s'agissait de représenter des prisonniers (d'ordinaire les clients du saint), c'est-à-dire des malheureux dépourvus de tout.

StINT LEU DESSEBENT.

Saint debout, revêtu de la chasuble, la tête mitrée et nimbée, tenant de la mûn gauche une croix longue tréflée. Sous ses pieds est couché un lion dont la queue s'enroule autour du pied de la croix. Derrière le lion, et porté au-dessus de sa tête on ne sait comment, est agenouillé un personnage que le saint bénit de la main droite. ,

Cette représentation est entourée d'un double filet dont l'intervalle est rempli de hachures croisées; la partie supérieure, pignonnée, est ornée de crochets, la base est chaînée de la légende :

... EU DESSERA.

Que nous complétons de la manière suivante :

S. LEU DESERAOT.

Cette enseigne, du XV* siècle, trouvée au pont Notre-Dame, en 1858, appartient probablement au célèbre prieuré de Saint-Leud'Esserent (canton de Creil), près de Senlis, sur les bords de l'Oise. La fondation de cette église remonte à la fin du XI* siècle, et elle honorait pour patron saint Leu, archevêque de Sens.

Je ne vois pas ce qui, dans la légende du saint, peut expliquer la représentation du lion que Ton met ici à ses pieds ; mais ce devait être une forme jadis adoptée, comprise par conséquent, puisque nous allons la retrouver avec très-peu de changement dans l'enseigne suivante. C'est ce qui m'a déterminé à placer cette autre enseigne, par une nouvelle exception, sous les yeux du lecteur, quoique l' original ne soit pas entre mes mains.

On nous suggère l'idée de l'expUquer par les armoiries des seigneurs de Dammartin, fondateurs du monastère. Mais, outre que les maisons religieuses ne prenaient guère le blason de la famille fondatrice, nous ne voyons pas que les Dammartin eussent le lion dans leur écu.

SAINT LEU DESSERENT.

TABIÉTÈ.

Cette enseigne, ou plomb du XV* siècle, ne proTÎeht pas de la Seine, mais a été trouvée au mont Saint- Adrien, canton d'AuneuO, département de l'Oise, par un habitant de cette commune, M. François Hérouard, qui en a fait don au musée de Beauvûs.

M. Danjou, président de la Société académique de Beauvais, a publié ce plomb dans les Mémoires de la Société (tome II, page ii 1 , année 1 854] ; et ce nous est une pauvre consolation de voir dans son

travail qu'il n'en sait pas plus que nous sur ce lion foulé aux pieds du saint.

Nous devons à l'obligeance de M. Math(Hi, secrétaire de ladite Société, la communication du bois gravé qui représente cette enseigne.

Dans le champ, saint Leu debout, revêtu de la chasuble et mitre ; sous ses pieds un Hon passant. Il tient de la main gauche une croix tréflée archiépiscopale, et de la droite semble bénir deux personnages agenouillés de chaque côté du saint. L'artiste, par inadvertance, a passé le manipule au bras droit de l'archevêque.

Une inscription placée au bas de ce plomb laisse lire ces trois mots :

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