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XIII. Les obligations du mont Napoléon, mont

par l'abdication même d'un homme qui, après avoir immolé desmillions de victimes à sa cruelle ambition j n'a pas su mourir en soldat.

» La nation appelle Louis XVIII sur le trône : Né Français , il sera fier de votre gloire , et s'entourera avec orgueil de voschefs , fils d'Henri IV,

de-piété de Milan, envers les créanciers français ou étrangers, seront acquittées , à moins qu'il n'en soit autrement convenu par la suite.

xiv. Tous les passe-ports nécessaires seront délivrés, pour laisser passer librement S. M. l'empereur Napoléon, l'impératrice , les princes , les princesses^ et toutes les personnes de leur suite qui voudraient les accompagner ou s'établir hors de France , ainsi que leurs équipages , chevaux et effets. En conséquence , les puissances alliées fourniront des troupes pour les escorter.

xv. La garde impériale française fournira un détachement de 12 ou i5oo hommes de toutes armes, pour servir d'escorte à l'empereur Napoléon jusqu'à Saint-Tropez, lieu de son embarquement.

xvi. Il sera fourni une corvette et les bàtimens nécessaires pour transporter S. M. l'empereur Napoléon et sa maison ; et la corvette appartiendra en toute propriété à S. M. l'empereur.

xvii. L'empereur Napoléon pourra prendre

il en aura le cœur : il aimera le soldat et le peuple.

» Jurons donc fidélité a Louis XVIII et à la constitution qui nous le présente, arborons la couleur vraiment française, qui fait disparaître tout emblème d'une révolution qui est fixée , et bientôt vous trouverez dans la reconnaissance et dans l'admiration de votre roi et de votre pa-

avec lui, et retenir comme sa garde , 4°° hommes , officiers ^sous-officiers et soldats volontaires.

xvm. Aucuns Français qui auraient suivi l'empereur Napoléon ou sa famille, ne seront censés avoir perdu leurs droits de Français, en ne retournant pas dans le cours de trois ans ; au moins ils ne seront pas compris dans les exceptions que le gouvernement français se réserve de faire après l'expiration de ce terme.

xix. Les troupes polonaises de toutes armes auront la liberté de retourner en Pologne, et garderont leurs armes et bagages , comme un témoignage honorable de leurs services ; les officiers et soldats conserveront les décorations qu'ils ont obtenues , et les pensions qui y sont attrchées.

xx. Les hautes puissances alliées garantissent l'exécution du présent traité, et s'engagent à obtenir qu'il soit accepté et garanti par la France.

trie j une juste récompense de vos nobles travaux.

» Au quartier-général de Valence j le 1 6 avril

Signé , le maréchal Augereau ».

Dans la soire'e du même jour (16 avrilj tous les commissaires des puissances étrangères furent re'unis au palais de Fontainebleau. Ces commissaires e'taient : pour l'Autriche , le général Koller^ auquel avait été adjoint le major de Klam -Martiniz, en qualité de premier aide-decamp; pour la Russie, le général SchuwaloflF; le colonel Campbell , pour l'Angleterre ; lecomte de Waldbourg-Truchsess , pour la Prusse.

Le lendemain I «7, après la messe, chacun des commissaires eut une audience particulière de Napoléon. Il les reçut très-froidement; mais son méconlentementfut extrême, etilneputmêmese défendre d'un mouvement de colère, lorsqu'on

xxi. Le présent acte sera ratifié , et les ratifications échangées à Paris, dans deux jours. Fait à Paris, le 1 1 avril 181 4-

Signés Metternich, Stadion, Rasoumouski , INesselrode, Càstlreagh, A. Har-

DENBERG, Ne\ ET CaI I.AI.NCOURT.

lui annonça un commissaire prussien. Il ne pouvait pardonner au roi de Prusse, d'avoir le premier , donné a ses alliés , l'exemple de la défection, et lorsque le commissaire de cette puissance fut admis en sa présence , il lui demanda brusquement s'il y avait des troupes prussiennes sur la route qu'il allait parcourir, et sur la réponse négative du commissaire, il ajouta : « en y> ce cas, vous auriez dû vous épargner la peine » de maccompagner ». Puis, comme le comte de Waldbourg lui dit que ce n'était pas une peine , mais un honneur pour lui ; que d'ailleurs il lui était impossible de se démettre de la commission dont il était chargé par son roi , lui rappelant en outre que lui-même avait demandé des commissaires à toutes les puissances alliées : « Alors, pourquoi ne m'en a-t-on pas envoyé » aussi un de Bade et un de Darmstadt? » Lui répliqua vivement l'empereur , en lui tournant le dos.

Il fit un accueil bien différent au colonel Campbell , commissaire anglais. Il lui parla de ses blessures, de ses batailles, des ordres dont il était décoré, et, sachant que le colonel était né en Ecosse, il lui vanta beaucoup sa patrie, et surtout les poésies dOssian, en lui témoignant

combien il admirait l'esprit guerrier qui régalé dans cet ouvrage.

Ce jour même e'iait fixé pour le de'part ; mais l'empereur fit informer les commissaires étrangers j parle ge'ne'ral Bertrand, de la nécessité où il se trouvait de rester encore à Fontainebleau , vu l'impossibilité de suivre la route indiquée avec les voitures et avec sa garde, dont il devait être accompagné, aux termes du traité. Déplus, ses équipages , venus d'Orléans, l'attendaient à Briare , où il devait changer de voiture et trouver des facilités pour le voyage. Il demandait en conséquence la faculté de prendre la route de Briare, Roanne , Lyon , Valence et Avignon, au lieu de celle par Auxerre , Lyon , Grenoble, Gap et Digne, qui lui avait d'abord été traeée. Un autre motif le retenait encore. Il craignait de n'être pas reçu à l'Ile-d'Elbe, et ne voulant pas en courir le risque, il exigeait un ordre direct des autorités françaises pour le gouverneur de l'Ile.

Il fallut donc envoyer à Paris pour satisfaire aux demandes de Napoléon. Le duc de Vicence, qui prenait congé de sa majesté, fut chargé du message ainsi que des dépêches des commissaires étrangers , et dans la nuit du 18 au 19 ,

on reçut, avec l'ordre pour le gouverneur de FUe-d'Elbe , la permission de tenir la route qui conviendrait à l'empereur.

Le départ fut alors définitivement fixé pour le 20 ; et sur-le~ champ, Napoléon donna l'ordre de faire partir, pendant la nuit, près de cent voitures chargées d'argent, de meubles, de bronzes, de tableaux, de statues, de livres et de munitions de guerre.

Dans la journée du 19, l'empereur renvoya un grand nombre de personnes qui étaient restées auprès de lui jusqu'à ce moment, et parmi lesquelles on remarquait les généraux Belliard , Ornano, Petit, Dejean et Korsakowski , les colonels Montesquiou , Bussy de la Place , le chambellan de Turenne , le duc de Bassano et le général Lefebvre-Desnouettes qui alla l'attendre à Nevwrs, et ne prit que là congé de S. M. Il ne garda que les généraux Bertrand et Drouot qui s'attachèrent à sa personne , et voulurent parte-

ger son sort.

Entin, le 20 avril, vers dix heures du matin, toutes les voitures étaient prêtes dans la cour du palais de Fontainebleau, on n'attendait plus pour partir que l'ordre de Napoléon, quand tout à coup il paraît avoir changé de résolution.

Il fait venir le général Koller, commissaire Autrichien, et lui tient à peu près le discours suivant : a J'ai réfléchi sur ce qui me restait à faire » et je me suis décidé à ne pas partir. Les alliés » ne sont pas fidèles aux engagemens qu'ils ont » prisavecmoi; je puis doncaussi révoquer mon » abdication, qui n'était toujours que condi- » tionnelle.Plusde mille adresses me sontparvey> nues celte nuit : l'on m'y conjure de reprendre » les rênes du gouvernement. Je n'avais renoncé » à tous mes droits à la couronne, que pour » épargner à la France les horreurs d'une guerre )> civile, n'ayant jamais eu d'autre but que sa m gloire et son bonheur; mais connaissant au- » jourd'hui le mécontentement qu'inspirent les » mesures prises par le nouveau gouvernement » voyant de quelle manière on remplit les pro- )> messes qui m'ont été faites , je puis expliquer » maintenant à mes gardes les motifs qui me font » révoquer mon abdication, et je verrai com- )) ment on m'arrachera le cœur de mes vieux sol- » dats. Il est vrai que le nombre des troupes » sur lesquelles je pourrai compter n'excédera )) guère 3o,ooo hommes ; mais il me sera facile » de le porter en peu de jours jusquà i3o,ooo. » Sachez que je pourrai , tout aussi bien , sans

DE NAPOLJLOX. 289

» compromettre mon honneur, dire à mes gar- )> des que ne considérant que le repos et le Lon- :» Leur de la patrie, je renonce à tous mes droils » et les exhorte à suivre, ainsi que moi, le v m a n de la nation. »

Les reproches que INapole'on adressait aux souverains allies, en les accusant d'enfreindre le traite, portaient principalement sur ce qu'on empêchait l'impératrice Marie-Louise de l'accompagner jusqu'à Saint-Tropez, comme il avait e'té convenu. Il appelait l'empereur d Autriche homme sans foi , sans religion et qui travaillait de toutes ses forces au divorce de sa (ille, au lieu de remplir son devoir en la maintenant sur le trône. Il se plaignait de la conduite de l'empereur de Russie, de celle du roi de Prusse, et surtout des visites réitérées que ces souverains avaient faites à l'impératrice , pour insulter à son malheur, etc. dans l'intention qu'il leur supposait d'engager cette princesse à se'parer sa cause de celle de sou époux. Mais le gênerai Koller étant parvenu à calmer son ressentiment en l'assurant que l'impératrice n'était point retenue, et que c'était par sa volonté qu'elle s'était décidée à ne point Faccompagner : «Llihien, rej) prit-il, je veux rester encore fidèle à ma pro-

» messe ; mais si j'ai de nouvelles raisons de me » plaindre, je m'en verrai totalement de'gage'. » Vous le savez, je nai jamais manque à ma )> parole , et je ne le ferai pas plus à présent, » à moins qu'on ne m'y force par de mauvais » traitemens. » Puis changeant tout à coup le sujet delà conversation, a Je sais, ajouta-t-il , » qu'on me fait un grand reproche de ne m'ètre » pas donne la mort : je ne vois rien de grand à » finir sa vie comme un homme qui a perdu » toute sa fortune au jeu. Il y a beaucoup plus )) de courage à survivre à son malheur non nié- » rite. Je ne crains point la mort, je l'ai prouve' î) dans plus d'un combat, et je n'ai aucun re- )) proche à me faire. Je n'ai point cle' usurpa- » teur, parce que je n'ai accepte' la couronne » que d'après Je vœu unanime des Français. Je )) n'ai jamais cause' la perte de personne. Quant » à la guerre , c'est diffe'rent ; mais j'ai dû la faire, )> parce que la nation voulait que j'agrandisse )) la France. » C'e'iait par de semblables re'flexions que INapolcon aimait à justifier à ses propres yeux toutes les entreprises que lui avait su™e'ree=> son ambition.

Dans la même matinée il accorda aussi des audiences très-courtes aux autres commissaires

étrangers , mais il ne leur dit que des choses indifférentes , excepté au colonel Campbell qu'il semblait avoir pris en affection , et qu il entretint assez longuement du projet qu'il avait de se mettre sous la protection de l'Angleterre.

A midi sonnant l'empereur donna l'ordre du départ ; puis étant descendu dans la cour du palais , où les grenadiers de sa garde étaient rangés en ligne , et sur le champ se trouvant entouré de tous les officiers et soldats il leur fit ses adieux dans les termes suivants :

» Officiers , sous-officiers et soldats de la vieille garde , je vous fais mes adieux.

» Depuis 20 ans que je vous commande je suis content de vous , et je vous ai toujours trouvés sur le chemin de la gloire.

» Les puissances alliées ont armé toute l'Europe contre moi , une partie de l'armée a trahi ses devoirs 5 et la France a cédé à des intérêts particuliers.

)> Avec vous et les braves qui me sont restés fidèles , j'aurais pu entretenir la guerre civil è .pendant trois, ans, mais la France eut été malheureuse: ce qui était contraire ambut que je m'étais proposé ; je a^vais donc sacrifier mon intérêt personnel à son cbonlieur : ce que j'ai lait.

)> Soyez fidèles au nouveau souverain que la France s'est choisi , n'abandonnez point cette chère patrie trop long-temps malheureuse. Ne plaignez point mon sort; je serai toujours heureux quand je saurai que vous l'êtes. J'aurais pu mourir, rien ne m'était plus facile; mais non, je suivrai toujours le chemin de l'honneur ; j'écrirai ce que nous avons fait.

» Je ne puis vous embrasser tous, mais je vais embrasser votre chef. Venez, général ( il serre dans ses bras le général Petit); qu'on m'apporte l'Aigle , ( en l'embrassant il dit): cher Aigle , que ces baisers retentissent dans le cœur de tous les braves.

)) Adieu mes enfans! adieux, mes braves! entourez-moi encore une fois.

A ce discours prononcé avec chaleur et dignité , tous ceux qui étaient présents versèrent des larmes, et les commissaires étrangers eux-mêmes furent émus. Les ofïiciers qui entouraient l'empereur, lui baisaient les mains , et lui, en montant dans sa voiture , avec le grand-maréchal , les saluait encore , en répétant d'une voix entrecoupée : ce Adieux mes enfans ! adieux , mes » braves ! mes vœux vous accompagneront » toujours , conservez mon souvenir. »

Alors le cortège se mit en route dans l'ordre suivant : Le général Drouot, dans une voiture à 4 places ouvrait la marche. Ensuite venait celle de l'empereur ? puis le ge'néral Koller , le ge'néral Schuvvaloff , le colonel Campbell , le comte de Waldbourg-Truchsess , un aide de camp du général Schuvvaloff , chacun dans sa calèche , et enfin 8 voitures de l'empereur avec toutes les personnes de sa suite.

Partout sur son passage , il était accuelli aux cris de vive l'empereur! à bas les alliés! et partout les commissaires étrangers étaient accablés d'injures ? on put remarquer alors que les ressentimens de Napoléon contre la Prusse n'étaient point éteints dans son âme , quand on le vit se plaire à repéter avec une joie maligne tous les traits dirigés contre le commissaire prussien , en même temps qu'il exprimait aux commissaires des autres nations toute la peine quil ressentait des outrages auxquels ils ne cessaient d'être en butte.

Il arriva ainsi à Briare, escorté par sa garde. Là le manque de chevaux l'obligeant à diviser son convoi , cinq de ses voitures furent envovées en avant pendant la nuit, et il se remit en route le 21 vers midi , avec ses autres voitures

2g4 relation DU VOYaGE

Avant de partir, il eut encore un long entretien avec le général Koller, et retint à déjeuner le colonel Campbell : pendant le déjeuner, la conversation roula sur difîerens sujets, d'abord sur la guerre d'Espagne , et l'empereur ? à l'occasion de cette guerre , loua extrêmement la nation anglaise , puis il fut question de la dernière campagne; enfin il se plaignit amèrement conduite du Sénat, et particulièrement de c j du nouveau gouvernement, qu'il blâma beaucoup de s'être approprié la caisse qu'on lui avait enleve'e , au lieu de l'employer à la solde de Parme'e.

A peu de distance de Briare, Napoléon atteignit ses e'quipages de cour, des chevaux de selle et plusieurs vonures de munitions qui , d'après ses ordres, devaient passer par Auxerre, Lyon et Grenoble , pour arriver à Savonne, où ils devaient être embarques pour 1 île d'Elbe.

Dans la même journée, le cortège alla jusqu'à Ne vers 5 au milieu des acclamations qui lavaient accompagné sur toute la route , depuis son départ de Fontainebleau. C'étaient toujours des injures et des imprécations contre les étrangers , et des vivat pour l'empereur. Là se trou¥àïétft les derniers détachemens de la garde , qui l'es-

DE NAPOLÉON. 2QD

cortèrent encore l'espace de quelques lieues audelà de Nevers.

Le lendemain 22 , on se remit en route à six heures du matin, et, peu d'heures après , le cortège fut atteint par le major Klamm, arrivant de Paris avec de nouveaux ordres des auloiïte's françaises pour le gouverneur de l'île d'Elbe. Ces ordres assuraient à l'empereur la propriété de tout ce qui était relatif à la défense militaire, de toute l'artillerie et des munitions de guerre qui se trouvaient dans cette île.

Arrivé à Villeneuve-sur- Allier , il se sépara des détachemens de sa garde qui, depuis Nevers, formaient sa dernière escorte, et il refusa celle des Cosaques et des Autrichiens , qu'on lui avait destinée, en disant aux commissaires qui l'accompagnaient : « Je ne veux pas avoir l'air d'un prisonnier d'état, et, pour ma sûreté, vous voyez bien que je n'ai pas besoin de vos soldats

étrangers. »

De \ illeneuve- sur- Allier , il se rendit à Beaune , où il passa la nuit, et en partit le lendemain a neuf heures du malin, se dirigeant vers Moulins. Ce fut dans cette ville qu'il vil les premières cocardes blanches, et les habitans le reçurent aux cris de vivent les alliés !

Le soir, vers les onze heures, il arriva à Lyon. Aussitôt qu'il y fut entre, des groupes nombreux, se formant de tous côte's , firent retentir la ville des acclamations réitérées de vive V empereur! vive Napoléon! Ce fut dans cette ville que le colonel Campbell quitta les autres commissaires étrangers, pour aller chercher, à Toulon ou à Marseille, une frégate anglaise qui pût escorter le navire qui conduirait Napoléon de Fréjus dans son île. Jusqu'ici son voyage ressemble plutôt à la marche triomphale d'un conquérant , quà la retraite forcée d'un empereur déchu : mais nous verrons bientôt à lous ces honneurs succéder des injures , des menaces et des voies de fait.

Ce fut le 24, entre Lyon et Valence, que l'empereur rencontra le maréchal Augereau. Tous deux descendirent de voiture, et Napoléon, après avoir embrassé le maréchal, et le prenant par le bras : « Où vas-tu? lui dit-il ,

« sans doute à la cour » Puis lui adressant de

vifs reproches sur sa conduite : « Ta proclama- » lion est bien sotte; pourquoi des injures contre )) moi? Il fallait simplement dire : Le vœu de la » nation s'élant prononcé en faveur d'un nou- )) veau souverain , le devoir de l'armée est de s'y

DE NAFOLÉON. 207

)) conformer. Vive le roi! vive Louis XVIII ! » Après ces mots, l'empereur embrassa de nouveau le maréchal, le quitta brusquement et se jeta dans sa voiture.

A Valence, les troupes françaises de l'armée d'Augereau , qui avaient arbore la cocarde blanche, n en rendirent pas moins à Napoléon tous les honneurs dus à son rang; les chefs eurent même beaucoup de peine a contenir les soldats , dont l'indignation e'clata dune manière énergique à la vue des commissaires étrangers, environnant leur ancien général. Mais ce fut là son dernier triomphe.

Depuis le 25, date de son arrivée à Orange, jusqu'au jour de son embarquement à Fréjus, l'empereur eut à essuyer des avanies de toute espèce, des menaces et de sanglans outrages de la part de la populace provençale , toujours la même en tous temps, en tous lieux, dans toutes les circonstances.

Dès que Napoléon fut entré dans Avignon , et pendant qu'on relayait , une multitude assemblée, qui attendait son passage, entoura sa voiture , fil retentir à ses oreilles des menaces atroces, en ajoutant aux cris de vivent les alliés l à bas le tyran l mille invectives dégoûtantes

que notre plume ne saurait retracer. Tous les efforts des commissaires étrangers , pour arrêter un tel scandale furent vains , et plusieurs des forcenés , dirigeant leurs armes contre la voiture de l'empereur, voulurent forcer le cocher à crier vive le roi! ce qu'il refusa de faire. Heureusement alors les chevaux étaient attelés ; le cocher les fit partir au grand galop, et parvint ainsi à diviser la foule.

Ce que nous venons de rapporter sur la conduite deshabitans d'Avignon suffit pour donner à nos lecteurs une faible ide'e des mauvais traitemens auxquels Napoléon fut exposé depuis son départ de cette ville jusqu'à la fin de son voyage; et sans entrer dans des détails trop pénibles pour tout homme pénétré du respect dû au malheur, il suffit de dire que plus l'empereur avançait vers le lieu de son embarquement, plus l'orage affreux qui grondait sur sa tête semblait prêt à éclater,

Ainsi nous ne retracerons pas la scène dégoûtante qui se passa au petit village d Orgon , où la populace, par un raffinement de barbarie, avait placé devant l'auberge même où l'empereur devait s arrêter, une potence à laquelle était suspendu un mannequin revêtu de l'uniforme fran-

çais , et portant sur la poitrine une inscription avec ces mots : Tel sera tut ou tard Le sort du tjran.

Nous passerons sous silence toutes les avanies auxquelles Napole'onfut en butte jusqu'à Saint- Canat. Nous dirons seulement que, pour échapper aux furieux acharne's contre lui, il jugea indispensable de se déguiser en courrier. A*cet effet, il fut force' de s'affubler d'une mauvaise redingolle bleue, d'un chapeau rond avec une cocarde blanche, et de monter un cheval de poste pour galopper devant sa voiture. Ce fut de cette manière qu'il atteignit une mauvaise auberge aopele'e la Calade, situe'e sur la grande route , à une demi-lieue environ de Saim-Canat, long -temps avant l'arrivée des commissaires étrangers qui, n'ayant pu le suivre, et l'ayant perdu de vue , le croyaient expose' aux plus grands dangers.

Cependant son cortège l'ayant rejoint dans 1 auberge, un repas lut commande'et Ion se mit à table. Mais les mauvais propos que ne cessaient de débiter les gens de la maison et qui parvenaient à chaque instant aux oreilles de l'empereur, augmentèrent encore la méfiance et les soupçons qu'avaient fait mitre en lui les traite-

3oo RELATION DU VOYAGE

mens atroces qu'il avait essuye's sur la route. C'est pourquoi il refusa de toucher à tous les mets qui lui furent pre'sente's , dans la crainte d'être empoisonne , et son repas ne consista qu'en un peu de pain et un flacon de vin qu'il fit prendre dans sa voiture , et qu'il partagea même avec les commissaires étrangers.

Néanmoins on remarqua que ses traits n'éprouvaient aucune altération; sa contenance était la même et il s'entretenait toujours tranquillement, quelquefois même gaîment avec les personnes qui l'entouraient. Bientôt il fallut aviser aux moyens de le sauver en trompant le peuple d'Aix , car on venait d'être averti qu'une multitude de forcenés l'attendait aux portes de cette ville. Plusieurs projets furent présentés. Celui qui fut d'abord adopté par l'empereur, était de retourner à Lyon, et de là de prendre une autre route pour s'embarquer mais les commissaires ayant déclaré qu'ils ne pouvaient, en aucun cas, se prêter à l'exécution de ce nouveau plan, il fallut en former un autre. Enfin, on était à peu près décidé à se rendre directement à Toulon, ou par Digne, à Fréjus, lorsqu'unindividu qui parutà Napoléon un homme digne de sa confiance, vint offrir de se charger

d'une lettre pour le maire de la ville d'Aix, en assurant que cette précaution suffirait pour obtenir le maintien de l'ordre et de la tranquillité parmi les habitans. La proposition fut accueillie; l'homme fut envoyé avec une lettre auprès du magistrat, et il revint quelque temps après apporter l'assurance que le maire avait fait toutes les dispositions nécessaires pour assurer le passage de S. M. En effet, des gendarmes furent dépêchés à Aix pour dissiper les attroupemens, et depuis cette époque Napoléon continua son voyage un peu plus paisiblement.

Il donna Tordre du départ pour minuit, et par excès de prévoyance , on prit de nouveaux moyens pour empêcher qu'il fut reconnu. Un nouveau déguisement fut jugé indispensable , et afin de le faire passer pour un colonel autrichien, on le revêtit de l'uniforme du général Koller, portant la décoration de Tordre de Sainte-Thérèse,, le comte de Waldbourg Truchchess lui prêla sa casquette de voyage , et il fut enveloppé dans le manteau du général Schuwaloff. après que les commissaires des puissances alliées l'eurent ainsi équipé, on fit avancer les voitures, Taide-de-camp du général Schuvvaloff prit la place de Tempereur, dans la sienne, le

302 HELATION DU VOYAGE

général Koller reçut dans sa calèche le nouveau colonel autrichien, et le cortège se remit en route. Grâce à ce stratagème, l'empereur put traverser sans accident la ville d'Aix, au milieu d'une foule ébahie qui faisait de vains efforts pour le reconnaître.

Arrivé le lendemain matin à Saim-Maximin ,, il invila à sa table les commissaires étrangers. Informé, pendant le déjeûner que le sous-préfet d Aix se trouvait en cet endroit , il le fit appeler pour lui exprimer toute l'indignation que lui inspirait la conduite de ses administrés. » Vous devez rougir, lui dit-il de me voir en )> uniforme autrichien : j'ai dû le prendre pour » me mettre à l'abri des insultes des provençaux. » J'arrivais avec pleine confiance au milieu de » vous , tandis que j'aurais pu emmener six )) mille hommes de ma garde ; et je ne trouve » ici que des enragés qui menacent ma vie. » C'est une méchante race que les provençaux: » Ils ont commis toutes sortes d'horreurs et de » crimes pendant la révolution , et sont tout » prêts à recommencer; mais quand il s'agit de » se battre avec courage, alors ce sont des lâches. » Jamais la Provence ne nfa fourni un seul rcy> giment dont j'aurais pu être content. Mais ils

DE NAPOLF.ON. 3o5

h> seront peut-être demain aussi acharnés contre » Louis XVIII, qu'ils le paraissent aujourd'hui » contre moi; ils croyent qu'ils n'auront plus n rien à payer, et quand ils verront que les )) contributions n'auront changé que de nom , » ils seront tout aussi enclins à la révolte qu'ils » le furent dans l'année 1790. » Puis se tournant vers les commissaires , il leur raconta qu'environ dix-huit ans auparavant, il était venu dans ce pays avec plusieurs milliers d hommes pour arracher à la mort deux royalistes qui n'avaient commis d'autre crime que celui de porter la cocarde blanche. « Je les sauvai, » ajouta-t-il, avec beaucoup de peine, des mains » de ces enragés; et aujourd'hui ces hommes )) recommenceraient les mêmes excès contre m celui d'entre-eux qui se refuserait à porter )) la même cocarde blanche ! telle est lincons- » tance de ce peuple. »

Comme on apprit aussi à Saint-Maximin qu'il y avait alors au Luc, deux escadrons de hussards autrichiens , on envoya sur le champ Tordre au commandant d'y attendre l'arrivée de l'empereur pour l'escorter jusqu'à rréjus, et l'on ne tarda pas à repartir pour aller rejoindre les deux escadrons de hussards.

3o4 RELATION DU VOYAGE.

Avant d'arriver au Luc et à peu de distance de ce bourg , ou s'arrêta devant une maison de campagne, habitée depuis quelque temps par la princesse Pauline Borghèse , sœur de l'empereur. Les Commissaires des puissances alliées lui furent pre'sente's par le général Bertrand. Elle tomba sans connaissance au récit des dangers que son frère avait courus pendant son vovage , et dès ce moment elle prit la résolution de l'accompagner à l'île d'Elbe , résolution qu'elle exécuta sans délai. En effet, après avoir eu dans la même journée une entrevue avec Napoléon, elle partit le soir pour Muy , afin de n'avoir plus le lendemain que deux lieues à faire pour se rendre à Fréjus.

Ce fut dans ce bourg du Luc , pendant la nuit du 26 au 27 que la cassette du maître d'hôtel de l'empereur fut enlevée. Ce maître d'hôtel était chargé des dépenses du voyage , et il lui restait environ Go mille francs. On ne put découvrir les auteurs de ce vol; seulement on remarqua qu'au moment même où il fut commis plusieurs personnes de la suite de Napoléon l'avaient quitté précisément au Luc.

On arriva enfin le 27 à Fréjus sous l'escorte des hussards autrichiens qui furent retenus et

DE NAl'OLOÉN. 3oS

qui continuèrent le service auprès de lempercur. Il avait repris son uniforme et s'était replacé clans sa voiture, du moment ou il lui avait e'té permis de voyager avec se'curite'. Ses équipages étaient arrivés un jour avant lui à Fre'jus , quoique leurs conducteurs eussent été arrêtés à Avignon , le dimanche 24 avril. Pour prévenir le pillage du convoi, ils n'avaient trouvé d'autre moyen que de quitter leurs habits délivrée, d'arborer la cocarde blanche , et de jeter de l'argent à la populace en répétant ses vociférations contre Napoléon.

On trouva également à Fréjus le colonel Campbell arrivé récemment de Marseille , sur la frégate anglaise the Undounted (l'indompté) destinée à escorter le navire que devait monter l'empereur pour se rendre à l'île d'Elbe, mais au lieu d'une corvette qui , aux termes du traité ? devait lui être fournie pour son passage et lui demeurer en toute propriété , il ne trouva à Fréjus qu'un brick en assez mauvais état; ce manque de foi , qui n'était qu'apparent, excita son mécontentement jusqu'au point de lui faire dire que «si le gouvernement eût sçu » ce qu'il se devait à lui-même , il lui aurait en- » voyé au lieu d'un brick pourri , un \ aisseau

3o6 RELATION DU VOYAGE

» à trois ponls. » ou a sçu depuis qu'il ne s'était point trouvé de corvette dans le port , lorsque Tordre du gouvernement était arrivé , et que celle qui était destinée à Napoléon l'attendait à Saint-Tropez. Toutefois il ne voulut point accepter le brick , et préféra s'embarquer sur la frégate anglaise.

Ce même jour il invita à dîner tous les commissaires des puissances alliées ainsi que le capitaine Asher, commandant la frégate l'indompté» Pendant le repas , il reprit toute la dignité impériale, et mit au grand jour toute l'étendue de son génie, en découvrant à ses convives, avec une rare franchise , les projets d'agrandissement qu'il avait encore conçus pour la France , et ses moyens d'exécution aux dépens des puissances

étrangères.

On écrivit ensuite au gouvernement français de Tile d'Elbe, afin qu'il eût à se rendre aux ordres qu'on lui envoyait 5 et à livrer la place à Napoléon.

Le lendemain 28 , l'empereur aurait voulu partir dès le matin , et à cet effet , il donna Tordre d'embarquer ses équipages , mais se trouvant fort incommodé , il fut obligé de différerson départ jusqu'au soir. Pendant la journée,

il congédia le comte de Valdbourg Truchsess et le général Schuwaloff, en chargeant ce dernier de présenter ses hommages à l'empereur Alexandre 5 tandis qu'il se borna à remercier le commissaire prussien des attentions particulièresqu'il avait eues pour sa personne, sans lui dire un seul mot pour le roi de Prusse.

Enfin, vers neuf heures du soir, l'empereur Napoléon donna des ordres pour son embarquement, puis, escorté par les hussards autrichiens, il s'avança jusqu'au port de Saint-Raphan, le même où il avait abordé, quatorze ans auparavant, à son retour d'Egypte. On lui rendit les honneurs militaires, et 24 coups de canon furent tirés au moment où il monta à bord de la frégate anglaise. Sa suite se composait de vingtune personnes ; c'étaient : les généraux Bertrand et Drouot , le major polonais Gerzmanofsky , deux fourriers du palais, un officier payeur, M. Peyruche ; un médecin, M. Fourreau ; deux secrétaires, un maître d'hôtel, un valet de chambre, deux cuisiniers et six domestiques.

Le général Koller et le colonel Campbell , qui avaient la mission d'accompagner Napoléon jusqu'à l'île d'Elbe, montèrent aussi à bord de la frégate, suivis du comte de Klamm-Martiniz,

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et de l'aide-de-camp du géne'ral Koller, et surle-champ on mit à la voile.

Pendant la traveresé, qui dura cinq jours, à cause des vents contraires , des calmes et des orages qui survenaient à tout moment, l'empereur, quoiqu'il fût d'une humeur et d'une sécurité' parfaites , témoignait cependant une grande impatience d'arriver au lieu de sa destination.

Le 3 mai, dans la soirée, on aperçut enfin l'île d'Elbe (i) ; aussitôt le général Drouot fut en-

(i). Peut-être nos lecteurs nous sauront-ils gré de leur offrir ici une description abrégée du lieu que Napoléon avait choisi pour sa retraite.

Elbe, que les Romains nommaient Ifoa, est une île de la Méditerranée, sur les côtes de laToscane. Elle était déjà peuplée long-temps avant la fondalion de Rome. Occupée d'abord par les Etrusques, soumise ensuite aux Carthaginois et aux Romains , ravagée par tliflérens peuples, après la chute de l'empire, elle tomba sous la domination des Pisans, au commencement du onzième siècle.

Parmi tous les auteurs qui ont parlé de cette île, on remarque Strabon , Pline-, Ptolomée, Pomponius- Mêla et Virgile, qui, clans le dixième livre de l'Enéide \ faisant le dénombrement des troupes qui

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voyé à terre ? en qualité de commissaire de l'empereur. Le comte de Klamm et l'aide-de-camp du général Koller s'y rendirent également , pour remettre entre les mains du général Dalesme , gouverneur de la place, l'ordre du gouvernemen l français de livrer l'île et tous ses forts ? ainsi que les munitions de guerre au général Drouot, chargé des pouvoirs de l'empereur.

Les envovés trouvèrent les Elbois en proie aux fureurs de la discorde. A Porto- Ferra jo

suivaient Enée, y comprend trois cents guerriers fournis au héros troyen par l'Ile-d'Elbe :

Ast Ilva trecentos , ïnsula inexhaustis chalybum generosa metallis

Elle a 25 à 3o lieues de circuit, et contient environ douze mille habitans. Son sol estsec et môme aride, l'agriculture y est très-bornée, mais les vignes y sont belles, et les Elbois récoltent deux sortes île vins fort estimés : le Vermout et V Aleatico. L'île renferme des mines de fer, de cuivre et d'aimant ; mais sa principale richesse consiste dans des carrières de marbre granit d'une couleur grisâtre tirant sur le vert, et semé de petites taches noires et blanches.

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flouait le drapeau blanc , et l'étendard aux trois couleurs était encore arboré à Porto-Longone 7 tandis que le reste de l'île proclamait son indépendance. Mais à la nouvelle de l'arrivée de Napoléon 1 tous les partis se réunirent comme par enchantement 3 pour accourir au devant de leur nouveau souverain.

Porto-Ferrajo, qui est la ville principale, est située sur une longue pointe fort haute et fort escarpée à l'orient de la baie du même nom, laquelle est défendue par deux forts. Les fortifications ont été construites parles ordres du grand duc Cosme Ier, qui voulait donner son nom à la ville.

Porto-Longone, la seconde ville de l'Ile, située sur la côte orientale, a aussi un bon port, et une forteresse bâtie sur un rocher et presqu'inaccessible.

Les habitans sont d'une taille ordinaire , d'une constitution robuste. Ils mènent une vie laborieuse et frugale, mais leur industrie est très bornée. Ils n'ont point de bestiaux, point de ruches, point de fabriques ni de manufactures. Leur commerce consiste dans l'exportation du thon, du sel, des vins , du \ maigre, du granit , et surtout dufer. Les Elbois sont remplis d'amour pour leur patrie, et aubesoin, tous sont soldais pour la défendre.

DE NAPOLÉON. 3ll

Le gouverneur Dalesme ne fit aucune difficulté' de remettre au général Drouot les clefs de la ville , le fort et 3^5 pièces d artillerie. Le lendemain, le nouveau drapeau impérial fut plante sur les tours de Porto-Ferrajo, et les deux officiers étrangers retournèrent à bord de la frelate pour apprendre à l'empereur le succès de leur mission. Déjà le capitaine Asher, en mouillant devant Porto-Ferrajo, avait échangé avec la garnison le salut d'usage; mais dès que le général Drouot fut gouverneur de l'île, il fit tirer loi coups de canon, en l'honneur de Napoléon, qui en ce moment mettait pied à terre.

La municipalité' et les corps de l'état vinrent le recevoir et le haranguer; il leur répondit à peu près dans les termes suivans : « La douceur )) de votre climat et les beaux sites de votre île y> m'ont déterminé à la choisir pour mon séjour. » J'espère que vous saurez apprécier cette pré- )) férence, et que vous m'aimerez comme des )> enfans soumis; aussi me trouverez-vous tou- » jours disposé à avoir pour vous toute la solli- )) citude d'un père. »

Aussitôt il fut conduit sous un dais, au lieu de la résidence, c'est-à-dire, à l'IIôtel-de-Ville, où un trône avait été élevé à la hâte. Dès ce

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moment ? l'empereur prit possession de ses nouveaux états ; et commença son nouveau rèime par des bienfaits qui lui attirèrent l'affection des Elbois.

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