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DU MODE D'APPOSITION DES SCEAUX

Le mode le plus ancien d'apposer les sceaux a été de les plaquer sur l'acte. On faisait au bas du diplôme , et le plus souvent à droite, une incision en croix, dans laquelle on introduisait de la cire , qu'on aplatissait, et sur laquelle on imprimait le sceau, du côté de l'écriture de l'acte. Antérieurement au xi' siècle, tous les sceaux de cire étaient plaqués. Quant aux sceaux pendants, le plus ancien que possèdent les Archives est celui de Richard, archevêque de Bourges. Il est rond, de 56 millimètres de diamètre à peu près, en cire jaune, et appendu sur lanières de cuir à une charte en faveur du prieuré de la Chapellaude-en- Bourbonnais, de l'an 1067'. Malgré cet exemple, nous penchons à croire que l'usage des sceaux pendants n'a guère commencé qu'au xii" siècle. Cela s'entend des sceaux de cire , car il est clair que les bulles n'ont jamais pu être que pendantes. Louis le Gros est le premier de nos rois qui ait employé un sceau pendant. Sur les trente-quatre diplômes de ce prince que possèdent les Archives de l'Empire, huit avaient été munis de sceaux pendants. Le premier est de l'an 1118. Les sceaux pendants disparaissent entièrement lorsque viennent les cachets ; cependant nous avons vu un acte de l'année 1718, émané des échevins de

N° 2773. — ^ J 2ii, n° 3. — ' J 'irjn, il li. Un sceau d'un seigneur languedocien, de l'an i3o.3, est hexagone, de 27 millimètres de hauteur sur sk de largeur (n° 1669). - ' » m général les sceaux ogivaux laïques appartiennent à des grands feudataires. C'est le cas pour Mathieu de Montmorency, sire de Marly, en i 19') (n° agSo), pour Bouchard de Montmorency, aussi sire de Marly, en 1226 (11° 2716), et Gautier de Marines, en iai8 (n° 2708). Cependant on voit aussi de plus petits seigneurs et peut-être mémo de simples particuliers avoir eu aussi de ces sceaux ogivaux. Nous citerons ceux de Guillaume Hareng, en 1236 (n" 3872), de Jean des Forges el de Gautier de Foulange, en ia.5i (n- 2221 et 2280). — =■ S. 2800, n" 6. — ' J 538, n" 8. — ' J 226, n" 22. — » N" 4 98 et /196. — ' K 20. n° 3 bis.

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la ville de Venloo et scellé de deux sceaux pendants, en cire verle, sur double queue, absolument comme au xv' siècle el aux siècles précédents. Mais c'est là une exception dont on ne trouverait peut-être pas d'exemple en France.

L'usage des sceaux pendants a nécessité l'emploi des attaches. On s'est servi d'abord de lanières de cuir blanc ou de bandes de parcuemin, et bientôt, même presque simultanément, de fds de soie, de laine, ou de chanvre. Il y a là encore une bien grande variété. Les Bénédictins nous apprennent que le sceau de plomb du pape Jean IV fut suspendu, par une bande de parchemin, au privilège qu'il accorda au monastère de Remiremont, vers l'an 6/12 ^ Quoi qu'il en soit, ce sont certainement, pour les temps anciens, les lanières de cuir qui ont été le plus employées, et cela jusqu'aux premières années du xiii' siècle. On a un sceau de Guillaume le Bouteiller, de l'an i2o5, dont l'attache est une lanière, et c'est peut-être là un des derniers exemples do l'emploi de ce mode de suspension des sceaux-. Dès le xiii' siècle, et même, pour de rares exceptions, un peu auparavant, on trouve des soies de diverses couleurs, employées, soit en nature, c'est-à-dire sans être fdées, soit en fds simples ou en fils tissus, en rubans, en ganses, en cordelettes, en torsades, etc. A plusieurs chartes royales, comme aussi à des chartes des Hospitaliers, datées de la terre sainte, on remarque des attaches formées de flocs de soie pourpre d'un rouge éclatant. Voici quelques exemples de divers genres d'attaches en soie qui nous ont paru remarquables : charte d'Alfonse, comte de Poitiers, de l'an 1181, ganse de soie verte ^ ; Philippe- Auguste, en 1190, fils de soie verte et fils de soie bleue à la même attache*; Jean, comte de Mâcon, en ia38, fils de soie bleu de cieP; saint Louis, en 1 268, flocs de soie d'un rouge éclatant®; la ville de Pontoise, même année, flocs de soie violette ou pourpre''; l'abbajc de Royaumont, en 1278, même cjualité de soie que celle de ?aint Louis, son fondateur"; Etienne de Jauney, chevalier, en 1277, belles et larges tres.ses de soie verte'; même cas pour les quatre sceaux d'une

' Nom: tr. de dipl. IV, io3. — = S 2235 , n° 5. — ^ K 26 , n° i . • n°35. —^S 5173,11° 109. — » J 780, n-aoe. — '» J bZi,n'' It. de VÉcole des chartes, 3" série, t. IV, p. 56. — " K 5, n° 6.

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charte de Gui, comte de Flandre, de l'an lago '"; le sceau du Châtelet, en 1874, fils de soie bleue, fils de soie rouge et fils de soie jaune, réunis en une seule attache^'. Le sceau de Jacques, roi de Majorque, de l'an 1283, qui porte à son contre-sceau le pallé d'^dragun (d'or à quatre pals de gueules), peut être considéré comme ayant des attaches à sa livrée : ce sont des rubans de soie moitié jaune et moitié rouge '^. On se servait aussi de fils de laine, de lin et de chanvre; mais il n'est pas toujours facile de distinguer si les fils sont de soie ou de l'une de ces autres matières. On trouve , principalement dans le Midi , des rubans de soie d'un travail remarquable. Enfin nous signalerons une charte de l'an 1 177, dont les sceaux sont suspendus à du galon bariolé de fils bleus, blancs, jaunes et bruns''. M. Léopold Delisle a fait connaître un sceau de Richard Cœur-de-Lion , suspendu à des rubans de soie , dans le tissu desquels on a fait entrer des lettres qui forment une légende amoureuse '*'. C'est un cas singulier et tout à fait exceptionnel.

Quant aux attaches de parchemin, il y a eu deux modes de scellé : l'un, qui consistait à faire sur le repli de la charte une incision, par laquelle on passait une petite bande de parchemin que l'on pliait en deux et sur laquelle on appliquait la cire : cela s'appelait sceller en double fjueue; l'autre, où l'on se contentait de faire au parchemin de la charte une incision donnant une petite patte pendante, sur laquelle on appliquait également la cire : cela s'appelait sceller en simple queue. Un cas tout à fait exceptionnel du scellé en double queue s'offre à une charte émanée de Geoffroi, évêque d'Amiens, au commencement du xn° siècle. Son sceau , qui est ogival , est suspendu à la charte par son petit axe, à peu près comme un panier le serait par son anse'^. Ce sceau est de l'an 1 loA. Bien que ce second mode de scellé soit postérieur au premier, il est cependant ancien , car on en a des exemples à partir du xiif siècle. Soit que l'on scellât en double queue, soit que l'on scellât en simple queue, on pouvait également sisperl^dre à une charte plusieurs sceaux pendants. Dan^ > u.,'^'iiiier cas, il suffisait de multi-

- " J i5i.n° 91. -- " J 598,11° 6.— " J3o9, n° i— " Voy. Biih

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plier les incisions, et, dans le second, les découpures. Ces découpures étaient pratiquées, tantôt au bas, tantôt aux côtés de la charte. En voici deux exemples : Le testament de la femme du chambellan du roi Pierre de la Broce, daté de 1269, était scellé de petits sceaux de cire verte , dont il ne reste plus que trois. La charte , qui a été écrite sur une feuille de parchemin de 33 centimètres de hauteur, n'en a actuellement que a 5, le surplus ayant été coupé par le bas de chaque côté de cette charte, jusqu'au ras de l'écriture, en laissant toutefois au milieu ce qu'il a fallu pour y découper cinq petites bandes de parchemin de 8 millimètres de longueur, qui pendent à la charte, et sur quatre desquelles avaient été apposés les sceaux en question. La cinquième bande est restée sans emploi'. Dans l'exemple suivant, les bandes découpées sont longitudinales au lieu d'être pendantes. En 1 Sac , «Li homme dou chastel de Crespy, » consultés par le bailli du lieu sur la question de savoir quelle punition serait infligée à une femme du pays qui en avait diffamé une autre, concluent à ce que la coupable soit promenée par trois fois, nu-pieds «en pur le corps, r desçainte et desafïublée w (en chemise) ; et ils scellent leur sentence. La charte est sur un parchemin trèsfort qui a environ 39 centimètres de hauteur sur 20 de largeur. Les dix-sept premiers centimètres de la largeur, à partir du haut, sont occupés par la sentence; le reste, à une distance de six centimètres et demi de la marge à gauche, est découpé en vingtdeux petites bandes de parchemin. Ces bandes portaient les sceaux des vingt-deux hommes de fief qui avaient donné leur jugement , et dont les noms , inscrits à la fin de la pièce, sont répétés sur chaque bande. Ces sceaux ou signets étaient en cire verte. Il en reste encore quelques-uns^.

Voici maintenant un cas que nous crovons exceptionnel. C'est celui oii deux sceaux qui scellaient une charte sont appendus à une seule et même attache. En août 19^8, Guillaume, évêque de Carcassonne, étant à Aigues-Mortes , confirme , avec le consentement exprès de son chapitre, «cum concilie et voluntate « expressa capituii nostri , n un échange , fait avec le

roi, de la ville de Villaret, pour une place à Carcassonne , « Pro platea sive solo in quo novus burgus edifi- R catur Carcassone. m La charte est scellée de son sceau et de celui de son chapitre, tous deux en cire verte, et appendus à une même attache, qui est de fil bleu. On a fait passer cette attache par les deux trous du repli du parchemin, puis, après l'avoir nouée, on a apposé un sceau sur chacun des deux bouts qui pendaient du nœud'. A la rigueur, on pourrait voir là l'intention d'exprimer l'accord parfait existant entre l'évêque et son chapitre sur le point qui fait l'objet de la charte. Un acte de l'an i2o5, qui contient une déclaration des grands barons normands touchant le droit de patronage en Normandie, offre une singulière manière de réunir les sceaux par leurs attaches. On a pratiqué sur le repli de la charte, au milieu de la partie gauche , deux trous pour passer plusieurs rubans de soie de couleur amarante , qui ont ensuite été tressés ensemble, et d'où pendent huit sceaux en cire jaune de très-belle qualité. La même opération a été faite sur la partie droite, qui contient aussi huit sceaux, de même cire et sur mêmes rubans*.

Nous ne devons pas passer sous silence un mode de scellé dont on rencontre d'assez fréquents exemples au xiv" siècle, principalement en Normandie. Ce sont ces petits signets que l'on voit appendus au bas des sceaux de quelques vicomtes ou officialités. C'est ainsi qu'à un acte de l'an 1 3 3 1 , passé sous le scel de la prévôté de Bray-sur-Seine , sont appendus sur double queue de parchemin , d'abord le sceau de la prévôté , en cire verte, et un peu plus bas un signet, aussi de cire verte, portant à la face un Agims avec les initiales I • B , qui désignent clairement le w Jehans Belin , K garde dou scel de la prévosté de Bray-sus-Seinne.« dont il est parlé dans la charte, et au revers, dans un encadrement, les lettres H • Il c'est-à-dire ^ Colin (pour Nicolas) Hubelant de Bray, k tabellion juré, r qui y est également mentionné*. De même pour un acte de l'an 1 335 , qui commence par ces mots : kRowbert du Sarlrain, garde du scel et des registres des K lettres nostre sire le duc en la vicontey de Karenten . w salut. Sachiez que pardevant Guillaume Durant , clerc ,

J 726,n°38. — 2 J i63, n°86. — UaSS; ■,° 2. — ' J 210, n» a. — = J 198, n" 63.

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« nostre attorney, furent présens , etc. En tesmoing de «ce, ces lettres sont scellées dudit scel à la relation «dudit attorney. nOn y voit appendus sur double queue, d'abord le sceau de la vicomte de Carentan, et au-dessous un petit signet où sont gravées les lettres 6 • D (Guillaume Durant). Ce qui mérite encore d'être observé, c'est qu'on lit sur la queue, à l'endroit du sceau de la prévôté, dont la cire a éclaté en partie, les mots : «Passé par Guillaume Durant '. « On trouve à certaines chartes des précautions semblables, et dans des cas où elles étaient plus nécessaires , comme des quittances et autres pièces de comptabilité.

Nous citerons ici un cas singulier du scellé des actes. Dans des lettres d'amortissement de l'an i3oi, pour un chevalier nommé Jean de Saint-Cler, il y avait eu une clause omise. On l'écrivit sur un petit carré de parchemin qui avait son repli absolument comme une petite charte, et que l'on attacha à l'un des pendants du lacs de soie sortant du sceau des deux côtés ^.

Le nombre des sceaux appendus à une même charte était quelquefois considérable. C'est ainsi que la charte de la ligue des nobles de Champagne contre Philippe le Bel , du 2 4 novembre i 3 1 4 , a été scellée de trentecinq sceaux, dont vingt-deux subsistent encore^. Un acte de l'an 1 3o3 , relatif au procès de Boniface Vlll , a été scellé de soixante-six sceaux , dont soixante-deux sont encore à leur place *.

Lorsque le bas de la charte ne suffisait pas pour recevoir tous les sceaux dont l'acte devait être scellé, on les faisait remonter de chaque côté de la charte. On en a un exemple remarquable dans l'ordonnance de saint Louis sur les juifs, donnée à Melun an mois de décembre i9 3o. La pièce a a 4 centimètres de haut, sur 3 i de large , non compris un repli de i 5 millimètres, qui s'étend sur le bas et les deux côtés de la charte. Ce repli porte trente-neuf sceaux ^. Un autre acte, de la même année, présente un cas semblable. C'est une déclaration des prélats et barons français, portant que Pierre, duc de Bretagne, est déchu du

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bail ou gouvernement de la Bretagne, pour sa désobéissance envers le roi. Cette pièce importante est datée du camp d'Ancenis, du mois de juin i23o. La charte, qui a environ 9 0 centimètres de hauteur, sur 3 1 de largeur, était scellée, par le bas et par les deux côtés, de trente-deux sceaux, dont il reste encore seize tant entiers qu'en fragments, tous de cire verte et sur double queue '''. On a même des exemples de chartes scellées des quatre côtés. Nous citerons, entre autres, le testament de Baimond VII, comte de Toulouse, daté du 9 3 novembre i 9 4(). Il est écrit sur une peau de parchemin très-fort, d'environ 5o centimètres de hauteur, sur 34 de largeur. La pièce est en hauteur et il y a par le bas un repli de 3 centimètres. Elle a été préparée pour être scellée des quatre côtés. A cet effet elle est percée de quarante trous disposés deux à deux, pour recevoir les attaches de vingt sceaux, savoir : trois par le bas et autant par le haut, huit sur le côté gauche, et six sur le côté droit. Il y reste encore dix attaches et huit sceaux, tous se trouvant dans la moitié inférieure du parchemin. Les vingt autres trous, deux à deux, de la partie supérieure présentent cette particularité, que le parchemin y a été coupé à partir des bords jusqu'à ces trous, précaution qui avait été prise pour les empêcher de servir, puisqu'ils ne pouvaient plus, dans cet état, retenir des attaches. Les dix attaches qui restent sont des cordonnets de soie amarante, comprimés de distance en distance par des cercles de fds d'or faux, et d'un travail si habile, qu'à l'un des sceaux, entre autres, on voit le cordonnet de soie amarante, qui y entre par un seul point et qui en sort par deux, offrir à sa sortie des fds jaunes d'un côté et verts de l'autre ; le tout se termine en houppes élégantes ''. 11 reste au bas de la' charte les attaches des trois sceaux qui devaient s'y trouver. Celle du milieu n'a plus son sceau , mais les deux autres en ont. Ce sceau du milieu devait être celui du comte de Toulouse. A sa droite, c'est-à-dire à la gauche de la charte , est le sceau de l'évêque d'Albi , et à sa gauche , c'est-à-dire à la droite de la charte, celui du comte de

' J 332, n° 12. — - K 37, n° 8 6)s. — ' J û34. — ' Heineccius parle d'une supplique des Bohémiens au concile de Constance , scellée de trois cent cinquante sceaux. (De SipUis, p. lo.) — * J 637. — ' J 361 , n° 5. — 'Un sceau de l'abbaye de Saint-Sauve de Montreuil, de l'an 1286, est dans le même cas. L'attache y entre en torsade de soie moitié rouge et moitié verte , et en sort en ganse rouge d'un côté , et en ganse verte de l'autre. (J 287, n° 96.)

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Comminges. Tous ces sceaux, sauf celui du milieu, portent leurs noms écrits au dos de la charte '.

Lorsqu'un acte était trop long pour tenir sur une seule peau de parchemin, et qu'il fallait en coudre une seconde à la première, l'endroit de la couture était validé, soit par l'apposition du contre-sceau du sceau qui pendait au has de la charte, soit par une seconde apposition de ce sceau lui-même. Les exemples du premier cas sont très-fréquents. 11 suffira de citer le testament de Philippe de Valois, de l'an iS/iy. il est écrit sur deux peaux de parchemin cousues ensemble. Le milieu et les deux côtés de la suture sont scellés du contre-sceau royal ■^. Voici des exemples du second cas, c'est-à-dire de celui où le sceau sert deux fois. On voit au bas du traité de Guérande (i364) deux sceaux, celui de Jean de Craon, archevêque de Reims, et celui du maréchal de Bouciquaut. L'acte est contenu sur deux peaux de parchemin , et le sceau de l'archevêque est appliqué de nouveau sur les deux côtés de la suture ^. A une charte de l'an 1 34 1 , écrite également sur deux peaux , l'official de Troyes suspend son sceau à leur point de réunion *.

Comme de tout temps on avait attaché une grande importance à la conservation matérielle des sceaux, de tout temps aussi on a cherché les meilleurs moyens d'arriver à ce but. Celui dont on s'est d'abord avisé a été de graver la matrice du sceau en biseau, de manière à ce que son empreinte formât une espèce de cuvette plus ou moins profonde. Ces sceaux en cuvette se rencontrent fréquemment au xii" siècle. Ils sont rares à partir du xiii°, et il paraît qu'on a de bonne heure renoncé à ce genre de sceaux, soit parce que la légende, se rapprochant par là de la perpendiculaire, en devenait plus difficile à lire, soit encore parce que ce scellé en creux offrait plus de difficultés que le scellé en empreintes horizontales. Dans la suite, mais très-postérieurement, on s'est avisé de renfermer les sceaux dans des boîtes de fer-blanc. C'est un usage du xv' siècle. Une bulle de l'an 1/170, émanée de huit cardinaux, fut scellée de cette manière. Les huit sceaux étaient de cire vermeille contenue dans une capsule de cire jaune, et renfermés dans autant de

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boîtes de fer-blanc , de forme ogivale comme les sceaux. Les boîtes restent, mais la plupart des sceaux sont brisés^. A un acte de 1/182, on trouve le sceau du Châtelet, en cire brune, sur double queue, renfermé dans une boîte de fer-blanc ronde''. Quoi qu'il en soit de ce moyen de conservation des sceaux, le but qu'on se proposait était assez mal atteint, puisque ces sceaux munis de boîtes, se trouvant dans les chartriers à côte des sceaux nus, ces derniers avaient tout à souffrir du rude contact et du froissement inévitable. C'est là probablement ce qui aura fait substituer aux boîtes de fer-blanc des boîtes de bois. On en trouve en grand nombre aux Archives de l'Empire dans les cartons de la commanderie de Haute-Avesnes et dans le fonds Montbéliard, où les sceaux sont parfaitement conservés. Au moyen âge, dans plusieurs établissements religieux, par esprit d'économie, on se contentait de coudre les sceaux dans des espèces de petits sacs de toile ou de parchemin. Dans les temps modernes, pour les traités importants, on s'est servi de boîtes d'argent ou de vermeil , principalement en Allemagne. C'est aussi dans la vue de protéger le sceau qu'on s'est malencontreusement avisé de recouvrir la cire de deux feuilles de papier sur lesquelles on frappait l'empreinte, laquelle, on le sent bien, perdait par là toute netteté. On trouve un assez grand nombre de ces sortes de sceaux recouverts en papier et sur double queue à partir du xvi° siècle. En i5i5, un chanoine de Châlons-sur-Marne scelle de cette manière''.

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