‹ Collection de sceauxChapitre 24 sur 1543 · LIT · texte numérisé non relu

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ELEMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

été question plus haut . et a pour supports deux cygnes. La légende se déroule sur une courroie ou ceinture militaire dont les bouts rentrent comme ornements sur le champ du sceau '. Il y a des supports qui sont aux armes. Péronnelle, vicomtesse de Thouars et comtesse de Dreux, a, en 1878, un sceau armoriai où se voit l'écu droit de Thouars (les fleurs de lys au franc canton) supporté de deux lions emmantelés de l'échiqueté de Dreux-. En 1/110, Jean VII, comte d'Harcourt, a son écu penché, supporté de deux aigles emraantelées des deux fasces d'Harcourt ^.

On peut ranger dans la classe des sceaux à supports, en en faisant toutefois une catégorie à part, un genre de sceau armoriai où l'écu est porté, soit par un petit personnage, soit par un animal. Un sceau de l'an i33(), de Fouquier Painel, seigneur de la Haubine en Normandie , nous fournit un des premiers exemples de ce genre. Il représente un petit personnage en armure de mailles, vu de face et jusqu'à la ceinture, la tête entièrement cachée par un casque à visière. Il tient de la main gauche une épée nue, et de la droite un bouclier ayant pour armes, deux fasces, à l'orle de merlettes. Derrière lui se voit l'épaulière, qui porte les mêmes armes que l'écu, comme aussi les volets du casque ou heaume. Ce heaume est de trois-quarts, cime d'une aigle éployée ou à deux têtes, entre deux cornes. Ces cornes sont componées d'un métal et d'un lionceau alternativement \ Maurice, sire de Plusqualec, en 1 878 , a son écu porté par un homme sauvage assis ^. Alain, sire du Périer, en i38i, a le sien porté par un homme d'armes vu à mi-corps ^. Un des plus jolis spécimens de ce genre de sceaux portés est celui d'Albert de Tenieyra , chevalier, seigneur de la Courtine , de l'an 1869''. Sur ce sceau , qui n'a que 9 6 millimètres de diamètre , se voit un petit chevalier debout et qui en remplit toute la hauteur. 11 porte sur son armure un pourpoint serré, qui descend jusqu'à micuisses. Sa tête disparaît entièrement sous un vaste heaume à grillage, cime d'une tête de lion couronné. Il tient à la main droite une épée, et à la gauche un écu en forme de targe, sur lequel se reproduit le lion

couronné du cimier. Aux pieds du personnage sont deux grillons ou hippogriffes. Dans les sceaux de ce genre, l'écu est aussi porté par des animaux. Sur le sceau de Jean, fils du dauphin Humbert, dd'an 129/1, c'est un grillon ailé passant qui porte l'écu au Dauphin^. Sur celui de Guillaume de Bourbon , seigneur de Classy , de l'an 187/1, c'est une aigle debout, la tête englobée dans un heaume cime d'une tête d'homme à longue barbe ^. Quelquefois l'écu est suspendu à un arbre. Béatrix de Bourbon, reine de Bohême, a, en i363, un sceau de ce genre. L'écu droit, qui est un parti de Bohême et de Bourbon, est suspendu à un arbre, au pied duquel est couché un lévrier. Il a pour supports deux sirènes emmantelées, l'une de Bohême, l'autre de Bourbon '°. Nicolas de Beaufort , seigneur de Limeuil, en 1869,3 sur son sceau un arbre portant un heaume de profil à volets cime d'une tête barbue et addextré d'un écu à ses armes". Dans la seconde moitié du xiv' siècle, on a de petits sceaux ou signets qui ne contiennent que des heaumes avec leurs cimiers. Quand ces sortes de sceaux n'ont ])as de légende, ils ont des lettres initiales dans le champ '■■^.

Il V a encore une sorte de sceaux armoriaux où les écus sont multipliés. Le contre-sceau de Blanche , reine de Navarre, de l'an 1299, contient dans un quadrilobe quatre écus appointés en croix '^. Sur un sceau de Marie de Chambli, de l'an 1826, se voit un triangle la pointe en bas, accompagné de trois cercles, et dans chacun de ces quatre compartiments un écu aux trois coquilles de ses armes ^*. Catherine de Bourbon , femme de Jean VI , comte d'Harcourt , a sur son sceau, en 1876, un K au centre de quatre écus faisant la croix : les deux, dans le sens de la perpendiculaire , sont un parti des deux fasces d'Harcourt et des fleurs de lys au bâton de Bourbon; les deux horizontaux sont d'Harcourt plein '^. Sur le sceau de la sénéchaussée de Boulonnais de l'an 1/177, °" ^°'' ^" bas un cygne qui tient à son col l'écu aux trois besants de Boulogne, et en haut un ange, qui tient l'écu de France couronné '^.

En terminant ce qui concerne la forme des sceaux

' N» 856. — ' N" io(»5. — = N° 916. — ' N° 3i48. — = N" 8263. — ' N" 8198. — " N° 867;!. — ' N" 60. — « N" i5oo. — N° 11169. — " J 6Û2, n° 16. ~ '- Voir les numéros 8556, 8^2 1, 8682, 8096. — " J 190. n° Oi.— " N" iGgS. — '* N'giS. — N» 4626.

TIRES DE LA COLLECTION

armoriaux, nous en signalerons trois tout à fait exceptionnels et dus à des fantaisies élégantes. Isabeau de (véreix, dame de Vaucouleurs, femme de Gauthier de Joinville, a pour contre-sceau, en 1998, une coquille sur laquelle sont les armes de Joinville (les trois broies sous un chef chargé d'un lion issant). Ici les trois broies rendent bien les stries de la coquille'. Jean de Blumerey, en 1859, qui a pour armes un burelé de dix pièces au franc canton d'un lion, entoure cet écu d'un heaume couronné et timbré, à un coin d'une tête de lion, et à l'autre d'une tête de coq. Les volets du heaume sont de vair. Le tout est habilement disposé pour former une abeille^. En ikoh, Pierre de Navarre, comte de Mortain, dans son contresceau, fait disposer ses armes, qui sont un écartelédes chaînes de Navarre, et des fleurs de lys à la bande componée lYEvreux, sur une figure fort bien dessinée et à laquelle tient un bout de branche avec deux feuilles ^.

L'utihté des sceaux armoriaux est incontestable; car non-seulement ils nous donnent les armoiries des familles , mais ils y ajoutent , par les brisures , les moyens d'établir les filiations, et, par les partitions, les alliances. Quelques exemples sufliront pour démontrer cette utilité. A une charte d'amortissement concédée à l'abbaye de Saint-Victor par Yolande de Bretagne, fille de Pierre Maucler, est appendu son sceau, sur le contre-sceau duquel est un écu parti d'un échiqueté au franc quartier d'hermines et d'un burelé. Les premières armoiries sont celles de son père, et les secondes celles de la maison de Lusignan. Elle avait épousé Hugues XI de Lusignan, fils du comte de La Marche. Or la charte ne nous apprend que son nom , Hyolendis de Britannia, tandis que le sceau donne, comme on voit, sa filiation et son mariage''. A une donation faite en 1299 (V. S.) par Blanche, reine de Navarre, veuve d'Edmond, comte de Lancastre, à sa fille Jeanne de Navarre, femme do Philippe le Bel, est suspendu son sceau, au contre-sceau duquel il y a quatre écus en croix. L'écu du haut porte les trois léopards d'Angleterre pour Edmond, comte de Lancastre, son premier mari; l'écu de droite, les armes (Y Artois

pour son père Robert, comte d'Artois, frère de saint Louis; l'écu de bas, les chaînes de Navarre, et l'écu de gauche, les armes de Champagne, tous deux pour son second mari, Henri, premier du nom comme roi de Navarre , et troisième du nom comme comte de Cham|jagne ■'. Dans le plus grand nombre des sceaux de fennne, à partir de la seconde moitié du xni^ siècle, on voit de chaque côté de la figure les écussons aux armes du mari d'un côté, et de la femme de l'autre. Voici quelques exem[)les des brisures. A une vente faite, en 1288, à Pierre de Chambli, par Guillaume de Sainte-Croix, chevalier, Jeanne, sa femme, et leurs fils Henri et Guillaume, tous deux écuyers, sont appendus leurs quatre sceaux. Le premier, qui est celui du chevalier, est équestre et aux armes (une croix au lambel); le second, celui de la femme, a trois écussons. Au haut, une aigle, à dextre une croix, à sénestre un lion à la bordure engrêlée. Le troisième , celui de Henri de Sainte-Croix , a la croix , à la bordure : et le quatrième, celui de Guillaume de Sainte-Croix, a la croix, brisée d'un bâton". En 1989, Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol, scelle une charte avec ses deux frères. Gui et Jacques de Châtillon. Sur son sceau , on voit les armes de Châtillon pleines ; sur celui de Gui, elles sont brisées d'un lambel de cinq pendants, et sur celui de Jacques, d'une fleur de lys issante en chef.

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