‹ Collection de sceauxChapitre 27 sur 1543 · I XVI · texte numérisé non relu

I XVI

ELEAIENTS DE SIGILLOGRAPHIE

la croix à l^ranches égales ou croix grecque. Elle se voit sur un sceau de l'abbaye de Saint-Sauveur de Cbarroux, de l'an i3o8, au centre d'un quadrilobe et accompagnée de Yalplui et de Yoméga ^. Sur le sceau de l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers, de l'an 1 3f)6 , elle est cantonnée de quatre fleurs de lys, marque de fondation royale^. Plusieurs évêques d'Orléans ont à leurs contre-sceaux des croix grecques dont les quatre branches se terminent par des fleurs de lys *. Le contresceau du chapitre de Saint-Etienne de Metz, de l'an iSyc), porte une main bénissante sortant d'un nuage et cantonnée de quatre trocbes ou boutons de perles, de trois perles chacune ^, type qu'il reproduit en i569 ^ Le sceau du vicaire de l'archevêque de Rouen à Pontoise, de l'an laGa, porte une petite croix grecque montée sur un bâton très-long, et accompagnée à dextre d'une crosse, et à sénestre d'une mitre; au contre-sceau, une mitre sénestrée d'une paume ou d'un gant*'.

La croix latine, ou à branches inégales, figure sur presque toutes les bulles des papes, où elle sert à séparer les têtes des apôtres saint Pierre et saint Paul. Cependant à une bulle de Pascalll , de l'an i i o3 '', c'est une croix grecque, laquelle se retrouve sur une bulle de Clément VI, de l'an iSia^. Mais à une seconde bulle du même pape Pascal II, apparaît clairement la croix latine^. Cette sorte de croix, rare sur les sceaux ecclésiastiques autres que les bulles, se voit, et alors accompagnée d'une étoile et d'un croissant, sur le contre-sceau d'un abbé du Moutier-Saint-Jean, de l'an 1872 '".

La troisième et dernière forme de croix est celle à doubles branches horizontales , qui se nomme patriarcale, et, quand il s'agit de sceaux laïques, croix de Lorraine. Elle se voit sur les sceaux des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, avec l'accompagnement de Yalpha et de Voméga. Sur un contre-sceau de l'abbaye de Fontgombaud, de l'an 1 268, elle est recroiselée par le haut, ce qui lui donne trois branches au lieu de deux, et de plus elle est fichée, c'est-à-dire terminée en pointe ]iar le bas 'i.

Les calices se trouvent principalement sur un genre de sceaux qu'on pourrait appeler de consécration, et qui représentent un personnage en costume ecclésiastique, nimbé ou sans nimbe, debout devant un autel, et tantôt élevant le calice, tantôt le consacrant sur l'auteP". Le sceau d'un chanoine de Saint-Nicolasdu-Pas, de l'an 1269, montre un calice sur lequel descend une main céleste, et qui est accosté de deux étoiles; la coupe est large, et l'on distingue le souage ou bourrelet du pied du calice'^. Un autre calice, mais isolé, se trouve sur le sceau d'un curé en 1291; il

est plus haut de pied, et la coupe est moins large ''.

Un encensoir, tenu par un bras mouvant à sénestre, se voit sur un contre-sceau du trésorier de l'église de Beauvais, en 1 2 1 5 '^.

On a des spécimens de lampes sur plusieurs sceaux des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. On en voit aussi sur un sceau de l'abbaye de Granchamp , de l'an 1271. Il représente un moine assis sur un lit; audessus ,1a crèche , d'où pendent deux lampes ^^. Le sceau du trésorier de l'église de Saint-Etienne de Troyes nous montre deux clefs adossées, représentation trèscommune, mais accompagnée ici de deux chandeliers, ce qui est rare. Ces objets marquent les fonctions du trésorier, parmi lesquelles se trouvaient le soin de la fermeture de l'église et celui de son luminaire ^''.

Les clefs apparaissent fréquemment, tantôt seules, tantôt doubles. Seules, elles figurent, comme nous venons de le dire, la fermeture des églises; doubles, elles peuvent être assimilées aux clefs de saint Pierre. Une clef tenue par une main se voit sur un contresceau de Renaud, abbé d'Hasnon, en 1 265'^; une autre clef, mais isolée, sur le contre-sceau de Pierre de Dinan, évêque de Rennes et chancelier de Bretagne, de l'an 1200'^; une clef à panneton double, accostée de deux fleurs de lys, sur le contre-sceau de l'abbaye de Saint-Pierre d'Auxerre, de l'an 1/1 6 9 2°; deux clefs adossées tenues par un bras mouvant à sénestre et accompagnées d'une fleur de lys à dextre et d'une étoile en pointe, sur le sceau d'un sacristain de l'église d'Auxerre , en 1 9 1 A ^' . L'abbaye de Saint-Pierre de

'N°8i8i.— 2 N' 8677. —3 Voir les nunKTos 8760 à 8770. — ' N"'7236.— "■ îi' ■jziî-j.— 'N"'7o66.— 'N'OoaS. — * N" 6o65. — 'N°6oa6.— "N" 8878.— "N" 8280.— " Voiries numéros 63o3, 7599, 7583,8928, 838o, 7996617808.— " N" 7805.— '4^7951. — '' N° 7700. — " N" 8a86. — l' ly- 77, /,. h jy» g.^fla. 19 pj» 6833.— 2' N" 8ii3.— 21 N" 7868.

Chaumes a, en 1 3 1 12 , un sceau tout à fait semblable, si ce n'est que l'accompagnement est d'un croissant et d'une fleur de lys à dextre , et d'une étoile seulement à séneslre'. Sur le contre-sceau de Garnier, abbé de Corbie, de 1298, les deux clefs accompagnent un oiseau (un corbeau) tenant au bec une crosse en pal 2; les deux croix sont en sautoir sur l'oiseau à un autre contre-sceau de Henri, abbé de Corbie, en 1817^.

Les mitres et les crosses, ces emblèmes de la suprématie et de la juridiction épiscopales, sont également très-communes. Il a été question plus haut de la différence entre la mitre vue de profil, ou mitre cornue, et la mitre vue de face , ou mitre pointue. Le meilleur spécimen de mitre cornue se voit sur le second sceau de l'ofïicialité de Paris, qui est de l'an 1260; il représente une tête d'homme vue de profd à droite, d'un très-beau caractère, et qui est coifl'ée d'une mitre cornue avec ses deux pendants brodés; chaque corne de la mitre est brodée d'une croisette*. Ce type de sceau d'oflicialités a été souvent imité, surtout par l'ofTiciaiité de Meaux-'. Sur un sceau de l'ofiicialité de Saint-Julien-du-Sault, de l'an 1216, il n'y a que la mitre seule; le bas 'et les deux coins ou cornes sont ornés d'un orfroi; les deux pendants sont vus de face et par derrière entre les deux cornes. Ainsi cette mitre devait présenter ses deux cornes de face, puisque les pendants doivent toujours se trouver derrière la mitre '^.

La mitre vue de face ou mitre pointue est plus basse dans les premiers temps que dans la suite. C'est ainsi que celle qui se voit sur un contre-sceau de l'officialité de Meaux, de l'an 1268", est sensiblement moins élevée qu'une autre mitre d'un contre-sceau de Guérin, abbé de Sainte-Geneviève, de l'an 1998^. Sur un sceau de la collégiale de Saint-Nicolas-du- Louvre, de l'an 1873. la njitre a la forme d'un colombier à toit pointu •'; sur un sceau de l'ofïicialité de Rennes, de l'an 1/188, la mitre pointue surmonte un écusson armoriai '°; enfin, sur un contre-sceau de l'officialité de Tournay, de l'an 1809, on voit une trèspetite mitre de ce genre au centre d'un petit portique

thi

lue

TIRES DE LA COLLECTION

La crosse et la mitre sont souvent réunies. Un sceau de la prévôté du For-l'Evêque , de l'an 1296, donne une mitre cornue avec ses deux pendants à droite, posée sur une crosse en paP'-. Les sceaux de l'officialité d'Avranches, en 1286, et de Chartres, en 126/1, ont une crosse addextrée d'une mitre pointue '^.

La crosse, seule, est le plus souvent tenue par un bras mouvant à séneslre : telle est celle des sceaux de l'abbé de Clairvaux, vers 1 1 1 4 '* ; de l'abbé de Saint- Ambroise de Bourges, en 1208'^; de l'abbaye de Saint-Just, en i8o3 '°. Le bras qui tient la crosse est mouvant à dextre sur un sceau de l'abbé de l'Aumône , de 1220^''; ce bras sort d'un nuage sur le contre-sceau de Gui, évêque de Carcassonne, en 1912 '^. Cette crosse a souvent pour accompagnements, soit des fleurs de Ivs, soit des couronnes, des étoiles, etc. Sur le contre-sceau d'un évêque de Senlis, de l'an 1806, se voit un S s'enroulant dans une crosse et accosté de deux fleurs de lys ^^. Au contre-sceau de l'oflicialité du l'uy, en i3o3, la crosse, tenue par le bras mouvant à dextre, est sénestrée d'un autre bras qui tient une épée nue^". Une représentation analogue se trouve sur un contre-sceau de l'ofTiciaiité d'Autun, de l'an 1809 : c'est une épée nue, la pointe en haut, qui est sénestrée d'une crosse^^ Sur un contre-sceau de l'ofTiciaiité d'Évreux, de l'an 128/1, on distingue très-bien le sudarium attaché au haut de la crosse--. Quand il y a deux crosses sur un sceau, elles sont généralement adossées. Cela se pratique aussi [)0ur les clefs. Le contre-sceau de l'abbaye du Chaage, de Tan 1812, a deux clefs adossées et accompagnées, à dextre, d'un croissant , et , à sénestre , d'une étoile -^.

Un des meilleurs spécimens de sceaux de juridiction ecclésiastique est celui de la Cour des causes de Tévêque de Clermont, de Tan 1291 ; il représente un buste d'évêque de face, addextré d'une crosse et sénestre d'une épée: les deux pouvoirs, le spirituel et le temporel-*. Le contre-sceau do l'abbaye de Saint- Thierry-lez-Reims, de Tan i3o8, a un couteau de sacrificateur antique, tenu par un bras issant d'une nuée à sénestre'-^.

■N'Sigi. — =N" «670. — = N" 8671. — "N" 7002.— ' Voir n» 6992. — ' N" 7020. —' N" 6993. — » N" Sgii. — '^N° 8o33. — '» N" 7017. — " N° 7087.— '2 N° 7081.— '■' N"' 6955 et 6972. — " N" 8665.— '' N° 8568. — >« N" 838q. — " iN° 85o3.— " N° 65^2. '" «"6860. — s»N°7oi7. — -' NTjg/iG. — "N' 6976. — "N°86oo. - ^'-N» 7076. — " N° 8897.

Sur plusieurs sceaux ecclésiastiques on remarque des livres, emblème de l'enseignement. Sur le sceau d'Adam de Chambli, chanoine de Reims, en i aa-a , se voit un livre, que tient ouvert une main céleste ^ Un professeur de droit civil, sur son sceau, de l'an 1226, met le Code Justinien avec cette inscription : CODX • IVST • 2.

Comme emblèmes de quelques offices ecclésiastiques, on trouve des cloches, des balais, des ciseaux, des clefs, etc. Les cloches se rencontrent le plus communément sur les sceaux des prieurs, qui comptaient au nombre de leurs fonctions celle d'appeler les religieux aux matines. On peut voir pour exemples les sceaux des prieurs de Sainte-Geneviève, en 12 7.3^; de Chàteau-Landon , en 12 70)*; de Saint-Victor, en 1 383 ^. Le prieur de l'abbaye de Saint-Evroul, sur son sceau de l'année i3o3, est représenté debout sous une arcade gothique, et sonnant une cloche -'. On voit une verge ou balai, tenu par un bras, sur un sceau du prieur de l'abbaye de Saint-Sever, au diocèse de Coutances, de l'an 1282; il entrait dans ses fonctions de tenir l'église nette ''. Le chambrier de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés , qui avait , entre autres fonctions, celle d'habiller les moines, est représenté, sur un sceau de l'an i253, une paire de ciseaux à la main'. Le pitancier de Saint-Germain-des-Prés, qui était chargé de la cuisine, est représenté, sur un sceau de l'an iSSg, tenant un couteau de cuisine de la main droite et un poisson de la main gauche °. Nous terminerons par deux fonctions plus relevées : le chantre de Saint-Denis, sur un sceau de l'an 1260, est vu debout, s'appuyant de la main gauche sur son bâton cantoral, et lisant dans un livre qu'un acolyte tient ouvert devant lui'"; enfin, un très-joli sceau de l'an 1269 i"'^présente le trésorier de l'église de Nevers, debout, un trousseau de clefs à la main et s'apprêtant à ouvrir l'armoire aux reliques de son église '\

TYPE LEGENDAIRE.

Nous comprenons dans le type légendaire , non-seu

ÉLÉMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

lement les sceaux qui reproduisent quelques scènes de la vie des saints, mais encore tous ceux où se voient des représentations de Dieu , de la Vierge et des saints; en d'autres termes , tous les sceaux ecclésiastiques qui ne sont pas personnels, c'est-à-dire représentant un membre quelconque du clergé dans son costume canonique.

Nous n'avons pas reconnu sur les sceaux la représentation de Dieu le Père seul , à moins qu'on ne veuille le voir dans une petite figure à mi-corps, assise sur un arc-en-ciel, qui se trouve sur un sceau de l'église de Toulouse, de l'an 1270, représentant un personnage à genoux entre deux autres debout, lesquels semblent recueillir une pluie céleste ou la manne '^. Quoi qu'il en soit. Dieu le Père paraît dans la représentation symbolique de la Trinité, où on le voit assis de face, vêtu d'une robe et d'un manteau à larges plis, tenant entre ses bras le Christ sur la croix; i'Esprit-Saint, sous la forme d'une colombe, procède de la bouche du Père sur la tête du Fils. Une représentation de ce genre se voit sur un sceau de l'abbaye de Sainte-Catherine-du-Mont de Rouen, de l'an 1367'^. On en trouve plusieurs autres exemples, principalement dans l'ordre des Trinitaires ou Mathurins'\ Sur un sceau du chapitre de Sainte-Sophie de l'abbaye de Saint-Médard de Soissons , la colombe ne procède pas de la bouche du Père, mais elle est posée sur son épaule gauche'^. Ce type se modifie considérablement sur un sceau d'un abbé de la Sainte-Trinité de Vendôme, du xvi^ siècle. On y voit, dans une salle d'architecture. Dieu le Père et Jésus-Christ, assis visà-vis l'un de l'autre et posant chacun la main sur un globe crucifère placé entre eux , et, au-dessus , le Saint- Esprit , descendant sous la forme d'une colombe. Dieu le Père est habillé en pape et porte la tiare; il bénit de la main droite. Le Christ, sans nimbe, tient sa croix penchée sur son épaule droite '''. Nous ne saurions décider si c'est Dieu le Père ou Dieu le Fils qu'on a voulu représenter sur un sceau de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Lessay, de l'an 1 2 8 0 : c'est un personnage de face, assis .sur un arc-en-ciel double, nimbé

= N'SoSâ.

N° 9331.— * N° gSoi. — 5 V 9325. — ' N" 9837.—' N° 9338. — « N" 9272. — ' N" 9289. N''769.5. — " N° 836 1.— '» Voir les numéros 980/1, 9702,9695,9690,9543.— '^W'jSSo.-

TIRÉS DE LA COLLECTION

d'un nimbe crucifère , bénissant de la main droite et cheurs de Lyon tenant un livre à gauche. Si l'on veut voir dans ce livre une Bible (^bibliotlteca), c'est-à-dire l'Ancien et le Nouveau Testament écrits sous l'inspiration du Saint- Esprit, on aura encore là une figure emblématique de la Trinité ^ Une représentation analogue se trouve sur un sceau de l'abbaye de Sainte-Catherine-du-Mont; seulement, au lieu d'être assise sur un arc-en-ciel, la figure est assise sur un banc. Cette abbaye a eu deux sceaux, celui-ci, qui est de l'an lùhk, et celui de l'an 1867, dont il a été question plus haut, et qui a la représentation symbolique de la Trinité. Comme il est à supposer que cette abbaye aura voulu garder son type , il en résulterait que le sceau de laii, à personnage unique, a pu représenter la Trinité, et que la représentation à trois personnages serait postérieure à la première moitié du xii" siècle ^.

Les représentations du Christ en croix et seul , autrement dit les crucifix, sont rares sur les sceaux. On en a cependant un exemple, remarquable par sa grandeur, sur un sceau du chapitre du Saint-Sépulcre de Caen, de l'an 1 aaG ^. Quant au Christ en croix, entre la Vierge et saint Jean debout, rien de plus fréquent que ce genre de représentation. On la rencontre à tous moments sur les sceaux à sujets, où elle occupe le compartiment d'en haut, alternativement avec la représentation de la Vierge. Isolée , elle se trouve , entre une foule d'autres, sur les sceaux suivants : Mansuetus, pénitencier du pape, en ia58*; la Grande-Chartreuse, en i36y^ et en 1 3 90''; le prieur de Sainte- Croix d'OfTemont, en i/io3''; celui de Saint-Martindes-Champs, en i/ii5^; le prieuré de Saint-Honoré d'Abbeville, en iMià'^, etc. Ces deux personnages, pour ainsi dire consacrés, de la Vierge et de saint Jean, debout au pied de la croix, ne se trouvent pourtant pas toujours. C'est ainsi, par exemple, que, sur un premier sceau , de 1 3 6 2 , de ce prieuré d'Abbeville dont il vient d'être question, on voit, au pied de la croix, un roi et un cvêque '*'. Un maître des Frères Prêcheurs, en laSg, s'y fuit représenter à genoux". Sur un autre sceau du couvent des Frères Prê-

de l'an 1293, il y a, de chaque côté de la croix, un groupe de trois moines à genoux'-. Un sceau curieux, (jui se rattache à cette catégorie, est celui des Carmes-Billettes, de l'an 1 i^D. 11 représente le miracle advenu sous le règne de Philippe le Bel, de l'hostie percée et qu'un juif fait bouillir. Dans un compartiment supérieur, on voit, à droite, le juif qui souffle le feu sous la chaudière; à gauche, deux personnages debout, assistants. De la chaudière, sur laquelle est gravée une hostie , sort le Christ en croix. Dans un compartiment inférieur, quatre moines prient à genoux et les mains jointes '^.

Nous passons aux autres représentations du Christ. Sur un sceau du chapitre de Sainte-Croix d'Orléans, de l'an 1209 , il est vu en buste, de face, nimbé, bénissant de la droite et tenant sa croix à gauche '*. Il est représenté assis, la poitrine nue et les bras levés, sur un sceau de Jean, abbé d'Anchin, en 137/1 '^' ^^ *^'" cehii de la faculté de théologie, de l'an 1398. Sur ce dernier, on voit, à sa droite, un ange debout qui tient la lance et les clous, et, à sa gauche, un autre ange qui tient la croix. Aux quatre coins, les représentations symboliques des quatre évangélistes ""'. Ce genre de représentation du Christ, assis, à poitrine nue, se voit dans une gloire, c'est-à-dire un nimbe environnant toute la figure, sur un sceau de cardinal, de l'an 1822'^. Le baptême du Christ est représenté d'une manière assez singulière sur le sceau d'un chanoine de Reims, de l'an 1285. Le Christ est vu sortant à ini-corps d'une colonne d'eau, ayant, à sa droite, sa tunique suspendue, et, à sa gauche, saint Jean- Baptiste '*. Sur un sceau de l'abbaye de Saint-Jeanau-Bois de Soissons, de l'an i3o3, on voit, à droite, saint Jean-Baptiste debout et nimbé , vêtu d'une peau de bête , tenant de la main gauche un vase plein d'eau, qu'il verse sur le Christ, vu de face et les mains jointes, toujours dans sa colonne d'eau , et avec la colombe , qui descend sur sa tête '^. La Flagellation se voit sur un sceau des Frères Mineurs de Beauvais, de l'an i3o3. Le Christ, attaché à une colonne, est frappé par deux bourreaux'-". La Résurrection est représentée de

Lxx ELEMEMS DE

celle manière sur deux sceaux, l'un des Frères Mineurs de Cliàlons-sur-Marne, de l'an ia5/i', l'autre du prieuré de Sainte-Croi\-de-la-Bretonnerie, de l'an 1/175- : le Christ, debout dans son sarcophage, d'où sort un de ses pieds, est vu de face, nimbé du nimbe crucifère, bénissant de la main droite et tenant sa croix à gauche. La représentation est identique sur les deux sceaux, mais celui de isS/i est d'une exécution bien supérieure. Un joli petit sceau de Jean de Corbignv, chapelain du duc de Bourgogne en i3o5, représente la résurreclion de Lazare. Le Christ debout , nimbé, vêtu d'une robe et d'un long manteau, s'appuvant, à gauche, sur sa croix, étend la main droite vers Lazare, qui se relève de son tombeau^. Une représentation assez confuse de la Cène se voit sur un sceau de l'Hôtel-Dieu de Rouen, de Tan i366 *. Le chapitre de Mortagne a sur son sceau, de l'an lagg, un Christ debout et bénissant^. Un frère, Pons de Saint-Gilles, de l'ordre des Frères Prêcheurs, met sur son sceau, de l'an 1 2 55, le Christ portant sa croix, vu de profil , tourné à gauche ^

Sur certains sceaux, on voit la croix seule, sans le Christ; par exemple sur un sceau de Léon, cardinal de Sainte-Croix de Jérusalem, de l'an 122/1, où elle est à doubles branches avec inscriptions et en estoc, c'est-à-dire avec des tronçons de branches le long de l'arbre". Sur un sceau de la Chartreuse de Villefranche, de ii52, elle est accompagnée de deux ailes ^. Elle porte les deux clous des bras et celui des pieds , sur un sceau de Chartreux, de l'an 1/1 5 8''. A un autre sceau du même couvent, elle est enlacée dans la couronne d'épines '".

L'agneau pascal, ou AgmtsDci, figure mystique du Christ, apparaît sur un grand nombre de sceaux ecclésiastiques, et plus particulièrement sur les contresceaux. Un des plus anciens exemples que nous ayons rencontrés esl celui du sceau du chapitre de Sainte-Croix d'Etampes , de l'an 1221. L'agneau marche à gauche, la lêle nimbée du nimbe crucifère, retournée vers une croix montée sur une lance à bannière''. Le chapitre de Léon, en Bretagne, a une

' N" 9766.— 2 N° 9Û34. — ' N°9oo3. — 4 N° 9976. — ' N° 7285. - — >' V 7177. — >2 ^^ -igi. u N-. 5,1g. 5^20. 5^2,. lyo

"N'gâgo.— " N''7i76.

SIGILLOGRAPHIE

représentation tout à fait semblable, en 1 /137 '-. Saint Jean-Baptiste est presque toujours représenté avec cel Agiins Dei à la main. Cette représentation symbolique se trouve sur les sceaux de plusieurs villes, comme Rouen '^, Narbonne '\ Béziers '-'.

Le Saint-Esprit, sous la forme mvstifjue de la colombe et descendant sur les apôtres, se voit sur un sceau d'Annibal, cardinal du titre des Douze Apôtres, de l'an 1270 "'.

Les diverses représentations de la \ ierge qui se trouvent sur les sceaux peuvent rentrer dans trois catégories principales. Tantôt la Vierge esl seule, sans l'enfant Jésus, tantôt avec l'enfanl Jésus, tantôt enfin elle entre dans la composition des sceaux à sujets.

La \ ierge seule, ou isolée, comme nous dirons, est représentée de trois manières : en buste, assise el debout. Deux sceaux du xii' siècle nous donnent la Vierge isolée en buste. Le premier est celui de l'abbave de Fontgombaud, fondée un peu après l'an 1091. La Vierge y est vue à mi-corps, de face; la lête, nimbée, a une coiffure ressemblant à une mitre très-basse. Elle est voilée et vêtue d'une robe et d'un manteau. Elle tient, à la main droite, un bâton ou sceptre terminé par une fleur de lys sans les deux pétales du bas, et bénit de la main gauche. C'est un sceau rond en cuvette'^. L'autre sceau en buste est celui du prieuré de la Charité-sur-Loire. La Vierge y est voilée et nimbée, et bénit de la main droite. Une guimpe remonte jusqu'au menton, ce qui fait, à cause du voile qui enveloppe toute la tête, qu'on ne voit que le visage. Ce sceau est en forme de figue '^.

Parmi les sceaux à la Vierge isolée assise , nous remarquerons d'abord trois sceaux ronds. Le premier, qui est celui du chapitre de Noire-Dame d'Etampes, est du xii" siècle. La Vierge, assise de face sur une chaise, tient, à la main droite, la fleur de lys sans les pétales du bas, et, à gauche, un livre posé sur ses genoux. Elle esl vêtue d'une robe et d'un manteau, et porte une couronne, sans nimbe '^. Le second sceau, qui est appendu à une charte de 1228, mais qui remonte certainement beaucoup plus haut, comme

-'^'"9739.— 'N''6i37.— 'N°97i2. — » N° 9707. — '» N" 9708. 5656. — 'S N" 56ii. 5615. — " N" 6iio. — '■ N° 8280. —

TIRES DE LA COLLECTION

Page 1