DE LA LÉGENDE
11 y a deux choses à étudier dans la légende : la forme des lettres et le sens des mots. De là deux points de vue, l'un purement paléographique, l'autre grammatical et historique. Le premier est assez borné; car la paléographie de la légende n'a pas , comme c'est le cas pour les chartes et diplômes, l'avantage de pouvoir être suivie rigoureusement de siècle en siècle. Pour les premiers temps, la rareté des monuments ne permet guère d'établir de règles fixes. Cependant, quant aux deux premières races, on peut dire que l'alphabet de la légende est à peu près celui de la capitale romaine. A partir des Capétiens jusqu'au xiii" siècle, la capitale domine encore, mais avec un mélange de l'onciale. Ce mélange , qui devient plus sensible au xiv" siècle, finit par aboutir à la cursive gothique du xv' siècle.
En se reportant au caractère constitutif de la légende, qui est l'obligation où se trouvaille graveur de faire tenir un certain nombre de mots obligés dans un espace circonscrit, on s'attendrait naturellement à y trouver bien plus d'abréviations et de lettres conjointes qu'on n'y en trouve en effet. Cela est heureux ; car, que serait devenue la légende si elle s'était permis, par exemple, autant d'abréviations que l'avait fait la scolastique dans ses traités, presque énigmatiques, des xii' et xin" siècles? La scolastique pouvait, à la rigueur, entrer dans cette voie. D'une part, elle s'adressait à des esprits exercés, et, d'autre part, ses textes étendus, reproduisant souvent les mêmes abréviations.
finissaient bien par en donner le sens. Il n'en était pas de même de la légende. Elle s'adressait à tous, et, comme elle devait faire foi pour tous, il fallait bien qu'elle fût accessible à tous. Aussi, jusqu'au xv' siècle, les légendes sont-elles, en général, faciles à lire.
Voici quelques-unes de celles qui contenaient le plus d'abréviations. Eudes, curé de Saint-Pierre de Pontoise, en laay, a pour légende: S. Od. pbri. sci. Pet. de Potisara (Sigillum Odonis , presbiteri Sancti Pétri de Pontisara '*). Une officialité d'archidiacre de Paris, en 1928 : S. curie Stcplti. archid. ecche. Par. (Sigillum curie Stephani, archidiaconi ecclesie Parisiensis"). Jean de Crameilles, archidiacre de Tardenois en l'église de Boissons, en 1 267 : S. Johisde Cmel. archid. Suess. i. Tardenois. (Sigillum Johannis de Crameliis, archidiaconi Suessionensis in Tardenois-"). Adinulfe, chanoine de Paris, en laBS : 5. Adiniilfi capellani diii. ppe can. Par. (Sigillum Adinulfi , capellani doniini pape, canonici Parisiensis -'). Guillaume 111, abbé de Cluny, sur un contre-sceau de l'an 1 2 .5 6 : Guill. nhbs. Clun. Gra. Di. su. id. q. su. (Guillehnus, abbas Cluniacensis. Gratia Dei sum id quod sum --). Jeanne de Rochefort, dame de Fourrais, en i3oo, a pour légende de son sceau : S. Jehatine de Rochefort dame de Forras, sans abréviations, et, au contraire, à son contre-sceau : S. du sec. Jeha. da. de Rochefort (Seel du secret Jehanne, dame de Rochefort-^). Il est clair que, lorsqu'on mettait au contre-sceau à peu près les mêmes mots qu'au sceau , les légendes des contre-
' N"- 7668, io2i5. — •■'N°" 55i4, Sgoi, 6363, 644o, 6716, 7713,8-230, Hlioj, 8706, 872^, 9086, 9669,9861,9873, 9876.— ^ N" 54o/i, 7652, 83g3, ggSa, 9198, 10101, loaia. — ' N°' 8992, 6869, 6630, 7696, 7962, 8066, 8552, 9017, 9896, 10363, 10622. — * N°*6688, 7196, 7650, 8253,8256, goG3, 9668, 10099.— ' N°' 7061, 7062, 8661,9106, 11766, 11769. — ' N° 772a.
— « N" 7650. — 'N" 6686, 85ot, 9016, 9872. — '» N" 6766.— " N° 7533. — " N" 6862, 9889.— " N° 10096. — '» N" 6661.