‹ Collection de sceauxChapitre 34 sur 1543 · I. - DES LÉGE1NDE8 DES SCEAUX · texte numérisé non relu

I. - DES LÉGE1NDE8 DES SCEAUX

La légende des sceaux de nos rois de la première race est constante et uniforme. C'est toujours le nom dli roi mis au nominatif et accompagné du titre de roi des Francs : Theodericus, rex Francorum^K Elle change

■ N»2907.— ^N-SôgS.— ' N° to43.— ' N° 3016.— "■N'soi'j. u N° /i. — '2 N° i5.— " N" 17. — '* N" 19. — " N°2o.— '*N' "N" 1 10. — " N° i5i. — •' N° 168. — " N° 170. — " N° 171. -

COLLECTION. xcxv

sous les Carlovingiens. Charlemagne, en 77/1, prend la formule Chrisle, protège Carolum, regem Francorum '^. Il est imité en cela par son fils, Louis le Débonnaire : Chrisle, protège Hludoivicum, imperatorem^^. Pépin 1", roi d'Aquitaine, met conserva au lieu de protège^'' , et Lothaire l'^adjuva^'". Charles le Chauve, en 843, introduit le premier la formule gratia Dei, et ne prend encore que le titre de roi : Knrohis, gratia Dei, rex^^. En 877, il remplace le gratia Dei par misericordia Dei, et prend le titre d'empereur : karohis, misericordia Di. imperalor aug^''. Charles le Simple reprend, en 92 1 '*, la formule gratia Dei , qui ne varie plus dans toute la suite des sceaux royaux. Comme nous ne nous appuyons ici que sur les sceaux originaux conservés aux Archives de l'Empire, nous passons sous silence d'autres légendes carlovingiennes, comme, par exemple, Renovatio regni Francie, ou encore Gloria sit Christo, Victoria Carlo, légendes qui se trouvent sur des sceaux métalliques sulfisamment connus, et (pii d'ailleurs seraient sujets à discussion. Sous la troisième race, Bobcrt met sur son sceau : Robcrtus, gratia Dei, Francorum, rex^'^. Son fils, Henri \'\ a la même légende, seulement il intervertit l'ordre des mots : Henricus, Dei gratia, Francorum rex-°. Cette dernière forme est employée invariablement par tous ses successeurs jusqu'à Charles Vlll, qui, le premier ajoute à la légende royale le chiffre marquant son rang parmi les rois du même nom : Karolus, Dei gratia, Francorum rex octavus -', usage qui dure tant que la légende du sceau royal est en latin. Louis XIII est le premier qui ait mis la légende en français, en 1 6 1 7 : Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre'^^. Toutes les reines de France prennent le Dei gralia, à l'exception de Constance-^. Isabeau de Bavière met sur son petit sceau, en 1 4 01, la légende en français-^; celle de son grand sceau est perdue. Louise de Savoie a une légende latine-^; Claude de France, une , légende française-'^, ce qui ne varie plus. Quant aux enfants de France, Louis, fils aîné de Philippe-Auguste (Louis Vlll), a pour légende , en 121/1: Sigillum Ludovici , fia régis Francie'^''; Philippe (le Hardi), en 1 267 : Sigillum Ptiilippi, domini régis Francorum primogeniti-''.

ON" 3019. ' N° aoi8. — 'r i5i8. — ' N° ioo5.— "iV 1060. 2j.i- N'alj. — " N'ag. — '* N" 3i.— ^■' N" 3a. — ^' N° 86.— ." N" 186. — -' N° 187.

ELEMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

Les grands dignitaires de la couronne ne mettent pas toujours sur leurs légendes le titre de leur office. Il est à remarquer que, sur les sept sceaux de chanceliers de France que contient la collection des Archives, pas un n'y prend son titre de chancelier. Cependant la plupart des autres grands dignitaires mettent leurs titres. Le connétable Mathieu II de Montmorency met sur son sceau, en 129/1 : Sigilluin Mathei de Montemorenciaco, conslahulara cJomim régis FrancieK Imbert de Beaujeu fait de même en 1971 ^. Le maréchal de France Nivelon, en 1292, s'intitule maréchal du roi : Sigillum t\kelonis, marescalci régis ^; et Gauthier de IVemours, en i9 65, maréchal de France : Sigillum Gahert, domim de Nemosio, mareschnlli Francie^. Mathieu de Trie, en 1 3 98, ne prend sa qualité de maréchal de France que sur son contre-sceau. La légende du sceau porte : Seel Mnhi de Trie, chevalier, et celle du contre-sceau : Seel Mahi de Trie, mareschal de France^. Bertrand de Bricquebec, en i338, ajoute à son titre de maréchal de France sa qualité de chevalier et le nom de son fief: Sigillum Roherti Bertranni, militis , dommi de Bricquebec , marescnlh Francie '^. Un grand maître des arbalétriers, Bobert d'Houdetot, a pour légende, en i3/i8 : Seel Robert d'Houdetot, maistre des ar- Imlestricrs '. Les grands chambriers de France mettent camerarius, et les grands chambellans, cambellmms. Les grands bouteillers, buticularius,et quelquefois, ^iwcenî«. Un grand échanson , Jean de Soisi , met sur son sceau , en 1 ayô, à la face, Sigillum Johannis deSoisiaco, militis, et au contre-sceau : Seel Jehan de Soisi, eschançon de France^; Hugues d'Athies, grand panetier, en 1226 : Sigillum Hitgonis de Athies, magistri panerii Francie^. Les grands dignitaires des provinces ont imité dans leurs légendes les formules adoptées par les grands dignitaires de la couronne.

Sur des sceaux très-anciens, les grands feudataires, à l'instar des rois de France, mettent dans leurs légendes leur nom au nominatif, sans le faire précéder du mot sigillum; ainsi Thierri d'Alsace, comte de Flandre, a pour légende, en 1 177 : Theodericm, Dei gratta, Flandrensium comes^". C'est un signe d'ancienneté

' N° 193. — 2 N" igi. — = N" 2i3. — 'N" 216.— ' N" 219. - " N" io4i. — '2 N" .381.--'^ N" 1062.— '4 N° loia.— '* N° 383. — ^'N'443.

de ne trouver sur la légende d'un grand feudataire que son nom seul , sans son titre. Benaud, comte de Clermont en Beauvoisis, sur un sceau de l'an 11/10, ne met que : Sigillum Reinadi comitis^^; de même, Bobert IV, comte d'Auvergne, en 1 182 iSigillu. Roberti Clarimontis •-. Philippe Hurepel , fils de Philippe-Auguste , et qui était comte de Boulogne et de Clermont , inscrit uniquement sur son sceau, de l'an 1296, sa qualité de fils de France : Sigillum Philipi, flii regù< Francie^^. Quoi qu'il en soit, on voit, dès le xii* siècle, les grands feudataires mettre leurs titres sur leurs légendes. Baoul I", comte de Clermont en Beauvoisis, fait graver sur son sceau , en 1 1 8 3 : S. Radulfi, comitis Clarimontis^'^, et, en 1 199, Guillaume, comte de Clermont en Auvergne : Sigillum W. comitis Claromontis^^. Alfonse, fils de Sanche II , roi de Portugal, et qui avait épousé en i9 35 Mahaut , comtesse de Boulogne et de Dammartin, met sur son sceau, en 12/11 ■.Alfonsiis, fhus régis Portugalie, comes Bolonie^''. Béatrix de Savoie, comtesse de Provence par son mariage avec Baymond- Bérenger, omet son nom sur son sceau de l'an 1 2 56 : S. comitisse uxoris Raimundi Berengarn , comitis et march. Pvincie. et comitis Forcallqari. (Sigilluin comitisse Baimundi Berengarii , comitis et marchionis Provincie , et comitis Forcalquarii.) Mais elle rappelle sa naissance sur son contre-sceau , qui porte un écu à l'aigle éployée , avec cette légende : Arma comitis Sabaudie et marchisii Ithalie^''. La légende varie chez les comtes de Champagne, qui s'intitulent d'abord comtes de Troyes; par exemple, Henri I", en 1 1 68 : Sigillum Henrici Treceiisiitm, Paliitini comitis ^^. Mais Thibaut IV, en 1226, prend le titre de comte de Champagne : Sigill. Theohaldi , comitis Campatiie et Brie Palatrni^^. Quelquefois la légende donne le détail des seigneuries possédées par le feudataire. Arthur I", en 1 199, ajoute dans sa légende, à son titre de duc de Bretagne, les titres de comte d'Anjou et seigneur de Bichemont -"; Eskivat, comte de Bigorre, en 1276, celui de seigneur de Chabannais-^ Jean de Guines, vicomte de Meaux, en 1 3 1 /i , nous apprend par sa légende qu'il était seigneur de la Ferté-au-Col et de la Ferté-Gaucher. La

-'r 230. — 'N° 228. — » N° 378. — »N''275. — '»r 617. — — " N" io63. — " N" 1 108. — " N° 566.— " N° 572. — " N" 532.

TIRES DE LA COLLECTION. scvii

in vicccomitisMeI.dni.de Feri- deux P P jusqu'à Sixte IV, en 1/17'i, qui le premier

face porte Iiis. .

taiih . ad Coitlm. et Gauchi. (Sigillum Johannis de Guinis, viceconiitis Meleduni, domini de Feritatibus ad Goulam et Gaucheri.) Cette lecture de la légende est justifiée par celle du contre-sceau , qui porte 9tras. Johis. de Guinis, militis^. Mahaut de Saint-Pol, troisième femme de Charles de Valois, prend tous ses titres sur son sceau de l'an 1 3 1 0 , car on y lit à la face S. Mathildis, comitisse Valesie et Camoten. (Sigillum Mathildis, comitisse Valesie et Carnotensis), et au contre-sceau : Co7its. Matlidd. coitisse. Andeg. et Alen. (Contrasigillum Mathildis, comitisse Andegavie et Alenconii)^. Marguerite, première femme du même Charles de Valois, prend sur son sceau, de l'an 1 acj/i, sa qualité de fille de Charles II, roi de Naples et de Sicile : S. Margar. reg. Sicil. Jll. Val. Aleitc. Z Adeg. comitisse (Sigillum Margarete, régis Sicilie fdie, Valesii, Alenconii et Andegavie comitisse); et elle insiste encore sur son contre-sceau : S. Margarete , jilie régis CeciP. Jean II, duc de Bourbon, prend sur son sceau, de l'an 1/161, les litres nombreux de due de Bourbon et d'Auvergne, de comte de Clermont et de Forez, de seigneur de Beaumont, et de pair et chambrier de France *. A la vérité, nous sommes au xv' siècle, et c'est une règle presque générale que le diamètre du sceau et la longueur de la légende tendent sans cesse à s'accroître en descendant dans les bas temps. Robert V, comte de Dreux, en i3io, ne dédaigne pas d'ajouter à son titre celui de simple écuyer, étant, sans doute , trop jeune pour être chevalier : Seel Robert conte de Brèves, esquier^. Un Pierre Courteheuse, écuyer, met sur son sceau, en 1976, qu'il est clerc : S. Petri Corte Heuse, clerici. La charte porte simplement ^Pec trus, dictus Corte Heuse, armiger. :) C'est un des cas fréquents oii la légende ajoute au texte.

Les légendes des sceaux ecclésiastiques contiennent presque toujours le nom du personnage suivi de son titre. Il n'y a rien à dire sur les légendes des papes, la légende formant ici le type même de la bulle. Au reste, c'est constamment le nom du pape avec son chiffre de rang et le mot papa, écrit seulement par

mit sur ses bulles le mot papa en toutes lettres.

Les légendes des sceaux les plus anciens des archevêques et des évêques ont, en général, le nom au nominatif, comme il a été déjà remarqué plus haut pour les grands feudataires. Tels sont les sceaux de Hugues, évêque de Soissons, en 1096, Hugo, Suessorum epi- ; d'Arnoul, évêque de Lisieux, en 1170, Ar-

us

scop

nulfus, Lexoviensis episcopus' ; de Thibaut , archevêque de Rouen, en 1326, Tlieohaldus, Rothomagensis archiepiscopus^. A cette forme primitive de la légende, quelques-uns ajoutent la formule Dei gratta. Ainsi Helgot, évêque de Soissons, a pour légende, en io85, Hilgotus, Dei gratia, Suessionensium episcopus '-'. Hugues III, archevêque de Rouen, en 1 i5û, met Hugo, archiepiscopus Rotomagensis , et, dans le champ, Deigratia^'^; Richard III, évêque d'Avranches, en 1 179, Ricardus, Dei gratia, Abrincensis episcopus '^ Gauthier III , archevêque de Sens, en 1280 : Gualterm, Dei gratia, Senonensis archiepiscopus '^. Il est à remarquer que les archevêques se sont servis plus tard que les évêques de cette formule Dei gratia. Alain , évêque d'Auxerre , de 1 1 5 1 à 1161, n'a sur la légende que Sigillum Autisiodorensis episcopi, mais il ajoute son nom, Alanus, dans le champ '^. Le fameux évêque de Pamiers Bernard Saisset mettait sur son sceau, en i3o8 : S. Rernardi, permissione divina, epi. Appamian'^'^ . Des archevêques de Bourges ont pris le titre de patriarche; entre autres Guillaume, en laoi, Sigillum Willelmi, Rituricensis patriarche '^ , et Gérard , en 1211 : Sigillum Geraldi, patriarche Rituricensis^^. Eustache de Lévis, archevêque d'Arles, prend le titre de prince d'Arles, sur un sceau de l'an 1/179 : S. Eustachii, archiepiscopi et principis Arelatensis ^'' . L'évêque de Paris Pierre Lombard, le Maître des sentences, a pour légende, en 1 1 59 : Sigillum. mngistri Petri, Parisiensis episcopi ^^. Les évêques qui avaient été moines avaient soin de l'indiquer sur leurs sceaux par le mot f rater. Ainsi Guillaume II , évêque du Puy, qui avait été prieur du prieuré de la Chaux, au diocèse de Clermont, mettait sur sa légende, en 1969 : S. fris Guillmi gra .

' N° .5S9. - ■' N" io38. — ' N" 1087. • N° 661.— ^ N» ^Sl>. - " N° 6868. — ' N° 6657. — » N° 6867. — - N° 6867.— '» N° 6862 ; voyez encore n"' 6363, 636û. — " N" 6486. — " N° 6890. — '= N° 6^75. — '■' N" 6776.— " N" 63oi — " N' 6802. — " N" 6289. — '^N' 6781.

xcviii ELEMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

Anicien. epi (Sigillum fratris Guillelmi, Dei gratia, Ani-

ciensis episcopi) ^ Les évêques ou archevêques élus, mais qui n'étaient point encore consacrés et dont les sceaux , comme nous l'avons vu plus haut , étaient très-difl'érents quant au type, avaient aussi des légendes différentes ; ainsi Geoffroi , évêque élu de Meau.x, en 1208, a Sigill. Gnufredi, Meldemis electi-; Simon de Sully, archevêque élu de Bourges , en 1 9 1 9 , S. Simoiils, Bituricensis electi^; Arnaud de Polignac , évêque élu du Puy, en 1266, 5. Aniawli, electi Aniciensis * ; Philippe de Lévis , archevêque élu de Lyon , en 1269 : S. Ph. prime Lugd. eccle. electi (Sigillum Philippi, prime Lugdunensis ecclesie electi)^.

Les chapitres mettaient sur leurs légendes tantôt le nom de la ville seul, tantôt le nom de leur patron joint à celui de la ville, tantôt enfin le nom du patron seulement. Voici des exemples de la première catégorie : le chapitre de Saint-Trophime d'Arles , en 1 2 1 4 , Sigillum capituU Arehtensis ^ ; Notre-Dame et Saint- Privat de Mende, en 1266, S. Mimatensis capituU'; Notre-Dame de Rouen, en i2 55 : Sigillum capituU Rothomagetisis ecclesie^. Sur les légendes suivantes le nom du patron est joint à celui du lieu : le chapitre de Sainte-Croix d'Orléans, en 1209, Sigillum Sanctc Crucis Aurelianis^; le chapitre de Sainte-Outrille de Bourges, en 12-26, Sigillum heati Austregisdi, Bituricensis patriarche ^^■, Notre-Dame de Reims, en 122^, Sigillum Sancte Marie Remeiisis sedis '^; Saint-Front de Périgueux, en 12 45, S. capituU Sci. Frontonis Petragor}'-; Notre-Dame de Laon, en 1 261, Sigillum Sancte Marie Laudunensis^^ ; le chapitre de Saint-Honoré, en i3o8, Sigillum capituU Sanch Honorati Parisiensis ^'* ; \è chapitre de Saint-Quentin en Vermandois, en 1 278 : Sigillum, ecclesie Saticti Quintini in Viromandia^^, On ne trouve que le nom du patron sur les sceaux suivants : le chapitre de Saint-Marcel de Paris, en 1202, SigiUu. Sci. Clementis et Sci. MarcelU'^-. le chapitre de Saint-Quentin en Vermandois, en i2i3. Ses. Xpi.martir Qumtiti. (Sanctus Christi martir Quintinus)'"'; le chapitre de Saint-Pierre de Poitiers, en

1270 : Sigillum beati Pétri apli'^. Parmi les légendes qui s'éloignent des précédentes, on peut citer celle du chapitre de Notre-Dame de Paris, en 1 1 46 ; elle porte Corigregacio Snnctœ Mariœ Pansiensis^^ , et celle du chapitre de Saint-Benoît : S. commumtatis ecclesie Sancti Benedicti Parisietisis ^^ . On trouve au xiv'' siècle des sceaux de chapitres dits aux causses, c'est-à-dire servant seulement pour le temporel; par exemple, un sceau du chapitre de Rodez, de l'an i3o3 : SigiUum capituU béate Marie Rutlienensis ad causas^^. Il y a des sceaux de chapitres qui leur sont communs avec leurs doyens; c'est le cas, entre autres, pour le chapitre de Saint- Yrieix , au diocèse de Limoges , en 1 3 0 7 , Sigillum decaiu et capituU ecclesie Sancti Aredii^^, et pour celui de Saint-Malo, en 1398 : Sigillum decatii et capituU Macloviensis-^ . Il y a aussi des chapitres qui, pour ne pas être confondus avec des monastères, ont eu soin de marquer qu'ils étaient séculiers; ainsi le chapitre de Notre-Dame de Saint-Flour prend pour légende, en 13^9 : Sigillum capituU secularis ecclesie béate Marie Sancti Flouri-*. De même , le chapitre de Notre-Dame du Martoret à Riom, sur un sceau de 1 4^4 : Sigillum capituU secularis ecclesie béate Marie Riomi ^'•'.

Les olTicialités se désignaient le plus souvent par le mot curia , suivi du nom du lieu. L'ofticialité de Sens, en 1221, a pour légende Sigillum curie Senonensis^''; Senlis, en 12 33:5. curie Silvanectensis'-'' . L'officialité de Paris, imitée en cela par celle de Meaux, fait suivre le mot cum de celui de episcopi, sur un sceau de 1268, Sigillum curie Parisiensis episcopi'-^; sur un sceau de 1 264 : Sigillum curie episcopi Meldensis-'\ L'officialité de Tournay remplace le mot curia par sedes, sur un sceau de i354 : Sigillum sedis Toniacensis^". Sur un sceau de lahh, la légende de l'officialité de Reims a une forme exceptionnelle; elle porte : Sigdlum Remensis metropoUs^K Quant aux sceaux d'officialités d'archidiacres, les uns mettent le nom de l'archidiacre, les autres l'omettent. Un sceau de l'officialité de l'archidiacre de Paris, de 1226, porte S. curie Haimerici eccle. Par. arch. (Sigillum curie Haimerici, ecclesie Pa-

' N" 6826.-2 jjo 6699. — ^ N° 63o3. — " N° 6823. — 5 N° 6319. — = N° 710^.— ' N" 7325. — ^ N° 7301.— = N° 7248.— "> N° 7128. — '■N°7289. — 'î N°7272. — "N''7i9i. — "N" 7269.— '^N" 7816.— '^ pj" 7260. — " N° 7813 — •» N" 7277. — " N" 7252. — "N''7362. — 21 N" 7298.— 22 N° 7316. — "N" 7311.— ^»N° 7308. — °-= N" 7297.— "N" 7023. — "N° 7022.— *'N» 7003. — "N» 6893. -"N"'7o38. — ='N'7oi3.

TIRÉS DE LA COLLECTION

l'isiensis archidiaconi) ', tandis qu'un autre sceau de l'officialité de l'archidiacre de Sens, de l'an 12 27, porte simplement : Sigill. curie arcind. Smon. ^ On trouve encore, mais rarement, des sceaux d'une autre espèce d'officialités , celle des doyens. Un sceau de l'officialité d'Auxerre , de l'an 1269, a pour légende : S. curie decani Autiss.^ (Sigilium curie decani Autissiodorensis). Il n'y a rien de particulier à dire des autres légendes du clergé séculier, telles que celles des chanoines, doyens ou autres dignitaires de chapitre. Il faut seulement prendre garde de confondre les doyens de chapitres avec les doyens de chrétienté ou doyens ruraux. La légende n'en donne pas toujours les moyens , car il est rare qu'elle spécifie la nature du doyenné, comme elle le fait, par exemple, sur un sceau d'un doyen rural de la ville de Saint-Denis, de l'an 1 260 : .S. H. decani Apianitntis Sci. Dionysii (Sigilium Hugonis, decani Christianitatis Sancti Dionysii)*.

Toutes les légendes ecclésiastiques qu'on a vues reproduites jusqu'ici sont en latin; cependant il s'en trouve quelques-unes, mais très-rarement, qui sont en français. Nous en donnerons un exemple que nous choisissons, tant parce qu'il est ancien, que parce qu'il présente une pensée gracieuse; c'est le sceau d'un chanoine de Paris, de l'an 1218; on y voit un oiseau avec cette légende : Oiseau va mi à mon ami ^.

Ce qu'on vient de dire des légendes des sceaux du clergé séculier peut, en général, s'appliquer à ceux du clergé régulier; et en effet les légendes des sceaux d'abbaye, par exemple, rentrent, comme celles des chapitres, dans diverses catégories. Les unes contiennent le nom du patron seul, comme au sceau de l'abbaye de Cluny, en 1 909 , dont la légende porte SigiUum almi Petri^\ comme encore celui de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Fécamp, en i2o4 : SigiUum Sancte Tnmtatis ^. Un sceau de l'abbaye de Sainte -Geneviève, du x\f siècle, mentionne sur sa légende les deux patrons de cette célèbre abbaye : Sigillu. Sci. Pétri et Sce. Genovef. virg.^ Le plus souvent

le nom du patron est accompagné de celui du lieu, comme sur les sceaux de l'abbaye de Bonne-Espérance, en 1 1 5 5 , Sigilium Sancte Marie de Bonn Spe ^ ; de Saint- Sauveur d'Anchin, en 1179, Sigilium Sancti Salvatoris Aquiscinensis ecclcsie'°; de Saint-Martin de Plainpied, SigiUum Sci. Martini Plcnpedis "; de Saint- Pierre de Chaumes-en-Brie , en i2o3 : SigiUum Sci. Pétri de Calmis '^. Ordinairement la légende des sceaux d'abbayes commence par les mots SigiUum capitidi ou SigiUum comwntus. Le sceau de l'abbaye de Faremoutiers, en 1197, a pour légende, 5)^*//. capittdi bc. Marie Faremonasterii ^^ ; celui de l'abbaye de Cérisy, au diocèse de Bayeux , en 1299, SigiUum capituli Sci. Vigoris Cerasii^'^ (saint Vigor est l'évêque patron de Bayeux) ; l'abbaye de Saint-lomer de Blois, en 1996, SigiUum capituli Sci. Launomari Bles>s^^\ celle de Saint- Aubin d'Angers, en 1989, Sigilium capituli beati Albini Andegavensis^'^ ; celle de Coulombs près Nogent-le- Roi , au diocèse de Chartres , en 1 9 3 2 : SigiUum Columb. capli'''. Les légendes commençant par les mots Sigilium conventus sont presque aussi nombreuses. Telles sont celles de l'abbaye du Jard, en 129/1,5. conventus S. Joins. deJardo^^;de Notre-Dame-du-Vœu à Cherbourg, en 1282, S. covet. abbie. Sce. Mar. d. vota jux. César, burgu. (Sigilium conventus abbatie Sancte Marie de Voto,juxta Cesaris burgum)'^; de Corbie, en 1998, Sigill. convetït^ Corbiensis ecclesie'-" ; de l'abbaye d'Issoire, en 1296,1$. conventus Iciodorensis^^; de Cîleaux, à un sceau de 1897 : S. conventus monasterii Ciscerciensis'^^. La fameuse abbaye de Moissac a pour légende, sur un sceau de l'an 1266, S. coventus monasterii Sci. Pétri Moysiacen.''^; celle de Pontigny, en 1878 : S. conventus eccie. Pontigniaci^^. On trouve encore, mais rarement, la formule Sigilium ecclesie; par exemple, sur le sceau de l'abKaye de Notre-Dame d'Homblières , en 1228, 5(7. ecclesie Sancte Marie Humolariensis ^^ ; de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, en 1 8 1 4 , Sigill. ecclesie be. Marie in Bolonia^'' ; àe Saint-Sernin de Toulouse, en 1 385 : Sigilium œcclœSci. Satumini'^'^. Enfin le mot Cœnobium,

— "N" 8333. — "N° 8190; voir encore 8221, 8i36, 8176,8193, 8446, 8289, 8216, SaSa.— " N" 8453.— '* N° 8175. — '=^ N» 8i52. — '« N°8i3o. — "N°82o5;voirencore8i54, 8185,8197, 8902, 8161, 83i8, 8167, 8234. — '» N" 8266. — " N° 8192. — " N" 8208,

— "' N° 8243. — " N" 8196; voir encore 8169, 8458, 81 45, 8181, 8199, 8277, 8274, 821 3. — " N" 8294.— ^' N" 8336. — " IN» 8942.

c ELEMENTS DE

que l'on trouve quelquefois sur ces légendes, comme sur un sceau de Saint-André d'Avignon, de l'an 1926, qui représente une église, avec la légende Avinionense cenohium \ et sur celui de l'abbaye de Saint-Pierre de Ferrières, en 1970 : S. capituli Ferrar. swe Dellcemicensis cenobti^.

On rencontre des sceaux d'abbayes communs aux abbés ; ainsi la légende du sceau de Saint-Nicolas de Clairefontaine , de l'an i2o3, porte Sigill. ohhatis et ecclie. Clarifontis ^ ; celui de l'abbaye de Saint-Savin , en 1967, 5. abbis. et conventiis Sci. Savini^; l'abbaye de Saint-Martin de Laon , en 1 9 0 1 , Sigill. abhatis et ecclie. Sci. Martini Laud.^\ l'abbaye d'Hermières, en i2o4 : iS. abbatis et ecclesie Erineriartim''. Un sceau de l'abbaye de Sarlat, de l'an 1 9 5 4 , désigne aussi le prieur : 5. prioris et conventus Sarlaten. "' Il y a pour les abbayes, comme pour les chapitres, des sceaux aux causes. Tel est celui de l'abbaye de Bourg-Moyen de Blois, de l'an 1869 : S. coventus he. Marie Blesen. ad causas^. Quelquefois, mais rarement, la légende spécifie l'ordre de l'établissement religieux; c'est ainsi qu'un sceau de l'abbaye de Lourcine, au faubourg Saint-Marcel, qui était occupée par des Cordelières,

porte S. conventus Sororum Minorum Le reste

de la légende manque '.

Les sceaux d'abbés qui donnent le nom au nominatif et sans le faire précéder du mot sigillum sont rares et, en général, toujours les plus anciens. Nous citerons celui de Jean de Martrigne, abbé de Saint- Taurin d'Evreux, en 1207, Jolumnes, abhas S. Tatirini Ebroic.^'';de Guillaume, abbé de la Sainte-Trinité de Fécamp, en i23i, Willelmiis, Dei gracia, abhas Fiscanni^\ et de Thibaut I", abbé de Luxeuil, en 1 2 58 : Theohaldus, Di. gra. abbs. Luxovien^-. Il est important de remarquer ici qu'on trouve un certain nombre de sceaux d'abbés qui sont anonymes, désignant la qualité sans la faire précéder du nom propre ; ainsi l'abbé d'Aiguebelle , en 1 2 5 5 , 5, abbatis Aquebelle ' ' : l'abbé de Lorroy, en 1 268 , Sigill. abhatis Loci Regii^"; l'abbé de Prémontré, en 1981, Sigillum abhatis Preinonslralensis^^\ Tabbé de Mortemer, en 1982, Sigillum abbatis Mortui-

'N°8i4i.— =N"8223.-2N°8i98. — » N" SSgo. — ^ N° 878 — " N" 8706. — "- N" 8812. — " N» 8489. — '* N" 8809. — '^ N» " N" 8653. — 2' N° 8546. — '-' N" 8676. — " N" 85o6. — " N° 8555.

SIGILLOGRAPHIE

maris ^^■, l'abbé de Haute-Seille , en 1291, Sigillum abbatis Alte Silve^''; l'abbé de Cornouil, en 1 990 : iSigillum abbatis Corneoli^^. Le sceau de saint Bernard, le fondateur de Cîteaux, est du nombre de ces sceaux anonymes; il est appendu à une charte en faveur de l'abbaye de Saint-Victor, émanée de Hugues, évéque d'Auxerre, et de Bernardus, Clarevallensis ahbas. Cette charte, qui est sans date, peut se rapporter à l'année 1 1 i/i ; la légende du sceau porte : Signu. abbatis Clarevallis '°. Certains abbés ont fait précéder leur nom du mol frater; ainsi Yves, abbé de Cluny en 1996, a pour légende , S. fris Yvonis misatoe. dia. abbis. Clun. (Sigillum fratris Yvonis, miseratione divina, abbatis Cluniacensis) -"; Ancher, abbé de Notre-Dame-du- Bourg-Moyen de Blois, en 1898, S. fris. Ancher t, abbis. de Burgo Medio Blesis^^; Robert, abbé de Saint- Etienne de Caen, en 187g, S. fris Roberti, abbis. monasterii Sci. Steph. d. Cadom. (Sigillum fratris Roberti, abbatis monasterii Sancti Stephani de Cadomo) ^-. Comme pour les abbayes et les chapitres, on trouve pour des abbés des sceaux aux causes. Dragonnet, abbé de Saint-Pierre d'Aurillac , en 1809,3 pour légende : S. Dragoneti abbis. Aureliac. ad causas-^. Au xiv° siècle, on voit des abbés qui ajoutent leur nom de famille à leur nom propre ; ainsi Thomas , abbé de la Boissière , met, en 1871, sur son sceau: S. Thome Boucherieu, abbis de Buxi. ^* Une charte de l'abbaye de Savigny, sans date, mais qu'on peut placer entre les années 1198 et 1 9 0 6 , est scellée par Angot , abbé de la Luzerne, au diocèse d'Avranches, d'un sceau qui s'éloigne lieaucoup des autres sceaux d'abbés, tant par le type que par la légende; il représente un bras tenant une crosse accompagnée de quatre étoiles, avec la légende : Manus A. abbatis de Luiserna-^. On voit aussi que l'abbé ne met que la première lettre de son nom, mais le cas n'est pas rare.

Ce qui a été dit de la légende des sceaux d'abbayes et d'abbés convient également aux sceaux des prieurés et des prieurs. Tantôt la légende ne porte que le nom du patron sans le mot prioratus, comme pour le sceau du prieuré de Gournay-sur-Marne, en i942,

7. '. N" 8756. —' N° 8405. —» N" 8176.— ' N° 8464.— " N° 870 j. 8967.— "• N" 8871.— " .\' 8753.— "N° 8678. — "N'Se'iS. — ,— »N''88i4.

TIRÉS DE LA COLLECTION

Sigillum Sancte Marie de Gournaio ', et celui de Saint- Arnoul de Crépy, en 1 3 1 5 : Sigillum Sancti Arnulfi de Crispeio ^. D'autres fois on trouve le mot prioratiis, mais sans le nom du patron, comme pour le sceau du prieuré d'Amponviile dépendant de l'abbaye de Saint- Victor, en 1 Sàg : S. prioratus de Amponvilla ^. Un sceau du prieuré de Saint-Nicolas de Laon remplace le mot prioratus par celui de conventus, et de plus il ajoute le nom de l'ordre , qui était celui du Val-des-Ecoliers , dont ce prieuré de Saint-Nicolas était môme cbef d'ordre : S. covenlus Soi. Nicholai Laud. ordis. Vall. Schol. (Sigillum conventus Sancti Nicholai Laudunensis, ordinis Vallis Scholarium)*. Ainsi qu'on l'a vu pour les abbayes, il y a des sceaux de nrieurés qui sont en même temps communs aux prieurs; par exemple, le sceau du prieuré des Bons-Hommes du bois de Vincennes, en 1 878 : S. prioris et coiiventm prioralm de Vincenis ^. Quelquefois le sceau du prieur est apposé au dos du sceau du prieuré; c'est le cas pour un sceau du célèbre prieuré de la Charité-sur-Loire, de l'an i3o3; on lit à la face Sigill. S. Marie de Karitate, et au contresceau : Siiigniim prioris''. Mais presque toujours le prieur a son sceau particulier, comme, par exemple, Hélie, prieur de Grandraont, au diocèse de Limoges, sur un sceau de in39 : Sigdlum Hche prions Gr/indimontis''. Quelquefois les prieurs de prieurés, afin de n'être pas confondus avec les prieurs claustraux ou prieurs d'abbayes, mettaient sur leur légende le mot prieuré; par exemple, le sceau de Renaud, prieur de Sainte-Marie de Boulogne, ordre de Grandmont, au diocèse de Chartres, porte en 1887 : S. f. Reginaldus por. porats. de Podio Caprari (Sigillum fratcr Reginaldus, prior prioratus de Podio Caprari)*.

n. DES LÉGENDES DES CONTRE- SCEAUX.

Les légendes des contre-sceaux forment deux catégories distinctes : celles qui ont plus ou moins de rapport avec la légende du sceau , et celles qui ji'en ont aucun. Nous suivrons, pour les légendes des contresceaux, l'ordre que nous avons suivi pour celles des

sceaux. Deux cas se présentent dans la légende du contre-sceau : celui où rien n'y indique qu'elle appartienne à un contre-sceau plutôt qu'à un sceau, et celui, au contraire, où elle commence par les mots sigillum, conlrasigdlum , secretum et sigtium en latin, et scel, contresccl et secret en français. Trois exemples suffiront pour le premier cas. Mathieu II, duc de Lorraine, met sur son contre-sceau, en 1226, son nom seul: Matheiis"^. Jean IV, comte de Vendôme, en i2oli, ajoute son titre : Jolies, cognes de Vindociiw^''. Isabelle de Rosny, femme de Pierre de Chambli, qui a pour légende de son sceau , en 1 2 g 4 , S. Ysabel de Rooni, dame de Chambli, se contente de mettre sur son contre-sceau : YsabeP^. Nous passons au second cas, celui où la légende du contre-sceau s'annonce elle-même. Dans les plus anciens , c'est par le mot sigillum ou simplement paruUiS initial. Robert I", comte de Dreux, a pour légende de son contre-sceau , en 1 1 8/i , Sigillum comitis Roberti^-; Alain de Vitré, au \\f siècle , Sigillum Alani^^ ; Enguerrand, comte du Perche, en i2o5 : 5. Injorami de Cociaco^'*. C'est par ce contre-sceau qu'on apprend (pi'il était de la maison de Coucy ; ce que ne dit pas la charte , qui porte seulement : «^ Ego Ingorrannus , comes !<Pertici. -n Nous croyons, d'après l'étude comparative d'un certain nombre de légendes de contre-sceaux , qu'il faut toujours traduire le S initial de la légende par le mot sigillum, au moins jusqu'à la seconde moitié du xui' siècle; car ce n'est guère qu'à partir de là qu'on voit apparaître le mot secretum, qui, lui aussi, peut servir à traduire le S initial en question; ce qui nous semble prouver que l'on s'était servi de contre-sceaux longtemps avant de leur avoir donné un nom particulier. Un sceau de Roger de Rosoy, de l'an 1201, porte à la face la légende Sigillum Rogeri de Roseto, et au contre-sceau : S. Rogeri de Roseto. Evidemment il a voulu répéter sa légende; mais, la place manquant sur le contre-sceau pour mettre sigillum en entier, il s'est contenté de la première lettre du mol'^. Raoul III, vicomte de Beaumont, ne prend sur son sceau, de l'an 1211, que la qualité de fils du vicomte de Sainte- Suzanne, S. Rad.Jiln vicecom. sce. Sussanne, tandis qu'il

'N-gûoo. — "-N''9397. — ••N-gaSo.— '' N° g^oô.— ' N" 9449.— 'N" .j4g5. — 'N" 9628. - ' N" 9482. — » N" 779. — "> N-ggS. " N" 1693. — '2^720.— "N''3922. — "'N° 1001.— ' = N"345a.

eu ELEMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

réserve celle de vicomte de Beauniont à son contresceau : S. Rad. vicecom. de Beïïemont. On voit ici que les deux légendes , celle du sceau et celle du contre-sceau , commencent également par la lettre initiale S. Or il n'y a pas de doute que ce S ne doive se traduire par sigillum sur la première , puisque c'est la légende du sceau. Mais comme la seconde est au moins , sinon plus , tout aussi importante que la première , puisque c'est celle où il prend son titre, il semble qu'on ne puisse non plus traduire ici le 5 par un autre mot que celui de sigillum K Cette interprétation se confirme par un sceau de Guillaume de Chauvigny, seigneur de Châteauroux, de l'an laiy. La face porte Sigill. domini Castri Radiilphi , et le contre-sceau , iS^g'/Z/HW Willelmide Calviniaco, oii sigillum est en toutes lettres^. Miles de Noyers, en 1966, répète sur son contre-sceau, mais en abrégé, la légende de son sceau. Face : Sigilhtm domini Milonls de Noenis ; contre-sceau : S. dni. Mllonis de Noiers-^. On peut remarquer ici que le nom de la terre, qui est en latin sur le sceau , est en français sur le contre-sceau. C'est un cas qui se produit souvent. Guillaume Maingo , seigneur de Surgères , prend sur son sceau , en 12-71, seulement la qualité de chevalier, Sigill. Willelmi Mango, mditis, et sur son contre-sceau le nom de sa terre: Sigillum domini Surgeriarum'^. Il imite en cela Louis le Jeune, qui, ainsi que nous l'avons vu, s'intitule duc d'Aquitaine au revers de son sceau.

On doit regarder les mots Contrasigillum et Secretum comme entièrement synonymes sur les légendes des contre-sceaux. Nous commencerons par celui de Secretum, qui nous semble avoir apparu le premier. En 19 19, Pierre . fils du comte de Dreux Robert II , met pour légende à son contre-sceau, Secretum Petri^, et son frère Robert, depuis Robert 111 : Secretum Roherti'^. Gaucher de Joigny, en 1917, a pour légende de son sceau, Sigillum Galcheri de Jovigniaco, et sur son contre-sceau : Secretum Galcheri de Jovigniaco ". De même , Eudes le Turc, en 1267, met Sigillum Odonis Turci sur son sceau, et Secretum Odonis Turci sur son contresceau^. En général, la légende du contre-sceau ne contient pas tous les éléments de celle du sceau. Par

exemple, Renaud de Béthisy, qui a sur son sceau, de l'an 1219, la légende Sigillum Reginaldi de Besticiaco, n'a , sur son contre-sceau , que Secretum Reginaldi^. Il y a des cas oii c'est le contraire et où la légende du contre-sceau ajoute à celle du sceau. C'est ainsi qu'Alix de Mauléon nous apprend, par son contre-sceau de l'an 12/17, qu'elle était de la famille de Mauléon. La face porte S. Aime vicecomitisse Toarcii, et le contre-sceau : Secretu. Alicie de Mauléon '". Dans les légendes en français, c'est le mot secret qui est employé. On lit sur un contre-sceau d'Adam le Boutciller, de l'an 1807, 5ecret Adan le Routelier c/*.", et sur un autre de Jean des Barres, en 1 972 : C'est mes secrez '^.

Un des plus anciens exemples que nous ayons trouvés de l'emploi du mot Contrasigillum dans les légendes est celai du sceau de Raoul de Fougères, en 1280. La face porte Sigillum Rndulplii dn. Fulgeriar. et le contre-sceau, Contrasigill . Radulji dm Filger. où l'on remarquera la différence, d'ailleurs si fréquente, de l'orthographe des deux légendes: Radulphus et Radulfus , Fulgeriarum et Filgeriarum^^. Les légendes qui portent Contrasigillum sont tout aussi nombreuses que celles qui portent Secretum; mais celles qui emploient les deux mots Sigillum secreti sont beaucoup plus rares. On trouve cette dernière forme, entre autres, sur les sceaux de Gui de Lusignan, en 1968, S. secreti Guidonis de Leziniaco^'^ ; de BouchardV, comte de Vendôme, en 1967, S. secreti comitis VindoctnenJ^ et de Gui de La Marche, en 1 98 1 : S. secreti Guidonis^^. Henri, sire de Trainel, en 1968, emploie l'expression composée de Contre-scel du secret : 9trasigillum secreti mei'"'. Celle de Claris sigilli se trouve, en 1268, sur un contresceau de Robert IV, comte de Dreux , Clavis sigilli Robti. comitis DrocarJ^ et de Philippine, comtesse de Hainaut, en i3o5 : Clavis sigilli comitisse Haynonie '^. Jean V, duc d'Alençon, a sur son contre-sceau, en 1^23, la légende , Parvum contrasigillum ^'', et Nicolas, marquis du Pont, sur un contre-sceau de l'an 1/167 : ^- J^'"^'""* Nicolai, marchionis Pontis'^K Sur un contre-sceau de Jean III, comte de Dreux, de l'an i33i, la légende est en français : Contreseel Jehan,

TIRÉS DE LA

conte de Dreus '. Elle est plus étendue à un contre-sceau de Raoul , comte d'Eu , en 1 3 3 9 : Cotre, seel Raoul cote, (le Eu et (le Guine, connestable de France^. Il suit de ce qui précède que les contre-sceaux laïques ont pris assez tard une appellation propre ; que cette appellation a été indifléremment contrasigiUum etsccrelum, et quelquefois, mais plus rarement, clavis sigdli et sigillum parvum. Ce sont là les formes ordinaires. Il en est d'exceptionnelles, que nous devons signaler : Amauri VI, comte de Montfort, met sur son contre-sceau, en 128/1, le mot Veritas^; Jean I", comte de Roucy, en 11 00, Veritas Johannis'^; Guillaume, châtelain de Lille, en i935, Testimonium veri'-'; un seigneur de l'Ile-de-France, en 1 996 : Crede miclii^. La légende du contre-sceau d'Henri d'Avaugour, en 1981, est d'une autre nature et tout à fait chevaleresque. Elle accompagne l'écu de ses armes et porte : Suh meo scuto est meum secretum''. Marguerite , sa femme , l'imite en mettant les armes de son père , avec la légende : Suh scuto patris niei est meum secretum **. Il y a des contre-sceaux qui représentent des châteaux dont la légende donne le nom. C'est ce qu'on voit sur un contre-sceau de Raimond IV, vicomte de Turenne, en 1921. Ce contresceau, qui représente un château , a pour légende : Castrum Turenne in rupe situm^. Le contre-sceau de la prévôté d'Orléans, en 1991, a un monument et le mot Aurelianis ^'' ; celui de la prévôté de Gien, en i33/i, Castrum Giemi^K Un contre-sceau du hailliage de Valois, de l'an 1 296 , où se voit un éléphant, laisse lire très-distinctement pour légende le mot Ivoire '^.

Ce qui distingue surtout les légendes des contresceaux ecclésiastiques de celles des contre-sceaux laïques, c'est la présence très-fréquente, soit de noms de saints, soit de sentences pieuses. Au reste, on y trouve aussi toutes les formes adoptées sur les contre-sceaux laïques. Le mot secretum se trouve seul sur le contre-sceau de l'oflicialité de Troyes, en 19 95 '^; de Gilles, ahbé de Cluny, en 1939"'; de l'ahbé de Belleval, en 1969'^.

COLLECTION. cm

Sur des contre-sceaux de Garin,abbé de Saint-Lomer de Blois, en i95o"^, et de l'abbaye du Moncel ''', en 1 3o3, on lit Secretum meum. La formule Secretum meum michi, bien que plus longue, se trouve pourtant plus anciennement. Elle paraît déjà sur des contre-sceaux du xif siècle , tels que ceux de Guillaume II , archevêque de Sens, en 1 1 76 1^; de Guillaume aux Blanches- Mains, archevêque de Reims , en 1 1 83 '°, et de Michel de Corbeil, archevêque de Sens, en 1196^". Elle continue dans les temps postérieurs. L'abbesse de Sainte- Marie d'Argensolies la prend encore en i3o3 -K Un prieur d'Argenteuil , en 1 9 9 2 , y introduit la variante Secretum meum tibi'^-, et le chapitre de Saint-Martin de Courpalais, en 1 9 35 , Secretum nostrum'^^. La formule Secretum sigilli se trouve sur les contre-sceaux de l'abbaye de Cérisy, en 1929 2*, et de l'abbé du Monl- Saint-Eloi, en 1999^^; mais le plus souvent les mots y sont renversés dans cet ordre : Sigdlum secreli-''. Un abbé de Joyenval, en i36/i, met Sigillum secret! mei'^'' , et un abbé de Saint-Vaast d'Arras,en i3o8 , Sigillum secreti nostri-^; le chapitre de Noire-Dame de Longpréles-Corps-Saints , au diocèse d'Amiens , en 1 3 7 6 : Sigillum secretum^^ , et Signum secreti^" est au contre-sceau de Guillaume Cornu, archidiacre de Sens, en 1981. Mais cette substitution du mot signum au mot sigillum est toujours rare. Henri, évêque de Bayeux à la fin du xif siècle, met : Sit secretum^K

Le mot ContrasigiUum est très-fréquemment employé seul. Nous citerons seulement le contre-sceau de l'officiahté de Térouane, en 12/16^^, et celui du chapitre de Saint-Pierre de Saintes, en 1817^^. L'abbé de Chambrefontaine , en 1266, met ContrasigiUum ahhatis^'^, et l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon , en 1 38 1 : ContrasigiUum ad contractus ^^.

De même que ContrasigiUum, la formule Clavis sigdU s'offre fréquemment ^^. L'abbaye de Saint-Etienne de Fémy met, en 1 9/1 G : Clavis sigilli Sancti Stephani^'^.

Les deux formes Custos sigilP^ et Custos secreti^^ sont

'N° 735. — = N°925. — 'N- 712. — '' N" 1020.— 5 N-SSoô. — ■= N° .3899. — 'N° 1260.— »N° 126t. — ' N» 771. — '" N° 4866. Il N» /,8i5. — " NVi7i4."N'' 7044. — '>N° 8777. — '=N° 853.3. — " N° 8553. — " N° 8296. — " N" 6386.— " N" 6343. — 2° N° 6388. —2' N- 9180. — " N" 9463. — »' N» 7164. — " N"8i75. — " N" 8852. — " Voir n"' 6488, 9008, (11 13, 7940, 7356, 63/i8.— " N° 8776. — " N° 8498.—" N°720i.— "> N" 7447.-2' N" 6499. — '* N° 7080. — "N" 7818; voir encore 7587, 8941, 7437, 6769, 91 4o, 6924, 75i4, 8795. — " N° 8611. — " N° 8354. — " Voir, entre autres, n" 7614,9134, 7507, 8752,8146, 8278, 8385. — =' N° 8221 . — " N"' 646o, 8168. — « N°' 9106, 9098 , 8799,9464.

ELEMEx\TS DE SIGILLOGRAPHIE

encore assez communes. En 1289, l'abbaye de Saint- Aubin d'Angers a pour légende de son contre-sceau . Custos sum secreti capituli, et l'officialité de Tournay, en 1270: Custos sigilH notular. (Custos sigilli notularum M. Plusieurs officialilés d'archidiacres de Reims affectent ce mot notula dans la légende de leurs contre-sceaux ; ainsi , en 1 a /i 5 , on y lit , Actorum notuh ^ ; en laic). Notula actorum ^i en laag, Notula cune'^; en 1297 : Sigillum ad notulas^. L'officialité de Noyon, en 128^, met aussi Notula curie Noviomi^. On se servait encore de formules différentes pour mieux montrer la foi due au contre-sceau. C'est ainsi qu'un sceau de l'Hôtel-Dieu d'Angers, de l'an 1282, qui a pour légende à la face, S. Capituli Elemosinane Amleavis, ajoute au contre-sceau : De test.frm. Elem. (De testimonio fratrum Elemosine "). Le contre-sceau d'un abbé de Luxeuil, en i3oo, porte Signum veritatis^; celui de l'abbaye de Gorze, en 1821 : Fides sigilli^. L'officialité de Soissons , en 1269, n'a que ce seul mot, CoiiJirma^° ; le chapitre de Reims : Confirma hoc Det<5 ''. Michel de Villoyseau , évêque d'Angers, en i2 5(). met Annuncio secreta^''^, et Bernard, évêque de Porto et de Sainte-Rufine, en 1817 : Cela secretum^^. Un contre-sceau de Pierre, abbé de Saint-Lucien de Beauvais, de l'an 1817, porte une pierre gravée représentant la Paix ou l'Abondance, avec la légende : Pr. hoc inspice legem et comple (Per hoc inspice legem etcomple^^). Robert, évêque de Troyes, a, en 1282, une main tenant une clef avec la légende Ligat, solvit h (œc clavis) Pétri ^^•, Laurent, abbé de Saint-Lomer de Blois, en 12 26, une tête à droite et la légende Frange, lege, tege^^'\ l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise, en 1216, Signum est confidere in homin. ^' l'Hôtel-Dieu de Rouen, en 1 3 66, un Agnus Dei et les mots Noh me tangere^^: Geoffroi, abbé de Marmoutier, en 12/16, Gaufridi capiti crédite sicut ei'^: un autre abbé de Marmoutier, Etienne, en 1276 : Hmc Stephi. capiti crédite sicut ei '-".

Indépendamment des légendes dont il vient d'être question , on en trouve , sur les contre-sceaux ecclésias-

tiques, une foule d'autres qui portent un caractère [héologique ou moral. Les unes s'appliquent à la foi, les autres sont des élans de prière ou des préceptes de conduite ; ainsi des croix se voient souvent sur ces contre-sceaux avec la légende Signum Dei vivi, comme sur le contre-sceau du chapitre de Sainte- Croix d'Etampes, en 1221^'; sur celui d'un abbé de Moutier-Saint-Jean, en 1272"^^, et sur celui de l'officialité d'Orléans, en 1279^^. D'autres fois , ce sont les mots Ave crux^^, ou encore Ave crux preciosa-'-'. Un contre-sceau du doyenné de Lihons-en-Santerre , de l'an i3o8, représente un personnage nimbé, vu de face, à mi-corps, avec la légende Trinus et unus Detis^^: celui de Guillaume 111 , abbé de Figeac, en 1 2 1 /i , un buste dans un nimbe crucifère et la légende Signum Sci. Salvatoris ^' ; celui du prieuré de la Charité-sur- Loire, en 1270: Caput nostrwn Cristus^^. Une main bénissante , avec la légende Dextera Dei, se voit sur un contre-sceau de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, en 1 2/18 -•'; de celle de\ illeloin, en 1255^", et d'Hélie. abbé de Saint-Benoîf-sur-Loire, en 1280 ''. Un contre-sceau de Jean , prieur de Saint-Martin-des-Champs , de l'an i/ii5 , représente le Christ en croix, ayant à ses côtés la Vierge et l'apôtre saint Jean debout , avec cette légende: Aps. rex veit. in pace Deus ho. fact9 est (Christus rex venit in pace; Deus homo factus est^^). Le contre-sceau du prieur de l'abbaye de Saint-Denis, en 1299, représente la tête du Christ avec ces mots : Ego sumcapud, vos menhra^^. Etienne, abbé de Saint- Pierre de Melun, a sur son contre-sceau, en 1 289, un moine à genoux devant un autel sur lequel est un calice, et pour légende , 9fiteorDo. et he. Marie (Confileor Deo et Béate Marie ^'*) ; l'abbaye de Sainte-Bénigne de Dijon, en i3o7,une croix avec l'invocation, i)eMS,Z)eMs meus^^; Gobert, abbé de Saint-Magloire, en 182/4, Sit nomcn Dni. benedictum ^^ ; Nicolas, abbé de Saint- Martin de Pontoise, en 1286 : Veni sce. Spiritus^'^. Il n'y a pas toujours un rapport bien apparent entre la représentation et la légende. Par exemple, Raoul, abbé de Saint-Corneille de Compiègne, en 1289, qui

' N" 8i3o et 7086. — ' N° 7/198. — ' N° 7699. — » N" 7000. — ' N» 7501. — « N" 6997. — " N° 9967. — » N° 88i3. — » N» 8a3i. - >''N''7028.— "N° 7289. — "N-eiSo.— "N" 6259. — "N" 8523.— " N° 6916. — "N- 8552. — "N''834o.— '»N°997i.— "N° 882a

— "WSSaS. — ''N°7i77. — » N» 8878. — " N° 7000.— " N» 7611. — " N° 7000. — " N" 9^07. — ^' N" 871^. — " N° 9892

— «♦N- 8869. — " N° 8349. — " N" 9014. —'* N" 9568. — " N° gSSi. — " N" 8838. — " N" 8218. — " N° 8918. — " N° 8960.

a pour conire-sceau une pierre gravée représentant une Minerve , met pour légende : Spirkus dm. sup. me (Spiritus Domini super me'). Voici des cas où les choses s'accordent mieux : Un Agnus Dei, c'est-à-dire l'agneau divin avec la légende, Adjuva me, Domine'^; une main bénissante et Deus adjuvat me ^, etc. La légende Miserere mei, Deus se trouve sur un grand nombre de contre-sceaux ''■,Deum ijmo,surdes contre-sceaux de 12 20, i22/i,i25i^, Deus judex jusUiis , sur un contresceau d'un abbé de Saint-Maur-les-Fossés, en 1210''; Juste judicate, sur un contre-sceau du prieuré de Saint- Pierre d'Abbeville , en 1 3 1 1 '', et d'un abbé d'Anchin , en iSyi^; une (leur de lys et la légende Flos jHius ejus, sur un contre-sceau de l'abbaye de Jouarre, en i3i6°; une tige de lis entre deux épines et la légende , Sicut liliu. int. splnas (Sicut liliuni inter spinas), sur le contre-sceau du prieuré de Longpont, en 1228'°. La Madeleine en buste et la légende Fides tua te saha [sic) fecit, sur un contre-sceau de Sainte-Marie- Madeleine de Verdun ".

Les paroles de la Salutation angélique se trouvent sur un grand nombre de contre-sceaux ecclésiastiques; par exemple , Ave Maria , sur un contre-sceau de Robert d'Auvergne , évêque de Clermont , en 1 2 0 1 '-. L'abbaye de Juilly, en 1282, met Ave Maria gracia '^; celle de Clairfontaine , en 1287, Ave Maria gracia plena '* ; Thibaut d'Amiens, archevêque de Rouen, en 1226, Ave Maria gracia plena domin. ^^ Henri Cornu , archevêque de Sens, en 1 267, Ave Maria gra. pleiia dns. tecu.^^; le chapitre de Notre-Dame de Chartres, en 1207, Ave Maria gracia plena dominus tecum bcnedicta '^. D'autres contre-sceaux sont encore sous l'invocation de la Vierge , tels ceux d'Etienne, abbé de Rourg-Moyen, en 1260, Virgo Maria^^; de Notre-Dame de Coutances , en 1 3 07, Salve virgo Parens '®; de Guillaume III, évêque de Lisieux,en 1221, Salve sunctu Parens-'^; de Rarthélemy, évêque de Paris , en 1 2 2 4 , Virgo Dei Mater -^ ; d'Hélie , prieur de Grandmont, en 1282, Mater Dei, miserere

TIRES DE LA COLLECTION. cv

mei^'-; de l'abbaye de Molesme, en 12^5, Angel. ad

Mariam^^ (Angélus ad Mariam); de l'abbaye de Pontlevoy , en 1 2 5 5 , Marias, ad cel. (Maria , suscipe ad celum^*). L'agneau pascal est gravé sur un grand nombre de contre-sceaux , tantôt avec la simple légende Agnus Dei, comme au contre-sceau de Philippe, évêque d'Orléans, en 1227 -^, tantôt avec celle de Ecce Agnu^ Dei, comme au contre-sceau de l'abbaye de Rourg-Moyen, en 1285-^; Agne Dei, miserere mei, au contre-sceau de Pierre de Corbeil, archevêque de Sens, de 1221 -''; enùn, Agnus Dei, qui toli. pe. (Agnus Dei, qui tollis peccata), au contre-sceau du chapitre de Saint-Laurent de Rlois, de l'an 1261-^.

Reaucoup de contre-sceaux ecclésiastiques portent des noms de saints. Nous les énumérerons ici dans l'ordre alphabétique.

Saint Arnoul. Sanctus Arnulfus, prieuré de Saint- Arnoul de Crépy, en 1 8 1 5 ^''.

Saint Augustin. S. Augustinus, abbaye de Saint- Nicolas d'Arrouaise, 1808^°; S. Beati Augustini, abbaye de la Roche, 12/19''.

Saint Corneille. Scor. Cornelii et Cipriani, Pierre, abbé de Saint-Corneille de Compiègne, 1280 '-.

Saint Crépin. Sigdlum s. Cripini , Alboni, abbé de Saint-Crépin-le-Grand de Soissons, 1286 ^'.

Saint Cyr. Sanctus Ciricus, Guillaume, évêque de Nevers, 1 2 1 7 ^* ; Béate Ciricus, Robert, évêque de Nevers, laho-^^; Ses. Ciricus; Sca. JuVUa, Emmeline, abbesse de Saint-Cyr de Rerchères, 1268''^.

Saint Denis. S. Dionysius Ariopagita, Guillaume III, abbé de Saint-Denis, 1261 ".

Saint Etienne. S«e/ànMsy;to(itsgrrtCîa, Pierre de Cuisy, évêque de Meaux , 1226^^; Sanctus Slephanus , Pierre II , évêque d'Agen, 1269^'; Beatiis Slephanus Autisiodo. Guillaume III, évêque d'Auxerre, 1289*"; ^««^"* '^'^plumtis Bilur. Henri, archevêque de Rourges, 1199*^; Orapronohis, bcatc Stephe. abbaye de Saint-Mesmin de Micy, i2 5G^2

' N" 8861. — ' N" 7846 et 6890. — ■' N" 9172. — " Voir, enlre autres, n"" 63oi, 7616, gôsQ. — '- N" goiS, 8966, gSaS. — ' N» 9o5i. — ' N''9376.— « N° 8692. — » N" 846o. — '" N° 9410. — " N° 1238. — '^ N" 6676; voir encore 6434, 7042, 8167. — " N° 8253; voir encore 7166, 9560. — " N" 8197 et aussi 9129.— "N°6367. — " N° 6892 et aussi 6826, 6791, 8i63. — " N" 7i5o. — "N" 8542. — "N" 7165. — ^"N" 6661. — 2' N° 6787. — " N" 9628 et aussi 6347. — " N° 8295. — "» N» 8337. — "iT 6762; voir aussi 9102,8378. — " IV" 8i54; voir encore 9101, 7801, 7079, 7923,7269. — " N" 6389, 83oi. — ^» N°7i2&. — ^' N" 9897. — '»N°8i35. — =" N" 8357. — '^ N° 8662. — " N°9ii2. — » N" 6737. — "N''6378. — '««'9260. — " N" 9091. — ='^''6702.— " N" 6432. — "o N° 6482. — " N" 63oo. — « N° 8290.

ELEMENTS DE

Saint Firmin. Sanctus Firminus, chapitre de Notre- Dame d'Amiens, i365 '.

Saint Florentin. Ses. Florentimis, abbaye de Saint- Florent de Bonneval, 1266 -.

Saint Front. Cnpiid benti Frontasii , chapitre de Saint- Front de Périgueux, 1 2 45 ^.

Sainte Geneviève. 5ci7. Genovefa, Robert, abbé de Sainte-Geneviève, laia *; Sca. Genovefa, orn p. nob. Arnoul, abbé de Sainte-Geneviève, 1276 ^.

Saint Géraud. Ses. GeraUus cornes, Bertrand, abbé d'Aurillac, 1 2/17 ''.

Saint Gervais et saint Protais. Gervasius et Ptasim, Girard, évêi|ue de Soissons, 1298 ''.

Saint Géry. Ave Sancte Gaucerice, chapitre de Saint- Géry de Cambrai, 1868^.

Saint Hclouin. Ses. Hci^luinus, primus abbas Becci, abbaye du Bec , 1221^.

Saint Jean-Baptiste. Johannes est nomen e/'ws, Jean II , abbé de Sainte-Geneviève, i3i3 '". La tête de saint Jean-Baptiste dans un plat, avec la légende Caput Johts. in ihseo ".

Saint Jean l'Evangélisle. Johes. Evangllta, prieuré de Gournai-sur-Marne, 12/12'^.

SaintJosse. 5. Judoce, orapronoèis, abbaye de Saint- Josse-sur-Mer, i3o3'^.

Saint Julien. Sanctus Jullanus, Geoffroi II, évéque du Mans, 1 269^*; Ses. JuJianus Cenomannen. Hamelin, évêque du Mans, i9o3'^; Caput Juliani martiris , abbaye de Saint-Julien de Tours, laSo "\

Saint Just et saint Pastor. Ses. Justus Ses. Pastor, Pierre Amiel , archevêque de Narbonne , 1229'''.

La Madeleine. Sca. Maria Magdalcnc, Jean, abbé de Vezelai , 1267'^.

Saint Magloire. Sanctus Maglori. abbaye de Saint- Magloire, liah^^.

Saint Marcel. Le contre-sceau du doyen de Saint- Marcel de Paris, en 128/1, porte Ses. dans le champ, et Marcelli à la légende^".

SIGILLOGRAPHIE

Saint Marcellin. Ses. Marcellin. Raimond, archevêque d'Embrun, 1292 -^

Saint Martial. S. Marcialis, l'abbé de Saint-Martial de Limoges, 1 280^^.

Saint Martin. Ses. Martinus, l'abbaye de Moissac, xn^ sihcle^^ ; Sanctus Martinus ,\e chapitre de Saint-Martin de Montmorency, 1809^*; Hic est S. Martinus , l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise-^; Sanctus Martinus epc. l'abbaye de Saint-Martin de Troyes ^''; Ses. presul Martinus, l'abbaye de Marmoutiers, 1260 ^'; Domnus Martinus, l'abbé de Saint-Josse-au-Bois, 1281 ^^.

Saint Maurice. Sanctus Mauricius, Juhel de Mayenne , archevêque de Tours, en 1289^^, et Sanctus Mauritius, en 1 2/19^*'; S. Mauricius Turonis, Marcel, archevêque de Tours, 1 2/18 ^K

Saint Nazaire et saint Celse. Nazarius, Celsus, Guillaume Arnaldi, évêque de Carcassonne, 12/18 ^^.

Saint Nicolas. Sanctus Nieholaus, l'abbaye d'Hermières, 12/16^'; Sanctus Nicolaus, l'abbaye de Clairfontaine, 129/1^*; 5. Nieholaus suseitans cleros, le prieuré de Saint-Nicolas de Laon, 1807 ^^.

Saint Paul. Paulus, le prieuré de Saint-Pierre de Bucilly, 1 3 08 ^'' ; Satictus Paulus noster, l'abbé de Saint- Pierre de la Couture au Mans, xiii° siècle"; Secretu. sei. Pauli, le chapitre de Saint-Etienne de Metz, en 1 586 ^'' ; S. Manus doctoris gentium, en 1879^'.

Saint Pierre. Beatus Petrus, Jean, abbé de Saint- Pierre de Lagny, 1 298 *"; S. Petrus, S. Paulus, le chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier de Bourges, 1808"; Signu. Pétri, signu. Pauli, l'abbaye de Saint-Pierre de Rebais ,1289''^; Claves beati Pétri, Jean , abbé de Saint- Pierre de Corbie, 1220*^; Ecclesiarum principes, le chapitre de Troyes, 1 82/1 **; 5. Pe. et Paule orate pro nobis, Jean , prieur de Saint- Arnoul de Crépy, 1 8 1 5 *\

Saint Privât. Ses. Privatus mr. Odilon de Tournel , évêque de Mende, 1266*''.

Saint Prix. Sanctus Prejectus, l'abbaye de Saint-Prix de Vermandois , 1219*''.

1 N° 7093. — 2 N° 856o. — ' N° 7379. — » N° 8987. — =■ N° 89/10. — <' N" 85o4. — ' N° 6876. — » N° 7188. — ' N° 8i48. — "N-ggia. — " N°7i93. — '^ N° gioo. — " N" 838 1. — '» N° 6689. — '«N"6685, 6692. — "^ N» Sisô. — " N° ôSaS. — " N" gi-]li.

— "N°88i9. — 2«N°7228. — ^'N°7226. — " IN» 8788. —<" N° 7129. — « N" 8985. — " N° 8668. - - " N" 7847. — " N° 9609 — "N°67i5.— " N''8389.

TIRES DE LA

Saint Quentin. Ses. Quintinus, l'abbaye de Saint- Quentin-en-l'Ile, i^ay'; CaputsanchQtiintmijlechapitre de Saint-Quentin en Vermandois, 1978 -.

Saint Riquier. S. Rikarius, Gilles, abbé de Saint- Riquier, 1275^.

Saint Symphorien. Le contre-sceau de Pierre, abbé de Saint-Sympborien de Beauvais, en i3i8, a dans le champ .Ses. et pour légende Siphormnm *.

Saint Victor. Smictns Victor, l'abbaye de Moutier- Ramey, 1987^; S. Victor, S. Arnulplius, Bertrand, abbé de Mouzon , 199/1^.

Saint Yves. Ses. Evodiu. archieps. l'abbaye de Saint- Yves de Braine, 1879 ''.

Les sentences qui se trouvent sur les contre-sceaux ecclésiastiques portent en général un caractère d'humilité. L'une de celles qui se reproduisent le plus souvent est celle-ci : Gratta Dei sum id quod sum ^. On la trouve quelquefois avec des accompagnements singuliers, comme sur le contre-sceau d'un abbé de Saint- Maur-des-Fossés, où cet accompagnement est un Silène^. Yves, abbé de Cluny, en 1966, y ajoute son nom : Yi^o ahhas Clun. gra. Di. su. ni. qd. su. (Yvo, abbas Cluniacensis, gracia Dei sum id quod sum) '". Certains contre-sceaux ecclésiastiques contiennent des sentences philosophiques. Par exemple, l'abbaye de la Sainte-Trinité de Fécamp, en i2o4, Omnia cum consiliofac, etpostfatum^^; un jurisconsulte du xiii° siècle: Ex impossibili quodlibet ^^.

A partir du xiii° siècle, on trouve des sceaux qui portent leur date, laquelle est presque toujours mise sur le contre-sceau. Un sceau de l'officialité de Tours, de l'an 1969, fait exception. Le contre-sceau est sans légende , et c'est sur la face qu'on lit la légende à

demi-détruite -.S reno. . . ano MCCXX VIIP^.

Voici au reste la liste des sceaux datés que possède la Collection : Adam , seigneur de Beaumont , acte de 1211, légende : Actum milo CCAl '* ; Renaud d'Amiens , acte de i995 : M ducentcsimo vigesimo^^. L'ofScialité de Paris, acte de 12/17 • M CC ÀLVP'^. La même,

cvn

acte de i956 : S.fcm. aim M CCLllV. Arcliambaud d'Argv, sire de Palluau en Berri, acte de 1972 : Ano dni. MCCLV^^. La chàtellenie de Nogent-l'Eremberl (Nogent-le-Roi), acte de 1 3 1 6 : Anm . ..MCCLXVI^\ La prévôté de Melun , acte de 1 3 1 9 : Le jour S. Adrian l'an 3111'nil" VII 20. L'officialité de Térouane, acte de 1896 : Anno Dni. M CGC vicies IIII^K L'hôpital de Saint-Lazare de Paris, acte de n^li : 9 tras. faetum anno Dni. M GG LV (Contrasigillum factum anno Domini 19 55) -2. Les Archives de l'Empire possèdent la matrice en bronze du sceau d'un concile national qui fut tenu en th^i. Ce sceau, qui représente l'Esprit Saint descendant sur un groupe de sept personnages , a pour légende : S. Gonciln Ecclesie Gallicane factum anno M GGGG XXUÏ''\

Parmi les sceaux datés il s'en trouve qui portent la date de leur renouvellement. Le premier de ceux que nous venons de citer est dans ce cas; voici les autres. On lit sur un contre-sceau du chapitre de Notre- Dame de Paris , de l'an 1991 -.S. Renovatu. anno gre. M GGXVI (Sigillum renovatum anno gratie 1916)^*. Six ans plus tard, le chapitre se fit faire encore un nouveau sceau, comme on le voit par la légende suivante : S. Renovatum anno gracie M GG XXII ^^. L'abbé de Marmoutier met sur son contre-sceau , à un acte de 1275, Renovatum anno Domini MGGXXXV^^; le chapitre de Notre-Dame de Melun, de même, à un acte de 1 3o8. S. Renovatum anno Dni. M GG LV'^''; la grande confrérie aux bourgeois de Paris, à un acte de i/i3o : 6'. Rénovât, anno Dni. M CCG XXXVIII '^^

Au xvi" siècle, c'est sur les sceaux et non sur les contre-sceaux que se trouve la date, laquelle est gravée en chiffres arabes. Un maire de Boblehein , à un acte de i53i, a un sceau daté de i5o7^^; la congrégation de l'Oratoire a un sceau daté de 1 5 1 5 '°; Claude l'Argentier, abbé de Clairvaux,un de i526 ''; la prévôté d'Yvoi-Carignan , un de 1 56o '-; Charles de Seissel, un de i568 ^^, et la prévôté de Solesmes, un de 1569".

' N° 8890. — = N" 781/1. — ^ N-goeS. — * N" 8524. — > N" 83ii. — ' N" 8881. — ' N° 84o4. — ' Voir les n", 7198, 64i3, 6766, 8906, 684i, 9245,7886,8868, 867/1, 8210, 8908. — ' N°9o52. — '"^8653. — "N°822o. — '^N''8797. — "N° 70/11.

— "N-iSS/i. — '^N° 1172. — ■' N" 700 i. — "N° 7002, 7005,700/1. — " N" 1206.— "N»5o/i8. — ^»N°/i8/i8. — " iV 7082. — " N" 9989, 7180, 70/17. — '-' N° 62/12.— " N° 7268. — " N° 725/1. — " N° 8277. — " N" 7226. — =» N°' 7862 et 7089. - '■" N" l>o35.

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