DE LA COLLECTION DES SCEAUX DES ARCHIVES DE L'EMPIRE
Le mot sceau ayant dans notre langue une double signification, puisqu'il désigne tantôt ce qui est une cause , la matrice d'un sceau , et tantôt ce qui est un effet , l'empreinte obtenue par cette matrice , il est nécessaire de préciser d'abord le sens que nous lui donnerons ici. Nous conservons à l'empreinte le nom de sceau, et nous appellerons matrice la pièce gravée qui sert à imprimer le sceau. Il nous a semblé que cette distinction ôtait toute ambiguïté, et répondait aux deux seuls cas qui peuvent se présenter : celui oii l'empreinte s'obtient sur un corps mou , qui est presque toujours la cire , au moyen d'une matrice do cuivre ou de fer, et celui oii elle s'obtient sur un corps dur, le plomb par exemple , au moyen d'une matrice d'acier trempé. Or cette empreinte comportant nécessairement un objet quelconque, qui est le type, et pres-
que toujours des lettres , qui sont la légende , il s'ensuit une division toute naturelle dans l'étude des sceaux, celle du type et celle de la légende. Toutefois, comme en dehors du type et de la légende, qui constituent , à proprement parler, l'essence du sceau , on doit encore le considérer sous certains autres rapports qui, quoique moins constants il est vrai , tels que sa matière , sa forme, sa couleur, sa place, etc. lui sont pourtant tout à fait propres, il en résulte que l'étude du sceau, pour être complète , doit embrasser toutes ces circonstances. C'est ce que nous nous sommes proposé de faire ici. Nous commencerons donc par parler du sceau en général; de là nou^ passerons au type, ensuite à la légende , et nous terminerons par un exposé du système de classification adopté pour la collection de sceaux des Archives de l'Empire.