IL. x. — ZOSIME DE PANOPOLIS
Sur l'art sacré et divin de la fabrication de l'or et de largent (τ
Abrégée sommaire.
1. Prenant l’âme du cuivre qui estau-dessus de l’eau du mercure, fais (en) un corps volatil; car l’âme du cuivre retenue dans la matière en fusion monte en haut (2) ; la partie liquide reste en bas dans l'appareil à kérotakis, et doit être fixée au moyen de la gomme (3) : c’est la fleur d’or, la liqueur d’or, etc. D’autres entendent par là la coloration, la cuisson, l’œuvre de la doctrine mystique. Au début le cuivre projeté, après traitement dans lappareil de la fabrication, charme les yeux. Tandis qu’il perd son éclat, on le combine avec la gomme dorée, la liqueur d’or, etc. (4). (Voilà ce que) il a écrit au sujet de la confection de l’or, laquelle est proclamée aussi la fixation.
Marie dit : « Prends l’eau de soufre et un peu de gomme, mets-la sur le bain de cendre: on dit que c'est de cette façon que l’eau est fixée ». Marie dit encore : « Pour la préparation de la fleur d’or, place l’eau de soufre et un peu de gomme sur la feuille de la kérotakis, afin qu'elle s’y fixe. Fais digérer à la chaleur du fumier pendant quelque temps ». Après les mots « pendant quelque temps », Marie (ajoute) : « Prends une partie de notre cuivre, une partie d’or; amollis la feuille formée de ces deux métaux unis par fusion, pose (la) sur le soufre, et laisse (16 tout) pendant 3 fois 24 heures, jusqu’à ce que le produit soit cuit.
2. Le Philosophe (5) expose la même chose : « après avoir fixé pendant
(1) ABK au lieu de l'argent : « du mercure ».— Cet article est un abrégé, renfermantdiversescitationstechniques de Marie et de Démocrite, relatives aux opérations pour teindre en or et en argent.
(2} S'agit-il de la fleur de cuivre, Zntrod., p.232 ὃ ou d’une cadmie, Jntrod., p. 239?
(3) Ce motdésigne la matière quidonnait la coloration jaune, assimilée au jaune d'œuf, Lexique, p. 10. La nature de cette matière n’est pas clairement expliquée.
(4) Les trois phrases précédentes manquent dans BK et ont été ajoutées dans AFIE:
(5) Démocrite.
quelque temps à la chaleur du fumier, nous faisons cuire le produit en le traitant par le soufre pendant 2 ou 3 jours, jusqu’à ce qu’il se forme une préparation extrêmement jaune, que l’on transporte dans un autre vase». Telle est la composition. En effet, après la fixation de l’eau de soufre dans un matras (1), on met dans un vase, et on fait cuire fortement pendant 2 ou 3 jours.
3. Tousles écrits veulent (que) le feu (soit fait) par progression. On emploie d’abord le bain de cendre ou le fumier, jusqu’à ce que l’eau de soufre se fixe. C’est ainsi qu'ils arrivent à notre mode de cuisson: « Fixe, dit-il, transforme, et change de matras (2); fais cuire, sur un feu indirect et varié. Quant à moi, j'ai dit dans mon livre du blanc: On fait cuire d’abord pendant un jour, etl'on fixe pendant quelque temps, non seulement en exposant à la vapeur, mais aussi en trempant dans l’eau de soufre ».
4. C’est pour cette raison que le Philosophe, dans le catalogue des liquides, a parlé avec intention de la vapeur; puis de l’eau de soufre. Après avoir opéré la fixation pendant quelque temps, au moyen de la vapeur ; puis après avoir traité par l'eau de soufre, nous faisons cuire pendant un jour ; comme pour la litharge, lorsqu'on veut l’amener à l’état de céruse. On ajoute le reste de la préparation, si l’on a besoin d’or. Sinon, on souffle avec précaution pour brûler le soufre (3). On délaie la composition eton la traite de nouveau par l'huile de natron, jusqu’à ce qu’elle perde sa fluidité. On souffle jusqu’à ce que les matières sulfureuses s’échappent, en laissant le métal éclairci (4). Ainsi on fait bouillir avec l'huile (de natron) désulfurante, jusqu’à ce que le produit perde sa fluidité, et après avoir grillé
par insufflation, on obtient {ce que l’on cherche).
(1) Bouclanion : c'est le même mot | métal, désulfuré par le grillage, appaque bouclé, plusieurs fois répété. Ce | raisse dans son éclat. Le commenmot paraît le même que βαυχάλιον, bocal. | cementdes opérations faitessur la kéro-
— La figure donnée en marge de Aest | takis est obscur; mais il semble qu’à la celle d’un matras ou fiole allongée : v. | finunedésulfurations’obtienne,encom- Introd., p. 165, fig. 42. | binant le grillage (insufHation) avec l’ac-
(2) Même figure que la précédente, tion d’un fondant (huile de natron). Le en marge du ms. A. | résultat est la teinture superficielle du (3) Soufre, au lieu du mot plomb du | métal en or ou en argent, conformétexte grec, le signe étant le même. ment à ce qui a été dit à l’occasion du
(4) C'est-à-dire jusqu’à ce que le Papyrus de Leide, Zntrod., p. 56, 58 à Go.
Voici comment nous parvenons au jaunissement. Après avoir délayé et employé les matières susceptibles de jaunir, telles que l’eau de soufre et la gomme ; nous fixons légèrement avec la chaleur du fumier. Puis nous faisons cuire 2 ou 3 jours, jusqu'à ce que le produit devienne jaune au plus haut degré. On place ce produit dans le reste de la préparation pendant 3, 5 ou 7 jours, jusqu’à ce qu'il ait subi l’iosis. Puis nous le projetons sur l’argent et nous teignons en or. Nous réglons le feu de façon que la vapeur commence à se fixer. ᾿
5. Après avoir fait agir l’eau de soufre sur lemolybdochalque, nous faisons chauffer pendant un jour, comme il est dit dans la première classe des liquides blancs; nous opérons sur un feu indirect, ainsi que cela se fait pour la litharge. Si nous voulons blanchir, nous opérons l’iosis de cette manière. Mais si nous avons grillé par soufflage en vue du jaunissement, nous traitons de nouveau par l’eau de soufre natif et la gomme. Après avoir fixé en exposant à la chaleur du fumier, nous faisons cuire pendant 2 ou 3 jours, jusqu’à ce que le produit devienne jaune au plus haut degré. Après l'avoir enlevé, nous transformonsenios le reste de la préparation. J’ai défini
la proportion du feu.