ET SUR SON TRAITEMENT
τ. Voicice que Marieexposelibéralementetclairement, au sujet de ce qu’elle nomme les pains de la magnésie. Le premier degré dans la vérité du mystère se trouve expliqué dans ces (passages). Ainsi donc Marie veut que ce soit là le corps de la magnésie; elle le proclame non seulement dans ce passage, mais dans beaucoup d’autres. Dans ur autre endroit, elle dit : « Sans le concours du plomb noir, on ne saurait produire ce corps de la magnésie(r), dont nous avons précisé et accompli la préparation. Telles sont, dit-elle, les doctrines»; et sans se lasser, (les) enseignant pour la 39 οἵ 3° fois, elle nomme corps de la magnésie le plomb noir et le molybdochalque ; à ce sujet, elle parle du cinabre (2), ou du plomb, et de la pierre étésienne. C’est ce corps qui produit la fusion simultanée (3) de toutes les matières cuites et dorées en puissance. Les matières crues, il les cuit; etil en opère la diplosis. Il produit, dit-elle, en puissance toutes les matières dorées par cuisson; car ce n’est pas encore en acte. Sur ce (point) j'écrirai un autre discours; mais pour le moment occupons-nous de notre sujet.
2. Il a donc été exposé par Marie que le corps de la magnésie, c’est le molybdochalque noir ; car il n’a pas encore été teint. « C’est ce molybdochalque que tu dois teindre, en y projetant les #70faria (4) de la sandaraque jaune, afin que l’or cuit n’existe plus (seulement) en puissance, mais en acte.» Ainsi (s'exprime) Marie, après avoir nommé pains le corps de la magnésie.
Nous devons, avant tout, montrer que le Philosophe est du même senti-
ment, en ce qui (concerne) le corps de la magnésie qu’on appelait : LE
(1) de molybdochalque parlequel» Lb. (5) p 78; mors 113, 129. (2) «du cuivre», BAKELb. (4) V. p. 108, 112, 157.
Tour. Ce molybdochalque était le plomb noir. Lorsqu'ils disaient que le mercure est fixé avec le corps de la magnésie, ils voulaient dire par le corps complet, tel qu'il a été exposé dans mon premier mémoire, et que Marie le dit plus haut du corps de la magnésie. Elle dit (encore) : « Tu trouveras du plomb noir: emploie-le après y avoir mêlé du mercure. » Or c’est lui que dénomment les classes (du Philosophe), c’est lui dont parle le Philosophe dans ses préambules : « Mêle du mercure au corps de la magnésie.» Aïnsi le Philosophe lui-même désigne le plomb noir et la pyrite. Il ne parle pas (du plomb) simplement, pour que tu ne t'égares pas, mais il dit « à notre (plomb) noir ». Pour que tu ne méconnaisses pas le molybdochalque, il dit que : «le mercure seulrend le cuivre sans ombre; il ne fixera pas (seulement) le corps de la magnésie, mais encore le cuivre ». De cette façon aussi le Philosophe désigne sous le nom du Tout, le corps de la magnésie et le plomb noir (1). Dans les livres des anciens, le molybdochalque a été rangé dans une seule et même classe (avec le plomb). Ce que l’on proclame du mercure, on le proclame de toute sorte de pierres, comme je l’ai déclaré dans les premiers (chapitres).
3. C’est donc là l’or cuit en puissance. Et s’il est blanchi ou jauni, alors aussi les matières crues réagissent sur les matières cuites : c’est-à-dire que si du cuivre blanc est jeté sur du (cuivre) brut de Chypre, il produit de l’argent. Mais s’il est jauni, en le projetant sur de l’argent ordinaire brut, on produit de l’or. Après avoir mouillé avec de la couperose, du vin Aminéen et du vinaigre ordinaire, laisse pendant 14 jours : c’est là le (temps) voulu pour la fabrication de l’argent.
4. Comme on échoue souvent dans le traitement, parce qu’on ne connaît pas la vérité sur le délaiement, rappelons ce qui a été dit touchant les vapeurs: c’est la couperose qui amène la vapeur à la coloration en or. Semblablement aussi, Agathodémon, dans son enseignement sur la teinture préalable, disait ceci : « Afin que tu puisses savoir l’effet que tu produis, en arrivant à cette couperose que tu connais, c’est sa propriété tinctoriale qui amène la vapeur à développer l’or. Cela a été montré dans l'écrit sur l’affinage, et rappelé au
sujet des deux {teintures). Dans le discourssurles mesures, il est dit que les
(1) Le molybdochalque, ABKELb.
pierres les plus belles et aimées de Dieu sont les pierres blanches et Jes pierres couleur de sang; c'est là ce qu’on a appelé pyrite. Elles sont multicolores et de noms multiples; les uns parlent de l’alabastron (1), d’autres appliquent aux deux le nom de pyrite, ainsi que je l’ai montré. En effet, nulle autre pierre que la pyrite n’est plus belle et aimée de Dieu.
5. Maintenant le discours a pour sujet le corps de la magnésie. Ce nom unique signifie toutes les choses fabriquées avec la vraie mesure de la macération nécessaire. Le cinabre (2) produit le véritable corps de la magnésie. Ne m'écartant pas de cette vérité, je voulais, moi aussi, égaler la capacité de celui qui a dit (3) : « O femme, je ne parlais pas (du plomb) ordinaire, afin que tu ne t'égarasses pas.» Mais comme je ne suis pas Démocrite, jete jure parson mérite que je ne m'égare pas; et (tu ne tomberas pas dans l'erreur) sans retour de ceux qui prétendent que la cendre sans corps (métallique) a été appelée le corps de la magnésie (4).
On a dit que le mercure est incorporel. Je dis, moi aussi, que ceux-là ont compris quelque chose. En montrant le résultat à obtenir, ils donnent la mesure de leur intelligence. Mais ils ne tiennent pas en réalité le résultat, car la cendre n’a pas été appelée le corps de la magnésie, mais l’incorporel. Or le mercure est aussi un corps (métallique). Ne va pas m’opposer cette subtilité, que ceci comprend tous les corps métalliques et que la cendre des incorporels a été appelée le corps de la magnésie, il n’en est rien. Mais que veut-il dire, si ce n’est que (les incorporels), étant de nature sulfureuse, se volatilisent? Ce sont donc les choses fixes et non fugaces qui sont appelées des corps. C’est pourquoi Marie dit : « le corps de la magnésie est la chose secrète qui provient du plomb, de la pierre étésienne et du cuivre».
6. Toutes les choses de cet ordre, mélangées aux matières volatiles, sont appelées corps. C'est ainsi qu'il parle du mercure, dans son traité des liquides blancs : « mêles-y de l’alun lamelleux, ou du molybdochalque, ou de lachaux, afin que le {mercure) incorporel devienne un corps ». De même, au sujet de
la chrysocolle, il dit : « celle-ci aussi est fugace ». Sur le même sujet Agathodé-
(1) Lexique, p. 4. Introd., p. 238. (4) Voir plus haut ce qui est dit de (2) S'agit-il ici de l’hématite? v. p. 30. Nilus, p.,187. (3) Sans doute Zosime s'adressant à
Théosébie.
mon: « Veille, dit-il, à ce que son esprit tinctorial ne s’en aille pas. » Bien qu’elle soit volatile, on l'appelle un corps; le Philosophe parle de ses mélanges dans la classe de la chrysocolle. « Teins toute sorte de corps avec le cuivre, l'argent, l'or. » Marie, au sujet de la chrysocolle: «... après avoir pesé, (opère) avec du molybdochalque, pendant un jour »... Ou bien : «prenant de la chrysocolle et du cinabre, délaie avec de la litharge blanche et fais disparaître (la nature du métal). Si le cuivre est modifié et amené à l’état de corps (métallique), projettes-y de la couleur d’or et tu auras de l’or ». Ainsi la chrysocolle reçoit cette qualification de corps, lorsqu'elle a été bien mélangée, et quoiqu’elle soit fugace par elle-même, parce que tu en fais un corps par transmutation.
7. Ainsi, convertir et transmuter (1), dans ces auteurs, signifie donner un corps aux incorporels, c’est-à-dire aux matières fugaces. Par leur transformation on obtient le molybdochalque, le plomb noir, celui qui doit être traité avec le mercure, et devenir le corps de la magnésie. Ils ne veulent pas dire, comme certains, que la mutation s’applique au fait de convertir et de transmuter le mercure. Mais lorsque les matières fugaces ont pris un corps, la conversion a lieu pour tous les corps, par leur teinture en blanc ou en jaune. En effet cette conversion est appelée transmutation, après que les incorporels ont pris un corps, par l’effet de l’art. Dans la conversion rétrograde accomplie par le feu, c’est-à-dire dans le blanchiment ou le jaunissement, les matières délayées fortement et associées par le feu, sont de nouveau rendues fugaces et redeviennent incorporelles (2). Α ce moment elles sont réduites au @ernier degré de la division. La vapeur sublimée, la première des matières incorporelles, conduit ainsi à l’art suprême.
8. Ainsi donc, les matières incorporelles sont de nouveau rendues corporelles au moyen du mercure, dans l’iosis, afin que les corps soient formés ;
mais après que {les matières corporelles) ont été décomposées, elles sont
(1) Dans le texte grec l’auteur oppose antérieure, qui était celle du cuivre, les mots στροφή et ἐχστροφή, et les verbes du plomb, de l’étain ou du fer. Une correspondants. Ces mots paraissent semblable extraction s’exprime encore signifier : convertir la nature intérieure par le mot χατασπάω. d’un métal en or ou en argent, en en (2) Cp. p. 21.
transmutant ou extrayant la nature
rendues incorporelles et l'effet se produit par une action indépendante du concours du feu.
Ailleurs on a parlé (pour cet effet) des biles (τ) et autres matières semblables qui, elles aussi, sont congénères du soufre et de l’eau de soufre. Or quelle autre substance agit bien sans le secours du feu, si ce n’est l'eau divine? C’est d'elle que Pébichius (dit) qu’elle est plus puissante que n’importe quel feu. Dans le Chapitre des Sulfureux, il est dit qu’elle agit sans le secours du feu. Marie (appelle) la préparation ignée (2). Elle dit encore que si les corps ne sont pas rendus incorporels et les incorporels corporels (3), rien de ce que l’on attend n'aura lieu : c’est-à-dire que si les matières résistant au feu ne sont pas mélangées avec celles qui s’évaporent au feu, on n’obtiendra rien de ce que l’on attend.
9. Quels sont donc les corps et les incorporels dans notre art (4)?
Les incorporels sont la pyrite et ses similaires, la magnésie et ses similaires, le mercure et ses similaires, la chrysocolle et ses similaires, toutes (matières) incorporelles. Les corps sont le cuivre, le fer, l’étain et le plomb: ces (matières) ne s’évaporent pas au feu; ce sont là les corps. Lorsque les unes (de ces matières) sont mêlées aux autres, les corps deviennent incorporels et les incorporels deviennent corps. Mélange de cette manière le mercure, celui qui est désigné dans les classes, et tu produiras ce qui est attendu, ce dont Marie a dit : « Si deux ne deviennent un »; c’est-à-dire si les (matières) volatiles ne se combinent pas avec les matières fixes, rien n’aura lieu de ce qui est attendu. Si l’on ne blanchit et si deux ne deviennent pas trois (5), avec le soufre blanc qui blanchit (rien n’aura lieu de ce qui est attendu). Mais lorsqu'on jaunit, trois deviennent quatre; car on jaunitavec le soufre jaune. Enfin lorsqu'on teint en violet (6), toutes les (matières ensemble) parviennent à l'unité.
10. Que veut dire Ostanès, lorsqu'il parle de la combinaison des
(1) Il semble que ce soit là une expression symbolique pour désigner les matières colorantes jaunes, et surtout celles qui produisent à froid des sulfures colorés en jaune.
(2) C'est-à-dire la préparation produi-
sant à froid les mêmes effets que le feu.
(3) Voir p. τοι.
(4) Voir p.21, 101 et 191.
ΘΙ Ρ Σις (6) Ou bien lorsqu'on opère l’iosis, le mot grec ayant ce double sens.
matières volatiles avec celles qui ne le sont pas ? « La pierre pyrite a de l’affinité pour le cuivre. » Ostanès ne parlait pas du mercure, mais du délaiement extrême, c’est-à-dire de la condition où la pyrite ne donne lieu à aucun dépôt, se trouvant entièrement liquéfiée. Il faut dès lors que tu comprennes, au sujet de l’eau et de la liquéfaction, ce que le Philosophe a développé en parlant des lavages et des délaiements. Au sujet du délaiement, il a dit: « afin que le produit devienne comme de l’eau ». Le Philosophe a dit encore: « La magnésie et l’aimant ont de l’affinité pour le fer. » Etle Maître dit encore : « le mercure a de l’affinité pour l'étain ». Le disciple dit : «le mercure s’amalgame à l’étain ». Il dit aussi: « Ceci blanchit toute sorte de corps. Le plomb aussi a de l’affinité pour la pyrite; la pierre étésienne, pour le plomb. » Le Philosophe, en faisant ces raisonnements, disait, au sujet de notre art, que la nature charme la nature.
11. Article sur la magnésie : Après avoir toutextrait, tu trouveras un corps noir, ou du plomb noir; souvent aussi une grande quantité de scories, à la partie supérieure. Si on les goûte, on verra qu’elles ressemblent à la lie de vin. Après les avoir rejetées, on trouve, à l'intérieur du plomb noir, le cuivre que celui-ci renferme, [ἃ magnésie qui y est contenue. On appellecelleci: molybdochalque ou corps de la magnésie. C'est sur celle-ci que j'ai écrit; c'est elle que tous les écrits proclament; c’est elle qui égare les chercheurs; c’est ce molybdochalque que préconisentles écrits des ancêtres. D'après l'explication d’Apollon, c’est le corps dela magnésie; c’estle cuivre, c'est le corps dont Théophile disait qu’il reçoit une couronne de cuivre; Hermès disait de son côté: « Le corps de la magnésie dont tu désires apprendre le traitement et la mesure...» Α son sujet nous avons dit que le cinabre, c’est le blanchiment; ou bien encore le jaunissement, lequel exige que les (matières) soient blanchies préalablement. Voilà le traitement, tel
w’il a été décrit par nous.
1Π. xxx. — SUR LA PIERRE PHILOSOPHALE ὦ
1. Marie dit : «Si notre plomb est noir, c’est qu’il l’est devenu; car le plomb commun estnoir dès le principe. Or comment est-il formé? Si tu ne prives pas les corps métalliques de leur état et si tu ne ramènes pas les corps privés de leur état à l’état de corps (métalliques): si tu ne fais pas de deux chosesune seule, rien de ce que l’on attend n’a lieu (2). Si le Tout n’est pas atténué dans le feu, si la vapeur sublimée réduite en esprit ne monte pas, rien ne sera mené à terme. » Et encore : « Je ne dis pas avec du plomb simplement, mais avec notre plomb noir. Voici comment l’on prépare le plomb noir; c’est par la cuisson que l'on arrive (à reproduire le) plomb commun. Car le plomb commun est noir dès le principe, tandis que notre plomb devient noir, ne l’étant pas d’abord, »
2. Les philosophes ont partagé toutes les opérations de la pierre en quatre phases : 1° noircissement ; 2° blanchiment; 30 jaunissement, et 4° teinture en violet. Entre le noircissement, le blanchiment et le jaunissement se place la lévigation ou macération et le lavage des espèces. Or il est impossible que ces choses se fassent autrement que par le traitement opéré au moyen de l’appareil à gorge (3) et de l'union des parties.
3. Pélage le Philosophe dit: « Voici à quel signe on reconnaît que le commencement de la teinture en violet a lieu. C’est la teinture se produisant à l'intérieur qui estla véritable teinture en violet, laquelle a été aussi appelée ios de l'or. Si on l’accomplit, la teinture a lieu; sinon, elle n’a pas lieu. Veille donc à ce que la teinture pénètre dans la profondeur; sinon la teinture na pas lieu. »
4. L'alabastron est la pierre la plus blanche, la pierre encéphale (4),
(1) Suite de fragments, réunis à une époque relativement récente, comme le montre d’ailleurs le titre lui-même; la dénomination expresse de pierre philosophale n'existant pas dans les auteurs antérieurs au vue siècle, bien que la notion même soit plus ancienne.
La plupart de ces fragments reprodui-
sent des textes déjà donnés sous une forme plus développée.
(2) Voir la page précédente, la page 101, etc.
(31 Voir Introd., p. 164; Synésius, p. 65, et p. 144.
(4) Lexique, p. 4 et 6.
celle qui est comme une paillette brûlante. Prends-la, pulvérise et fais macérer dans du vinaigre; mets dans un linge, et enfouis le tout dans le crottin de cheval, ou dans la fiente d'oiseau, pendant 20 jours, comme dit le divin Zosime.
5. Les soufres sont au nombre de deux, la composition est une. Donc, il y a deux mercures, savoir la composition blanche et l’eau divine, selon Démocrite. L’eau divine mêlée au soufre rend les substances sulfureuses (1), parce que ces matières ont une grande affinité entre elles.
6. Synésius expose ceci dans le traité de la Chrysopée : « Démocrite a dit: Le mercure qui (provient) du cinabre. Et dans le Traité du blanc (Argyropée) ila dit : Le mercure tiré de la sandaraque, etc. (2). » ἱ
7. Dioscorus a dit : « De même que la cire se transforme en assimilant la couleur surajoutée, de même aussi le mercure se transforme (3). »
8. 11 y a deux jaunissements, deux blanchiments (4), deux compositions, la sèche et la liquide : la composition sèche, dans le catalogue du jaune, ce sont les plantes et les minéraux. Il y a deux compositions liquides : une dans le jaune, et une dans le blanc. Les liquides jaunes dérivent des plantes jaunes (5), telles que le safran, la chélidoine et les similaires. Dans la composition blanche on comprend: parmi les matières sèches, toutes les matières blanches, telles que la terre de Crète, la terre de Cimole et les analogues; parmi les liquides blancs, toutes les eaux blanches, telles que la décoction d'orge (bière ?) et les similaires.
9.Olympiodore dit: « La macération a lieu depuis le 25 du mois de méchir jusqu’au 25 du dernier mois de l’automne{(6).. Toutes les choses que tu peux faire macérer et lessiver, laisse-les déposer dans des vases (convenables). La macération s'exécute sur la terre limoneuse, jusqu’à ce que la partie limoneuse s’en aille et que le minerai soitisolé. Cetart nese pratique pas au moyen du feu. »