CHAPITRES A THÉODORE
3. Sur deux autres corps appelés soufres; qui ne sont pas des soufres de l’ordre des premiers, mais des compositions qu’ils désignent aujourd’hui sous les noms de sulfureuses (ou divines), non en tant que soufre, mais à cause de l’œuvre divine accomplie par ces corps (1).
4. Sur ce que dans la composition on forme d’abord la matière fixatrice, celle qui résiste au feu et qui est tinctoriale. La première et la seconde nous sont manifestées dans l’asèm naturel, la dernière dans l’or obtenu par teinture. Mais la solution de la question est celle-là.
5. Sur ce que dans la matrice et d’une façon invisible pour nous, la matière fixatrice se forme avec deux (éléments), la semence et le sang; puis l'animal une fois formé résiste au feu. C’est dans le feu de la matrice qu'il est teint, c’est-à-dire qu’il reçoit une couleur, une forme et une grandeur, tout (cela) dans un lieu invisible. Mais lorsque cet être a été enfanté, il se manifeste à nous. C’est ainsi qu’il faut travailler, sans se laisser égarer par l’homonymie (23) des écrits ou des autres préceptes.
6. Sur la décomposition; sur la production du sang; sur la fermen-
tation, la transformation et la régénération; sur l’iosis et l’affinage et les différents noms de l’ios.
Comme quoi l’ios est dit eau de soufre natif; comaris scythique et sanglante; semence d’or et toute semence; ios de cuivre; eau de cuivre et eau de couperose ; fleur de cuivre et préparation cuivrée ; préparation de miel, corps doux et indestructible, en raison de l’adoucissement, et par suite de la résistance à l'attaque des agents délétères.
On ne l’a pas appelé seulement d’un nom masculin, féminin et neutre; mais encore on lui a donné une forme diminutive, telle que la petite eau de cuivre; d’autres, disent l’eau de la petite masse: or la masse, c’est le cuivre. Voilà pourquoi dans les écritures juives etdans toute écriture, on parle d’une
masse inépuisable (3) que Moïse obtenait d'après le précepte du Seigneur.
(1) L'auteur joue sur le double sens de « masse inépuisable » (recette 7, du mot θεῖα. p.29). — La chimie de Moïse, traité (2) Cp. p. τοῦ et passim. | quisera donné plus loin, est aussi dési- (3) Tout ce passage paraît se rap- gnée sous le nom de πιαγζα (v. p. 180). porter à la production d’un ferment | Ce mot même a été employé comme métallique, indiqué précisément dans | synonyme de la chimie (/ntroduction,
le Papyrus X de Leïde sous le titre | p. 209, 257).
Or ce mot, corrompu par le temps, est devenu petite masse. D’autres le tirent du phanos qui sert à puiser l’eau etqui porte des mamelons (1).
7. Sur le bruissement du feu éteint (dans l’eau ?); et sur le frémissement, c’est-à-dire le sifflement produit par le retrait du souffle; ou bien sur le souffle produit par aspiration, ou par inspiration, et expiration (2).
8. Sur ce que quelques-uns des prêtres, ayant trouvé un écrit sincère, ne croyaient pas pouvoir travailler autrement que d’après les démonstrations de cet ouvrage.
9. Sur ce que l’art de l’iosis se rapporte aussi aux deux autres livres. En effet, s’il est autre, quant à l’espèce; du moins, quant au genre, c’est le même : c’est encore l'{art) tinctorial.
10. Sur ce quiest dit de l’affinage, de l'enlèvement de l'ombre, de la transformation et de l’extraction de la nature cachée, de la régénération par le feu : tout cela s’entend du blanchiment.
11. Sur les traitements utiles, depuis le blanc jusqu'au jaune, et depuis le jaune jusqu’au blanc. Au sujet des soufres notamment, il faut rechercher ce que dit le Philosophe dans sa dernière classe des liquides. « Fixe : arsenic, 1 once; soufre, une demi-once ; écorce, 1 livre; pèse-les ensemble. Pour le jaune, au lieu de peser les écorces en même temps, mets du safran et de la chélidoine. Au lieu des terres blanches, le même poids d’ocre, de terre de Sinope, ou de couperose, ou de sori. Quant aux (matières) qui ne sont pas comprises dans la pesée commune, unifie{-les) avec habileté, à la façon des enfants des médecins (3). Les liquides sont presque (tous) vulgaires, sauf quelques- uns que tu connais. »
12. Sur ce qu’il faut comprendre que nous nous sommes chargés d’un labeur terrible, en entreprenant de réduire à une essence commune, c’est-à-
dire de marier à cette heure les natures ; comme quoi toutdiscours nous a été
(1) L'auteur joue sur le mot μαζύγιον, | 1. 42; pag. 2,1. 1 etsuiv.; pag. 3,1. 2, qu'il tire tantôt de μᾶζα, masse; tantôt | εἴ passim). de μαζός, mamelon. (3) C’est le fac secundum artem des (2) Les bruits divers résultant des formules pharmaceutiques d’aujourdiverses formes de souffle jouaient un | d’hui. Les enfants des médecins sont rôle important chez les gnostiques. les apprentis. (Voir Papyrus de Leide W, pagina 1,