‹ Collection des anciens alchimistes grecs (volume 2)Chapitre 139 sur 349 · SUR LES FEUX · texte numérisé non relu

SUR LES FEUX

on procède par insufflation, suivant une certaine mesure. Dans d’autres on emploie des broussailles; dans d’autres, des fourneaux, et dans d’autres des chiffons; ou bien l’on opère par d’autres voies : par tous ces moyens on obtient beaucoup de choses diverses. Ainsi, par exemple, pour lenoir : suivant la diversité des œufs (1), on peut avoir le noir des corbeaux, le noir des corneilles, le noir très foncé, la couleur gris cendré sur les toiles peintes. On y dessine aussi (2) des arbres, ou des pierres, ou de l’eau, ou des animaux, tous semblablement. Quant aux autres couleurs susdites, tu en as les démonstrations comprises sous la lettre K (3). Il faut tenir compte de la proportion des couleurs; si tu entends parler de l’ocre jaune, ne suppose pas simplement que j'aie changé la préparation et que jetienne un langage mystérieux, dans le seul but de créer des difficultés; car dans l’art, toutes les préparations (indiquées pour notre) recherche réussissent.

11. Ces teintures ont une nature propre. Elles résultent de la décomposition de produits tantôt nombreux, tantôt en petit nombre; elles sont fabriquées dans de petits fourneaux, avec des vases de verre, ou bien dans des creusets grands et petits: on opère ainsi dans différents appareils, au moyen de feux diversement réglés. L'épreuve manifeste la bonté des produits obtenus en suivant ces divers perfectionnements. Voici que tu as les démonstrations des feux dans la lettre Q, ainsi que celles de toutes les choses cherchées. Tel sera mon commencement, 6 femme à la robe de pourpre.

IL. cu. — INTERPRÉTATION SUR TOUTES CHOSES EN GÉNÉRAL ET (NOTAMMENT) SUR LES FEUX

1. Veille à ne pas t'égarer et à jaunir non seulement le plomb et le cuivre,

mais encore lesespèces métalliques appelées liqueur d’or, or massif[etc.] (4),

(1) Voir la note 1 de la page précédente. ; un livre sur la chimie adressé à sa

(2) Sur les étoffes peintes ? sœur Théosébie, divisé en sections dé-

(3) Un peu plus loin Zosime vise la signées par les lettres de l’alphabet section Q (voir aussi p. 221). grec.

Suidas rapportequeZosime avaitécrit | (4) Ou la matière dorée.

lesquelles sont au nombre de 78, plus ou moins. J'ai dit 78, plus ou moins, suivant que l’on emploie (ou non) le mercure. Or il faut connaître l'épreuve et la vertu des préparations, ainsi qu’il le rappelle en parlant des feux ; il faut faire cuire, en introduisant du fer. En effet, les uns faisaient cuire une demi-heure seulement; d'autres une heure, d’autres deux, d’autres trois, et quelques-uns même quatre.

2. Tout l’art consiste dans les feux légers (1); fais cuire les couleurs et laisse (sur le feu) jusqu’à refroidissement; regarde dans les (vases) de verre ce qui se passe. De cette façon, (la matière) jaunit par le délaiement et par la décoction. C’est là l'eau divine, l’eau aux deux couleurs, blanche et jaune; on lui a donné mille dénominations.

3. Sans l’eau divine, il n’y a rien: toute la composition s’accomplit par elle; c’est par elle qu’elle est cuite; c'est par elle qu’elle est calcinée; c’est par elle qu'elle est fixée; c’est par elle qu'elle est jaunie ; c’est par elle qu’elle est décomposée; c’est par elle qu’elle est teinte; c’est par elle qu’ellesubit l’iosiset l’affinage; c’est par elle qu’elle est mise en décoction. En effet, il dit: «En employant l'eau du soufre natif et un peu de gomme, tu teindras toute sorte de corps. Toutes les choses qui tirent leur origine de l’eau sont incompatibles avec celles qui proviennent du feu; de telle sorte que, sans le catalogue de tous les liquides, il n’y a rien de sûr. »

4. Quelques-uns, tous peut-être, ont rappelé qu’il faut que cette eau,'destinée à agir comme ferment, détruise le semblable par le semblable, en opérant sur le corps que l’on veut teindre, soit en argent, soit en or. Si tu veux teindre l'argent, fais réagir des feuilles d'argent; si c’est l’or, des feuilles d'or. Car Démocrite (dit) : « Projette l’eau (divine) sur l’or commun, et tu donneras une teinte parfaite d’or. Une seule liqueur est reconnue comme agissant sur les deux (métaux). » Il faut donc que l’eau divine joue le rôle d’un levain produisant le semblable, soit avec l'argent, soit avec l'or. En effet, de même que le levain du pain, bien qu’en petite quantité, fait lever une grande quantité de pâte; de même aussi, agit une petite quantité d’or

ou d’argent, avec le concours de ce vinaigre (2).

(1) Cette phrase est restée, comme la (2) B... « de même un peu d’or: seuletrace du morceautoutentier, dans la poudre sèche doit faire tout fer- M (voir Zntrod., p. 185). menter ».

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