SUR (LA MANIÈRE DE) TRACER DES ANIMAUX DORÉS SUR UNE COUPE, OU SUR
UN RAMEAU, OU SUR TOUTE AUTRE CHOSE NON DORÉE. — Prenant des os de mouton, fais-les calciner, jusqu'à ce qu’ils soient incinérés. Ensuite, : mélange un peu de plâtre avec de la céruse et broie bien, jusqu’à ce que le tout soit bien incorporé, ajoutes-y de la colle de poisson. Applique aux endroits où tu (ne) veux (pas) dorer et jusqu'à dessiccation. Ensuite dore le reste.
22, SUR LA COLORATION AU FEU. — 2 parties d’argent, provenant de vieilles monnaies, et 3 parties de cuivre.
23. POUR DORER DES ANIMAUX SUR UNE COUPE ET QUE LE FOND RESTE BLANC.— Prends du blanc d'œuf et de la brique pilée et tamisée, sans humecter ; enduis le fond, et mets au soleil, afin de faire sécher. Ensuite, dore les animaux.
24. Pour LA SOuDURE D'or. — Mets de l'alamarsa, 1 partie, et de l'or, 2 parties. Pour la (soudure) d’argent, mets 1 partie d’alamarsa et 2 parties d'asèm.
25. SUR LA MANIÈRE DE DORER LE CUIVRE AVEC DE L'ARGENT. — Broie de l'argent fin et coupe-le en petits morceaux. Ensuite, fais comme (pour) l'or, lorsqu'on ajoute du mercure, amalgame et dore. Ajoute de la lie solide; place dans l'huile et fais bouillir. Ensuite, mets la coupe au milieu, et qu'elle v reste un peu de temps. Alors ajoute du coton (?) et délaie; puis, mets dans l'huile et délaie, jusqu'à ce quele mercure soit réuni au milieu de l’huile(r).
26. SUR LA DORURE DU BRONZE AMALGAMÉ [ἢ). — Pour amalgamer, prends de l’asèm beau et pur, avec (de la couleur) de citron ou d’orange; mets-le dans de la lie pour le rendre brillant. Ensuite ajoute le bronze amalgamé (Ὁ) et place-le sur l’asèm. Presque aussitôt l’or se dissout dans le mercure. Mets alors sur une plaque de fer large et propre, et polis au-dessus du feu. Frotte avec une patte de lièvre. Ensuite lorsque tu verras que la couleur est adhérente, emploie la dent de loup pour frotter (2); polis au-dessus du feu, et dore.
27. SOUDURE..... — Au début, fais une soudure, en mettant 2 parties d’étain et 1 de plomb dans le creuset. Lorsque le tout sera fondu ensemble,
ajoute un peu de sel ammoniac, puis de petits morceaux de limaille, de
(1) Recette peu intelligible. (2) Les anciens polissaient avec des dents d'animaux.
façon à faire la soudure. Mets le tout sur le marbre; apporte rapidement les morceaux {qu'il s'agit de souder) et place-les (aussi) sur le marbre, afin de les souder ensemble. ς
28. Lorsque tu dores de l’argent et que la dorure ne prend pas, prends une plume avant de chauffer, et étale avec un peu de cire pure sur l'argent ; ensuite, dore.
29. Pour DORER LES ANIMAUX SUR LE FOND DE LA COUPE (SANS QUE LE FOND SOIT DORÉ). — Prends de la colle de peau et un peu de chaux; fais fondre sur le feu. Puis enduis le champ avec une plume. Lorsque le métal (du fond) est recouvert, frotte les animaux avec le mercure.
30. SUR (LA MANIÈRE DE) DONNER UNE TRÈS BELLE COULEUR A L'ARGENT DORÉ. — Prends : soufre, 3 parties; lie de vin de Malvoisie, 2 parties; sel, 1 partie ; broie bien; fais bien bouillir avec de l’eau. Puis place l'argent au milieu, (et laisse) jusqu’à l'heure du Pater noster. Ensuite enlève, mets dans l’eau froide et brosse.
31. LORSQUE L’ASÈM EST DÉFECTUEUX. — Mets dans un creuset de la brique pilée grossièrement; fais chauffer, jusqu’à cequele métal bouillonne. Souffle d’en haut sur le creuset avec un chalumeau: le plomb est absorbé. Si le métal n’est pas purifié, répète l'opération. Frappe alors avec le marteau, et si (le métal! est défectueux, place à sa surface du mercure et de la brique, et remets au creuset.
32. SUR LA SOUDURE DE L'ÉMAIL. — Prends : argent fin, 10 parties et 1 partie de cuivre. Mets un peu de soudure vitreuse et opère à ta volonté : broie finement, nettoie et soude.
33. SUR (LA MANIÈRE DE) FAIRE DU FIL (D'ARGENT) MINCE. — Prends de l’argent fin; bats-le, coupe-le en morceaux et mets-le dans un vase de fer à fond arrondi. Ensuite, mets-le dans la filière et étire-le une fois. Coupe à la lime; IST mets de la soudure vitreuse blanche (9) et soude.
34. SUR {LA MANIÈRE DE) FAIRE LA CUISSON. — (Opération d’émaillage.) (1) Prendsdel’argentfin, 1 hexage; du cuivre, 1 hexage, etdu plomb, rhexage ; fais fondre dans un creuset; ajoute une grande quantité de soufre broyé et mets
dans un pot neuf; laisse à l’état fondu tant que la vapeur s'échappe. Après
(1) Voir la note 3 de la p. 300.
refroidissement, coule la barre dans la lingotière avec du soufre. Ensuite, broie et lave, et mets où tu voudras.
35. SUR LA MANIÈRE DE DONNER UNE TRÈS BELLE COULEUR A L'ARGENT DORÉ. — Prends du curcuma jaune. Broie bien et mets avec de la lie sèche dans Peau, sur le feu : je veux dire de la lie de [vin de) Malvoisie et un peu de sel; fais bouillir. Laisse l’objet dans la liqueur, jusqu’à l'heure du Pater noster. Ensuite, prends-le et mets-le dans l’eau froide : répète cela 2 et 3 fois.
36. SURLA MANIÈRE DE RECOLLER LES PETITES MARMITES; BAIN POUR ASSEM- BLER LES TUYAUX (DE POTERIE). — Arrose de la chaux tamisée et humectela bien pendant plusieurs jours. Ensuite ajoute (sur l’objet) la fleur de cette chaux; fais bouillir aussi des pieds et des têtes de mouton ; jettes-en le jus sur la chaux. Fais bouillir encore un extrait fait avec l’écorce d’orme (ἢ) ; ajoute-y du blanc d'œuf et assemble ce que tu désires.
37. Pour FAIRE BRILLER UNE PERLE FINE. — Prends une pastèque, ou un concombre; ouvre-le par le milieu; places-y la perle fine etmets le concombre sur le fourneau, jusqu’à ‘ce qu’il se désagrège : par là les perles reprennent leur éclat.
38. AUTRE (RECETTE). — Fais macérer la perle fine dans un oiseau ou dans un pigonneau, et qu’elle y soit tenue (jusqu’à) l'heure du Pater noster ; alors presse, afin de la faire sortir.
39. SUR LES FILS MÉTALLIQUES DES ORFÈVRES. — Prenant de l'argent pur, ramollis-le avec le septuple de son poids de plomb, (jusqu’à ce) qu’il devienne mou comme de l'or. Ensuite nettoie-le et coule-le en barreau ; amène-le à une longueur double par le battage. Puis, fais-en des fils, des feuilles, des rameaux, des étoiles, des roses, desréseaux tordus et entrelacés, des animaux, des oiseaux, et tout autre objetque tu voudras. Dispose une lame de fer mince et d'épaisseur uniforme. Prenant de la gomme adragante, mets-la dans un vase avec de l’eau, et laisse tremper pendant une nuit; le (lendemain) matin déverse l’eau : pour t'en servir, mets au feu, et amène en consistance de colle. Ensuite prends une pince à cheveux, saisis un à un les fils ou les feuilles et dépose-les dans la colle. Ensuite reprends-les, pour les poser sur la lame de fer, et fais ce que tu veux. Dès que tu l’auras exécuté, expose
au feu, jusqu'à ce que la colle soit un peu brûlée.
Alors, ajoute de l'argent fin, 1 hexage; mets-le dans le creuset, et fais fondre.
Pour souder, aplatis au marteau aussi finement que tu peux; coupe en morceaux menus, avec de petits ciseaux; et place cette soudure sur les fils, au moyen d’une plume mouillée. Ensuite, tu feras une limaille grossière; mets-la (sur les fils), et, au-dessus, mets de la soude vitreuse, broyée finement; soumets à l’action du feu. Ensuite, blanchis et polis ce qui n’a pas été travaillé. Alors affine, (en ajoutant) environ 2 carats de minerai de cuivre lavé, ou de misy..….. j
Là où il n'y a pas l'émail, on peut employer cette soudure ; on peut l’exécuter avec de vieilles monnaies, ou bien partout où il s’agit d’alamarsa.
40. AUTRE MÉTHODE MYSTÉRIEUSE. — Prenant de la chaux vive, mêle de l’huile avec la chaux et arrose bien, une fois ou deux . Mets alors dans l’alambic. Ajoute aussi de la lessive, en la versant tout autour et au-dessus, jusqu’à (une épaisseur) de deux doigts. Mets cette eau divine dans un autre flacon. Prenant alors une étoffe de lin, mouille-la- dans cette eau ; expose au feu, et si l’étoffe s’enflamme, sache qu’elle n’est pas bien préparée. Ajoute de nouveau le liniment calcaire avec d'autre chaux; opère comme précédemment, jusqu’à réussite, c'est-à-dire jusqu’à ce que l’étoffe ne s’enflamme pas dans le feu (1). Alors, prenant l'huile, mets de l’étain dans le creuset ; et il se forme de l'or.
41. AUTRE EAU DIVINE. — Prends de la couperose, 1 livre; du sel de nitre, 1 livre; et du cinabre (2), 4 onces; broie bien dans un mortier de pierre, et jetant dans l’alambic, mets sur le fourneau : lute avec de la pâte de levain et du blanc d'œuf. Mets à part la première eau. Quant à la seconde eau, celle qui coule ensuite de l’alambic, après avoir été condensée dans le chapiteau, c’est là ce qu’on appelle l’eau forte (3).
Alors, prends de ces eaux 2 onces, et du mercure 2 onces; mets le tout
(x) C’est un procédé pour rendre une : ellen’aaucunrapportaveccequiprécéde. étoffe incombustible; mais la phrase | (2) Ce doit-être plutôt de l’oxyde de finale paraît une addition dequelque co- | fer (?). — Ixrron., Ρ. 261. Ὶ
piste, préoccupé de transmutation : car : (3) Acide azotique.
dans un matras (placé) sur de la cendre chaude ; et il se forme de l'eau de mercure (1).
Ensuite prenant de l’eau quireste, 1 once, et de l’argent pur, 1 once; place le tout dans un autre matras sur de la cendre chaude; et il se forme de l’eau d’argent (2).
Alors mêle les deux eaux ensemble, l'eau de mercure et l’eau d’argent, dans un autre matras, à découvert; et place sur de la cendre chaude : il se forme un produit blanc comme du cristal. Puis, prenant de ce cristal ce que tu voudras, de l'huile calcaire une quantité égale, et du mercure une autre quantité égale; place dans un autre matras, et humecte bien, jusqu'a ce que le mercure soit dissous. Alors jette le tout dans un alambic ; fais un feu léger, rejette 3 fois l’eau qui sort de l’alambic et ajoute toujours de l'huile, en arrosant avec. Lorsque tu auras fa it cela 3 fois, tu verras qu’il s'est formé, à l’intérieur de l’alambic, une sorte de pierre. Prends alors de cette espèce, 1 once, et du mercure 1 once; il se produit ce que tu veux (3).
42. EAU POUR EXTRAIRE L'OR DE L’ASÈM. — Prenant 2 parties de sel ammoniac, et 3 parties de sel de nitre; broie bien dans un mortier. Ensuite, mettant dans l’alambic, lute avec de la cendre, de la brique pilée et des œufs; place sur un fourneau, fais bouillir pendant trois heures. Ensuite ouvre pour retirer la préparation; et de nouveau replace sur le feu et fais bouillir jusqu’à l'aurore, pendant la durée d’une bonne veillée. Le laps est de soixante-cinq heures, et le feu doit être ajouté peu à peu. (En opérant) ainsi, l’eau divine (4) aura été confectionnée complètement.
Quand tu voudras retirer l’or de l’asèm, coupe l’asèm en morceaux et le jetant dans le matras, bouche bien. Ensuite épuise l’action de l’eau divine et mets à part l'or : on obtient ainsi un métal en poudre. Agglomère-le avec
l’outil à dorer (5).
(1) Azotate de mercure impur. | forte n'étant pas connue d’une façon (2) Azotate d'argent. si claire avant le x ou xiv® siècle. (3) Les premiers alinéas se rappor- (4) Acide azotique. tent à des préparations faciles à com- (5) Cette recette est relative à l’attaprendre ; le dernier est une recette de que d’un alliage contenant de l'or par pierre philosophale. Toutes ces recet- l'acide nitrique. L'or reste comme
tes sont relativement modernes, l’eau résidu.
43. AUTRE (RECETTE) PAREILLE. — Prenant de l’alun, 2 litres; du sel de nitre, 1 livre; du vitriol romain, une livre et demie; broie, mets dans un alambic et, plaçant sur un fourneau, ferme bien. Ajoute en bas une fiole, pour recevoir l’eau forte. L’eau divine est ainsi confectionnée en 24 heures.
Quand tu voudras retirer l’or de l’asèm, place l’eau forte à l’intérieur (d’un vase) de verre, posé sur de la cendre chaude: l’argent se dissout, et l’eau (forte) l'attaque en écumant. Ensuite, prenant l’eau qui contient l'argent et la mettant sur le fourneau dans l'alambic, fais un feu léger et reçois l’eau qui distille par les becs : l'argent (1) reste au fond.
- 44. AFFINAGE DE L'OR. — Prenant de la marcassite, 8 onces ; du soufre, 4 onces; fais fondre ensemble dans le creuset: il se forme de l’antimoine (sulfuré) (2).
Lorsque tu voudras affiner l’or en grains, mets l'or dans un creuset au milieu du feu. Ensuite projette de l’antimoine {sulfuré), au milieu du creuset, à ta volonté, jusqu’à ébullition. Pour (obtenir un) refroidissement (régulier), place le creuset sur une brique de Grèce, au milieu du feu, jusqu'à refroidissement (3).
45. AUTRE (RECETTE) SEMBLABLE POUR L'ASÈM. — Extrais l’or en poudre de l’asèm, et place la poussière dans le creuset. Ensuite délaie avec de l’antimoine, au milieu du creuset, et fais chauffer. Après cela, place sur une brique de Grèce, afin d’affiner et de laisser refroidir : on obtient ainsi de l’or fin.
46. LORSQUE L'ARGENT OU L’OR SONT DÉFECTUEUx. — Mets dans le creuset du mercure neuf et de la brique pilée, fais chauffer et le métal s’adoucit. Plus tu en mets, plus le produit devient beau.
47. FixarioN pu MERCURE. — Mets du mercure, la quantité que tu voudras, et du plomb, une quantité égale; place-les dans un tesson de marmite,sur le fourneau. Ajoute un peu de bronze à canon, et il se forme un asèm
de choix (4).
(x) C'est-à-dire le composé formé par moderne de cette substance apparaît
l’argent.
(2) Cette recette, de même que les précédentes, est relativement moderne.
C’est une purification du sulfure d’antimoine, appelé au début marcassite et, aprèssa purification. antimoine : le nom
ici pour la première fois dans les traités de notre collection.
(3) Sur ce procédé d’affinage de l’or par l’antimoine, v. Jntrod., Ὁ. 264.
(4) C’est bien là une formule analogue au vieil asèm du Papyrus de Leide.
48. AuTRE (RECETTE). — Mets du mercure dans un pot, avec du jus d’oignon et du bronze à canon; place sur le fourneau. Prends de l’axonge et fais chauffer, de façon à obtenir une lessive. Projette cette lessive sur l’asèm, dans le creuset, et il se forme de l’or.
49. SUR LA MANIÈRE DE FAIRE DES LETTRES D'OR (1). — Prends du bronze couleur d’or; broie sur un porphyre; ajoute un peu de miel et broie beaucoup. Ensuite place dans la coquille et lave bien avec de l’eau, de façon à te débarrasser du miel. Ensuite prépare avec du blanc d’œuf et écris. Lorsque (les lettres) seront séchées, polis avec une petite pierre ponce, ou une dent de loup, et(le produit) devient beau. Presse le blanc de l'œuf avec une éponge à plusieurs reprises, de façon à rendre la masse bien fluide, qu’elle n’épaississe pas. Mets aussi de la litharge blanche et broyée. Lorsque l’or est devenu adhérent, lave le blanc d’œuf, de façon à l’enlever.
50. SUR (LA MANIÈRE DE) RENDRE LE CUIVRE BRILLANT COMME DE 1708 (2). — Prenant de latutie volatilisée, τ once; semblablement de l’excrément, 1 once; des figues sèches et noires, 1 once; broie le tout dans un mortier et mélange. Apprête τ once d’étain, et après l’avoir aplati, coupe-le en morceaux. Mélange (le cuivre) avec cette espèce ; place dans un creuset; lute par en haut avec de l'argile, souflle et fais chauffer. Lorsque tu penseras que le métal est entré enfusion, recouvre et complète la fusion. Mélange de nouveau les espèces, et opère comme précédemment, de façon à employer la totalité de cette espèce, et elle devient pareille à de l'or.
51. SUR LE sAvON. — Prenant d’abord du savon, mélange, et broïe avec du sel. Ensuite agite.
52. AUTRE (RECETTE). — Prenant du sel ammoniac, du sel et de l’eau, broie bien. Ensuite sers-t-en pour rendre le cuivre brillant.
53. Le verre. — C'est la soudure vitreuse, qui agit avec le sel ammoniac lalun et le sel.
54. SUR (LA MANIÈRE DE) BLANCHIR L'ÉTAIN. — Prenant du minium du
Pont couleur de citron, autant que tu voudras, et du sel de nitre, une
(Ixrrop., p. 66), dont la formule est | (1) Cp. INrro»., p. 62; Papyrus X de
ainsi reproduite vers la fin du moyen Leide.
âge. La date relative de cette recette est (2) Cp. Ixrro»., p. 58 à 6o; Papy-
fournie par le mot «bronze à canon ». rus X de Leide,
quantité égale, broie bien. Ensuite mélange. Puis mets avecle fondant précédent, sur un feu de charbon, et fais chauffer jusqu’à absence de fumée. Le produit devient blanc comme de la neige. Ensuite retire et broie bien; et jetant de l’étain dans le creuset, (le poids de) 4 onces, joins-y l’opsiastiké (1), τ once. Mets à part 6 parties. Lorsque l’étain apparaît au milieu du creuset, projettes-y une première partie (de la préparation précédente) : recouvre avec des charbons, et fais chauffer jusqu’à ce que la vapeur sorte. Puis de nouveau, mets une autre partie, en opérant comme la première fois, et en projetant. Verse alors dans une petite coupe en fer, et le traitement sera réalisé.
Lorsque tu voudras dorer de l'argent, dispose suivant l'emploi, et à ta volonté ; projette. Et lorsque tu auras mêlé le produit avec l’argent, ajoute aussi un peu de lie dans le creuset, je veux dire le quart.
55. SUR LA MANIÈRE DE RENDRE LE CUIVRE PAREIL A DE L'Or. — Prenant de la tutie, 3 parties; du curcuma, 1 partie ; des raisins secs et des figues sèches rousses, du miel, des fèves de......... (?) (2), τ partie, de l’enveloppe intérieure des amandes, de la réglisse, du jaune d'œuf et du safran, 1 partie, de la bile de bœuf roux desséchée, 1 partie. Broie la tutie, comme on broie le cinabre avec de l’huile et fais-en une pâte; alors broie les autres espèces et unifie. Prenant 3onces de cuivre, réduisen lames minces sur l’enclume; humecte avec les espèces précédentes : mets dans le creuset; ferme avec le lut de l’art, mets au feu ; souffle bien avec l’appareil (à souffler). Quand le produit est fortement chauffé, tu projettes ces espèces et le cuivre devient beau comme de l’or.
56. L'EAU DU TRAITEMENT assuré. — Prenant la progéniture d’oiseaux vivants (3), nette et sans tache, partage (en deux}, comme pour des ragoûts : l’art culinaire nous est profitable en beaucoup de circonstances. Ensuite mets dans deux marmites, une partie de chaque liquide; fais une grande extraction, avec les appareils à mamelon. Quand tu verras le produit
couler au milieu de la bouteille et se figer à la surface comme de la cire,
(1) Cp. $ 16, p. 3r2. { c’est une description d'opérations chi- (2)-Voir le $ 50. miques, avec expressions allégoriques, (3) C'est-à-dire l’'œufphilosophique: ! à la façon des anciens alchimistes.
alors enlève-le et laisse refroidir. Casse le vase : tu trouveras au milieu un produit très précieux, pour ton usage.
Cette plante (1) purifie le plomb au moyen du mercure; elle affine l'or, le rendant pur et à toute épreuve. Fonds d’abord le plomb, pris sous le poids de 8 livres ; lorsque le plomb est fondu, ajoutes-y du mercure traité suivant l'art, 8 autres livres, et laisse chauffer, jusqu’à ce que le produit fume. Alors, ajoute une livre de cette plante et fais chauffer jusqu’à pleine ébullion. Remue avec un bâton enflammé pendant 4 heures. Ensuite porte au dehors et laisse l’enduit se refroidir ; alors le métal devient noir. D’autres fois, il se colore en rouge garance (2).
Voici la préparation : fonds du plomb traité suivant l’art, 8 livres, et lorsqu'il est bien fondu, ajoute du mercure, 8 autres livres. Ajoute en second lieu, de la seconde plante, τ livre; fais bien chauffer pendant 1 heure 1/2, et laisse refroidir. En outre, fonds 8 livres de plomb, et, après la fusion, traite-le convenablement, à cinq reprises, comme nous l'avons dit précédemment ; la dernière fois, attache un morceau d’or au bout (du bâton) (3). Avec ce seul morceau d’or, les 8 livres de plomb et les 8 livres de mercure, joints avec cette plante, se changent en bel or.