DÉCRITE SOUS LE RÈGNE DE PHILIPPE
1. Prenant de la tutie la plus haute (3), ce que tu voudras; broie et passe
au tamis très fin; mets dans un vase de terre cuîte. Ajoute sur elle de l'huile
(1) Le début du $ 4 donne lieu aux mêmes remarques que celui du $3. Il semble qu’il y avait à cette place, dans un vieux manuscrit, une recette technique, qui a disparu pour faire place à la vaine déclamation.d’un commentateur.
(2) S'agit-il d’une trempe opérée avec le lait ou l’urine?
(3) C'est-à-dire la partie qui s’est sublimée à la partie supérieure du fourneau: c'est surtout de l’oxyde de zinc.
— INTROD., p. 230 et 240.
(*) BCA, etc., ajoutent : «roi de Macé:
doine ; tel que ce cuivre existe sur les portes de Sainte-Sophie », et audessous : « Fabrication du cuivre
CUIVRE PERSAN Dan
de telle qualité que tu voudras, soit de l’huile commune, soit de l'huile de sésame. Reprends avec les mains, mélangeant et broyant l'huile avec la tutie dans le vase de terre, jusqu'à ce que la tutie soit imprégnée d’huile et qu’elle n’en absorbe plus. Lorsque tu verras qu’elle en a absorbé suffisamment, ajoute de nouveau et mélange une nouvelle dose de la même huile, jusqu’à ce qu’il se forme une pâte. Puis prenant de la couleur de palmier, je dis du rouge appelé natef chez les Arabes {1}, un poids égal au cinquième de la tutie; ajoute-le au-dessus de la tutie, dans le mélange opéré au préalable dans le vase de terre cuite, et après l'avoir réduit en morceaux qui ne soient ni trop petits ni trop gros. Puis, après avoir fait chauffer un four avec un feu très fort, mets le vase dans le four, en lutant l'ouverture du four jusqu'au lendemain. Ainsi la tutie sera brûlée et rendue noire. Retire-la le len- demain, broie et passe au tamis fin.
2. Lorsque tu voudras teindre le cuivre précité, ainsi qu’on ne teint pas mieux en Perse, prends 2 parties de beau cuivre de Chypre, et 1 partie de la poudre sèche préparée à l'avance au moyen de la tutie. Casse le cuivre en autant de menus morceaux que tu pourras ; mêles-y la poudre, et plaçant les 2 substances dans un creuset, souffle fort jusqu’à ce que le cuivre bouillonne avec la poudre. Lorsqu'il bouillonnera, ajoute encore du charbon, en souffant énergiquement jusqu’à ce que les deux corps soient unifés. Si tu veux connaître la beauté de la couleur, prends une baguette de fer à bout recourbé, retire (la matière) qui adhère au bout, et regarde : si la couleur
te plaît, cesse de souffler: mais si elle ne te plait pas encore, continue de
propriétés spéciales qui le faisaient confondre avec l’or; INTRO» , p. 261.
— Cp. Origines de l’Alchimie, p. 227, et le présent volume, p. 297. — Le roi de Macédoine cité ici doit être l’un
jaune». Ce morceau a été rédigé à l’époque byzantine, entre le vire et le x1° siècle, comme l’indiquent ia citation des Arabes et le mot de tutie, qui ne figure pas chez les anciens alchimistes. Cette
observation s'applique aussi au numéro suivant. Mais le fond des recettes doit être plus ancien, et remonter, d’après le titre, à une époque antérieure à l'ère chrétienne. — Voir aussi la note suivante. — On trouve cité dans le traité de De mirabilibus (ch. 40) attribué à Aristote, un cuivre indien, provenant des trésors de Darius et doué de
! des successeurs d'Alexandre.
(1) C’est probablement une préparation arsénicale, identique peut-être au rouge des cobathia, sulfure d’arsenic (réalgar) que l’on assimilait déja à la cendre des palmiers, au temps de Zosime (voir p. 185). Cp. Plinianæ exercitationes Salmasii, 036 Ὁ Ὁ, 937 bF, 958 ἃ A.
souffler et ajoute du charbon. En effet, plus l’on souffle le feu de charbon,
plus le résultat que l’on se propose d'obtenir est satisfaisant (1).