V. v. — TREMPE DU FER INDIEN, DÉCRITE A LA MÊME ÉPOQUE
1. Prenant du fer doux, 4 livres, coupe-le en petits morceaux; puis pre-
nant de l’écorce des fruits de palmier (2), nommée elileg chez les Arabes,
15 parties en poids, et 4 parties en poids de belileg (3), pareillement nettoyé
à l’intérieur, c’est-à-dire l’écorce seule; ainsi que 4 parties d’ambileg, sem-
blablement nettoyé, et de la magnésie des verriers ci-dessus mentionnée
(magnésie femelle) 2 parties (4). Broie le tout ensemble, pas trop menu, et
mélange avec les 4 livres de fer. Puis mets dans un creuset et égalise bien
la place du creuset, avant de chauffer ; carsi tune prends pas ce soin, de façon
à éviter que celui-ci (le creuset) ne soit déplacé, tu trouveras des difficultés
dans l’opération de la fonte. Ensuite mets les charbons et pousse le feu
jusqu’à ce que le fer soit fondu, et que les espèces (susdites) soient unies
avec lui. Or les 4 livres de fer demandent 100 livres de charbon.
2. Observe que si le fer n’est pas très doux, il n’a pas besoin de magnésie,
mais seulement de toutes les autres espèces ; car la magnésie le rend sec au
plus haut degré et il devient cassant. Mais s’il est doux, il n’est besoïn que
d’elle seule, ainsi qu'il a été dit plus haut; car celle-ci accomplit tout.
3. Telle est la première et royale opération, celle que l’on étudie aujour-
d’hui, et au moyen de laquelle on fabrique des épées merveilleuses (5). Elle a
été découverte par les Indiens et exposée par les Perses, et c’est de ceux-ci :
qu'elle nous est venue.
(1) Cette préparation devait fournir un alliage de cuivre et de zinc arsénical,analogue au tombac.— Cp. Intro».
Papyrus X de Leide, p. 60 à 62.
(2) Ou plutôt de myrobolans, fruits du Terminalia. Voir la note suivante.
(3) Sur ces mots arabes, Cp. Saumaise, Plinianæ eéxercitationes, 930 Ὁ C,931aBet C etc.
(4) Introd., p. 255 et 256: Oxyde de fer ou de manganèse.
(5) Cp. p. 40.