AUTRE OBJECTION : EAU DE L'ABIME
chées (1). De même le sang-dragon, ou quelque autre espèce, teint les pierres et verres, les cristaux, bien débarrassés de toute substance tinctoriale, ainsi que les émeraudes, les escarboucles et les autres espèces, placées dans un double creuset posé sur un feu de charbons, où elles sont chauffées jusqu’à ce qu’elles deviennent incandescentes et que, prises de soif, elles absorbent le liquide tinctorial, placé dans la bouteille où on les immerge.
3. De même le jaune d'œuf (2), selon l'intensité plus ou moins grande du feu qui chauffe les alambics, fournit une eau jaune, ou une eau blanche, et produit tous les effets dont on a parlé, avec plus de perfection et d’une manière plus durable.
Ainsi donc, ce n’est pas sur l’eau en général que porte l'explication actuelle du Philosophe, mais sur une eau spéciale, lorsqu'il dit: « En effet l’espèce unique diversement traitée. etc. » Zosime, louant les paroles de Démocrite, adressées aux jeunes gens, s'exprimait ainsi: « Que vous importe la matière multiple, étantdonnéel’unité naturelle; jene parle pas de celledel’espèce, mais de celle de l’eau? Cet auteur qui l’approuvait et qui voulait toujours marcher sur ses traces, comment aurait-il pu émettre des assertions contraires aux siennes, en disant : « je ne parle pas de celle de l'espèce »; tandis que Démocrite parlait : « de l'espèce unique » ? Il est évident que Démocrite comprenait par là l'espèce en général ; tandis que Zosime exhortait les jeu-
nes gens à s’écarter de l'espèce matérielle.