‹ Collection des anciens alchimistes grecs (volume 2)Chapitre 95 sur 349 · SUR LA VERTU · texte numérisé non relu

SUR LA VERTU

macération ; car les hommes qui veulent obtenir la vertu entrent ici et deviennent des esprits, après avoir fui le corps ». Alors je lui dis : « Et toi es-tu unesprit?» Etil me répondit: « Oui un espritet un gardien d’esprits ». Pendant notre entretien, l’ébullition allant en croissant, et le peuple poussantdes cris lamentables, je visun homme de cuivre, tenant dans sa main une tablette de plomb (τὴ. Ilme ditles mots suivants, en regardant la tablette: « Je prescris àtous ceux qui sont soumis au châtiment de se calmer, de prendre chacun une tablette de plomb, d'écrire de leur propre main, et de tenir les yeux levés enl’airet les bouches ouvertes,jusqu’àce que leur vendange (5) soitdéveloppée ». L’acte suivit la parole et le maître de la maison me dit : « Tu as contemplé, tu as allongé le cou vers le haut et tu as vu ce qui s’est fait». Je lui répondis que je voyais, etilme dit : « Celui que tu vois est l'homme de cuivre; c’est le chef des sacrificateurs et le sacrifié, celui qui vomit ses propres chaïirs. L'autorité lui a été donnée sur cette eau et sur les gens punis ».

4. Après avoir eu cette apparition, je m'éveillai de nouveau. Je lui dis : Quelle est la cause de cette vision ἢ N'est-ce donc pas là l’eau blanche et jaune bouillonnante, l’eau divine ? Et j’ai trouvé que j'avais bien compris. Je dis qu'il est beau de parler et beau d’écouter, beau de donner et beau de recevoir, beau d’être pauvre et beau d’être riche. Or, comment la nature apprend-elle à donner et à recevoir ? L'homme de cuivre donne et la pierre liquéfiée reçoit ; le minéral donne et la plante recoit; les astres donnent et les fleurs reçoivent; le ciel donne et la terre recoit ; les coups de foudre donnent le feu qui s’élance. Dans l'autel en forme de coupe, toutes choses s’entrelacent, et toutes se dissocient; toutes choses s'unissent; toutes se combinent; toutes choses se mêlent, et toutes se séparent; toutes choses sont mouillées, et toutes sont asséchées ; toutes choses fleurissent et toutes se déflorent. En effet, pour chacune c’est par la méthode, par la mesure, par la pesée exacte des quatre éléments que se fait l'entrelacement et la dissociation de toutes choses ; aucune liaison ne se produitsans méthode. Il y a une méthode naturelle, pour souffler et pour aspirer, pour conserver les classes

stationnaires, pour les augmenter et pour les diminuer. Lorsque toutes

(0 Allégorie du molybdochalque, placé (2) Voir plus loin la vendange d'Hersur la kérotakis, ou la constituant. mês, p. 129, note ).

choses, en un mot, concordent par la division et par l'union, sans que la méthode soit négligée en rien, la nature est transformée ; car la nature, étant retournée sur elle-même, se trantorme: il s’agit de la nature et du lien de la vertu dans l’univers entier.

5. Bref, mon ami, bâtis un temple monolithe, semblable à la céruse, à Palbâtre, n'ayant ni commencement ni fin dans sa construction. Qu'il y ait à l'intérieur une source d’eau très pure, étincelante comme le soleil. Observe avec soin de quel côté est l'entrée du temple et prends en main une épée; cherche alors l’entrée, car il est étroit le lieu où se trouve l’ouverture. Un serpent est couché à l'entrée, gardant le temple. Empare-toi de lui; tu l’immoleras d'abord: dépouille-le, et prenant sa chair et ses os, sépare ses membres; puis réunissant les membres avec les os, à l’entrée du temple, fais-en un marche-pied, monte dessus, et entre : tu trouveras là ce que tu cherches. Le prêtre, cet homme de cuivre, que tu vois assis dans la source, rassemblant (en lui) la couleur, ne le regarde pas comme un homme de cuivre ; car il a changé la couleur de sa nature et il est devenu un homme d'argent. Si tu le veux, tu l’auras bientôt (à l’état 4 homme d’or (1).

6.Ce préambule estune entrée destinée à te manifester lesfleursdes discours qui vont suivre (c'est-à-dire) la recherche des vertus, du savoir, de la raison, les doctrines de l'intelligence, les méthodes efficaces, les révélations qui éclaircissent les paroles secrètes. Ainsi la vertu poursuit le Tout, en son temps et avec méthode.

7- Que signifient ces mots :.« La nature triomphant des natures » ?et ceci : « Au moment où elle est accomplie, elle est prise de vertige » ? et encore: « Resserrée dans la recherche, elle prend le visage commun de l’œuvre du Tout, et elle absorbe la matière propre de l’espèce »? Et ceci: « tombée ensuite en dehors (de) sa première apparence, elle croit mourir »? Et ceci: « Lorsque, parlant une langue barbare, elle imite celui qui parle la langue

hébraïque ; alors, se défendant elle-même, la malheureuse se rend plus

(1) Origines de l’Alchimie, p. 180. forme plus sommaire et avec une allé- Voir le serpent Ouroboros, I. 1v, 5, p. gorie moins compliquée le $ 2. 23. — Ce $ répète au fond, sous une

SUR LA CHAUX noir

légère en mélangeant ses propres membres. » ? Et ceci : « L’ensemble liquide est mené à maturité par le feu » ?

8. Appuyé sur la clarté de ces conceptions de l'intelligence, transforme la nature, et considère la matière multiple comme étant une. N’expose clairement à personne une telle propriété; mais suffis-toi à toi-même, de crainte qu’en parlant, tu ne te détruises toi-même. Car le silence enseigne la vertu. Il est beau de voir les mutations des quatre métaux [le plomb, le cuivre l’asèm (ou l'argent), l'étain], changés en or parfait.

Prenant du sel, mouille le soufre, de façon à amener la masse en consistance de cire mielleuse. Enchaîne la force de l’un et l’autre; ajoutes-y de la couperose et fabriques-en un acide, premier ferment de la couleur blanche, tiré de la couperose. Avec ces (substances) tu amèneras par degré le cuivre dompté à l'apparence blanche. Fais distiller par la cinquième méthode, au moyen des trois vapeurs sublimées: tu trouveras l’or attendu. Voilà comment

en domptantla matièretuobtiensl’espèceunique, tirée de plusieursespèces(1).

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