‹ Collection des anciens alchimistes grecsChapitre 104 sur 218 · ALPHABETS ET ÉCRITURES HERMÉTIQUES · texte numérisé non relu

ALPHABETS ET ÉCRITURES HERMÉTIQUES

Dans Zosime et dans Olympiodore, les inscriptions hiéroglyphiques sont regardées comme ayant un sens alchimique. Ces inscriptions étaient aussi réputées des talismans, destinés à protéger les trésors contenus dans les chambres des pyramides. Il semble même que la description de certaines opérations chimiques ait été réellement consignée sur des stèles (1): mais c'était là une circonstance rare, car aucune de ces stèles n’a été retrouvée jusqu’à présent. Cette circonstance, généralisée par suite d’une hypothèse fort répandue, aurait donné lieu au préjugé précédent. Il a duré jusqu’à notre

temps; en effet, d’après Sylvestre de Sacy, « les Orientaux regardent les

(1) Origines de l'Alchimie, p. 23, 29, εἴς. —Voir Texte grec : Jean l’Archiprètre.

monuments Egyptiens comme destinés à des opérations alchimiques, magiques, etc.; ils appellent écritures hermétiques les hiéroglyphes, convaincus qu’ils renferment la révélation du secret de ces opérations. » (SYLVESTRE DE ὅλου, Magasin encyclopédique, p. 145 ; novembre 1819.)

De là l'imagination des alphabets hermétiques, destinés à l'interprétation des écritures secrètes. On peut voir divers exemples de ces alphabets mystérieux dans un ouvrage intitulé: Anciens alphabets et caractères hieroglyphiques, expliqués en arabe par Ahmed ben Abubekr ben Wahschijich, et en anglais, par J. Hammer, Londres, 1806.

Ce livre, soi-disant trouvé au Caire, renferme 80 alphabets imaginaires, mais dont les noms mêmes indiquent la préoccupation de l’auteur et des lecteurs. Tels sont les alphabets des philosophes: Hermès, Platon, Pythagore, Asclépius, Socrate, Aristote, etc. ; — de Ptolémée le grec; — de Hermès, père de Tat (Toth), qui a écrit sur le grand œuvre; — de Dioscoride, qui a écrit sur les herbes, les plantes, leurs vertus, etc.; — du sage Démocrite, lequel l’a reçu, dans un souterrain, du génie qui préside à la planète Mercure; — du sage Zosime l’'Hébreu, écriture mystique pour les traités sur le grand œuvre — Le nom de Théosébie, congénère de Zosime, se trouve un peu plus loin. — On y rencontre encore les alphabets des anciens rois, parmi lesquels Kimas l’hermétique (le Chymès des textes Grecs); — les alphabets des sept planètes, des douze constellations — une interprétation des hiéroglyphes, etc.

Tous les signes de cet ouvrage ne représentent guère que des jeux d'esprit individuels; mais les noms propres auxquels ils sont attribués témoignent que le souvenir même des vieux alchimistes avait été conservé en Égypte par une certaine tradition.

Nous avons signalé précédemment (p. 207) les alphabets magiques du manuscrit de Saint-Marc (p. 156) et ceux du manuscrit 2419 : ils ne portent aucun nom propre. La formule de l'Écrevisse dans Zosime (p. 152) se rattache de plus près à la tradition des symboles alchimiques.

ALUN, στυπτηρία. Alumen (1).

(1) Diosc., Mat. méd., 1. V, 122. — 52; 1. XXXVI, 37. — Lexicon Alch. Puine, A. N., 1. XXXIII, 25; 1. XXXV, Rulandi, p. 32 et suiv.

L’alun était employé comme fondant et purificateur des métaux. On distinguait, d’une part : l’alun blanc et l'alun noir, corps en réalité de teinte voisine du blanc, mais probablement ainsi nommé parce qu’il noircissait au contact de certains sucs végétaux, en raison de la présence de fer dans l’alun, et du tannin dans les sucs. Ces corps étaient employés pour purifier l'or.

D'autre part, les auteurs indiquent: l’alun lamelleux {schiste), blanchâtre; — l’alun rond; — l’alun capillaire, appelé aussi schisteux, lequel peut être rapproché de notre alun de plume, efflorescence mêlée de sels de fer et d'alumine.

L'alun liquide, solution de sulfate d’alumine plus ou moins pur, et l’alun calciné étaient aussi employés.

Les alchimistes désignaient encore sous le nom d’alun, lacide arsénieux, comme on peut le voir dans Olympiodore (ce volume, p. 67 et 68).

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