AMMONIAC (SEL
Dans la Cyrénaïque, ce sel se trouve sous le sable, en longues aiguilles sans transparence, d’après Pline (4. N.,1. XXXI, 39;. Cette indication rappelle un carbonate de soude fossile, et non notre chlorhydrate d'ammoniaque. Dioscoride (1. V,125) nomme le sel ammoniac, en disant qu’il se distingue par un clivage facile et suivant des directions droites : ce qui semble aussi le caractère d'un sel cubique, c'est-à-dire du sel gemme.
Dansle Pseudo-Aristote (Manget, Bibliotheca Chemica,t 1, p.648)ilest dit que le sel ammoniac, chauffé sur une lame de métal, doit fondre sans répandre de fumée; ce qui répond au carbonate ou au chlorure de sodium, mais non au chlorhydrate d’ammoniaque. Cependant ailleurs le même auteur en indique la sublimation (Manget, I, 645) : ce qui répond bien à notre chlorhydrate. Le mot de sel ammoniac a donc désigné deux substances très différentes. Le sens actuel du sel ammoniac sublimable est indiqué expressément dans ce passage d’Avicenne (χι" siècle), cité par Vincent de Beauvais (Speculum majus, VIII, 60) : « Il y a quatre esprits {c’est-à-dire quatre corps sublimables), le soufre, l’arsenic, le selammoniac etle mercure. » On trouve déjäune indication analogue dans Geber (Summa perfectionis,1.T, ch. x,etc. Bibl. chemica de Manget, τ. 1, p. 525, 1° colonne). La préparation même en
est décrite dans l'ouvrage intitulé : Libri investigationis (p. 559 du τ, 1. de la
Bibliotheca de Manget), ouvrage attribué au même auteur. Le sel ammoniac véritable aurait donc été connu au 1x siècle. (Voir aussi le présent volume, p- 45, Note.)
ANTIMOINE, tu, stibi, larbason, chalcédoïine; élément féminin (par oppo sition avec l’arsenic, élément masculin 3).
C’est notre sulfure d’antimoine, le soufre noir des alchimistes. D’après Dioscoride (1), c’est un corps brillant, rayonné, fragileet exempt de parties terreuses. On le brûle en le recouvrant de farine; ou bien, en l’exposant sur des charbons allumés, jusqu’à ce qu'il rougisse (oxysulfure ?. Si on prolonge, ajoute l’auteur, il prend les caractères du plomb (c'est-à-dire que l’antimoine métallique ou régule se produit). D’après Pline (Æ. N., 1. XXXIII, 33), on l'appelle stibi, alabastrum, larbason mâle et femelle; il est blanc et brillant. S'il devenait ainsi blanc, c’est sans doute après un grillage qui l’avait changé en oxyde d’antimoine, corps confondu souvent chez les anciens chimistes avec notre minium blanchi par certains traitements.
L’antimoine oxydé se trouve d’ailleurs dans la nature, ainsi que l’oxysulfure rouge (Kermès minéral). Ce dernier a du être pareïillement confondu avec la sandaraque, le minium, la sanguine et le cinabre, substances que l’on trouve souvent prises les unes pour les autres.