FIXATION DES MÉTAUX
Ce terme est employé comme synonyme de transmutation ; il signifie, à proprement parler :
1° L'acte qui consiste à ôter au mercure sa mobilité, soit en l’associant à d’autres métaux ou bien au soufre, soit en l’éteignant à l'aide de divers mélanges.
20 L'opération par laquelle on ôte au mercure et plus généralement aux métaux très fusibles, tels que le plomb et l’étain, leur fusibilité, de façon à les rapprocher de l'état de l'argent.
3° L'opération par laquelle on ôte au mercure sa volatilité.
Les métaux étant ainsi fixés et purifiés de leur élément liquide,
4° On leur communiquait une teinture solide, fixe, qui les amenaït à l’état d'argent ou d’or. Arrivés au dernier état, ils étaient définitivement fixés, c’est-à-dire rendus incapables d’une altération ultérieure.
Gacartes (PERRE), notre jais? (1) Pierre de Memphis (2), sorte d’asphalte.
Ios — ἰός — virus.
Ces mots ont des sens très divers chez les anciens.
Virus s'applique dans Pline à certaines propriétés ou vertus spécifiques des corps, telles que : l'odeur (3) du cuivre, du sory, de la sandaraque (4) ; — leur action vénéneuse.
L'action médicale des cendres d’or (5);
La vertu magnétique communiquée au fer par aimant (6).
Ἴός signifie plus particulièrement la rouille ou oxyde des métaux, ainsi que le venin du serpent, parfois assimilé à la rouille dans le langage symbolique des alchimistes. La pointe de la flèche, symbole de la quintessence, l'extrait doué de propriétés spécifiques, la propriété spécifique elle-même ;
enfin le principe des colorations métalliques, de la coloration jaune en parti-
culier.
(1) Puine, 1. XXXVI, 34. — Drosc., reuse », usités en botanique et en Mat. Med., 1. N, 145. chimie.
(2) Diosc., Mat. méd., 1. V, 157. (4) Η. Ν.. 1. XXXIV, 30, 48, 55.
(3) Quelque chose de ce sens s'est (5) Peine, A. Ν., 1. XXXIII, 25.
conservé dans les mots « odeur vi- (6) In., 1. XXXIV, 42.
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losis, — ἴωσις, — signifie :
1° L'opération par laquelle on oxyde (ou l’on sulfure, etc.) les métaux;
2° La purification ou affinage des métaux, tels que l’or : c’est une conséquence des actions oxydantes exercées sur l'or impur, avec élimination des métaux étrangers sous forme d’oxydes;
3° La virulence ou possession d’une propriété active spécifique, communiquée par exemple à l’aide de l'oxydation;
4° Enfin la coloration en jaune, ou en violet, des composés métalliques, coloration produite souvent par certaines oxydations.
Nous conserverons quelquefois ce mot sans le traduire, afin de lui laisser sa signification complexe.
Macxésie.— C'est l’un des mots dont la signification a le plus varié dans le cours des temps (v. p. 221). Jusqu'au xvure siècle, il n’a rien eu de commun avec la magnésie des chimistes d'aujourd'hui.
A l’époque de Pline et de Dioscoride, la pierre de Magnésie désigna d’abord la pierre d’aimant, l’hématite {voir le mot fer) et divers minéraux appelés aussi magnes, de couleur rouge, bleuâtre, noire ou blanche, originaires de la province ou des villes portant le nom de Magnésie; ils comprenaïent certaines pyrites métalliques. Le magnes était l’espèce mâle et la magnesia l'espèce femelle.
Les alchimistes grecs ont appelé de ce dernier nom les mêmes corps et spécialement les minerais, parfois sulfurés, tels que les pyrites, employés dans la fabrication du molybdochalque (voir p. 153), alliage de cuivre et de plomb (Zosime). Ils l’appliquent même au sulfure d’antimoine {voir le Lexique alchimique). Puis, par extension, ce nom a été donné aux cadmies ou oxydes métalliques, au plomb blanc et même aux alliages, provenant du grillage et des traitements des pyrites. Ὶ
Ἐπ raison de son rôle dans latransmutation, le molybdochalque, substance appelée aussi metal de la magnésie (τὸ σῶμα τῆς uayvnsizs), estappelée τὸ πᾶν {le tout), en certains endroits de Zosime.
Plus tard, chez les Arabes, le mot magnésie s'applique à des minerais de plomb et d’étain, sulfurés aussi; ainsi qu'aux marcassites ou pyrites, susceptibles de fournir des sublimés analogues à la cadmie et à la tutie (Geber et
le Pseudo-Aristote, Bibl. chem. de Manget, τ. I, p. 645, 649, etc.).
Les alchimistes latins (1) ont désigné sous le nom de magnésie non seulement les pyrites (dont certaines appelées w1ismath), maïs aussi l’étain allié au mercure par fusion, et un amalgame d’argent très fusible, de consistance cireuse, appelé la magnésie des philosophes, parce qu’il servait à fabriquer la pierre philosophale. C'était « l'eau mystérieuse congelée à l'air et que le feu liquéfie. »
D'après un texte du Lexicon Alch. de Rulandus (p. 322), la magnésie représentait un certain état intermédiaire de la masse métallique, pendant les opérations de transmutation.
Il est difficile de ramener de semblables notions à la précision de nos définitions modernes.
Dans le Pseudo-Aristote arabe (2). on lit pareillement : Dicitur argentum vivum, quod in corpore magnesiæ est occultatum et in eo gelandum. Il entendait par là un synonyme du mercure des philosophes, que l'on supposait contenu dans le métal de la magnésie.
La magnésie noire désignait chez les anciens, tantôt un oxyde de fer, tantôt le bioxyde de manganèse (3). Elle est déjà mentionnée comme servant à purifier le verre dans le livre De Mineralibus (L. IT, tr. IT, ch. 11), attribué à Albert le Grand.
Macquer (Dictionnaire de Chimie, 1778), à la fin du xvinr° siècle, distingue :
1° La magneésie calcaire, précipité formé par la potasse (carbonatée) dans les eaux-mères du nitre ou du sel commun: c'était du carbonate de chaux impur, parfois mêlé avec le carbonate de magnésie actuel ;
2° Une autre magnésie calcaire, formée en précipitant les mêmes eauxmères par l'acide sulfurique ou par les sulfates : c'était du sulfate de chaux;
30 La magnesie du sel d'Epsom ou de Sedlitz, précipité obtenu au moyen du carbonate de potasse : c'était notre carbonate de magnésie, dont l’oxyde a seul retenu définitivement le nom de magnésie, dans la chimie scientifique
actuelle. Le carbonate en porte aussi le nom en pharmacie.
(1) Lexicon Alch. Rulandi, p. 316. (3) Le nom même de notre manga- (2) Tractatulus ; Bibl. chem. de nèse est une autre transformation mo- Manget, t I, 6G1. derne du mot magnes.
MaRCASSITE.
Ce mot, regardé parfois comme synonyme de pyrite, est employé par les alchimistes du moyen âge pour désigner les sulfures, arséniosulfures et minerais analogues, de tous les métaux proprement dits: fer, cuivre, plomb et antimoine, étain, argent, or. La marcassite blanche ou pyrite argentine était appelée spécialement Wismath ou magnésie. La marcassite plombée est le sulfure d’antimoine.
Massa, μᾶζα.
Ce mot est donné comme synonyme d’Alchimie dans le traité attribué à Albert le Grand et dans sa traduction grecque (Théoctonicos; v. p. 209). On trouve également dans le Lexicon Alch. Rulandi : Kymus, id est massa. Kuria vel kymia, id est massa, alchimia.