‹ Collection des anciens alchimistes grecsChapitre 209 sur 218 · PR CS · texte numérisé non relu

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blanchâtre, je parle de l’orichalque, fondez-les et jetez-y peu à peu 1 once d’étain purifié d'avance, en agitant par en bas (le creuset) avec la main, jusqu’à ce que les substances se soient mariées. Projetez ainsi la moitié de la préparation blanche, et ce sera la première (opération); car la magnésie blanchie ne rend pas les corps métalliques fragiles, et ne ternit pas l'éclat du cuivre. La nature domine la nature.

23. Prenant du soufre blanc, blanchissez-le en le délayant au soleil, avec de l'urine, ou avec de l’alun et de la saumure de sel. Le soufre natif est de beaucoup le plus blanc. Délayez-le avec de la sandaraque, et de l’urine de génisse, pendant 6 jours, jusqu'à ce que la préparation devienne semblable au marbre. Quand elle le sera devenue, il y aura là un grand mystère; car elle blanchit le cuivre, elle amollit le fer, elle rend l’étain compacte (1), et le plomb peu fusible; elle rend solides les substances métalliques et fixe les teintures. Le soufre mêlé au soufre rend les substances métalliques sulfureuses, parce qu'elles ont une grande affinité pour lui. Les natures charment les natures (2).

24. Broyez la litharge propre à blanchir avec du soufre, ou de la cadmie, ou de l’arsenic, ou de la pyrite, ou de l’oxymel (3), afin qu’elle ne soit plus fluide. Faites cuire sur un feu très clair, après avoir consolidé le vase. Tenez la composition dans l’état, en y ajoutant du calcaire cuit, imbibé de vinaigre, pendant 3 jours, afin qu’elle devienne plus propre à décaper. Pro-. jetez donc {sur le métal) la préparation devenue plus blanche que la céruse. Elle devient souvent jaune, si le feu a été excessif; mais si elle devient jaune, dès lors elle ne vous est plus utile; car il s’agit de blanchir les corps métalliques. Faites-la donc cuire convenablement et jetez-la sur tout corps métallique destiné à être blanchi. Si la litharge perd sa fluidité,

elle ne peut plus redevenir du plomb. Or cela arrive facilement, car la

(1) Sans cri? — Voir les développements de Geber.Bibl.Chem. de Manget, ἘΠ Ip- 575:

(2) Il s’agit ici d’un alliage blanc à base de plomb, rendu moins fusible par addition de quelque autre substance.

Toutes les préparations qui précèdent reposent sur un blanchiment opéré

par le mercure, ou l’arsenic, ou sur la fabrication d'alliages blancs.

Celles qui suivent (sauf peut-être le n° 24) sont des simples vernis superficiels. Le même ordre a été suivi plus haut, dans les recettes de dorure.

(3) Voir Lexique, p.11 et13. Il s'agit de quelque sel de plomb.

56 TRAITÉS DÉMOCRITAINS

nature du plomb se transforme aisément en beaucoup d’autres. Les natures triomphent des natures.

25. Prenant du safran de Cilicie, broyez-le dans de l’eau de mer ou de la saumure et faites une liqueur; mettez sur le feu et teignez-y des feuilles de cuivre, de plomb, de fer, jusqu'à ce que le résultat vous plaise (1). (Ces feuilles) deviennent aïnsi blanches. Puis prenez la moitié de la préparation, et délayez avec de la sandaraque, ou de l’arsenic blanc, ou du soufre apyre, ou ce que vous voudrez, et donnez (au mélange) la consistance cireuse. Enduisez la feuille et placez dans un vase neuf bien luté, selon l’usage. Placez sur un feu de sciure de bois pendant tout un jour. Ensuite, ayant enlevé (du feu), placez dans une liqueur pure, et le cuivre sera blanc, très blanc. Faites le surplus comme l'artisan; car le safran de Cilicie blanchit avec l’eau de mer et jaunit avec le vin. La nature charme la nature.

26. Prenez de la litharge blanche et broyez-la avec des feuilles de laurier, de la terre Cimolienne, du miel et de la sandaraque blanche, et faites un mélange visqueux. Enduisez le métal avec la moitié de la préparation, puis mettez au feu selon l’usage. Trempez dans le reste de la préparation, après avoir délayé avec de l’eau et de la cendre de bois de peuplier ; car les mélanges sans substance propre (2) opèrent bien sans feu. On rend ainsi les teintures (3) capables de résister à la chaleur, même aidée des liquides. La nature triomphe de la nature,

27. Prenant la vapeur sublimée décrite plus haut, broyez avec de l’alun et du misy, et après avoir imbibé avec du vinaigre, jetez-y un peu de cadmie blanche, ou de magnésie, ou de chaux vive, afin que d’un corps métallique il s’en formeun autre. Broyez avec du miel très blanc ; faites une liqueur, dans laquelle vous teindrez à chaud ce que vous voudrez ; laissez déposer etlatransformation sera accomplie. Ajoutez à la composition un peu de soufre apyre,

afin que la préparation pénètre à l’intérieur (4). La nature domine la nature.

(1) C’est un procédé pour colorer superficiellement le cuivre, le plomb, oule fer en blanc d'argent, à l’aide d’un enduit. (Voir Papyrusde Leide. Introd., p. 52

.) Ceci semble s'appliquer aux ver-

nis appliqués à la surface du métal; par opposition au cas où le métal même est attaqué.

(3) Teinture par vernissage.

(4) Il semble qu’il s'agisse ici d’une teinture par amalgamation.

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