‹ Collection des anciens alchimistes grecsChapitre 210 sur 218 · DÉMOCRITE A LEUCIPPE · texte numérisé non relu

DÉMOCRITE A LEUCIPPE

28. Prenez 1 once d’arsenic, une demi-once de natron, 2 onces de la pellicule des feuilles tendres du pêcher, une demie (once) de sel, 1 once de suc de mûrier, de l’alun schisteux une quantité égale. Délayez tout ensemble dans du vinaigre, ou de l’urine, ou de la chaux liquide (τὴ, jusqu’à ce qu’il se forme un liquide (homogène). Teignez-y à chaud les feuilles obscurcies (oxydées) du métal et vous obtiendrez un métal sans ombre (brillant) (2). La nature domine la nature.

29. Ecartez toutes les choses utiles à l’or et à l’argent, et il ne reste rien; il n'y a plus rien à exposer, excepté la montée (évaporation) de la vapeur sublimée et de l’eau (3); mais je passe à dessein ces choses sous silence, attendu qu’elles figurent largement dans mes autres écrits. Profitez du présent écrit (4).

En "DÉMOCRITEMANLEUCIPPE

(Livre V de Démocrite adressé à Leucippe.) Démocrite à Leucippe, son ami, salut (5).

1. Sache ce qu’il y avait sur ces arts des Égyptiens, ὁ Leucippe, dans les livres des prophètes persans (6). J’ai écritdansle dialecte vulgaire; parce que c'est celui qui convient le mieux au sujet; mais le livre lui-même n’est pas vulgaire ; car il contient des énigmes mystiques, anciennes et très raisonna-

bles ; énigmes que les ancêtres et les rois de la divine Égypte ont exposées (7).

(1) Eau de chaux, ou lait de chaux.

(2) Teinture par amalgamati on.

nères de celles du Papyrus de Leyde; mais à la suite desquelles l’auteuraajou-

(3) En d’autres termes, l’auteur s'en réfère à ses autres ouvrages sur la distillation.

(4) C’est la conclusion des deux traités relatifs à lateinture en or etenasèm, ou argent : teinture opérée tantôt à la surface, par coloration directe du métal ou vernissage ; tantôt à fond, par fabrication d’un alliage. Ces traités consistent en une série de recettes, congé-

téles axiomes mystiques relatifs à la nature. L'idée de la transmutation vraie n'y est pas manifeste.

(5) Cette phrase a été omise par accident, dans le texte grec imprimé.

(6) Cp. Orig. de l'Alch., p. 47.

(7) Il y a là dansle grec quelques mots inintelligibles, par suite des erreurs du copiste.

58 TRAITÉS DÉMOCRITAINS

Quant à moi qui suis ton ami, je me servirai d’énigmes raisonnables, telles que personne n’en a écrites pour moi parmi les initiés Egyptiens. Toi, médecin, qui as l'esprit éveillé, j'aurai soin de t’expliquer ouvertement toutes choses. L'ouvrage comprend le blanchiment et le jaunissement, ainsi que les amollissements et les cuissons du minerai de cuivre. Je laisse de côté la teinture; mais plus tard je reviendrai surtous les produits singuliers qui se fabriquent au moyen de ce même cuivre et du cinabre. Tu peux faire de l'or avec la cadmie et les autres espèces, par calcinations et alliages, et fabriquer des produits singuliers.

2. Or, le livre commence ainsi : Prenez de l’arsenic lamelleux, et fabriquez des feuilles métalliques. Mettez dans un pot rond, et brûlez. Puis, lorsque (la préparation) est à point, jetez-y du lait ancien, en le versant sans incliner le vase. Lorsqu'il est coagulé, enlevez et délayez avec de l’alun arrosé d’urine de génisse, pendantseptjours ; puis, faites sécher au soleil; et délayez-y de nouveau de la saumure; jetez-y l’efflorescence saline (τὴ; gardez pendant sept jours, et le produit se forme. Prenez-le; faites sécher de nouveau au soleil ; mettez cette (préparation) dans un pot, faites-la cuire avec de l'huile de ricin ou deraifort, jusqu’à ce qu’elle devienne jaune. Projetez-y du cuivre et il blanchira. Le même effet est produit par la sandaraque. En traitant de même par la matière verte, la moitié du cuivre sera employée pour le jaunissement, et l’autre partie pour certains arrangements (2).

3. Voici comment s'opère le traitement des matières sulfureuses pour le blanchiment du cuivre. Prenant de l’arsenic, faites macérer, soit dans le sel pendant neuf jours, soit dans l’urine d’un impubère; ou bien, car cela vaut mieux, pendant vingt et un jours. Puis délayez dans’ du vinaigre (3) de citron, pendant sept jours, en y mélangeant la partie blanche des citrons; ensuite faites sécher. Puis, prenant de la sandaraque couleur de fer, mettezla en morceaux et faites macérer dans la saumure, pendant vingt et un jours. Puis, prenant de l’eau et du calcaire, faites une liqueur, desséchez et conser-

vez. Ensuite, prenant la sandaraque, faites la bouillir avec de l'huile pendant

| cette paraît être une teinture pour | blanchir le cuivre au moyen de l’arsenic.

| (3) C'est-à-dire dans le jus acide.

(1) Dioscorine, Mat. med., V. 128.

— Introd., p. 267. © (2) Le commencement de cette re-

Page 1